SECONDE PHASE DU COMITE DE SALUT PUBLIC : DELESCLUZE
''''"^ ' CHAPITRE YIIL
'^t^kiveau Comité de salut public. -- Avènement de Delescluze. ■— Un grand complot! — Suppression dé journaux. —^ L'ivresse. -r-, M.' Ch. Eeslay. — Mort d'Auber. — Motion Franckel. — Justice de M. Protot.
— Vésinier à I'Offigiel. — Un exploit de Dombrowski. — Proclamation du D»* Rousselle. —'Arrestations. — Second grand complot contre 1... — Contradictions militaires. — Le club de la Révolution. — La flotte tombée dans l'eau. — Les citoyennes volontaires. — Les singes de 93. — Les cartes de civisme. — Encore des journaux de tués. — Les souricières : agences postales. — Paul Foucher. — Scission dans la Commune. — Cri de détresse à la province. — La propriété de M. Thiers.
— Démolition de la colonne Vendôme. — Les commissaires civils. — La réquisition du pétrole. — La cartouchière Rapp. — Propositions à la Commune. -- Les squelettes de Notre-Dame-des-Victoires. — Toujours des journaux supprimés. — La lutte du 19 mai. — Démolition de la chapelle expiatoire. — Préméditation incendiaire. — Rochefort en fuite. — Henri IV descendu. — Les brassards tricolores (complot). — Le jury d'accusation. — Vlnis coronat opus! — Dernier mensonge de la Commune. — Entrée de l'armée dans Paris.
Renouvellement du Cçnj^té de salut piihlic.
Conformément à la décision de la Commune, il est procédé au renouvellement du Comité de salut public. Sont nommés les citoyens Ranvier, Antoine Arnaud, GAmbon, Eudes, Delescluze.
Voilà entre les mains do qui est tombé le pouvoir dictatorial! Ils ne feront pas mieux que leurs devanciers.
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Journée du 11 mai.
Povr les séances. — Les membres de la Commune ne peuvent être à la fois à rilotel-de- Ville et à leur mairie. Aussi, pour que tout marcbe de front, la Commune, ïj^ se. réunira- t-elle pl^^ que trois fois par semaine ^ffâ^semMée délibérante, sauf le cas d'ur-
genCe. .'A->v/-o^id:noiJ ^l ^■olciK^ oU '■;• .î^H:!?rurl g ^i6rn-r^>V ^-
Le Comitfî;:dë; MM puMië;^^^^^ pose, rester^^ ^lïf ermanen^e à l'IIôtel-de-Yille. "
RemmhicemmtdeRossei','-^M. Delesclu^e éfet nomme délègue civil a la guerre.
La Commune ayant vu ses affaires péricliter sous les ordres de deux militaires, espère qu'elles se relèveront entrï3 les mains d'un journaliste.
Elle ne voit donc pas que le destin a marqué le
terme de sa vie, et que ce terme approcbe à grands
i pas, malgré ses efforts désespérés pour l'éloigner,
efforts qui naissent de l'illusion qu'elle se fait sur sa
forœ^^ si| ^^^S3e et sa raison !
Avènement de Deleschize, — Le nouveau délégué à la guerre célèbre son arrivée au ministère par deux
'if .
proclamations, l'une à la garde naliôiïaïe, Vautre à la Commune.
Dans la première, il fait appel au patriotisme des gardes nationaux, pour lui rendre facile Faccomplissement de sa tache. Cet appel" est de tradition. 11 ne cache pas comhien rhorrihle guerre leur a déjà coûté de sang, et ne leur promet pas le succès au hout de leurs eiforts :
(n Lors même, dit-il, qu'il ntf'tioii^'serait pas donné de récolter ce que nous avons semé, je saluerais avecenthousiasme la révolution du 18 mars, qui a ouvert à la France et à l'Europe des perspectives que nul* de nous n'osait espérer il y a trois mois. » Et pour les encourager à courir aux remparts, il ennoblit leur tache, il exalte la cause qui les arme :
« Vous condjattez pour votre liberté et pour l'éga^^ hté sociale; si vos poitrines sont exposées aux balles et aux obus des Yersaiilais, le prix qui vous est assuré , c'est raifranchissement de la France et du monde, la sécurité de votre foyer et la vie de vos femmes et de vos enfants. »
Dans la seconde proclamation, il rassure les citoyens membres de la Commune sur la situation militaire, leur annonce que la garde des remparts est suffisamment étabhe; que la position d'Issy n'a guère varié, et que celle du fort de Yanves a été un peu compromise; il avoue même qu'A un certain moment ce fort était évacué; mais, à quatre heures du matin.
