‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 189 sur 221 · Léger, tailleur, rue Vivienne · texte numérisé non relu

Léger, tailleur, rue Vivienne

[10 AVHii. 1805] PAIUS SOUS T/EMPIRE 712

20 (ii:HMIXAL AN XIII [\0 AVRII. 180")^

.MlMSTl":itK DK LA POLICE (i KNKRALK. — HuLLKTlN DL' ll\ f.KRMlNAL.

Corrospondnnre suspecte (h Russie. — Un jeune violon, élève clii Conservatoire, nommé Hichanl, âgé de vingt-deux ans, a quitté Paris il y a environ seize mois pour éviter la conscription. Il était dans le carnaval de l'année dernière à Hambourg, où il donna quelques concerts et se procura des recommandations qui le tirent engager pour la Russie, auprès du prince Narisclikine. Ce jeune homme est revenu, à Paris il y a environ cinq mois ; il est bientôt reparti pour la Russie. Sa mère, qui est dans un état voisin de la misère, a confié à une personne qu'elle attendait sous peu le retour de son fils ; que, s'il avait le bonheur de faire encore doux ou trois voyages semblables, sa fortune était faite : qu'au premier voyage de son fils, elle avait elle-même aidé à défaire tous les papiers et lettres qui étaient cachés dans la boîte à violon, et dans des paquets de musique, etc., etc. Celte confidence, qui porte le caractère de la vérité, détermina une surveillance exacte sur Richard,

qui sera fouillé à son arrivée à la frontière

(Arch. nat., AF iv. Ii93.)

KaPPOKT de la préfecture de POLICE DU MÊME JOUR.

Rôunlons. — On dit, dans les réunions, que quantité de troupes filent sur l'Ualie, et que les préparatifs de guerre sont considérables dans ce pays.

Promenade de Loiujchnmp. — Cette promenade n'a[iasété, a beaucoup près, aussi brillante que les armées dernières. Il n'y a eu que très peu de voitures. Les Champs-Elysées étaient passablement garnis de personnes à pied. Lordr-e a été maintenu.

Journaux. — Un seul ar-licle, aujourd'hui, a paru de nature à fixer particulièrement l'attention : il consiste en urre lettre que le duc d'Enghien écrivait, peu de jours avant sa mort, au ministre anglais à Vienne, pour- obtenir d'être employé dans quelque poste de l'armée britannique. Le duc d'Enghien se montre partagé, dans cette lettre, eulro t'ohiiga/ion de défmdre, es.l-il i]i[, la cause de son souverain et celle de servir ses bienfaiteurs^ et se déclare pour ce dernier parti.

713 l'AFilS SOUS L'EMPIRE [10 avkil 1805]

Cette lettre est traduite de la Gazette de Wurtzbourg ^ n° 47, et publiée par le Journal des Débats.

Marchandises anglaises. — On a saisi douze pièces de basin anglais cliez le sieur Jourdain, négociant, demeurant passage des Petits-rères ; il a déclaré les tenir dun sieur Cresson, négociant de Bruxelles, l'un de- plus fameux framleurs, et arrêté dans ce moment, avec plusieurs antres négociants, qui, comme lui, se livrent presque exclusivement au commerce de marchandises anglaises.

Bourse. — La Bourse n'a pas été plus peuplée qu'hier, et cependant il s'est fait passablement d'affaires ; la hausse des rentes n'a pas été très sensible, mais on a remarqué beaucoup plus de demandes que d'offres et l'on croit assez généralement à l'affermissement de ces bonnes dispositions. Les actions de la Banque ont éprouvé une légère amélioration. — 5 0 0, jouissance de germinal an XIII, 57 fr. 35, 70, 60. Actions de la Banque de France, 1.237 fr. 30.

Dubois.

(Arch. nat., F' 3833.)

Journaux".

Moniteur du 21 germinal : « Paris, le 20 germinal. La cour a pris le 15 de ce mois, et portera pendant trois semaines, le deuil de la reine douairière de Prusse. L'Empereur porte le deuil en violet, lorsqu'il n'est pas en uniforme. Les personnes en uniforme portent un crOpe au bras. En habit civil, le deuil des hommes consiste en un habit noir avec manchettes de mousseline garnies d'effdé, épée et boucles d'argent, ruban noir à l'épée. Les dames prennent la robe de soie noire et peuvent porter des diamants. Les huit derniers jours, elles porteront le petit deuil et le blanc'. » — « La belle saison fait redoubler l'activité des constructions publiques. Les travaux du Louvre, qui avaient un peu langui cet hiver, sont repris avec assez de vigueur pour faire croire qu'on a l'intention de les pousser plus loin cette année. On reprend les travaux du quai Bonaparte ». Ce quai, le plus beau de ceux qui bordent la Seine, nous rendra l'équivalent de ce superbe bassin que nous a fait perdre la construction du pont qui le partage. On va mettre la dernière main aux ouvrages du quai Desaix'', et les démolitions se continuent sur le quai Napoléon''. Les travaux de ce dernier quai ne seront pas longs ; on s'occupera bientôt, après leur achèvement, de la construction des édifices qui doivent le border. Alors on jouira, de tous les points de la place de «irève, de la belle perspective qu'olfrira le rideau que fourniront tous ces bâtiments sur la rive opposée. Oiiaraute ouvriers sont emplovés à tailler les

I. Sur ce deuil fie cour, voir la ('orrespundcmce de Napoléon, L. X, n» So22. •1. On appelait ainsi la partie du quai d'Orsay entre le pont Royal et la place de la Concorde.

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