‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 12 sur 221 · Tragédie par Le Franc de Ponipignan · texte numérisé non relu

Tragédie par Le Franc de Ponipignan

27 MAI 1S04] PAHIS SOUS L'EMPIKE 20

de Sa Majesté Imp«M-ial(\ On dit encore que M. le maréchal Kellerinann a chargé qui-liiu'un de lui 'Innner l'organisation d'une compagnie ([ui prit autrefois le nom de connélablie sous le connétable de Montmorency. — Toutes les réunions publiques ont été hier parfaitement tranquilles. Un a remarqué beaucoup de gaîlé dans les promenades, dans les guinguettes et surtout parmi la classe ouvrière. La beauté du jour avait attiré beaucoup de monde hors Paris, ce qui a rendu les spectacles beaucoup moins peuplés que de coutume.

Exclusifs. — Les exclusifs font circuler avec affectation le bruit qu'il s'est manifesté beaucoup de mécontentement parmi les troupes de la garde <le Sa Majesté Impériale, lors de leur départ ; que plusieurs avaient même refusé de partir et avaient été mis en prison ; ils ajoutent que les officiers du corps ne sont pas non plus très contents. Us répètent qu'ils n'ont point encore perdu toute espérance.

Pont du Jardin des Plantes. — Les travaux du pont paraissent prendre plus d'activité ; on s'occupe aujourd'hui de placer les cordages destinés à enlever le mouton, et l'on va commencer incessamment à battre les pieux. . .

Bourse. — Les négociations de rentes ont été à peu près nulles pendant la vacance de la Bourse, et elles n'ont été guères plus animées aujourd'hui sur le parquet ; les variations du cours ont été insignifiantes, et, selon les spéculateurs, cette stagnation doit exister pendant quelques jours. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. ; 45 ; 57 fr. 40 c. ; actions de la Banque de France, 1.095 francs.

(Arch. nat., F', 3832.)

Journaux.

Monileur du 13' prairial an XII : — « Paris, le 12 prairial. Dimanche 7 du courant, M. Ternisien d'Haudricourt a eu l'honneur de présenter à S. M. riMnpercur et à la famille impériale, la troisième livraison des Fastes de la nation française, ouvrage gravé accompagné d'un texte explicatif dosliné à pcr|)étuer la mémoire des hauts faits militaires et des traits de vertu civique' »

I. Tel ouvrage, décrit dans la l'iance lilléraire de Quérard, n'est pas menti..nné dans la Table îles anieurs du Catalogue île Vhistoire de France de la ilihliiitli('-i|ue nationale.

•21 PARIS SOUS L'EMPIRE [28 mai 1804]

Rapport de la prkp^ecture de police du 9 prairial.

Réunions. — Les réunions publiques et particulières n'offrent qu'un seul et même objet aux observateurs. Partout on ne parle que du procès des conspirateurs. On désire vivement connaître le résultat des débats, et Ton parait croire généralement que bien peu d'entre eux seront acquittés.

Militaires. — Le bruit circule que les militaires composant le détachement de la garde impériale parti dernièrement ont eu en route une rixe très violente, qu'on en est venu aux coups de sabre, que plusieurs ont été tués, et un grand nombre blessés.

On a été informé que Jacques Rigomer Bazin, se disant homme de lettres, se disposait à partir pour Hambourg dans l'intention d'y faire imprimer un ouvrage contre le gouvernement. On l'a fait observer avec soin, et il a été mandé à la préfecture de police, ainsi que Claude-Henry Saint-Simon ', avec lequel il vit habituellement. Le manuscrit de l'ouvrage a été examiné avec soin. Il a pour titre : Esquisse cVun nouveau plan d'organisation sociale par un philanthrope^ avec une épître dédicatoire à l'Empereur^. La base de tous les raisonnements de l'auteur est le système de la perfectibilité de l'esprit humain. Il propose une souscription propre à rendre indépendants trente savants dont les travaux et les lumières n'auraient d'autre but que d'améliorer le sort des peuples. Il veut que ces savants n'occupent aucune place donnée par les gouvernants, et il prétend que l'humanité, en agissant collectivement pour récompenser les hommes d'un génie transcendant, hâtera l'époque de la paix perpétuelle. L'auteur adresse des discours métaphysiques aux savants, aux propriétaires et aux non-propriétaires, et il démontre à tous la nécessité de sa souscription. Il propose de ne rien donner aux prêtres qui ont intérêt d'arrêter le progrès des lumières, et de verser dans la souscription ce que l'on porte à l'otTrande. Il parle beaucoup de la Révolution fran-

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