— 2^5 — le général XVrobleski, à la lèie des 105*^ et 187*^ bataillons, est entré dans le fort à la baïonnette, et en a délogé ceux qui rayaient déjà occupé.
Tout semble donc jalle'r pour le mieux, et la Commune, ainsi que ses, partisans, se réjouissent d'avoir choisi un homme qui annonce des succès en compensation d'une défaite.
Réponse à la prodamaiion de M. Thiers, — Le Gomité de salut public veut aussi signaler son entrée au pouvoir, eiV Officiel publie un inique arrêté, digne pendant de ceux qui ont ordonné la démolition de la colonne, de l'église Bréa et de la chapelle expiatoire de Louis XYl :
Vu l'affiche du sieur Thiers, se disant chef du pouvoir e la RépubHque française ;
Considérant que cette affiche, imprimée à Versailles, a été apposée sur les murs de Paris par les ordres dudit sieur riiiers;
[ Que, dans ce documentj il déclare que son armée ne i3ombarfle pas Paris, tandis que chaque jour des femmes et les enfants sont victimes des projectiles fratricides de Verailles ;
Qu'il y est fait un appel à la trahison pour pénétrer dans a. place, sentant Timpossibilité absolue de vaincre par les rmes l'héroïque population de Paris,
Arrête :
Art. ler. — Les biens meubles des propriétés de Thiers ^ront saisis par les soins de radministralion des domaîne.s'.
Aht. 2. — • La maison de Tliiers, située place- Mepi;ge^^^^ sera rasée. ,
Art. 3. — Les citoyens Fontaine, délégué aux donnaines, et J. Andrieu, délégué aux services publics, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution immédiate 'du présent arrêté.
Paris,= ^! floréalan 79. ^ niui- cm uu mmiumi uJ.
be venger d un homme sur des pierres i — -Quelle ra^e aveugle et impuissante! . . ^. '
Une fois déjà, la maison de M. Thiers avait été désignée par la foule pour etreenvahic et pillée. C'était à la suite de cette séance restée fameuse,, p^^ M., É^^^^^^ Olivier déclara qu'il acceptait criin cœur léger la responsabilité de la guerre que l'Empire allait entreprendre— guerre que M. ïhiers avait tquJQurs çpmbattue;- — des individus se portèrent vers la maison de la rue Saint-Georges, mais ils n'osèrent pas accomplir leur projet et se contentèrent de crier: .,4 bas Thiers! et de le traiter de prms^ien! ,\. .jinsj.j
Le proverbe : « Autres temps, au treg mœurs, » a toujours raison; aujourd'hui, ils ont osé!
Appel aux hommes de cœur. — Toutes les ibis que des appels semblables sont faits, on peut compter que la vengeance en est le fond, quelle que soit la forme de l'appel. :• .nK.i: j
Il s'agit de la formation du corps des zoiiavt$de la\
RéptMlqnë];'éV¥bM e^iïî'mëirt et avec quel pragrauiiiie on les recrute : ''' ' ^''''^
^^'ÀHcx'Itôm'i^es de cœur.
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C4itoyens5 ^ .r
Au moment où les gardes nationaux défenseurs de la République et de la Commune tombent sous le plomb des assassins de Versailles, malgré leur titre inviolable de prisonniers de guerre, nos cœurs ont bondi d'indignation, et nous jetons au milieu de vous, citoyens, notre cri patriotique : Vengeance!.. Aidez-nous à l'assurer complète.
'-^Puïs tiennent 1éfeMi;SH^r^ j^erj/^rè^; 'faisant suite aux éclairéurs du même nom.
