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21 PHAIHIAL AN XIH (10 JUIN 1805).
Mim<;ti^,re hk i.\ i'olice générale. — Bulletin du 22 prairial.
Paris... J/. >le La Trèmoille. — M. «le La TrémoïIIe vient de j»i-.'inii-.' un passeport pour i=;o rendre dans sa terre, près de Sancerre. Il devra y être soumis à une surveillance toute particulière. Il est regardé comme un de ceux qui s'est (s/c) le plus conservé au parti du prétendant, dont il av.iil la confiance et les pouvoirs généraux au IH fructidor. On connaît aussi son intimité et ses rapports suivis avec Frotté, et, malgré son caractère très réservé, il n"a pas dissimulé, dans son intimité, peu de temps avant sa rentrée, son vif ressentiment sur le sort de ce rebelle. Si le prétendant a conservé quelques ri'lalions directes à Paris, on est très porté à croire que M. de La Trèmoille n'y est pas étranger. Les procédés actuels de son épouse, (|ui a liormè si vivement dans la Révolution, annoncent un éloignement marqué pour le gouvernement impérial.
IJoursc. — Un agent de change, Fould, manque de 120.000 livres, différence du prix de ses achats avec ses ventes. Plusieurs personnes supposent qu'il a opéré pour M. Michel jeune, qui l'abandonne au moment de la liquidation. H a réuni hier ses créanciers ; il y a eu beaucoup de murmures et de tumulte, et Fould leur a écrit aujourd'hui que, pour se soustraire à toutes les criailleries inutiles, il jugeait ;'i propos de se tenir éloigné, et il a disparu *...
(Arch. nat., AFiv, 1493.)
.\UTRE Bulletin du même jour.
Un m'assure, à l'instant, que M. l'abbé Fournier a prêché le jour de l'Ascension (on croit à Sainl-Eustuche) d'une manière indécente ; «n . it.; .Mitr'autres passages celui-ci : « Le Roi des Bois (Jésus-Christ) n a jamais assassiné personne. » Plusieurs personnes en ont été scandalisées; d'autres, moins susceptibles de ce genre de scandale, ont été surprises de la hardiesse du prédicateur. On dit que les traits étaient l''ll.-iii.'iil m.uqiiès (pi'oii sentait toute son allusion à Sa Majesté. Je
1 i:n marge, dt- |,i main du Fouclic : <> Ordre de l'arrêter. »
83b PARIS SOLS L'EMPIRE [10 juin 1805]
fais prendre des renseignements, et peut-être que Son Excellence jugera convenable de faire suivre des informations par M. le préfet de police. Le préfet de police, en rendant compte, dans son rapport du lendemain, de ce sermon, ne parle pas de la même particularité cidessus énoncée. Il ajoute que des murmures improbateurs se sont fait
enlemlre quelquefois'.
FoucnÉ.
(Arch. nat., F^ 3833.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Journaux. — On remarque, dans le Bulletin de l'Europe, quelques nouvelles d'Angleterre, datées à Londres, le 23 mai (3 prairial). Elles annoncent que, suivant ce qui avait été rapporté par les capitaines de deux bâtiments de transport qui avaient quitté la tlotte de l'amiral Gardner, en station devant Brest, le 7 mai, à sept heures du soir, vingt-cinq vaisseaux de ligne français et plusieurs frégates venaient de la rade de Brest, et montraient la résolution d'attaquer l'escadre anglaise. La Niohé avait également vu la flotte française sortir en ligne de bataille et l'amiral Gardner faire le signal d'une action générale. Dans le Star se lisait, enfin, une lettre écrite, se disait-il, de la main même de l'amiral Gardner, à la date du 14 mai, à cinq heures du soir, et ainsi conçue : « Le vaisseau de Sa Majesté, The Warrior, détaché par moi, vient de faire le signal que toute la flotte ennemie est sous voile et sort en ce moment du port. » Le reste de cet article d'Angleterre ne renferme que des nouvelles ou plutôt des conjectures vagues et déjà connues sur tel ou tel mouvement des escadres, soit de l'amiral Nelson, soit de l'amiral Cochrane. Les journaux, au surplus, sont généralement remplis des détails que le Moniteur donnait hier sur l'Italie.
Bourse. — Les négociations ont été très nombreuses et le cours des rentes constamment en hausse. Les observateurs s'attendaient à ce résultat, parce qu'ils avaient calculé qu'il s'était fait énormément de découverts, lorsque l'on vendait à tous prix [)our faciliter les remplacements dont M. Fould avait besoin ; c'est d'après ce raisonnement que l'on croit généralement à une plus forte amélioration. M. Fould ne s'est pas borné à vendre des rentes ; il a vendu aussi un grand nombre d'actions de Banque à primes pour diverses époques ; sa conduite, généralement révoltante, est l'objet de toutes les conver-