Ministre de Prusse à Parie
Culte. — Hier, il a été célébré à la grande synagogue des Juifs, rue Saiiite-Avoie, une fêle religieuse à l'occasion du sacre et du couronnement de Leurs Majestés Impériales. Plusieurs membres du Sénat conservateur, du Conseil d'Etat, du Corps diplomatique et des premières autorités de Paris, des généraux et nombre de personnes recommandables par leur caractère public et par leurs talents, s'étaient rendus à cette cérémonie, qui a été très brillante. Le local était décoré avec un goût particulier. Un orchestre, composé des premiers artistes de la capitale, a exécuté, avec la perfection convenable à la circonstance, plusieurs morceaux de musique et, entre autres, le Vivat Imperator, qui a excité l'enthousiasme parmi les assistants. Le minisire ('u culte hébraïque a prononcé un discours dicté par les sentiments d'admiralion, d'amour et de respect qu'inspirent à tous les Français en particulier et à l'Europe en général les vertus de Leurs Majestés Impériales, et des hymnes chantés à leur gloire ont encore ajouté à l'éclat de cette fête.
Journaux. — Les nouvelles d'Angleterre, que le Journal des Débats extrait du Tlie Courrier et du Morning-Chronicley présentent un intérêt particulier : elles vont jusqu'à la date du 12 janvier. En voici la substance : « Des bruits qui paraissent fondés sur des faits donnent (en Angleterre) l'espoir d'une paix prochaine. Des dépêches arrivées de Boulogne aux Dunes, par le brick de guerre le Tickler^ ont été envoyées, en hâte, à Londres. Le Conseil privé s'est assemblé le surlendemain pour en délibérer : les fonds publics ont monté sur le champ d'un demi pour cent. Les fonds ont enctue haussé d'une manière extraordinaire après que ces bruits ont eu pris de la consistance dans les cercles ; le bruit même s'est répandu que le parlement, qui devait s'assembler le 15, serait prorogé de huit jours, pour laisser aux ministres le temps de prendre ces dépêches en considération, et tout le monde s'accorde à dire que l'empereur des Français témoigne le désir d'entamer des négociations de paix, et que les ministres avaient été avertis que l'empereur Napoléon, sitôt après son couronnement, témoignerait le désir de rétablir la bonne intelligence entre les deu.\ nations. On se fonde en conjectures pour la paix sur ce que les dépèches que l'on dit relatives à un échange de prisonniers sont ce[)en(lant signées du ministre des relations extérieures, et non du ministre de la guerre. On vu même dire que, dans la lettre du ministre, il y en avait une de la pro{ire main de l'Empereur, en date du 1er janvier, adressée au roi d'Angleterre, et que la réponse tle ce dernier partait le jour même (12 janvier) pour Deal. » ^ — Le Morning annonce, sur des nouvelles reçues de Sainte-Hélène, que
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l'amiral Linois retourne en Europe avec son escadre. — Suivant ce même journal, les papiers ministériels avouent que la prise des frégates espagnoles a produit, à Saint-Pétersbourg, une sensation très défavorable pour la cour de Saint-James. — D'autres nouvelles d'Angleterre annoncent que M. d'Anduagua est décidément parti pour retourner en Espagne et doit s'arrêter quelque temps à Paris. — Elles portent encore, d'après des lettres de New-York du 3 décembre, que Jérôme Bonaparte, après s'être embarqué sur la frégate le Président, a remis à terre et s'est fixé dans les environs de Baltimore. Elles annoncent enfin que lord Harrowby est remplacé par lord, Mulgrave, au département des affaires étrangères. — On lit dans le Journal de Paris que, le 28 décembre, il est arrivé au port de Naples une escadre russe, composée de cinq voiles, tant vaisseaux de ligne que frégates ; qu'on ne savait pas encore s'ils avaient des troupes à bord, et qu'on attendait encore d'autres vaisseaux de la même nation. — D'après des lettres de Lemberg, du 5 janvier, la Gazelle de France publie, comme bruit répandu dans le pays, que cent cinquante mille hommes de troupes russes s'étaient mis en marche pour la Moldavie et la'Valacbie ; qu'on disait hautement que ces provinces seraient occupées par les troupes russes, en moins de six semaines ; mais ce qu'il y avait de certain, c'est que déjà, depuis longtemps, il y avait des troupes rassemblées sur la rive gauche du Dniester.
