‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 101 sur 221 · Voir plus liaut, p · texte numérisé non relu

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[28 NOVFMiîRE I80i] l'AlUS SOUS I/KMPinE 414

complet une comédie nouvelle en un acte et en prose, inlilulée : Isabelle de Portugal. Cette pièce, assez bien écrite, a de plus le mérite de produire quelques allusions délicates, relativement aux circonstances, et on a marqué par des applaudissements plus d'une application à la gloire de la famille impériale. Le sujet présente trois frères, l'un militaire, l'autre négociant, et le troisième poète, n'ayant de ressources que dans la vente d'une petite maison qui compose tout leur héritage. Cette maison est située au milieu d'une forêt où viennent chasser quelquefois îles grands de la cour; Isabelle, égarée, trouve c;tte maison commode pour un rendez- vous de chasse et s'offre pour Tacheter ; elle déguise son rang et se donne pour une personne qui jouit d'un crédit <à la Cour et c'est à ce titre, qu'elle ofTre aux trois frères sa protection pour faire accueillir du prince différentes réclamations. Car l'un se plaint de ce que des envieux se sont attribué le mérite du dessin par lui fait des broderies du manteau de l'Impératrice, l'autre d'avoir été frustré d'un avancement à l'armée, l'autre de n'avoir pu faire parvenir ses chefs-d'œuvre jusqu'au pied du trône. « Mes amis, leur dit Isabelle, comptez sur le succès de mes démarches en votre faveur; carie prince trouve toujours une jouissance à récompenser à la fois, et l'homme qui se rend utile à l'État par son industrie, et le militaire qui le défend par sa valeur, et l'homme de lettres qui l'honore par ses talents, h Bientôt la chasse arrive ; les pages et toute la suite, en s'inclinant, font reconnaître Isabelle, qui ne quitte ce lieu qu'après y avoir signalé son passage par des bienfaits. Tous les habitants du hameau la reconduisent, en exprimant, de la manière la plus touchante, leurs vœux et leur reconnaissance. Toute cette allégorie a été vivement sentie. Les applaudissements devenaient un hommage direct à Leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice. Les auteurs ont été unanimement demandés. On a nommé MM. Etienne et Nanteuil. — On a donné, au thé/ltre Montansier, et avec un succès égal, une petite pièce en vaudevilles, intitulée Milord Go. L'intrigue, par elle-même, n'est qu'un canevas à la faveur duquel l'auteur a produit plus d'un couplet en mémoire des batailles de Lodi, Marengo, Aboukir, etc., mais ces couplets ont été très vivement applaudis; plusieurs môme ont été redemandés et répétés. On a vu aussi, avec satisfaction, la scène ornée de transparents sur lesquels se lisaient les noms de ces batailles célèbres. En général, cette petite pièce a fait le plus grand plaisir, l'auteur (M. Désaugiers) a été nommé au milieu des applaudissements de tous les spectateurs *.

1. Cette picre a été imprimée sous ce titre : Milord Go, ou le iS Dnimaire. tableau impromptu en un acte, mOlé de vaudeville. Paris, 1N04, in-S.

41o PARIS SOUS L'EMPIRE [28 novembre 1804]

Bal de L'Académie impériale de musique. — Le bal masqué qui a eu lieu la nuit dernière à l'Académie Impériale de Musique n'a attiré que très peu de momie. Il s'est terminé avant neuf heures du matin, et la recette ne s'est élevée qu'à 1.915 francs.

Journaux. — On ne distingue rien de nouveau dans les feuilles de ce jour ; elles sont uniquement remplies des détails officiels publiés par les deu.K derniers numéros du Jloniieur.

Evénement. — Charlier, le voleur du vase dePtolémée et des antres antiques de la Bibliothèque nationale*, est mort à l'infirmerie de la Force. . .

Bourse. — Les afTaires ont paru, en général, très languissantes, et le cours des renies n'a éprouvé aucune variation sensible. On a remarqué seulement, et avec beaucoup d'étonnement, que l'on ne faisait que dix centimes de différence entre le cours du comptant et celui de la fin du mois prochain. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 58 fr. 40, 35, 45, 40. Actions de la Banque de France, 1.147 fr. 50.

Dubois.

(Arch. nat.. F\ 3833.)

Journaux.

Moniteur du 9 frimaire : « Paris, le 8 frimaire. ...S- M. l'Impératrice, partie do Fontainebleau hier à 9 heures du matin, est arrivée à Paris à trois heures après-midi. M"^ de La Rochefoucauld, dame d'honneur, et M"« d'Arberg *, dame du palais, étaient dans une voiture. S. M. l'Empereur est parti de Fontainebleau le même jour, à deux heures après-midi, avec Sa Sainteté. Le Pape était dans la voiture de Sa Majesté ; ils sont arrivés à Paris à huit du soir. Le Saint-Père a passé tout le jour dans son appartement pour se reposer des fatigues du long voyage qu'il vient terminer. Chacune des journées de Sa Sainteté est distribuée d'une manière uniforme et constante. Elle se lève avant le jour et demeure jusqu'à dix heures en prières et en méditations. Ce n'est qu'à cette heure que les officiers de sa maison entrent dans son intérieur. M. de Viry, chambellan de l'Empereur; M, de Luçay, premier, préfet du palais, et M. Diirosnei, écuyer cavalcadour, font auprès du Pape le service de chambellan, de préfet et d'écuyer. . . >> — Gazette de France du 8 frimaire : « Paris, 7 frimaire. ...Le Pape est arrivé ce soir à Paris avec l'Empereur et dans la même voiture; ils sont entrés par la barrière des Gobelins à 6 heures 2!) minutes, ont suivi le nouveau boulevard, le pont de la Concorde, le quai dos Jardins dos Tuileries et sont arrivés au château, par la place du Carrousel, à six heures du soir... » — « Le tarif qui suit est substitué, par un décret impérial, à celui prescrit par l'arrêté du 3 vendémiaire an XII pour la répartition de la contribution personnelle et de la contribution somptuaire de la

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