‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 217 sur 221 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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fO JUIN 1805) PAIIIS SOL'S L'EMPIRE 832

CCCLXXXV

20 l'HMRIAI. AN \III (9 JUIN 1805).

MlMSTKHK I)K LA rOLICK (;ÉNÉRALi:. — BULLiniN DU 21 l'HAlHIAL.

J'uris. hiillile. — Foiilil, agent de cliango, vient de manquer. 11 avait aciieli' dos renies pour une somme considérable, ce qui cause un ,i;raud .lésordre à la Bourse. Plusieurs autres agents de change se liDiivent >lan-^ romltanas |iar l'efl'el de celte faillite

(Ar.li nal., AI-' iv, 1493.)

HAI'l-'iUr liK LA PRKFKCTURE DK POLICE DU MÊME JOUR.

Untits puhlics. — On disait hier que S. M. l'Empereur et Roi ne leidii-rail à Paris que l'olivier à la main, et (ju'avant un mois un .ipprendrait un grand événement, résultat d'opérations marilimes.

Journaux. — Un article, ayant en tête la date du M mai (Pétershourg) et piddié par la Gazette de France, est confirniatif de ce que les feuilles ont fait connaître jusqu'à ce jour des dispositions pacifiques de la cour de Russie et de la détermination formelle où elle est, après avoir rejeté toutes les propositions de l'Angleterre pour une ligue contre la France, de maintenir le système de neutralité entre les Puissances marilimes. Aucun autre article dans les feuilles de ce jour n'a paru présenter un véritable caractère de nouveauté ou offrir un inli'rèl remarquable. On ne trouve dans les journaux que les extraits pris sur le Moniteur de la veille.

liourse. — Les 5 0/0 ont éprouvé ime baisse très sensible, dont le motif, qui n'est point éijuivoque, a jeté une grande consternation dans la Bourse. M. Fould, agent, qui ne s'est point présenté au parquet, fait, dit-on, une faillite de 1.500.000 francs au moins; il avail viiidu de IG à 1.700.000 francs de rentes à primes, et considérableuu-nl à marchés fermes ; il ne s'est remplacé que dans les cours de 61 ii 0-2 francs de ce qu'il avait vendu entre 58 francs et 50 francs. On assure que son collègue, M. Perrot, connaissait sa position depuis environ quinze jours, et qu'il n'a commencé que vers la tiii de la st-uiaint' dernière à agir en sens contraire à ses opérations.

833 PARIS SOUS L'EMPIRE [9 juin 1805]

M. Fould jouissait de toute la plénitude du crédit, et la multiplicité des aCFaires que l'on a faites avec lui, avec une entière sécurité, en est la preuve. — 5 0/0, jouissance de germinal an XIII, 60 fr. 50, 40, 35, 50, 60, 50. Actions des Ponts, 1.440 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Courrier français du 21 prairial : a Paris, 20 prairial. S. M. l'Empereur et Roi, par un arrêté du ... floréal dernier, a nommé élève au Lycée impérial de Paris Éniile-François Monvoisin, dont le père, Fun des anciens aides de camp de Sa Majesté, esl mort chef d'escadron à Saint- Domingue des suites des blessures qu'il a reçues dans les combats. Sa Majesté a en même temps accordé une pension à M""» veuve Monvoisin, fille de l'architecte Palloy, connu dans le cours de la Révolution par son zèle, son dévouement pour la chose publique et les sacrifices qu'il a faits pour elle. Nous aimons à voir le chef de l'Empire étendre sa bienfaisance jusque sur la famille de celui qui fut chargé de démolir l'infernale Bastille, et sut envoyer par toute l'Europe, et même au delà, des échantillons durables de cette citadelle anéantie. » — Bulletin de l'Europe du 21 prairial : « Paris, le 20 prairial. Schiller est mort, comme nous l'avons annoncé, à l'âge de quarante-six ans. Cet auteur célèbre montra (on peut dire dès son enfance) un goût décidé pour les ouvrages dramatiques, et il avait à peine achevé son éducation lorsqu'il composa sa pièce des Voleurs, que l'on a tâché d'imiter en France dans Robert, chef des brif/ands. La tragédie de Don Carlos lui acquit dans la suite une réputation mieux méritée. La Conjuration de Fiesco, Marie Sluart, Wallenstein et Jeanne d'Arc offrent de grands caractères, des situations fortes, des scènes intéressantes. L'auteur a écrit pour une nation ennemie des trois unités, une nation qu'il faut frapper par des invraisemblances, étonner par des idées gigantesques et entraîner par un style trop souvent emphatique. Lorsqu'il s'occupa de l'histoire, il travailla moins particulièrement pour les Germains, et la Guerre de Trente ans est le titre plus sûr qu'il puisse avoir pour obtenir une véritable réputation. Cette histoire a été traduite en français', et la traduction, aussi élégante que fidèle, a obtenu parmi nous les mêmes suffrages que l'ouvrage de Schiller en Allemagne. » — Journal du Commerce du 21 prairial : « F-es tailleurs les plus renommés de Pétersbourg, de Londres, de Vienne et de Paris s'assemblent de temps en temps à Hambourg et y décident quels seront, pour le trimestre suivant, la forme, la couleur et le fonds de la parure des élégants des quatre coins de l'Europe. »

1. II y avait alors deux traductions françaises de cet ouvrage de Schiller, l'une par d'Arnay, publiée en l'an II, l'autre par Chamfeu, publiée en l'an XI.

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