Bourse. — Les négociations se multiplient plutôt qu'elles ne se ralentissent, et les mêmes causes précédemment indiquées produisent les mêmes effets, de nouveaux escomptes ont encore amélioré, aujourd'hui, le cours des rentes, et quelques bruits de paix ont corroboré ces motifs de hausse. Les spéculateurs ne varient point dans leur manière déjuger l'élévation des actions de la Banque, qui va toujours croissant ; une compagnie s'est rendue maîtresse de ces effets, dont le nombre est fixé et connu ; elle peut, en les raréfiant, les porter beaucoup plus haut que le taux actuel. — 3 0/0, jouissance de vendémiaire, 38 fr. 73, 63, 70. Idem, jouissance de germinal an XIII, 33 fr. 90. Bons de remboursement : 2 fr. 73. Actions de la Banque de France, 1.237 fr. 30.
Dubois.
(Arch. nat., V, 3833.)
Journaux.
Moniteur du 11 pluviôse : a Paris, b> 10 jihwiôse. Le Bureau dos longitudes a eu l'honneur de présenter à Sa Sainteté la Connaissance dits Tempx.
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M. (le F.alande, portant la parole, a dit : « Très Saint-Père, si parmi les corps « de l'Kfal qui ont eu l'honneur de présenter leurs respects à Votre Sainteté, le « Bureau des longitudes n'a pas été des premiers, c'est qu'il voulait y joindre « l'hommage d'un livre qu'il a l'honneur de vous présenter. Cet ouvrage. Très « Saint-Père, est surtout important |)Our la marine, mais Votre Sainteté ne peut « manquer de s'y intéresser ; c'est ce grand art de la navigation, qui réunissant « toutes les parties de l'univers, étend l'empire de la religion et celui de Votre « Sainteté dans les pays les plus lointains. Vos missionnaires, parmi lesquels il « y a toujours des astronomes, en auront besoin pour aller exécuter vos ordres « dans un autre hémisphère. A l'égard de l'astronomie, Votre Sainteté y trouvera « des observations faites à Home, sous ses yeux, par ses ordres et par des astro- « nomes qu'elle honore de ses bontés. Nous en profiterons. Très Saint-Père, « pour vous remercier des bontés que Votre Sainteté vient de témoigner à ces « astronomes du collège romain : ils avaient besoin d'instruments, et vous avez »< donné ordre de les construire. Nous avions lieu de les espérer des lumières qui « vous distinguent et de la protection que les souverains éclairés ont toujours « accordée à cette belle science, et spécialement les souverains pontifes, comme « le prouvent la belle méridienne de Rome et la grande carte tracée au travers « des États de l'Église. Je me félicite, Très Saint-Père, d'être aujourd'hui l'organe « du Bureau des longitudes. J'avais eu déjà des motifs de paraître aux pieds de « Votre Sainteté, pour lui parler de choses qui pouvaient l'intéresser; vous « m'aviez reçu avec une bonté si flatteuse, que j'attendais avec impatience de « renouveler à Votre Sainteté les marques de mon respect, de mon admiration « et de ma reconnaissance. » — « Acadkmie de législation. Dans la séance du 5 pluviôse, la Commission de l'Académie, présidée par M. le sénateur Lanjuinais, en l'absence de M. le conseiller d'État Fourcroy, a accueilli, sur la présentation et le rapport de M. le conseiller d'État Regnaud de Saint-Jean d'Angély, pour professer le droit de la nature et des gens, en remplacement de M. Perreau, nommé inspecteur des écoles de droit, M. Bonnet, homme de lettres, et connu par divers ouvrages, notamment par ceux Sur l'art de rendre les récolulions utiles '; Sur le jury en France *, etc. Elle a ensuite arrêté que la séance générale du corps académique, retardée à cause de l'insuffisance du local actuel, n'aurait lieu qu'au ci-devant collège d'Harcourt, où l'établissement doit être transféré vers la fin de ce mois, (.a Commission a terminé sa séance par l'approbation du règlement du pensionnat. » — Journal des Débats du 11 pluviôse : « Paris, 10 pluviôse. . ..On s'occupe en ce moment, à la préfecture du département de la Seine, du parti définitif à prendre relativement à la voirie de Montfaucon, soit qu'il s'agisse de la rendre moins incommode, soit qu'il s'agisse de la transporter ailleurs, s'il est reconnu impossible ou lrf)p dispendieux de préserver de ses infiltrations les puits et sources des habitations qui l'avoisinent, ou même le lit projeté du canal de rOurcq. Supprimer celte voirie serait sans doute bien préférable, si la chose est possible. On assure qu'anciennement plusieurs projets ont été présentés dans cette vue ; mais comme ces projets ne se trouvent pas, le préfet
1. Cet ouvrage de ral)bé J.-L. Bonnet parut anonyme, à Paris, chez Maradan, an IX, 2 vol. in-8. Barbier, dans son DicUonnaire des oiivraf/»s anoni/mes, rapporte une tradition d'après laquelle Naiioléon Bonaparte y aurait collaboré.
