‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 152 sur 221 · Voir plu« liaut, p · texte numérisé non relu

Voir plu« liaut, p

[l^FÉvHiER 180b] PARIS sous L'EMPIRE 576

Bourse. — Le cours ries 5 0/0 avait éprouvé, hier, ilans les derniers moments de la Bourse, une différence bien étonnante : l'on demandait à 58 fr. 75 les noms de suite, et l'on offrait à 58 fr. 55 pour la fin du courant. La rareté de l'effet ne peut être démontrée plus évidemment, et elle contribue à la hausse, qui a été assez rapide aujourd'hui. De nouveaux escomptes ont d'autant plus embarrassé qu'ils n'ont eu lieu que quelques minutes avant la clôture du parquet. Les actions de la Banque ont été un peu plus recherchées qu'hier. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 58 fr. 00, 59 francs, 59 fr. 15, 58 fr. 90, 59 francs. Actions de la Banque de France, l.:232 fr. 50.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Journal des Débats du 13 pluviôse : « Paris, 12 pluviôse. ...On dit que la classe de l'Institut, remplaçant l'Académie française, a arrêté qu'on ferait nn éloge des académiciens qui sont morls depuis la Révolulion. M. Regnaud de Saint-Jean d'Angély est cliargé de l'éloge du cardinal Loménic de Rrienne; M. de Porlalis, de celui du célèbre avocat-général Séguier; et M. (iarat, de ceux de Condorcet et de Bailly. » — « Le Pape a chargé l'astronome de Lalande de faire faire de beaux instruments pour l'observatoire de Rome, et cet académicien lui a fait voir, dans la Connaissance des temps, un mémoire d'un savant astronome qui est actuellement au séminaire, et (|ui se dispose à partir pour la Chine avec les missionnaires de la propagande. » — Gazette de France du 13 pluviôse : a Paris, i2 pluviôse. ...Les Juifs résidant à -l'aris ont célébré, mercredi dernier, dans leur synagogue, par une fête religieuse, l'élévation de S. M. Napoléon à la dignité impériale. Le temple, décoré de tentures, où se voyaient les chiffres de L. M. I. Napoléon et Joséphine, et orné de guirlandes, s'est trouvé trop petit pour contenir la foule des spectateurs. Des sénateurs, des conseillers d'Etat, des généraux et des fonctionnaires publics de toutes les classes ont honoré cette fête de leur présence. On y remarquait aussi des ambassadeurs étrangers et beaucoup de femmes de la plus grande élégance. Dans deux discours français, la secte hébraïque a remercié l'Être tout-puissant de nous avoir envoyé « un héros libérateur, qui « a su tirer notre patrie de l'abimc des calamités, un héros législateur qui, •< parmi les bases solides sur les(]uelles il a fondé le nouvel et glorieux édifice « social, a posé celle de la liberté des cultes et l'égalité des droits de ceux qui « les professent ; bienfait inappréciable, et pendant si longtemps méconnu dans « les emftires! » Ces discours ont été suivis d'une prière adressée au Créateur pour lui demander la conservation des jours précieux de l'Empereur et de ceux de son auguste compagne. D'autres discours et prières ont été prononcés en hébreu par le rabbin. Cette cérémonie a été cnlrecou|)ée par des chants, des hymnes et des syin|)honies, parmi lesquelles on a surtout remanjué le Vivat in lelernum! Une chose qui a lixé l'attention des spectateurs est un trio, dans lequel on a remarqué deux voix bien étonnantes : une haute-contre,

577 PARIS SOUS L'EMPIRE [2 février 1805]

que l'on a pu prendre d'abord pour une voix de femme, en ayant toute la fraîcheur, toute la grâce, toute la flexibilité, et une étendue extraordinaire ; et une basse-contre, qui rendait les sons les plus graves de l'orgue. Le ténor avait un organe très agréable et très juste. Il était le seul qui prononçât des paroles ; les deux autres ne rendaient que des sons, ou, pour mieux dire, imitaient des instruments. Voici le motif de cette particularité. La loi des Juifs leur défend toute espèce de travail le jour du Sabbat; or, ce jour-là, ils ne font point usage de ce qui s'use, et n'emploient,' par conséquent, d'instruments dans leurs cérémonies religieuses. Pour y donner cependant la solennité que les instruments pourraient y ajouter, des chanteurs s'accoutument à les imiter ; mais il parait que tous ne réussissent pas aussi parfaitement ([ue ceux que l'on a entendus hier, et qu'ils sont les plus parfaits en Europe dans ce genre ; car on les a fait venir exprès do Haguenau pour cette fête mémorable. » — Bulletin politique du 13 pluviôse : « Paris, le 12 pluviôse. ...On jugera incessamment à la police correctionnelle l'affaire relative aux événements singuliers qui se sont passés rue Notre-Dame-de-Nazarelh*. La blessure grave qu'a reçue un des locataires, par la chute d'un tesson de bouteille, donne lieu à cette procédure. Les prévenus sont deux jeunes gens de l'atelier de M. Swebach et une ou deux jeunes filles de seize à dix-huit ans. Ils se sont jusqu'à présent renfermés dans la dénégation la plus absolue. »

GCLVIII

Rapport de la préfecture de police du 14 pluviôse.

Réunions. — On rapporte qu'un siour Péragale, négociant de Marseille, logé à riiôlel de France, rue Neuve-Saint-Eustache, répand qu'il règne beaucoup de mécontentement dans son pays, que les impositions y sont exorbitantes, et qu'on y désire le retour des Bourbons. On ajoute que le sieur Péragale cherche à s'introduire dans la maison de S. A. I. le prince Joseph, dans l'intention de connaître plus particulièrement les secrets de la cour. — Les banquiers, les gens d'affaires regardent raliénatlon des biens affectés pour la Légion d'honneur, de ceux appartenant aux hôpitaux, etc., comme une opération économique et sage, et qu'il est possible qu'elle fasse monter les fonds publics à 80 0/0.

Bal deV Académie impériale de musique. — Le bal masqué qui a eu lieu cette luiit à l'Acailéuiic impériale de musique n'a été ni nombreux ni brillant. La recette s'est élevée à 2.5fi(> livres. L'ordre a été maintenu au dedans et au dehors.

Page 1