‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 129 sur 221 · CCXXXIII · texte numérisé non relu

CCXXXIII

Ministère de la police générale. — Bulletin du 49 nivôse.

Paris. Bal de VOpéra. — Le bal de l'Opéra a été hier très brillant. On a cru généralement que S. M. l'Empereur y était déguisée. (Arch. nat., AFiv, 1492.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — On publiait, hier, dans quelques endroits publics, que les Anglais avaient fait enlever l'ex-général Moreau, et qu'ils se proposent de lui offrir le commandement des troupes destinées contre la France.

Bal. — Le bal, qui a eu lieu cette nuit à l'Académie Impériale de musique a été fort nombreux et fort bien composé. Il y avait beaucoup plus d'hommes que de femmes. La recette s'est élevée à 18.100 francs. L'ordre a été maintenu au dedans et au dehors.

Journaux. — Le détail de la dernière séance du Corps législatif et surtout le texte du dernier décret impérial sur la répartition des conscrits de l'an XIII, lors de leur incorporation qui doit avoir lieu dans les différentes armes, remplissent la totalité des feuilles. La seule nouvelle, qu'elles donnent de l'étranger, consiste dans quelques circonstances relatives à l'exil du ministre d'Étrurie, le comte Salvatico» Il tie se trouve, du reste, dans les journaux, aucun article de littérature ou de pliilosophiequi ait paru devoir exciter une attention particulière...

Bourse. — Le mouvement des négociations a été infiniment plus animé qu'hier, et tous les effets ont été plus demandés qu'offerts; le cours des rentes s'est parfaitement soutenu ; celui des actions de la Banque continue à s'élever avec une rapidité prodigieuse. — 5 0/0 consolidés, jouissance de vendémiaire, 57 fr. 70, 73. Provisoire, 44 francs. Actions de la Banque de France, 1.170 francs, 1.180 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F', 3833.)

[9JANViKn 1R05] PAIUS SOl'S I/EMPIHE 520

Ministère de la i'olice généhai.e. — Bulletin du 20 mvose.

Renseignemonls à suivre. . . Libelle. — On sait qu'il a élé vu à Paris un exemplaire d'un ouvrage intitulé : Manifeste de Charles X, roi de France. Il y a lieu de présumer qu'on cherchera à reprendre ce pamphlet. Prescrire toutes les précautions convenables pour en empêcher la circulation, ainsi que pour en découvrir et faire arrêter les auteurs, imprimeurs et distributeurs. — Camille, rédacteur du Journal des monuments et des arts, dont la suspension vient d'être ordonnée. Vérifier quelles sont ses relations habituelles et s'assurer s'il n'aurait pas élé excité par des malveillants à insérer dans sa feuille des personnalités inconvenantes qu'il se permettait contre des hommes attachés au gouvernement. — La Meilleraye, Chouan, qui a servi sous Frotté *, signalé comme arrivé depuis peu de jours de Londres à Paris, chargé d'une mission importante. Rechercher et vérifier. On indique la maison où il paraît qu'il est descendu.

FOUCHÉ

(Arch. nat., AF iv, 1492.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

On a découvert, aujourd'hui, qu'un particulier faisait imprimer clandestinement une adresse aux Français, tendant à renverser le gouvernement. Il a été arrêté ce soir, au moment où il allait en retirer les exemplaires, qui tous ont été saisis. Il y en a environ un mille. Ce particulier a dit se nommer Philippe Ignard, marchand de seP. Il paraît que cet homme n'est qu'un intermédiaire. On s'occupe de son interrogatoire et de la suite de cette affaire. Le nommé Denis, bourboniste effréné, l'un des colporteurs de l'oraison funèbre du duc d'Enghien et dont il a été question au rapport du 18 de ce mois^, a

i. Ce nom de La Meilli-raye ne se trouve pas dans la Table alphabétique de l'oiivraf^e de M. de la Sicotiére : Louis de Frotté et les insurrections normandes.

2. Kn inarpe, d'une autre main : <■ Écrire au député de la Sartlie pour avoir des informationu sur cet individu. Ignard est natif de ïresson, département de la Sarthe ; il demeure habituellement à Paimba^uf; il a été maire de Tresson en l"!):{. .) « Faire de suite la lettre indi((uée. »

'S. C/esl une erreur. Il n'y a rien sur cette allaire dans le rapport du 18 nivùse an III.

521 PARIS SOUS L'EMPIRE [9 janvier 1805]

déclaré que l'exemplaire qu'il avait lu lui avait été prêté par un nommé Leroux, commis-greffier du juge de paix du 10« arrondissement, lia été arrêté et a avoué, ce soir, que ce libelle lui avait été remis par le sieur Ratel, avoué, frère du fameux abbé R-itel. J'ai donné les or. Ires de l'arrêter et saisir tous ses papiers.

Réunions. — Il n'est question que de la guerre continentale dans les réunions publiques et particulières, et l'on ne s'occupe point absolument d'autre chose.

