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C'était le quai aux Fleurs

\{{ AVRIL 1805] PARIS SOUS L'EMPIRE TtV

blocs qui sont doposés sur le boulevard do la Salpélrière, cl doivent servir à la construction des piles, des culées et autres ouvrages eu pierre du pont du Jardin-des-Plantes. Le caisson destiné à la construction de la dernière pile, la seule qui reste à faire, est à l'eau depuis longtemps, et sera mis incessamment à sa place. Quatre-vingts à cent ouvriers travaillent les bois pour les armatures en charpente des différentes travées de ce pont, destinées à l'iiciliter la pose des fermes et des voussoirs en for qui doivent en remplir les travées. Chacune d'elles sera remplie par sept fermes, dont toutes les pièces qui en composent l'assemblage, d'une assez forte grosseur, sont on for coulé, ainsi que les voussoirs. Il paraît qu'un pont de pierre va remplacer à Sèvres le pont actuel ; son axe sera juste dans la direction du parc. Déjà l'on y voit les ouvriers, ce qui annonce l'intention de travailler sur-le-champ à celte utile construction. » — Journal des Débats du 21 germinal : « Paris, 20 germinal. L'établissement des Missions étrangères, coijqu sous le nom de séminaire des missions étrangères, est rétabli par décret impérial du 2 de ce mois. M. Bithèro', supérieur du Séminaire des Missions étrangères, rue du Bac. est autorisé à accepter des acquéreurs la donation de lédifice autrefois consacré à ce séminaire et les revenus et biens qui y étaient attachés. 11 pourra, qinsi que ses successeurs, accepter toutes les fondations et donations qui seront faites à cet établissement. Les actes de fondations et donations acceptées par le supérieur des missions étrangères, seront soumis à la sanction de Sa Majesté Im|)ériale. »

21 GERMINAL AN XllI (11 AVRIL 1805).

Rapport de la préfecture de police du 22 germlnal.

Culte. — Les églises ont été très fréquentées liier et ce matin. L'abbé Fournier, qui a prêché la Passion à Saint-Jacques-du-Haut- Pas, a attiré une telle foule qu'on a été obligé de fermer les portes de l'église, où l'on étouffait ; il n'y a eu aucun accident. La décence a été observée partout.

Promenade de Longchamp . — La promenade d'hier a été un peu plus brillante que celle de la veille; le nombre des voilures était plus considérable, et il y avait foule dans les contre-allées des Champs- Elysées. L'ordre a été maintenu sur tous les points de la promenade. Une voiture h. (\q\\\ chevaux a renversé, à la demi-lune, un cavalier et son cheval, mais ni l'un ni l'autre n'ont été blessés.

Académie Impériale de musitjiie. — La Prise de Jéricho^ a attiré,

\. Sic. Il fniit lire Bilhère. Voir plus loin, p. 113.

2. (tpéra biblique en trois actes, par M. de Descbanips, Desprè-s et .Morel, musicpie de divers auteurs et principalement de Mozart, arrangée par Laclmitli et Kalkbrenner. — Cf. F. Clément et P. Larous«e, Dicliûitnaire des Opéras, Paris, s. d. (1897), in-8».

7i5 PARIS SOUS L'EMPIRE [11 avril 1805]

hier assez de monde à l'Académie Impériale de musique. La première partie de cet oratorio a paru froide, et n'a été goûtée de personne : différents morceaux de la seconde ont été très applaudis, et la troisième a produit un grand effet, surtout au moment où les murs de Jéricho se sont écroidés. En général, l'ouvrage n'a point eu le succès auquel on s'attendait. La recette ne s'est élevée qu'à 7.880 francs.

Journaux. — Deux nouvelles sont données aujourd'hui par le Puhliciste. L'une annonce que M. le président Nowoziltzow doit partir incessamment de Pétersbourg pour se rendre en ambassade à Paris. Suivant l'autre, le bruit se soutenait à Berlin, le 30 mars, qu'il était arrivé de France six diplômes du Grand-Ordre de la Légion d'honneur, et qu'en échange, on enverrait un même nombre de décorations du Grand-Ordre de l'Aigle noir, destinées notamment pour S. M. l'empereur Napoléon, le maréchal Bernadotte, le ministre Berthier, M. de Talleyrand-Périgord, M. Cambacérès et le prince Murât. Du reste, les feuilles sont en général calquées sur le journal officiel.