2, Paris, Maradan, an X, in-8.
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invite leurs auteurs à les reproduire. Il prie même toutes les personnes qui auraient quelques idées nouvelles ou propositions particulières à lui communiquer sur cette suppression, c'est-à-dire sur l'enlèvement sans dépôt, de vouloir bien les lui adresser avant le l»^"" ventôse prochain, attendu qu'il sera nécessaire de prendre, avant le le^ germinal, un parti définitif sur cet établissement, soit qu'on le répare, qu'on le déplace, ou qu'on le supprime. » — Courrier français du il pluviôse : « Paris, iO pluviôse. ...On assure que les conseillers d'État et autres magistrats chargés de l'instruction publique ont promis de se rendre, le 12 de ce mois, à midi, dans la salle de l'Athénée des Arts, |)our y constater les résultats des expériences que M. Pain a faites de sa Méthode pour V enseignement dans les écoles françaises •, »
GGLVI
Rapport de la préfecture de police du 12 pluviôse.
Réunions. — Le bruit s'est répandu, hier, dans plusieurs endroits publics, que douze vaisseaux espagnols, chargés d'or et d'argent, venaient de tomber sous la main des Anglais; on ajoutait qu'il y avait lieu de craindre que la cour de Madrid, d'après les propositions qui lui sont faites par le cabinet britannique, ne rompe son traité d'alliance avec la France. — Le sieur Alexandre, ex-commissaire des guerres, dit que le gouvernement français va faire passer des troupes en Espagne, et qu'elles sont destinées à soutenir les troubles qui existent déjà dans ces Etats. — Les ex-nobles qui se réunissent chez la ci-devant princesse de Vaudeniont paraissent fort tristes et montrent de l'inquiétude sans s'expliquer sur les motifs.
Journaux. — Le Journal des Débats donne par suite quelcjues nouvelles extraites des papiers anglais. Elles ajoutent quelques détails, mais peu importants à ce qui avait rapport à l'arrivée à Deal d'un commissaire français chargé de dépêches pour le gouvernement britannique. F]lles donnent de plus une idée de la situation actuelle de la Jamaïque, et font croire que, dans cette colonie, on craint à la fois un mouvement d'insurrection de la part des noirs et les progrès de la fièvre jaune. Il paraîtrait même que ce dernier fléau a déjà fait des ravages sensibles parmi les équipages de l'escadre anglaise qui croise
1. Il s'agit sans doute de louvrage du grammairien P.-H.-A. Pain, intitulé : Le Mécanisme des mots de la langue française, ou Méthode usuelle pour apprendre à parler, à lire el à orlhof/raphier cette langue en peu de temps, avec cin<i tableaux et un syllabaire. Paiis, an IX, in-8.
