C'est le célèbre philosophe
2. Cet ouvrage ne figure pas dans la liste des ouvrages de Bazin, telle que la donne la France lilléraire de Quérard. D'ailleurs, comme on va le voir, Saint- Simon s'en déclara l'auteur.
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raise: « Klle a tail des conqufMes, <lil-il, elle est rentrée dans la direclion despotique. Ayant voulu garder ses conquêtes, le chef de ses Irouj.ps a nécessairement acquis prépondérance de pouvoir sur le Corps législatif constitué. » Dans un discours adressé aux Anglais et aux Français, l'auteur expose les motifs qui ont déterminé la guerre entre les deux (.euples, et il dit que, s'il y avait une autorité supérieure pour les Juger, cette autorité forcerait le gouvernement français à évacuer l'Italie, la Hollande, etc., et le gouvernement anglais à renoncer à toute mesure vexatoire pour la navigation. Il termine par le tahltau «l'une organisation sociale parfaite. Rien de plus bizarre. On V voit figurer un pouvoir dcstilutif, c'est celui des savants, qui destilutMil les fonctionnaires publics qui auraient abusé de leur autorité. M. Saint-Simon a déclaré qu'il était l'auteur de l'ouvrage, et que son intention n'était pas de le faire paraître sans l'autorisation du gouvernement. Bazin a dit au contraire que, lors même qu'on n'obtiendrait pas la permission de publier l'ouvrage en France, il le ferait imprimer à Hambourg et lui donnerait une suite, s'il trouvait un noMd)re de souscripteurs suffisant ; qu'il devait en conséquence se mettre en route aujourd'hui à cet effet. . .
Bourse. — Les négociations du parquet n'ont pas été moins languissantes qu'hier, et le cours des rentes n'a éprouvé néanmoins aucune variation sensible. Le bruit du départ de Sa Majesté s'était répandu dans la matinée, mais il a été détruit en Bourse, et l'on s'est borné à dire qu'il aurait lieu très incessamment. — 5 0/0, jouissance
de germinal, 57 fr. 40, 33 c
Arch. nat., F', 3832.)
Journaux.
Mointour fin 9 prairial : « Cours de phtisique expérimentale. Le ciloyen Tiomery ouvrira ce cours mercredi 10 prairial an XII, à midi précis, dans son rabincl de physique, quai Saint-Bernard, n° 30, près la rue de Seine. Ce cours sera composé do quarante leçons ; il aura lieu les lundi, mercredi et vendredi do chafnio semaine à la même heure. Ceux qui voudront souscrire pour co cours so feront inscrire à la demeure ci-dessus indiquée... » — Mi'mnrinl nnti-hritaniiique du 9 prairial : « L'acte d'accusation de Georges cl dp SCS complices vient d'élre publié. On y voit signaler à chaque trait la part active que le gouvernement anglais a eue dans ce complot infâme, dont le résultat eût été de replacer la France sous le joug d'une dynastie déshonorée et justoment expulsée, ainsi que d'anéantir jusqu'à la dernière trace d'une révolution amenée par la ruine des finances, la perte du crédit public, rénorniilé dos abus de tout genre et les excès du pouvoir arbitraire. * — « Los Miccos du Consul |)résageant ceux de l'Empereur ont ins-
23 PARIS SOUS L'EMPIRE [29 mai 1804]
pire à un poète octogénaire et au plus ancien de nos tragiques vivants quatre vers que nous nous empressons de consigner ici :
AS. M. I. Napoléon I^"".
Le ConsuL en vainqueur, pacifia la terre, Nous rendit nos autels, fit les plus sages lois; Le sort de l'Empereur est de venger les rois Des insultes de l'Angleterre.
Par Aug Ximenoz, le plus ancien des colonels de France '. »
Rapport de la préfecture de police du 10 prairial.