La Gëfk})viMi-\inr séante. ^^î:e citdyeri Bilifoi^ay est nommé membre du Comité de salut public, en remplacement de IJelescluze, qui n'a pas voulu cumuler.
Lefrançais veut que la Commune ait seule le droit de nommer et de révoquer les délégations plutôt que le Comité de salut public; mais le citoyen Régère lui réplique qu'il faut un pouvoir absolu à celui qui prend une responsabilité absolue.
I/assemblée passe à l'ordre du jour et laisse, par conséquent, tous pouvoirs au Comité de salut public pour agir comme il lui conviendra. Cette décision est le signal d'une scission telle parmi les membres de la Commune, que la manifestation ne s'en fera })as attendre.
JJégageïnents gratuits. • — En exécution d'un décret communal, les quatre premières séries des articles à délivrer gratuitement par le Mont-de-Piété ont été tirées au sort dans la salle Saint-Jean, en séance publique, présidée par Lefrançais.
Ce premier tirage a donné les résultats suivants :
Objets à délivre}' à partir du i2 mai 181 1 :
l<^^lot. — Objets engagés du l^i' au 15 novembre 1870 inclus.
2^ lot. — Objets engagés du 16 au 31 mars 1870 inclus.
3e lot. — Objetsengagésantérieurement aul5juin 1869 inclus.
4^ lot. — Objets engagés du l<^r au 15 mars 1870 inclus.
Journée du 12 mai.
Au peuple de Paris. — C'est ainsi que commence la proclamation du Comité de salut public, qui ne veut pas être en reste avec le délégué à la guerre :
Au peuple de Paris.
Citoyens,
La Commune et la République viennent d'échapper à un péril mortel.
La trahison s'était glissée dans nos rangs. Désespérant de vaincre Paris par les armes, la réaction avait tenté de désorganiser ses forces par la corruption. Son or, jeté à pleines mains, avait trouvé jusque parmi nous des consciences à acheter.
L'abandon du fort d'Issy, annoncé dans une affiche impie par le misérable qui Ta livré, n'était que le premier acte du drame : une insurreclion monarchique à l'intérieur, coïncidant avec la livraison d'une de nos portes, devait le suivre et nous plonger au fond de l'abîme.
Mais, cette fois encore, la victoire reste au droit.
Tous les fils de la trame ténébreuse dans laquelle la révolution devait se trouver prise sont, à l'heure présente, entre nos mains.
La plupart des coupables sont arrêtés.
Si leur crime est effroyable, leur châtiment sera exemplaire. La cour martiale siège en permanence. Justice sera faite.
Citoyens,
La révolution ne peut pas être vaincue ; elle ne le sera pas.
Mais s'il faut montrer au monarchisme que la Commune est prête à tout plutôt que de voir le drapeau rouge brisé entre ses mains, il faut que le peuple sache bien aussi que de lui, de lui seul, de sa vigilance, de son énergie, de son union, dépend le succès définitif.
Ce que la réaction n'a pu faire hier, demain elle va le tenter encore.
Que tous les yeux soient ouverts sur ses agissements.
Que tous les bras soient prêts à frapper impitoyablement les traîtres. Que toutes les forces vives de la révolution se groupent pour l'effort suprême, et alors, alors seulement, le triomphe est assuré.
A rilôtel-de-Ville, le 12 mai 1871.
Le Comité de saM public.
Cette proclamation annonce bien que la Commune
et|4a,JVpul)lique vieaiiiient.itjl'échappej^ià^aiii o<>i)\|)lol, et que les coupables sont arrêtés; mais quel est ce complotV et quels sont les cbupàbleè'? La CbmYnitno ne 1 explique pas. \ ,. ,
Puisqu'elle le dit, cela doit être yrai, et toute curiosité est punissable.
