II .s agit du maréclial Mural, gouverneur de l'aris
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Bourse. — Le cours des cinq pour cent, qui uvail [jatu avoir beaucoup de propension à la hausse, a été très faible à la clôture du parquet. L'on a fait constamment la même différence qu'hier entre le cours des marchés en liquidation et ceux de la fin du courant. — o 0/0, jouissance de vendémiaire, .58 fr. 33, oO, 43, 33, 30. Idem^ jouissance de germinal an XIII, 33 fr. 80. Actions de la Banque de France, 1.217 fr 30, 1.220 francs.
(Arch. nat., F ^ 3833.)
Dubois,
Journaux.
Gazelle de France du 6 pluviôse: « Paris, 3 pluviôse. ...Le Théâtre Français va quitter pour quelques jours le genre élevé daus lequel travailla Molière, et le genre critique de Lesflge, et la comédie musquée des Dorât et des Marivaux, pour la farce de Scarron. Le carnaval fait excuser cette licence, ou plutôt la demande et la consacre. Les comédiens français ont toujours balancé entre Dom Japliet d'' Arménie et Jodelet. Il parait que cette dernière farce sera la seule remise. » — « Les conférences de Saint-Sulpice, dirigées celte année contre les systèmes des athées et des matérialistes, recommenceront dimanche, 27 janvier, à midi un quart, et auront lieu tous les quinze jours. ►>
6 PLUVIOSE AN XIII (26 JANVlEli 1803).
Rapport de la préfecture de police du 7 pluviôse.
On rapporte que le lord Mulgrave, qui vient d'entrer au ministère des affaires étrangères, est un partisan de la France. Il a passé une partie de sa Jeunesse à Paris, et a voyagé ensuite en Europe avec le général Lee, qui a passé au service d'Amérique. Lors de la guerre contre les États-Unis, il commandait le vaisseau IWrdent, de 64 canons, et il a donné à cette époque, et depuis, des preuves de la haute estime qu'il fait des troupes françaises. Un M. Deligny, neveu de la ci-devant maréchale de Richelieu, qui a vécu avec ce lord, rapporte lui avoir entendu dire qu'en pratique il fallait paraître opposé au parti qu'on approuvait intérieurement, [)our se faire rechercher et même acheter; que, par cette conduite, il avait réussi, dès 1780, à obtenir des pensions; qu'il prétend qu'il n'y a point d'homme incorruptible; que ce n'est point au surplus un crime, et qui! faut toujours viser à la fortune.
[2fi JANVIER 1805] PARIS SOUS L'EMPIRE 560
Journaux. — D'après des papiers anglais, cités par le Journal de Parix^ Dessalines a déclaré la guerre à l'Espagne. D'aulres papiers anglais, cités par la Gazelle de France, disent que la frégate la Sévère, commandée par M. de La Tour d'Auvergne, a échoué contre les rochers de Jersey. Suivant les mêmes journaux d'Angleterre, des corsaires de Dessalines ont pris un bâtiment espagnol, richement chargé, et l'équipage a été inhumainement massacré par les noirs. — Un libraire de Londres, est-il dit encore, a été condamné à fournir caution pour avoir publié un libelle intitulé : Lettre de Thomas Paine sur le projet d'invasion des Français. — Toutes les ncjuvelles d'Allemagne et notamment celles qui sont parvenues par Hambourg, consistent en une suite de considérations qui tendent à prouver que la paix ne sera point troublée sur le continent; que la Russie paraît se rapprocher de plus en plus de la France, et que les bruits de guerre qu'on avait répandus, en interprétant faussement les motifs d'après lesquels l'Empereur avait établi un cordon de troupes sur les frontières, sont entièrement démentis. — On est également rassuré, disent encore les papiers allemands, contre un débarquement de Russes tirés des îles de l'Adriatique, que Ton présumait pouvoir être efléctué ou en Sicile ou dans le |)ays de Naples. — Le reste des feuilles se compose de conjectures politiques qui, rentrant dans les précédentes, sont beaucoup plus vagues et de moindre importance. — Les journaux ne donnent rien de remarquable sur l'intérieur.
Bal à r Académie impériale de musique. — Le bal masqué qui a eu lieu cette nuit n'a point été nombreux, et la recette ne s'est élevée qu'à 2.300 livres. L'ordre a été maintenu au dedans et au dehors
(Arcli. n;it., F', :J><3:}.
Dubois.
.lOUHNAUX.