Réunions. — On répand de nouveau dans les salons que la coalition des puissances du Nord est certaine, qu'elle sera fortement appuyée par l'empereur d'Allemagne et le roi de Prusse, qu'il est sûr que le roi de Suède commandera en personne l'armée des coalisés, et que déjà des préparatifs de guerre se font de l'autre côté du Rhin. — On dit que la garde de S. M. l'Empereur va être renouvelée en entier, que l'on changera jusques aux guides; que la garnison de Paris va éprouver aussi de grands changements, attendu, dit-on, que l'on est mécontent de l'esprit qui anime ces militaires, — Les conversations publiques et particulières ont toujours pour unique objet le procès des conspirateurs.
Bois de chauffage. — Les prix de ces bois ont un peu fléchi... Bourse. — Le mouvement des négociations de rentes a été plus animé que les jours précédents; le cours a éprouvé assez constamment, jusqu'au moment de la clôture, des variations défavorables ; mais, tout à coup, les demandes se sont multipliées et ont produit une hausse très sensible. Toujours le plus grand calme dans les transactions commerciales, selon le rapport des courtiers. — o 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. 40, 3o, 25, 30 c. ; actions de la Banque de de France, 1.092 fr. 30 c. ; 1.095 francs. (Arch. nat., F', 3832.)
1. C'est le marquis de Ximénès (1726-1817), ancien mestre de camp de cavalerie^, auteur de tragédies et de poésies diverses, ami de Voltaire.
I30MAMK04) PAHIS SitI S I.KMPIKE 24
Journaux.
JouiU'iI (h-s Ihbats .lu H» |>iairial : « Paris, 9 prairial. M. Siméon, tribun, esl nommé conseiller d'Elat. — Le maréchal d'Empire ncrnadolle est général en clief commamlaul l'armée <ic Hanovre : il part sous peu de jours. — On assure que M'"'> Miol, femme du conseiller d'Élat, et Girardin, femme du lé^îislaleur, sont nommées dames de compagnie de la princesse Joseph. — On dit aussi que M"» de Nansouty, femme du général, va être attachée à la princesse Louis. -- Il y a conseil d'État tous les mardis à Saint-Cloud. . . » — i. La séance publi.jue que l'Université de jurisprudence tint, le 7 de ce mois, fui interrompue par un événement aussi extraordinaire que fâcheux. M. Bexon. auteur de la Théorie des délits et des peines, qui la présidait, attaqué d'un coup de sang, est mort dans la salle même des exercices ' »
10 PirMRlAL AN XII (30 MAI 1804).
Rapport de la pbékkcture de police du M pkairial.
Réunion. — On disait hier chez M"^* de Marcenay, demeurant rue Honoré-Chevalier, et chez M. d'Elber, demeurant même maison, que l'épouse de Moreau, avec laquelle ils sont fort liés, s'affligeait beaucoup du prochain départ de Sa Majesté Impériale, qu'elle considérait cotiimc d'un mauvais présage; qu'elle répète que son mari n'a pas grande énergie, et que ce qui l'inquiète davantage, c'est la sévérité avec laquelle on le surveille et la manière dure dont il a été transféré du Temple à la Conciergerie. — On a remarqué plusieurs fois dans différents endroits publics, et notamment au café Tortoni, l'envoyé du duc de Wurtemberg, celui de Bade, le comte de Beust et plusieurs autres étrangers qui se prononçaient fortement en faveur de la France et faisaient des vœux pour le succès de toutes les entreprises lie Sa .Majesté Impériale. . .
liourse. — Le mouvement de hausse que le cours des o 0/0 éprouva hier au moment de la clôture de la Bourse avait pour motif le bruit qui venait de se répandre que M. de Lucchesini avait reçu de sa cour de nouvelles lettres de créance auprès de S. M. l'Empereur des Français. Malgré que cette nouvelle ait été propagée et accréditée aujourd'hui, le défaut de confirmation officielle a occasionné un peu de refroiflissemcnt, auquel ont pu contribuer aussi les ventes du