Suppression de jouDinjcr. — Six joiirnaux seulemenl sont frappés par la main inftexible du journaliste Cournet. Ces journaux sont : le Moniteur universel, V OlmmiteMKiyuVIliirers , \\e S))edo1eùr ,^^^V^^^^^^^ et
Liberté des cultes, r-y 'Nous. ne, sopimes plus. à faire remarquer pour la première fois rintolér,âîice religieuse qui a régné sur^ tous, les aç.tc,s d(>$,;46K^'ations communales; aussi, en lisant l'O/'^^/ei, n'y a-tril/irieni d'étonnant d'y rencontrer des .npt,^p x]4p$,;lfijgcnpqjéa celle-ci : AmviM ^mi ' '
Bienlôt l'enseignement religieux aura disparti des écoles, de Paris. '"
Cependant, dans beaucoup d'écoles rjeste, çous^formede crucifix, madones et autres svmboles, le souvenir de cet ensem^nement.
Les instituteurs et les institutrices devront faire disparaître ces objets, ,dont la présence offense la liberté M conscience. . / , ,, , . , ,> ... , ... .c. ....,a . „,,? ;.
Les objets de cet ordre qui seront en métal précieux seront inventoriés et envoyés à U Monnaie.
. •^^^hfjii^i^*--^0ïïUît*Srt^ mui^â'âtt'4^^ arrondissement:
.^^'jÇ'j) Vit. officier ou ^ous-offîcier ivre^ ou dont la troupe se repliera par sa faute, sera cassé de son grade et déféré, s'il y a lieu, au conseil de guerre.
Paris, le 11 mai 1871.
]je chef de la légion du 4^ arrondissement,
ESGONNIÈRE.
' 1 ^d i se 1. passe * îdb> ebmmentaires . .V)^/v^^u\s\\^ 'iH<A\u(Af *! ^ntî-: /]!f;.rrnï nitvx)
\'s Dêmisswn de Ch. Beslay, — Le doyen de la Commune, délégué à la Banque, le citoyen Beslay, n'approuvant ni r envahissement de la Banque ni la démolition dei la maison de M. Thiers, envoie sa démission à- b^ Commune^ (1)/^^'' 'v.AiH*'rr,: hm-m nr...
'^'Cët envahissement de la Banque a été ordonné par ïè 'Comité de salut puhhc, qui cherchait dans cet élablissemént des pièces relatives cm complot monarchique. C'est le 208^ bataillon qui a été chargé de cette besogne, et voici l'éloge burlesque qu'en fait le Cri (kl Peuple :
'[ Le 208® a bien l'aspect le plus crâne, le plus décidé, le plus martial que nous ayons pu admirer. Tous les citoyens qui le composent ont l'âge viril, l'âge de la détermination; pas de trop jeunes, pas de trop vieux. Le commandant et les officiers ont l'air d'avoir été trempés dans le Styx ; ils doivent être de la nâte dont on fait les héros.
(1) Voir à la note A" la lettre motivant la démission de M. Beslav.
Tentative avortée, — Les journaux conmuuieux ont fait courir le bruit d'une tentative d'assassinat sur Dombrowski : six coups de revolver lui auraient été tirés sur la place Vendôme; il serait touché légèrennent.
Mort d'Aubcr, — Un événement qui, dans les temps ordinaires, aurait produit une grande sensation dans le monde artistique, passe presque inaperçu.
Auber, le célèbre auteur de la Muette, du Philtre, du Domino noir et de tant d'autres chefs-d'œuvre, s'éteint à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. 11 était né à Caen, en 1782.
Son corps a simplement été déposé dans un caveau de l'église de la Trinité, l'enterrement du compositeur français ne devant avoir lieu qu'après la guerre civile.
Installation du directeur de V Opéra, — La présentation aux artistes et au personnel du nouveau directeur de l'Opéra, par les délégués de la Commune, les citoyens Regnard et Levraut, a heu dans le foyer du chant de ce théâtre. Des discours ont été prononcés, mais ils ne méritent pas d'être conservés à l'histoire.
Exécution mUitaire. — Un garde national nommé Thibault est fusillé à la redoute des Ïlautes-Bruvéres,
en présence de ditïérents détachements de la garde nationale et des citoyens Aniouroux, Dèreure et Melliet, membres de la Commune. Il était accusé d'avoir entretenu des intelligences avec l'armée ennemie.
Le procès-verbal d'exécution est signé par Léo Melliet, membre de la Commune, gouverneur de Bicêtre, président de la eour martiale,
La Commune en séanee, — Le citoyen Trinquet veut qu'on frappe d'une contribution de dix francs par jour les gardes nationaux qui, pour ne pas faire leur service, ont quitté leur établissement.
