‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 158 sur 221 · Voir plus haut, ji. 564, le liulletiit du 'J jiluviôse · texte numérisé non relu

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587 PARIS SOUS L'EMPIHE [6 février 1805]

GCLXII

Rapport de la préfecture de police du 18 pluviôse.

Une letire volumineuse, arrivée aujourd'hui d'Avignon par la poste, à l'adresse de Bournissac, prouve que ses affîdés et complices ont fait des tentatives inutiles pour empêcher le sieur Maadar, que l'auteur de la lettre appelle son oncle, d'accepter la place de maire de Cavaillon ; qu'on n'a pu obtenir de lui que la promesse de ne rien faire contre sa religion. Ce neveu y déplore le sort futur du sieur Mandar, qui, dit-il perdra la fortune et peut-être la vie à la débâcle (conlre-révolutionj prochaine. On y parle de l'illégitimité du Pape. Les conspirateurs fanatiques paraissent avoir des correspondances à Narbonne. On continue les recherches.

Réunions. — On disait, hier, chez l'ex-princesse de Vaudémont, que l'ambassadeur d'Angleterre à Pétersbourg a fait tous ses efforts pour empêcher les changements qui vont avuir lieu dans le ministère russe. — Il y a eu, avant-hier, une réunion dex-nubles chez le cidevant baron de Pardaillan, très dévoué aux Bourbons.

Spectacles. — Hier, au Théâtre-Français, après la représentation de la première pièce un individu, placé dans une des loges du cintre, a jeté plusieurs écrits dans le parterre et a pris la luite, avant qu'on ait pu savoir d'où les papiers étaient partis. Dans ces écrits, ce particulier se dit pelit-fils du prince Charles-Edouard Stuart, et se plaint de ce qu'un nommé Cliain[don l'a privé de tous ses titres en voulant le faire passer pour son tils et a supprimé les pièces qui prouvaient son éttil-civil. Il résulte des recherches faites que cet individu, qui signe J. Stuart, se nomme Jean-Marie Champion, qu'il a été commissaire des guerres et supprimé en l'an IV. Il lut condamné par le tribunal de police correctionnelle, en l'an VIII, à garder prison, jusqu'à ce qu'il se fasse réclamer, attendu qu'il était sans moyens d'existence et sans papiers ; il fut relaxé par jugement du tribunal de première instance, le 5 prairial an X. Champion a déjà eu des instants de folie. On le recherche.

Journaux. — On ne remarque dans les feuilles de ce jour, que les articles donnés hier, par le journal officiel. Elles ne publient rien de l'étranger, qui porte un caractère de nouvelle, à l'exception seulement de ce paragraphe extrait de la correspondance datée de La Haye,

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le 29 janvier: « On prétend que le roi d'Espagne a conclu avec la cour (le Lisbonne, au moment même où il faisait partir sa déclaration de guerre, un traité par lequel le Portugal devient ami de rEsjtagne et se déclare ennemi dé rAnglelerre. »

Bourse. — Les négociations de rentes ont eu le même résultat qu'hier ; le cours a peu varié, mais les dispositions de hausse s'affermissent. Les actions de la Banque sont très demandées, et leur cours éprouve chaque jour une nouvelle amélioration. Selon le rapport des courtiers de commerce, les transactions sont très calmes. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 39 francs; 58 francs, 90, 85, 95; 59 francs; 58 fr. 90. Ordonnances pour rescriptions de domaines, 91 francs. Actions de la Banque de France, i,142 fr. 50, 1 .145 francs \

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Journal de Paris du 18 phiviôse : « Nouvelles de Paris. ...M. Houdon, sculpteur, et membre de l'hislilut national, est nonimô à la place de professeur des écoles spéciales de peinture, sculpture et architecture, vacante par la mort de M. Julien »

18 PLUVIOSE AN XllI (7 FÉVBIEH 1805).

Ministère dk la police générale. — Bulletin du 19 pluviôse.