Bourse. — La Bourse a paru encore moins peuplée aujourd'hui que

les jours précédents, et les affaires assez languissantes; néanmoins,

les spéculateurs ont remarqué les effets de la lutte conlre la hausse

des rentes et ont signalé M. Lorin, agent, comme l'un des vendeurs

qui avaient le plus contribué à la faiblesse du cours. Les actions n'ont

point varié. — 5 0,0, jouissance de germinal an XIII, 57 fr. 40, 30,

35,40. Actions de la Banque de France, 1.235. Ordonnances pour

rescriptions de domaines, 91 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Gazette de France du 22 germinal: « Paris, 11 avril. On a vendu, avant-hier, le mobilier de feu M. Latude, fameux au commencemenl de la RévolmiQu pîir son séjour à la Bastille et son évasion. Parmi ses efTets, se trouve l'éctielle de corde, fabriquée avec les fds de sa chemise et les débris d'une chaise, à l'aide de laquelle il descendit du donjon où il était renfermé. Cette échelle avait été exposée au Louvre en 1789, avec le portrait de M. de Latude. La main droite de la statue de Louis XV, détruite en 1793, était en sa possession, et a été vendue environ 80 francs. L'échelle de corde, dont un Anglais, au dire de ^. de Latude, lui avait offert une somme exorbitante, a été donnée pour le même prix, p — Journal deJs Débats du 22 germinal : « Paris, 21 germinal. Le fameux tableaux de Nicolas Poussin: Les Grandes bacchanales, qui faisait partie de la collection du cabinet de Louis XVI, vient d'être vendu à Londres 1.500 guinées. »

[12 Avitii. 1805] l'AMIS SOLS l/KMIMKK 71b

CCCXXYII

22 GERMINAL AN XIII (12 AVRIL ISOo).

Rapport de la PHÉrEr/ruiti'; de police du 23 c.erminal.

Promenade de Longchatnp. — Cette promenade a attiré, hier, un bien plus grand concours de monde que les deux jours précédents. On y a compté plus de dix-huit cents voilures et beaucoup de personnes à cheval. On a remarqué particulièrement deux vélocifères, chargés charun de vingt-cinq personnes, attelés de quatre chevaux, et qui marchaient avec une grande rapidité. Des imprimés relatifs à l'établissement de ces voitures ont été répandus avec profusion. Il n'est arrivé aucune espèce d'accident, et l'ordre a régné partout.

Il vient de paraître en Angleterre une nouvelle brochure de François d'Ivernois, l'ancien antagoniste de MM. Necker et Galonné, et vendu à M. Pitt, autrefois, comme aujourd'hui. Il n'en a été envoyé qu'un exemplaire au frère de l'auteur, commandant d'un bataillon de chasseurs prussiens à Munster. Le fonfl de l'ouvrage roule sur l'état des finances en France ' ; l'auteur assure qu'elles sont dans le plus grand délabrement. On trouve, au commencement de la brochure, un plan de coalition. Le reste n'est qu'une série de calcids, un dédale de chiffres, où tout lecteur qui n'a pas suivi des opérations financières se perd bientôt.

Journaux. — On n'a rien remarqué ni de nouveau ni d'intéressant dans les feuilles de ce jour. On trouve seulement dans le Puhliciste de très courts détails sur l'expédition de la flotte sortie de Toulon et la perte qui en résulte pour l'Angleterre d'un convoi marchand de trente-trois bâtiments, dont dix seulement ont échappé aux vaisseaux français. \.e reste des articles se compose de notices à peu près indifférentes sur les théâtres et la littérature.

Bourse. — Les négociations de rentes au comptant ont été, dit-on, de très peu d'importance, et celles à termes et à primes très nombreuses ; le cours avait été faible pendant la tenue do la R(uirse, et les offres se sont multipliées au moment de la clôlure. Les réactions successives de hausse et de baisse sont un dédale inextricable pour

1. Il s'agit peut-t'ti'o, f|iuii(|ii'il porte une date un peu postérieure, lie l'ouvrage intitulé : Appeiitlice fin.r recelles nnlérieiire.i, Anali/se îles Comptes de Van XII et (lit hudf/el de l'an XIII, publiés à Paris en février ISO't, par sir Francis d'Ivernois. Londres, Debolle, I.i mai 1805, in-8». Bibl. nat, Lf lGl/1.

