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lui, il fut interrogé de nouveau, et il a avoué que la lettre de l'ex-princesse Charlotte de Rohan, à lui adressée, et dont il a été question au rapport du 20 de ce mois, lui avait été apportée par le sieur Rasch, notaire et président du canton d'Hochfelden, département du Ras- Rhin, député potir assister au sacre et couronnement de S. M. l'Empereur; que le sieur Rasch, en lui remettant celte lettre, lui dit que, s'il avait des individus, des paquets, des correspondances à faire passer à l'étranger, il n'avait qu a les lui adresser; qu'il avait une barque toujours prête, sur les bords du Rhin, vis-à-vis Ettenheim, et qui lui servait fi-équemment et au besoin à faire sortir et rentrer des émigrés et à faire passer la correspondance ; que si lui, Poupart, avait quelques sujets d'inquiétude à Paris, il fallait qu'il le vînt trouver sur-le-champ et qu'il le mettrait bientôt en sûreté. Poupart a dit que les remerciements de l'ex-princesse de Rohan n'avaient pas seulement pour motif les services qu'il avait pu rendre aux prisonniers du Temple, lorsque le nommé Jacques était détenu dans cette prison, mais plus encore l'envoi qu'il lui avait fait d'un peu de la terre, qui couvrait le corps de l'ex-duc d'Enghien; que, pour s'en procurer, il avait été à Vincennes, s'était adressé à l'épouse du sieur Harelle, commandant du château, qui l'avait conduit à l'endroit où le corps est enterré, en lui disant ces seuls mots : Cest là; que son premier dessein en allant à Vincennes n'avait pas d'abord été d'y prendre de la terre, mais de redemander le chien de l'ex-duc d'Enghien ; qu'il n'avait changé d'avis que parce que la dame Harelle lui avait dit qu'il y avait ordre de ne donner ce chien à personne. Il a ajouté que, c'est par l'inlermédiaire d'un nommé Foret, gendarme au Temple, qui conduisait les prévenus à l'interrogatoire, qu'il était toujours au courant de ce qui se passait et à même d'en rendre compte aux gens du parti ; mais il ne désigne que l'abbé Alary et un certain abbé Leroles, précepteur du fils de M. Cossé, rue du Pot-de-Fer. Il dit qu'il a connu cet abbé Leroles, à l'armée de Condé; qu'il vient de temps en temps chez lui, et qu'il y a amené son élève ; qu'une fois enlr'autres, l'enfant a parlé de l'ex-duc d'Enghien, a dit que son père et sa mère avaient applaudi à son supi)lice, et que lui, il était réduit à le pleurer en cachette ; qu'ayant fait des reproches à l'abbé Leroles sur son imprudence en laissant parler ainsi son élève, l'abbé lui répondit que cela lui était égal, qu'il élevait l'enfant dans ses principes, et qu'il en arriverait ce qu'il pourrait. Poupart a déclaré encore qu'il n'y avait pas un soldat de l'armée de Condé qui ne fût déterminé à porter atteinte aux jours de Sa Majesté, qu'ils étaient trente à Paris, prêts à commettre le crime au premier signal, à la première occasion,
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mais il a rofusé de les nommer. 11 a seulement indii^ué comme un dés plus dévoués au parti, el comme un homme courageux, le suisse de l'église de Saint-Elienne-du-Mont. 11 l'a connu à l'arinée de Condé, où il servait dans la cavalerie ; ce suisse lui a dil qu'il avait dans le clocher de l'église une retraite assurée et impénélrahle aux recherches de la police ; que, si les derniers conspirateurs se fussent adressés à lui, il les aurait infaillihlement sauvés ; qu'au surplus, si les Condéens qui sont ici avaient quelque chose à craindre, il leur offrait avec plaisir l'asile en question, el qu'ils y s.eraient en sûreté. Poupart parle beaucoup du sieur Fleurot, dit La Jeunesse, garçon de hureau de M. Méneval, secrétaire particulier de S. M. l'Empereur. Il dil que c'est un homme sûr, qui, par sa place, est à même de rendre et rend en eiïel de très grands services. 11 a refusé, ou n'a pu s'expliquer davantage à cet égard. Poupart avait caché avec soin tous ses certificats de l'armée de Condé. On les a retrouvés chez un nommé Barillier, émigré rentré, demeurant rue de Tournon, qui les tenait d'un nommé Richer, ancien soldat de Condé. L'abbé Alary est également lié avec tout ce qu'il y a de Condéens à Paris, dans toutes les classes, el dont la plupart sont rentrés sans papiers, comme sans obslaclf, et les autres comme de simples émigrés. Alary est lié intimement avec l'abbé Leroles ; c'est celui-ci qui lui a donné le premier manuscrit de la réclamation des évoques. Ces deux individus ne se sont pas quittés à l'armée de Condé. On continue de suivre avec soin les lils de cette affaire, qui semble encore se multiplier chaque jour.
