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vient quo, malgré l'expiration du délai fixé par l'avis précité, la délivrance des livrets aux ouvriers et l'inscription des apprentis continueront d'avoir lieu au même bureau, pour la classe dont il s'aj,'it, jusqu'au lo" thermidor prochain, terme de rigueur. Désignation des professions : Tanneurs-hongroyeurs, mégissicrs-peaussiers, corroyeurs, parcheminiers, gaziers, rubanniers, passementiers, fabricants de toile et d'étotîes de coton, fdeurs de laine et de coton et toutes autres professions relatives aux manufactures de ce genre, fabricants d'étoffes de laine et de couvertures, teinturiers, apprêteurs de draps, dégraisseurs. Paris, ce 1"'' messidor an xn, le conseiller d'État, préfet, signé : Dubois. » (Morne avis pour les ouvriers des professions suivantes : Restaurateurs, rôtisseurs, confiseurs, distillateurs, limonadiers, épiciers, chocolatiers). — Gazette de France du 12 messidor : « Paris, 11 messidor. ...On annonce que l'Opéra, qui avait quitté le nom d'Académie royale de musique pour prendre celui de Théâtre de la République et des Arts, a pris le nom d'Académie impériale de musique. »
Rapport de la riiÉFECTURE de police du 13 messidor.
Réunions. — On s'est beaucoup occupé de politique, hier, dans les réunions. Les bruits de guerre s'y sont fortement répandus de nouveau, et l'on disait qu'elle était absolument décidée avec la Russie, la Suède et Naples; que l'Allemagne n'osait pas prendre part encore à la coalition, parce que nos troupes étaient trop près de ses États, et que la cour de Vienne craignait une invasion ; que le Danemark était retenu par les mêmes motifs. On montrait encore de l'inquiétude de ce que le ministre des Etats-Unis, en France, passé dernièrement en Angleterre, n'était point encore de retour ; on croit toujours qu'il était chargé de faire des ouvertures pour la paix. — Le bruit s'est répandu sourdement, hier, que Moreau était mort en route. Les défenseurs officieux qui ont parlé dans le procès sont, pour ainsi dire, les seuls qui s'occupent maintenant de Moreau et qui, dans leurs coteries, le plaignent, ainsi que d'autres accusés, comme des victimes.
Spectacles. — Hier, au théâtre Feydeau, dans la pièce intitulée : Raoul de Créqui, on a beaucoup applaudi à un passage portant en substance : Si je faisais la guerre, voilà mon dernier mot : je dirais à ceux qui ont cherché noise, qu'ils se battent tout seuls. . .
Rourse. — Il ne s'était fait que très peu d'affaires après la dernière Bourse, et le cours des rentes n'avait éprouvé aucune variation sen-
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sible; aujourd'hui lo> négociations ont été moins noml.ireuses qu'à l'ordinaire, et leur résultat, à l'égard des rentes, assez insignifiant, mal'^ré la remarque que l'on a faite, que M. Martinet était vendeur. Ce ralentissement paraît avoir pour cause le retard de la présentation des ambassadeurs, qui, selon les nouvellistes, devait avoir lieu hier après la parade; on a dit aujourd'hui, avec assurance, qu'elle se ferait d'ici à peu de jours, et peut-être même demain. — 5 0/0, jouissance de germinal, 58 fr. 40, 30, 60, 60; actions de la Banque de France, 1.097 fr. 50 c.
(Arch. nat., F', 3832.)
XLYI
Ministère de la justice. — Tableau de la situation de Paris du 14 messidor.
...Clergé de Paris. — Le Grand-Juge a reçu d'un inconnu, qui paraît prêtre constitutionnel, une lettre datée de Paris, 9 messidor, contenant diverses observations sur le clergé de cette capitale. La conduite de quelques membres pendant le procès des conjurés lui paraît l'effet de l'opinion du corps entier. Le vicaire de Saint-Sulpice, oncle de Barco, a procuré des logements. L'abbé Sicard s'est déclaré publiquement ami de Pichegru et Moreau. Les prêtres de Saint-Laurent ont manifesté leur joie sur le sort de Spin, etc. etc. Il observe qu'il n'y a qu'un seul constitutionnel de 1791 dans tout le clergé de Paris; que les grands vicaires exigent des autres une rétractation. Il déclare qu'il y a à Paris des réunions clandestines deréfraclaires, qui exercent secrètement, célèbrent les anciennes fêtes, etc, etc. (Point de désignation précise, point d'indice qui puisse faciliter les recherches de la police.) Au lieu d'une signature, on lit à'ia fin de la lettre ces mots : Un ami sincère de la paix et du gouvernement ,
Real.