717 PARIS SOUS L'EMPIRE [12 avril 1805]

les plus anciens habitués de la place, qui auraient cependant intérêt à en connaître les véritables motifs; ils voient alternativement les mêmes agents, tels que MM. Martinet, Trudelle et autres, influencer défavorablement par des ventes considérables, et ensuite être les plus forts preneurs. Ces agents opèrent, dit-on, pour ce qu'on appelle la grande Compagnie, qui se compose principalement de MM. Michel et Seguin, et, selon les réflexions générales, la conduite que tiendra cette Compagnie à la fin du courant produira un effet très sensible sur le cours de la rente, qui peut éprouver une forte baisse, si M. Martinet, seulement, transfère ce qu'il a vendu. D'un autre côté, l'on a remarqué des achats considérables qui t)nt un peu soutenu le cours; l'on cite particulièrement ceux faits par M. Saucède, agent, pour le compte d'un sieur Levrat; celui-ci est accusé d'avoir manqué plusieurs fois et être très mal famé en Bourse. Le bruit s'est répandu que M. de Cobenzl est parti ce malin; selon quelques personnes, il va en Hollande. — o 0/0, jouissance de germinal an \II[, 57 fr. 30, 2o, 30, 25, 30, 25, 30.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Moniteur du 23 germinal: « Paris, le 22, germinal. Dans les derniers moments de son séjour à Paris, le souverain pontife a accordé une audience parliculière à M. Marcel, directeur général de l'Imprimerie impériale, membre de la Légion d'honneur. Sa Sainteté l'a remercié de nouveau de tout le plaisir qu'elle avait eu dans sa visite à l'Imprimerie impériale et lui a parlé avec beaucoup d'éloges du magnifique ouvrage qu'elle a bien voulu agréer, et c'est l'Oraison dominicale en cent cinquante langues. Voici la transcription du frontispice de ce chef-d'œuvre typographique :

Ok.vtio Domimca

CL linguis versa,

et propriis cujusque linguaî

characteribus plerumque express;v;

edente J.-J. Marcel,

typographei imperialis adminislro generali,

Parisiis, typis imperialibus,

anno repar. sa!. ISO.'i

iniperiiiiue Xapoleonis primo'. »

— Journal des Débats du 2:{ germinal : « Paris, 22 (jerniinui. Hier et avant-hier, quoiqu'il fit un temps magnifique, la promenade de Longchamp a été déserte : il y avait peu de voitures, peu de chevaux, peu de curieux ; on a remarqué au milieu de la fête deux véloeifères chargés de jeunes gens qui

1. In-fulio (le i.jO pages, Bibl. aal., Inventaire, \, n* 2336, Réserve.

[13 AVRIL 1805] PARIS sous L'EMPIRE 718

samiisaiciil à jouer do la corne à lioiiquiii, instrument mélodieux, comme on sait, et bien propre à dédommager les oreilles délicates du brillant spectacle dont on était privé. La mode de Longehamp passera, comme toutes les autres, si toutefois elle n'est déjà passée. « — Courrier français du 23 germinal : <t Paris, 22 germinal. Le Théâtre de ITtpéra ressemblait hier à Un |)alais enchanté ; les plus jolies femmes garnissaient les logos, et ce coup d'oeil valait à lui seul toutes les beautés d(! la Prise de Jéricho^. Une ville dont les murs s'écroulent au bruit dos trompettes est un prodige qui ferait le succès d'un mélodrame, mais qui ne suffit pas pour faire celui d'un oratorio. Celui que l'on a exécuté hier à l'Académie impériale de musique a paru bien inférieur à celui de Sdûl. Ce n'est jjas assez, pour composer un oratorio, de coudre ensemble plusieurs morceaux de grands maîtres ; il faut encore que ces morceaux se lient et se fondent do manière qu'ils n'oflVont point une disparate choquante. Ce défaut a paru sensible dans la Prise de Jéricho, et a rendu la représentation un peu froide. »

GGCXXVlll 23 C.EKMINAL AN XllI (13 AVRIL 1805).