Culte. — Sa Sainteté s'est rendue ce matin, à dix heures, à Saint- Etienne-du-Mont. Après avoir célébré la messe, Sa Sainteté s'est rendue dans une chai^elle particulière, où elle a reçu les hommages des fidèles. Le Pape a été ensuite visiter les Gobelins ; il a parcouru tous les ateliers et examiné avec attention les chefs-d'œuvre de cette manufacture. Partout la décence et le plus grand ordre ont été observés.

Journaux. — Les nouvelles suivantes sont communes à la majeure partie des journaux. Elles traitent, à l'article cV Espagne, des dispositions très actives de la cour de Madrid pour attaquer de vive force la forteresse de Gibraltar ; plusieurs régiments d'infanterie, deux régiments de dragons, des compagnies d'artillerie, bombardiers et mineurs, ainsi que de la grosse artillerie et des munitions de toute espèce, sont déjà arrivés, à cet effet, au camp de Saint-Roch. Elles ajoutent que l'amiral Gravinaet beaucoup d'autres officiers supérieurs sont attendus incessamment à Cadix, pour y accélérer l'équipement et l'armement de tous les vaisseaux de guerre, en état de service. Enfin elles donnent un tableau déplorable de la dépopulation de Malaga, par la dernière épidémie. A l'article (VAllemagne, elles donnent à croire, mais toutefois sans beaucoup de garantie, que, d'après un changement de ministère, à Saint-Pétersbourg, MM. de Zoubow, Panine et Worontzow, qu'on regarde comme amis de l'Angleterre, doivent avoir été rappelés; et que le prince Czartoriski, ministre des affaires étrangères, doit avoir quitté ce poste. Elles parlent encore, comme d'un bruit généralement ré|jandu, à Vienne, du prochain remplacement du comle de Cobenzl dans son ambassade à Paris, par M, le comte de Bellegarde. Enfin, elles annoncent que les tiois régimtjuts d'infanterie Czartoriski, Beaulieu et Murray, ont reçu l'ordre de • se mettre en marche, avant le 15 décembre, pour achever de tirer le cordon formé sur les frontières italiennes. « Ce mouvement de troupes, est-il dit, est si visiblement dirigé contre la contagion, que les nouvellistes les plus intrépides n'ont pas osé y trouver matière à faire courir des bruits de guerre, » A l'article d'Italie, elles rectifient

[9 JANviKR 1803] PARIS sors i;F>fPinE 522

CLMju'on avaitdit précédemment du comte Sulvatico ^en assurant qu'il n'avait nullement été exilé par la cour d'Étrurie, qu'il a même conservé tous ses litres, et, qu'avec la liberté de fixer son séjour où bon lui semblerait, il a une pension de 22.000 livres... (Kxtraits des dozetle (le France, Journal de Paris el Publiciste.)

Bourse. — Les néprociations ont eu le même résultat qu'hier ; le cours des rentes n"a point éprouvé de variation sensible et s'est formé au taux (le la Bourse précédente ; il n'en est pas de même des actions de la Banque, dont l'élévation rapide continue ; on assure quil s'en est fait avant la Bourse à 1.200 francs au comptant ; le bruit se répand que c'est M. Grefuld qui dirige l'opération de hausse sur ces effets. L'on parle d'autant plus défavorablement de la faillite de M.Dechabannes^ que l'on assure que tous les employés de son établissement, inspecteurs, conducteurs, etc., perdent des cautionnements assez forts qu'il avait exigés d'eux. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 57 fr. 60, 70, 65. Idem, jouissance de germinal an XIII, 55 francs, 55 fr. 10. Actions de la Banque de France : 1.195 francs, 1.192 fr. 50, 1.195 francs.

DUBrjIS.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journal des Débats du 20 nivôse : « Paris, 19 nivôse. ...Un très beau vase de dix pieds de hauteur avec le socle, entièrement confectionné dans les alcliei-s de la manufacture de vernis sur métaux, rue Martel, n° 15, vient d'être placé dans le palais des Tuileries. La pureté des formes, la richesse et le fini des ornements, la beauté des peintures imitant les pierres et les marbres les plus précieux, tout se réunit pour faire de cet ouvrage un véritable chef-d'œuvre. Mais ce qu'on y remarque avec intérêt, ce sont seize bas-reliefs ornant les deux boucliers et représentant, par des allégories ingénieuses, l'un le Code civil, un autre l'instruction publique, un autre le rétablissement de la religion, et surtout doux tableaux en imitation de pierres précieuses, dont l'un représente, à la bataille de Marengo, le moment où le général autrichien Zack. rend les armes au premier consul ; l'autre, l'instant où Bonaparte, se voyant à Rivoli cerné par les troupes autrichiennes, et remaniuant le trouble que causait parmi ses généraux la vue de tant d'ennemis, se tourne vers eux cl leur dit : a Hassurez-vous, ce sont autant de prison- « niers... » — JJuUetin polUiijue du 20 nivôse : « Paris, le 19 nivôse. .. .M. Swebacli, peintre de bataille, se plaint d'une invasion que les démons oui faite chez lui, rue >'otre-Dame-de Nazareth. Pendant quarante -huitd heures, les malins n'ont cessé de lui jeter à lui, M. Swebach, et aux gens de]

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