Le citoyen Franckel donne lecture d'un rapport au sujet des marchés pour l'habillement mihtaire, d'où il résulte que des industriels ont offert le prix de confection des vareuses et des pantalons à 3 fr. 75 et 2 fr. 50. Le citoyen Franckel trouve qu'avec ces prix, les ouvriers qui feront le travail ne pourront pas vivre.
. « La question est ainsi posée, dit-il: des exploiteurs profitent de la misère publique pour baisser les salaires , et la Commune est assez aveugle pour prêter la main à de pareilles manœuvres.
(( Et le travailleur est aux remparts ; il se fait tuer pour ne plus subir cette même exploitation.
(( Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars a été hite exclusivement par la classe ouvrière. Si -nous ne faisons rien pour cette classe.
nous qui avons pour principe l'égalité sociale^ jo. n© vois pas la raison crôtre de la Gommuixe: »•' • im'M
. Wn^T Abonnai rnoO 1
Journée du 13 mai.
Décret social: ^^'A la suite de l#dîscussionf11iièr, du rapport Franckel, la Commune décrète r^*' <^'nii\-
ART. 1^. — La commission du travail et a échange est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu'à ce jour par la Commune.
Art. 2. — La commission du travail et d'échange demande que les marchés soient directement adjugés aux corporations, et que la préférence leur soit toujours accordée. !dil(| .IUlii< •jjj '♦Hun
Art. 3. — Les conditions des cahiers des charges et les prix de soumission seront fixes par l'intendance, la cliambre syndicale de la corporation et une délégation de la commission du travail et d'échange, le délégué et la commission des finances entendus.
Art. 4. — Les cahiers des charges, pour toutes les fournitures à faire à l'administration communale, porteront dans les soumissions desdites fournitures les prix minimum du travail à la journée ou à la façon à accorder aux ouvriers ou ouvrières chargés de ce travail. ^
Justice. — La Commune veut avoir Tair de songer à tout ; elle se croit universelle et taillée pour combattre comme pour légiférer. Il n'y a plus ni avocats!
m ixvoiïëshm ju^î înidiuissiersl Que lui imporld? D'un coup de plume, elle en crée! Exemple : ^
La Commune de Paris, Décrète :
Art. 1^^ — Il sèrjppfocéHe, p^r les soins du délégué à la Justice, à rorganisation d'une chambre du tribunal civil delà Commune de Pari.s. Cette chambre statuera sur les afl'aires urgent^,*^. ^
Art. 2. — La procédure dite ordinaire est abolie. Toutes les affaires seront instruites comme en matière sommaire. A défaut d'avoués, les huissiers occuperont pour les parties.
4rt. 3.. TTr Les parties pourront se défendre elles-
Le Comité de salut public donne la main et arrête :
I^eciloyenyoncken (Adolphe), président chargé des référés, est nommé .président du tribunal civil de la Commune de Pans. w. .
' Sont nommés jugesaudit tribunal :
J^^ Le citoyen Leloup (Félix), juge d'instruction près les tribunaux criminels de la Commune de Paris ;
Sj» Le ciioyen Coppens, ancien préfet de la Piépublique. ,.L^. citoyen Fiamet (Jules), avocat à l'ex-cour d'appel de Paris, est nommé juge suppléant au tribunal civil de la Commune de Paris.
mêmes
Autre (iécret de la Commune de Paris :
nu)
ÀRiïGLE UNIQUE. — Eu matière de séparation de corps,
le président pourra allouer à la femme demandant la séparation une pension alimentaire, qui lui sera servie jusqu'à ce qu'il en ait été autrement décidé par le tribunal.
Yésinier à /'Officiel. — Par ordre du Comité de salut public, le citoyen Yésinier est nommé délégué au Journal officiel^ pour les fonctions de rédacteur en chef.
Avec ce rédacteur la feuille officielle
Va prendre, dès ce jour, une face nouvelle.
Elle ne sera plus vendue que cinq centimes.