RaPPOKT de la préfecture de police du 24 GERMINAL.

/{éunions. — Les bruits de guerre se soulienneiit et semblent prendre plus de consistance. On dit que la grande expédition d'Angleterre est dirigée sur Naples, que la Russie est sur le point de s'emparer d'une partie des possessions oltonianes, et que les hostilités ne tarderont point à commencer. — On lit, dans le monde littéraire, qu'il y a du trouble entre les diverses classes de l'Institut, <]u'il a pour motif la proposition faite de changer le nom de cette réunion de savants. On va jusqu'à assurer que certaines classes pourraient bien être supprimées, et les membres qui les composent conserveraient néanmoins un traitement annuel de 1.500 livres. — On rapporte que plusieurs artistes, qui ont obtenu des logements à la Sorbonne, ont reçu l'ordre de déinétiager, et que leur projet est d'adresser directement leurs réclamations à S. M. l'blmpereur. Les réunions d'ouvriers sont toujours tranquilles, et cette classe paraît animée d'un bon esprit.

Culte. — Les églises ont été très fréquentées aujourd'hui. La foule s'est portée plus particulièrement à la cathédrale. L'ordre et la décence ont été observés.

Dubois.

(Arch. nat., F^ :tsxH.)

i. Voir plus haut, p. 714.

719 PARIS SOUS L'EMPIRE [14 avril 1808]

Journaux.

Moniteur du 24 germinal : « Paris, le 23 germinal. Son Excellence le ministre des cultes, M. Portails, est chargé par TAcadémie française de l'éloge de l'ancien avocat-général Séguier. » — « On fait de grands travaux à l'église de Cluny, place de Sorbonne. Elle est destinée à servir d'atelier à M. David, premier peintre de l'Empereur. C'est là qu'il doit exécuter les tableaux qui représenteront les cérémonies du sacre et du couronnement. Des salles du collège Du Plessis lui seront accordées pour ses élèves. On travaille aussi, dans la maison de Sorbonne, à pratiquer un plus grand nombre d'ateliers pour les peintres et les sculpteurs que les travaux du LouvTe ont forcés d'abandonner les logements qu'ils y avaient obtenus de la munificence du gouvernement. » — « On a exécuté hier matin, dans l'église Saint-Roch, les Sept paroles de Jt^sus-Christ. Les prélats de la suite de Sa Sainteté ont donné cette composition à M. le curé de Saint-Roch, avec invitation de la faire exécuter dans son église. La musique est de Giordani. M. Naderman l'aitté y a ajouté des accompagnements de harpe, qu'il à exécutés lui-même. Ces accompagnements sont d'un très beau caractère et ont fait une grande impression. M. Naderman est depuis longtemps reconnu comme un des plus habiles professeurs de Paris pour la harpe. Cet ouvrage prouve que l'excellence de son talent musical ne se borne pas à l'exécution. » — Gazette de France du 24 germinal : « Paris, 18 avril. Les promenades de Longchamp n'ont pas été brillantes. Cependant, comme il en coûte moins cher pour jouir de ce spectacle que pour le donner, l'affluence des curieux n'a pas été moins considérable que les années précédentes. Mais la plupart des piétons ont beaucoup murmuré de ce que les gens à équipages ne se sont pas ruinés en chevaux et en voitures pour satisfaire leur curiosité. » — Journal des Débats du 24 germinal : « Paris, 23 germinal. Les promenades de Longchamp, délaissées le mercredi et, le jeudi, ont été très brillantes hier véridredi ; on y a vu des voitures de tous les genres, dejiuis la calèche à six chevaux jusqu'aux cabriolets de place, et des promeneurs de toutes les classes. » — ^ Le supérieur du séminaire des missions étrangères, nommé par décret impérial du 2 de ce mois, est M. Bilhère, et non Bithère, comme on l'a imprimé dans celte feuille '. »

CGGXXIX 24 GERMINAL AN Xlll (14 AVRIL IHOo).

-Ml.MSTÈRIi DE LA l^ÛLlGb; GÉNÉRALE. — BULLETIN DU 25 GERMINAL.

Paris. Bruits.. . Paroiiti. — Le sieur Paroliti, Piémontais, aJjddant-commandant, a dit tenir de très bonne source les nouvelles

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