Pa7'is. Coche (VAuxerre. Athénée. — On avait répandu, dans la journée d'hier, qu'il y avait plus de quatre cents passagers sur le coche

1. A celte date du 11 frimaire an XIll, il y a dans la Correspondance de Napoléon, t. X, n" 8312, ime « note » par laquelle l'Empereur invite le ministre de l'intérieur « à veiller à ce que le fonds spécial acconlé à la Bibliothèque impériale pour l'an XIII soit employé à acheter tous les bons ouvrages qui ont paru depuis l"38."j et qui manquent à la collection ». On dressera une liste des autres ouvrages que la Bibliot,h(''qijc nationale n'a pas, et qui se trouvent dans les anciennes bibliothèques publiques de Paris et des déparlements. La Bibliothèque prendra ces ouvi'ages el donnera en échange quelques-uns de ses doubles. — Ibid., n" 8311, une autre note au ministre de l'intérieur prescrit de faire achever le Louvre pour y jilacer la Bibliothèque impériale. Les fonds nécessaires se trouveront « dans le produit de la vente des Capucines et même de quehpies maisons sises rue des Orties ». « Pour tirer des Capucines un parti avantageux, aucun projet ne parait plus convenable que celui qu'indi(|ue le %'i

ministre, et (jui consiste à ouvrir sur ce terrain une lielle rue, de la même largeur que les entrées de la place Vendôme et dans le même alignement. »

589 , PARIS SOUS L'EMPIRE [7 février 18051

rl'Auxerre, et que tous avaient péri. Cette nouvelle avait causé une consternation générale. Les journaux du soir l'ont fait cesser. — Il y a eu à la séance de l'Athénée une réunion de plus de trois cents abonnés. Le plus grand nouibre pariaient de cet événement avec le sentiment de raffliction. D'autres s'élevaient contre les entrepreneurs du pont, qui avaieutnégligé, disaient-ils, déplacer des siguaux pour guider les conducteurs du coche. Deux architectes voulaient qu'on pendît les constructeurs du pont. Dans le nombre des noyés, on comprenait cent enfants et les nourrices qui les amenaient à leurs parents. Le journal du soir a paru au milieu de ces discussions et a appris que personne n'avait péri. Chacun a levé les bras et a dit : « Croyez donc aux nouvelles de Paris ! »

(Arch. nat., AF iv, 1492.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

On a encore découvert un nouvel affidé de l'abbé Delaneuville '. Il a été arrêté et ses papiers ont été saisis. II se nomme Etienne-.\imé Alary, âgé de quarante-deux ans, natif de l'Ardèche, et il est prêtre. Il est parti en 1792 pour joindre l'armée de Condé et n'est rentré qu'en 1802. Il a obtenu son certificat d'amnistie peu de temps après. On a trouvé dans ses papiers une suite non interrompue de certificats, qui déposent de son vif attachement pour la cause du comte de Lille et des ci-devant princes. On y a trouvé une correspondance suivie avec les émigrés non rentrés, et entre autres une lettre du chevalier de Mentier, datée d'Ofîenbach, le 14 mai 1802, par laquelle il lui mande qu'il partage toute la peine qu'il doit éprouver de rentrer en France, mais que l'espérance que l'ex-duc de Berry lui a donnée de le rappeler bientôt, doit l'encourager et le soutenir. Il était l'aumônier de l'armée de Condé et on a trouvé chez lui le registre mortuaire de cette armée, une pièce qui prouve ses liaisons avec l'abbé Charles (nom supposé de Delaneuville), un exemplaire de la réclamation desévêqueset une copie manuscrite de ce pamphlet, qui paraît être l'original sur lequel l'édition a été faite. L'abbé Alary s'est tenu sur la négation la plus absolue ; il a dit que, s'il avait conservé ses diplômes, brevets, etc., de l'armée de Condé et des ci-devant princes, c'était pour prouver à ses supérieurs ecclésiastiques qu'il n'avait jamais cessé d'exercer le saint ministère. II a nié connaître Delaneuville, mais il a dit à l'agent qui est avec lui en prison qu'il le connaissait bien, et que ce qu'il redou-

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