Cour martiale, — La première cour martiale eut une existence éphémère, mais ne laissa aucune trace de sang sur son passage; celle-ci ne vivra pas davantage, mais ses arrêts laisseront un plus triste souvenir.
Nommée par le Comité de salut public, elle est ainsi composée •
Colonel E. Gois, président ; Colonel J. Collet, juge ; Colonel Ledrux, jupje ; Lieutenant-colonel Razoua, juge ; Commandant Ed. Levraud, juge; Commandant Lefebvre-Rongier, juge suppléant; Commandant Michevont, juge suppléant; Lieutenant H. Arnold, juge suppléant; Commandant A. Goullé, juge rapporteur.
Un haut fait de Dombroivski. — D'après un ordre du jour, le délégué à la guerre annonce que le général Dombrowski, à la tête du 128« bataillon, a chassé les Versaillais du parc de Sablonville. En récompense de ce fait d'armes, la Commune décrète à l'unanimité que le 128^ bataillon a bien mérité de la République et de la Commune, et des revolvers d'honneurs sont distribués aux plus méritants.
Le revolver d'honneur est rétoile des braves chez les fédérés.
Désordre. — Les généraux de la Comnmne s'adjugeaient des états-majors à leur volonté, ainsi que des chevaux et des équipages militaires, sans en tenir aucun compte vis-à-vis du ministère de la guerre.
Ce qui force le citoyen Delescluze à publier un ordre sévère à cet égard. Néanmoins, rien ne marcha avec plus de régularité, et les généraux continuèrent à ne suivre que leur bon plaisir.
Revue d'artillerie. — Le délégué à la guerre s'aperçoit que le nombre des artilleurs qui touchent la solde est énorme, tandis que le nombre de ceux qui servent est infiniment moindre.
Tous les artilleurs — excepté naturellement ceux qui sont au feu — sont passés en revue à quatre heures du soir, dans la grande cour de l'Ecole niiUtaire;
Delescluze, iiiiitant son prédécesseur Rossel, qui avait fait transporter clans cet établissemehf toutes les pièces (J'artrllerie en non activité, y fait transportera son tour tout le matériel appartenant aux conjpagnies de train.
Lorsque les troupes sont entrées dans la capitale, elles ont fait là une importante capture de bouches a feu.
Lettres et arts. — Le citoyen Anys-el-13itlar (quel nom!) est chargé de travaux spéciaux à la section des manuscrits (langues arabe et syriaque).
La citoyenne l^arpolet, professeu)' de modelage, est nommée directrice de l'école de dessin de la rue Dupuytren, réouverte sous la dénomination (ï École professionnelle d'art indastriel pour jeunes filles.
Trois pour un. - La première tentative avait trop bien réussi pour qu'on ne donnât pas suite à l'idée d'organiser une série de concerts populaires aux Tuileries. C'est toujours le docteur Rousselle, inspecteul'^ général des andjulances, qui est l'organisateur de ce^ fêtes ; il a pris ses mesures pour éviter désoimais' l'encondjrement de la première fois.
Dans la salle des Maréchaux, un concert;
Dans l'ancienne salle des théâtres, un concert;
Dans le jardin réservé, musique mihtaire.
Les artistes qui s'y sont fait entendre, sont:
W^^ Aîicir, cle J3 Comédie-Française : M^i^ et -SL Cailla? ; f P'y-^i i: t V\ ■'■■■■ ■ : ' ^ : '' N i :; '-^ ', •
lot^i du Ïhéàtre-Lyrique; M^^^ Tesseire; M. Daubé, violoniste; M, Roussel , de Méry, poète populaire (?), et M^e Bordas.
Le bouquet de la soirée a été cette proclamation du docteur Rpusselle, affichée dans tous les salons où drculait le public :
(( Peuple,
, (( L'or qui ruisselle sur ces murs, cest ta sueur! Assez longtemps tu as alimenté de ton travail, abreuvé de ton sang ce monstre insatiable : la monarchie,
(( Aujourd'hui que la révolution t'a fait libre, tu rentres en possession de ton bien; ici, tu es chez toi. Mais reste, digne, parce que tu es fort, et fais bonne garde, pour que les tyrans ne rentrent jamais.