Gazettr de Franc; du 1 pluviôse: « Paris, 6 phiriùsc. ...Le souverain ponlifc continue do recevoir dans la capitale cl dans les environs des honiniaf^es non moins glorieux pour ceux qui s'empressent de les rendre que mérités par le vénérable personnage cpii en est l'objet. On aurait tort d'attribuer au simple sentiment des convenances, ou même au respect qu'inspirent une grande dignité et des vertus touchantes, ce zèle que témoignent les autorités cl les dépositaires des sciences, des arts et de tous les éléments de la grandeur et de la force nationale envers le clicf d'une religion qui a aussi contribué beaucouj) à illuslrer notre patrie, qui lui a donné la palme de la poésie et de l'éloquence, qui a relevé l'éclat de ses jdus illustres guerriers, et l'a rendue mailresse des plus admirables chefs d'œuvres. Une impulsion moins calculée, sans doute, mais plus noble encore et plus louable, conduit aux
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pieds du premier des pasteurs les Français de tout sexe, de tout rang et de tout âge. Le désir d'attirer sur soi ou sur les siens les bénédictions célestes, le besoin peut-être de réparer par des hommages pieux rendus au chef auguste de la religion les erreurs qu'on aurait pu commettre contre elle, la reconnaissance pour tous les efforts qu'il a faits dans la vue de la rétablir en France, le sentiment religieux que fait naître tout ce qu'on raconte de ses vertus apostoliques, voilà les motifs de tant d'empressement et de tant d'hommages. La présence d'un pape en France, et à Paris, est certainement un événement remarquable dans l'histoire ; mais la présence de ce chef de l'Église au milieu d'une capitale regardée jusqu'alors comme le foyer de l'incrédulité, accueilli partout avec le respect que lui doivent tous les chrétiens, commandant la vénération à ceux-là même qui semblaient devoir être plus éloignés des idées religieuses qui reprennent aujourd'hui leur empire dans la France catholique, ce concours de vœux et d'hommages, après les années dont nous avons été témoins, est dans les fastes de la religion et dans l'histoire du cœur humain une sorte de phénomène que nous devons aux heureux changements survenus dans l'ordre politique. Le retour aux idées d'ordre et de monarchie, aux principes conservateurs de la société, devait accélérer le retour, non seulement à ces habitudes de respect et d'égards pour tout ce qui tient à la religion, mais encore à ces sentiments religieux et chrétiens, sans lesquels le respect et les égards extérieurs ne peuvent guère se maintenir longtemps. Combien sont passées de mode aujourd'hui ces diatribes répétées jusqu'à satiété, ces éphémérides compilées avec malignité à la suite de feuilles journalières! Le simple sentiment des convenances en avait déjà fait justice. Mais l'empire de la raison, le langage muet et imposant de la vertu la plus touchante, qui respire dans toute la personne d'un pontife vénéré, rendent odieuses aujourd'hui toutes ces déclamations ([u'on accueillit d'abord, et qui naguère ne paraissaient encore que méprisables. Quand le père commun de tous les fidèles n'eût obtenu que ce triomphe sur l'injustice et sur la prévention, son voyage eût été infiniment utile à la patrie et à la capitale en particulier. Il remportera dans ses États les plus doux souvenirs et le témoignage le plus flatteur, celui d'avoir paru au niilieu des Français tels que doivent l'attendre la religion, la morale et la politique, et de s'être montré tout à la fois souverain imposant, pontife vénérable, prêtre modeste, et exerçant sur les cœurs des enfants de la terre un empire d'autant plus assuré que son âme, élevée sans cesse vers le souverain auteur de toutes choses, parait profondément affectée des grandes pensées qui conviennent à celui qui est ici-bas le premier de ses ministres. S'il est beau de pouvoir se dire le chef du sacerdoce chrétien, c'est lorsqu'on en est ainsi le modèle ; c'est lors([u'à l'autorité d'un grand pouvoir on joint l'autorité d'un grand exemple. » — Moiiileur du 8 pluviôse : « Paris, le 7 pluviôse. M. Claude Chappe, inventeur et administrateur du télégraphe, est mort mercredi dernier, à l'âge de quarante-deux ans*. C'est une perle réelle pour les arts. On a dit avec raison que l'art des signaux existait longtemps avant lui. Mais ce qu'il fallait ajouter pour être juste et reconnaissant, c'est qu'il a fait de cet art une application si simple, si méthodique, si sûre et si universellement adoptée, qu'il peut en être regardé comme l'inventeur. »