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dans les mers des Indes Occidentales. Elles portent en outre que le commandant de celte escadre était prévenu par l'amirauté de Londres, dr-s le 20 septembre 1804, d'une prochaine déclaration de guerre de la part de l'Angleterre à l'Espagne, ce qui prouve que cette guerre était ré'^oliie depuis plus de cinq mois dans le cabinet de Saint- James. Klles font conjecturer que les changements projetés dans la constitution de la llépublique batave n'ont été différés que par ra|)port à une médiation de la Prusse dans cette affaire même. Klles font mention du départ d'un messager d'Élat chargé de dépèches pour le ministre d'Angleterre en Suède. — Les mêmes papiers anglais donnent l'aperçu <le quelques attaques de la flotte américaine qui bloque Tripoli contre les chaloupes canonnières de la Régence et les batteries de la côte ; ces faits ont paru ne présenter rien de marquant. — Enfin ils répètent, à (juelques expressions près, ce qu'ils ont déjà dit de la faveur de M. .\ddington auprès du roi d'Angleterre. — Le paragraphe suivant est extrait d'un article de Hambourg, rapporté par le Courrier français : « Suivant une lettre de Stockholm, on y avait reçu l'agréable nouvelle que l'embargo mis en France sur les vaisseaux suédois allait être levé. (Jamais il n'a été question de cet embargo dans les papiers français) ». Suivant les nouvelles duTyrol, le cordon est entièrement fermé dans l'Istrie, et tellement serré (pie les sentinelles peuvent se voir et se communiquer par signes. I^e Sénat de Hambourg, disent encore les nouvelles d'Allemagne, a proniis une récompense de 300 marcs à ceux qui découvriraient les auteurs de la rixe et des voies de fait qui ont eu lieu dernièrement entre des soldats français et des paysans de la Digue. . .
Bourse. — Les 5 0/0 ont éprouvé, dans l'intervalle d'une Bourse à l'autre^ plusieurs réactions, que l'on ne peut attribuer qu'aux partisans de la baisse, qui, selon leur intérêt, fabriquent et colportent les nouvelles les plus inquiétantes. Hier, entre trois et quatre heures, le cours était déjà tombé à 58 fr. 50, et il était impossible d'en deviner le motif; ce matin, au cercle, on a fait à 58 fr. iU), et le bruit s'est répandu que des corps de lUissestrès nombreux étaient débarqués dans le royaume de Naples. Plusieurs nouvelles de ce genre n'ayant acquis aucune consistance en Bourse, le cours s'est rétabli et a paru, plus que jamais, dis[M»séà la hausse. Les escomptes ('(tnliniient, et l'embarras «pii en résulte donne lieu il une licpiidalion .1 p(Mi près journalière, luit beaucoup uiurMiiirer contre les marchés à termes en général, mais princi|ialeuient contre ceux qui donnent cette faculté d'escompter à volonté. Les actions de la Han«pic ont èlè un peu plus faibles que les jours précédents. — 0 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 30, 50.
575 PARIS SOUS L'EMPIRE [1*^ février 1805]
yrfem, jouissance de germinal an XIII, 55 fr. 90. Actions de la Banque de France, 1,230 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F% 3833.)
Journaux.
Gazette de France du 12 pluviôse : « Paris, il pluviôsi'. ...Un trailé de paix vient, dit-on, de rapprocher, les auteurs et directeurs du théâtre Montansier. Chaque parti parait content de cet accommodement. La direction consent à payer une plus forte rétriijution que par le passé ; mais, par cela même, elle deviendra plus difficile dans le choix des ouvrages. »
GCLVII
Rapport de la préfecture de police du 13 pluviôse.
Réunions. — Les bruits de paix se sont propagés hier parmi le peuple et surtout dans la classe ouvrière, qui en marquait la plus grande joie. — M. de Sandoz dit que le roi de Prusse multiplie à chaque pas les difficultés pour l'organisation de la Hollande, mais qu'il n'en est pas moins certain que nous touchons à la paix générale. — Les Bourbonistes publient que les troubles de l'Espagne sont l'ouvrage du gouvernement français, et que le véritable but est d'enlever ce trône auxBourbons. — Les plaisants s'égaient sur ce que M. de Lalande a été choisi pour haranguer Sa Sainteté à la tête du Bureau des longitudes ^.
Journaux. — Les feuilles de ce jour sont uniquement remplies des différents articles qui étaient épars dans les journaux d'hier ; elles ne présentent pas d'autre intérêt. Le Journal du Soir, seul, annonce de plus, comme nouvelles affirmées à Hambourg, que le roi de Prusse a fait déclarer au roi de Suède, d'une manière très énergique, que la conclusi(m d'un traité de sid)sides, projeté entre ce dernier et la cour de Londres, exposerait ses possessions en Allemagne au plus grand danger, et qu'il l'inviterait en conséquence à ne pas prendre d'engagements h cet égard. On ajoute que la Prusse est décidée à occuper militairement la Poméranie suédoise, si, malgré ces réclamations réitérées, le roi de Suède ratitie le traité de subsides qu'on dit être déjà arrêté entre ces deux puissances,