Réunions. — On fait courir le bruit que M. le sénateur Lucien Bonaparte a été assassiné à Milan. — Le sieur Roger, officier réformé, très lié avec le tribun Carnot, dit que celui-ci désapprouve fort la lettre de Sa Majesté au roi d'Angleterre.
Spectacles. — Un opéra nouveau en trois actes, représenté, hier, au théâtre Favart, sous le titre de Fernand ou /es ^/oures, avait attiré un grand concours de spectateurs ; cette pièce, espèce de mélodrame héroïque, a été entendue jusqu'à la fin, mais avec peine ; la faiblesse d'intérêt dans le sujet, rem|)haseel l'incorrection du style et la médiocrité de la musique ont même empêché qu'on ne demandât les auteurs^; au reste, la tranquillité n'a nidlemenl été troublée. — On donnait également une pif'ce nouvelle au Tliéfttre du Vaudeville; elle avait pour titre : Toutes les femmes colères^^ et était effectivement tantôt ime critique adroite de plusieurs comédies représentées à différents
1. Le Courrier des Spectacles dit : << On n'a pas voulu connaître les auteurs. »
2. Le titre exact est : Lps femmes colères, divertissement en un acte et en prose, mêlé de vaudevilles. Paris, M"* Masson, 1805, in-8,
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théâtre? et dont le fond reposait sur ce caractère. Ce vaudeville a réussi complètement ; les auteurs ont même été demandés, et on est venu nommer MM. Dupaty, Francis et Moreau.
Journaux. — Les nouvelles d'Amérique données par la Gazette de France contiennent l'annonce de plusieurs incendies, dont l'un a consumé une partie de la ville de New- York, et l'autre la ville entière de Saint-Thomas, dans l'île de ce nom, appartenant au Danemark. — La même gazette contient quelques extraits plus ou moins curieux du Morning-Chronicle; l'un d'eux entr"autres porte que le journal le Sun, connu, est-il dit, par son dévouement à M. Pilt, a annoncé que, d'après des instructions qu'U avait reçues^ il renonçait à attaquer davantage M. Addington et lord HawkeSbury, au sujet de leur incapacité, de leur imbécillité et de leur nullité absolue. — Le Moiming- Chronicle continue toujours à peindre le ministère, comme très embarrassé de trouver et de publier des pièces justificatives de sa conduite envers l'Espagne. 11 parle aussi d'un embarquement prochain, à Southampton, de quatre régiments de cavalerie légère, d'un corps nombreux d'artillerie pour le Portugal. — Des corsaires bataves armés à Saint-Martin (aux Antilles) et un corsaire français ont fait des prises importantes surles Anglais; la nouvelle en est parvenue officiellement à la Haye, le 4 février ; ils ont confirmé que cette colonie et celle de Curaçao étaient toujours au pouvoir de la République batave. — Le Publicisie rapporte que cinq frégates anglaises sont entrées dans le port de Venise et y ont chargé des grains pour Malte, dont les Anglais veulent faire l'entrepôt des approvisionnements de leurs escadres. — Les nouvelles d'Allemagne et de Turquie continuent à représenter ce dernier Etat, comme toujours en proie à des divisions intestines. — Quelques nouvelles de l'intérieur, données par le Journal de Paris et le Bulletin politique, contiennent le détail de quelques accidents causés par de fortes avalanches dans le département de l'Isère. Elles annoncent l'évasion de l'ex-manjuis de Rivière du château de Joux, où il était détenu, et la disparition du geôlier qui a facilité sa fuite. Elles annoncent enfin la prise faite d'un bâtiment anglais, richement chargé, amené au port du Havre, par le corsaire français l'Adolphe, capitaine Fromentin. — Le reste des journaux se compose des détails de la dernière séance du Corps législatif.
Bourse. — Ha été affiché à peu près 100.000 francs de rentes escomptées, et, en proportion, diverses parties à racheter demain. Ce surcroît d'embarras pour les vendeurs à découvert a porté le cours au-delà de 60 francs et jeté la plus grande consternation parmi les joueurs à la baisse, qui regardaient celte élévation comme impos-
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sible. Beaucoup de spéculateurs j»araissenl perpuadés que la hausse
sera plus forte avant la fin du courant. L'amélioration des actions de
Banque continue, et elles «ont extraordinaircruent rares. — 5 0 0,
jouissance de Vendémiaire, (iOfr.r)!), 10.(10, 00, 10; 00 francs, 59 fr. 95,
90, 00 francs, 59 fr. 90. Actions de la Banque «le France, 1.2G2 fr. 50,