fr. 50, 1.280 francs
Dubois.
lArch. nat., F ', 3833.)
CCLXXXYIII
Ministère de la police générale. — Bulletin du 14 ventôse.
...Déclaration de M. Deville. — Conformément à une lettre de M. le sénateur-ministre (Bullelin du 2 de ce mois), le préfet de police a invité M. Deville, président d'un canton de la Somme, à Paris depuis quelque temps, à lui expliquer la conversation qu'il avait dû entendre de trois séditieux indiqués, et à donner sur eux tous les renseignements qu'il pourrait avoir. Voici le résultat de sa déclaration. Passant dans la rue du Rempart, il va environ quinze jours, vers minuit, il a entendu trois jeunes gens, qui conversaient entre eux et a recueilli les propos suivants : « Voici la guerre continentale décidée; eh bien, la guerre civile aura lieu. L'armée n'aura plus pour officiers que des blanc-becs. Les émigrés, surtout ceux de l'armée de Condé, sont toujours prêts à agir. » Ils lui ont paru bien mis, du même âge (trente-cinq à trente-six ansj, deux de 5 à 6 pouces [sic), le troisième environ 2 pouces [sic). M. Deville croit en avoir reconnu un à la représentation de Henri VIII. Il a remarqué qu'il désapprouvait les acclamations excitées par la présence de S. M. lEmpereur. Il a promis que,
s'il les reconnaissait, il en donnerait avis
(Arch. nat., AF iv, 1492.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Réunions. — On répandait hier le bruit que M. le sénateur Lucien Bonaparte était très dangereusement malade. On ne publie aucune nouvelle, et les réunions publiques ne présentent rien de remarquable.
Journaux. — L'article de nouvelles le plus remarquable dans les feuilles de ce jour est celui que fait lire sur l'Allemagne la Gazette de France. Suivant ce qu'on écrivait, de Vienne, le 20 février, l'Empereur avait donné ordre à son ministre à Londres de se réunir aux envoyés de la Russie et de Prusse, pour insister sur la restitution des frégates espagnoles, malgré la guerre qui a éclaté entre l'Angleterre et l'Espagne. Le cabinet de Vienne faisait aussi, tant à Londres par son ministre, qu'à Vienne même vis-à-vis M. Paget, de fortes représentations sur la prise d'un grand nombre de bâtiments de commerce autrichiens. Le ministre prussien à Londres a fait aussi, de son côté, de vives plaintes au sujet de la prise des bâtiments prussiens. L'empereur d'Allemagne, est-il dit dans le même article, jaloux de maintenir sa neutralité, ne l'est pas moins de garantir ses sujets de toute espèce d'injustice et d'insulte de la part de la marine anglaise et de contribuer, autant qu'il sera en lui, au rétablissement de ia paix en Europe. Les autres nouvelles qui n'intéressent que les pays éloignés, dont elles proviennent, ont paru n'avoir aucune espèce d'importance...
Bourse. — Les négociations de renies ont paru encore plus languissantes qu'hier, et néanmoins quelques personnes attribuent la faiblesse des cours à des ventes considérables faites par M. Fould, agent; d'autres paraissent persuadées que, sans les rachats qui sont encore à faire à défaut de livraison, la baisse serait plus sensible jusqu'au changement de semestre. Le commerce est toujours très calme. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 60 fr. 60, 65, 70, 60, 50, 60,
Dubois.
(Arch. nat., K^ 3833.)
Journaux.
Moniteur du 14 ventôse : « Paris, 13 ventôse. Le Pape a visité aujourd'hui l'église de Saint-Germain-des-Prés. Il a été harangué en latin par M. le curé, et en français jiar M. (juineau, président de l'adminislralion de cette paroisse. On a reman|ué les phrases suivantes de ce dernier discours : « Très Saint- « Père, ce lieu fut un des berceaux de l'ordre de Saint-Benoît, que vous avez « à jamais illustré. Sous ces voûtes silencieuses méditèrent sur la religion, la « morale, l'histoire et toutes les sciences nécessaires ou utiles au genre « Inimain, les Mabillon, les Montfaucon et une foule d'autres grands hommes « dont la mémoire est impérissable comme leurs bienfaits. Vous ne verrez pas u sans émotion cette vaste enceinte, vouée quelque temps à la destruction, « sortie de ses ruines par l'ordre du (Irand Napoléon, et déjà digne, par les « soins elles offrandes des fidèles de recevoir le chef auguste de notre sainte « religion. » Comme l'annonçait M. l'administrateur, l'église était décorée avec magnificence et avec goût; une nombreuse musique a suppléé l'orgue, qu'on
6il PARIS SOIS L'EMPIRE :; mahs I8O0J
n'a pu encore rélablir. Malgré l'aftluence, qui est toujours extrême, on a remarqué, de même que dans les dernières églises visitées par Sa Sainteté, un profond recueillement et des témoignages de piété qui surprendraient bien des étrangers auxquels Paris n'est connu que par ce qui frappe d'abord les yeux et d'après ce qu'on écrit depuis tant d'années. Le Saint-Père y a aussi donné la communion à un très grand nombre de fidèles. L'église de Saint-Germain des-Prés, aussi antique que la monarchie française, ayant été dévastée parles .\orniands, fut reconstruite dans sa grande partie, au xii^ siècle, et consacrée en 1163 par le pape Alexandre III, qui passa le carême de cette année à Paris. C'est à la même époque de l'année que Pie VII a consacré et placé dans cette église la première pierre et l'autel de la Vierge, qui a été détruit pendant la Révolution, et que les paroissiens vont faire rétablir avec la magnificence digne d'une si illustre consécration. » — « La classe de la langue et de la littérature française, de l'Institut national, tiendra une séance publique le 15 ventôse à trois heures précises, pour la réception de M. Lacretelle. » — « Son Excellence le ministre de l'intérieur ayant accordé un fonds pour être distribué, à titre d'encouragement aux propriétaires et cultivateurs qui s'occupent spécialement de l'éducation des chevaux, M. le préfet de la Seine- Inférieure a pris un arrêté portant qu'il sera distribué quatre primes d'encouragement le 20 floréal prochain, veille du jour de la foire dite du Pré, qui se tient à Rouen, savoir : une de 700 francs pour le plus beau cheval entier, une de 400 francs pour le cheval entier qui approchera le plus du premier: une de 500, pour la plus belle jument, et une de 300 francs pour celle qui approchera le plus de la première. »