(Ai'ch. nat., AF iv, 1490.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
kéunions. — On rapporte qu'il y a eu samedi dernier une réunion chez M. Domergue, membre de l'Institut; on y a beaucoup parlé de la circulaire adressée par M. Pelletan à ses collègues et par laquelle il Tome I. ''
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les iiivil;iil à |irciKlte Ja (Jcnuiiiiiuilinii d'IiisLiliil de l'Empire, au lion (le celir (riiislilut national; on y a dil que S. M. l'Empereur avait eu connai>;sance de cette circulaire, et qu'il l'avait fortement désapprouvée ainsi que son auteur. L'abbé Morellet, qui était présent, s'est permis quelques propos inconsidérés; mais M. Domergue lui a imposé silence. Le sieur Hrossard, employé à la Trésorerie, demeurant rue de Seine, dit qu'il n'est sorte de propos que les employés de cette administration ne se permettent, el que ce qui étonne davantage, c'est l'impunilé.
Le sieur Homaiuoiise, médecin, demeurant rue Saint- Thomasd'EnCer, disait, hier, qu'il circulait une lettre de M. Jérôme Bonaparte par hKjuelle il mande, qu'il se trouve très bien dans les États-Unis d'Amérique, que c'est le pays où l'homme en société jouit de toute sa liberté, que son intention est de s'y fixer et d'y former un établissement, où peut-être un jour sa famille sera heureuse de trouver un asile.
Les ex-gardes du corps recommencent à cla,bauder, depuis l'arrestation d'un nommé Laforest, leur ancien camarade, très mauvais sujet, et ayant, sous tous les rapports, déshonoré le nom français chez l'étranger, L'ex-tribun Gaudin reparaît dans les maisons de jeu, mais ne joue plus que des petits écus ; il a une tournure et une mise misérables.
Exclusifs. — Les exclusifs, uiênie les plus obscurs, laissent entrevoir quils ont quelques espérances. H est facile de s'en apercevoir à quelques mots entrecoupés qui leur échappent, tels que ; Cela ira peut-être, ou cela ne tiendra pas. Ils continuent de se recommander la plus grande sagesse, et disent qu'il faut laisser aller les choses, (ju'on finira par connaître les bons.
Travaux et commerce. — Les travaux de bàlimenls acquièrent chaque jour une nouvelle activité, et plusieurs entrepreneurs assurent qu'ils n'ont jamais été aussi considérables, depuis le retour du numéraire. Les vins baissent de prix d'une manière sensible, elles tonneaux sont extrêmement recherchés.
Spectacles. — On a donné hier, au Théâtre-Français, la tragédie iVIphigcnie*. Il y avait un concours considérable de monde. On n'a fait auciiue ap|)lication. A la fin de la pièce, le public a demandé à grands cris, les principaux acteurs : les dames Duchesnois et Georges ont paru seules, le sieur Talma s'étant trouvé incommodé. Les cris ont alors redoublé, et le. bruit a continué jusqu'au commencement de la
1. (Ml tioiivci.i un ruinple rendu détaillé de cette repré.sentation dans le Courrier des Spi'clttclen du 1.) messidor an .\ll. — Bild. nat., Inv., Z, .ili^;», in-S°.
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petite pièce, dont la première scène a été jouée au milieu du brouhaha. Le calme s'est rétabli ensuite, mais quelques coups de sifflet se sont fait entendre à la fin du spectacle. , .
Bourse. — Le mouvement des négociations de rentes a été un peu plus animé qu'hier, et le cours plus ferme; il s'est même fermé dans les dispositions les plus susceptibles de faire présager une hausse prochaine. L'opération suivie par M. Martinet occupe exclusivement tous les spéculateurs, et l'on remarque qu'un grand nombre de ses collègues se liguent contre lui. Aujourd'hui, MM. Ferrand et Guiboul ont été, dit-on, les principaux vendeurs, mais sans influence. La nouvelle du jour est que la présentation des nouvelles lettres de créance est ajournée, parce que l'Empereur des Français doit être reconnu en même temps roi d'Italie. — .o 0/0, jouissance de germinal, 38 fr. 50,40, 30, 43, 50; actions de la Banque de France, 1.100 francs. (Ai'ch. nat., F^ 3832.)
Journaux.
Journal des Débals an 14 messidor: « Paris, 13 viessidor. ...La ligne de maisons qui composaient l'extrémité de la rue des Orties, depuis la rue Saint-Tliomas-du-Louvre jusqu'à la rue Froidmanteau, est entièremeot abattue, et cette partie de la galerie du Louvre, qui était masquée par des vieilles masures, se trouve découverte : elle le sera davantage quand les démolitions qui se poursuivent vis-à-vis du Muséum seront achevées. » — « On abat en ce moment le théâtre de l'Estrapade, connu pour avoir causé la ruine de divers entrepreneurs, par sa situation dans un quartier composé d'habitants aisés, mais dont le goût les éloigne de la comédie. » — « On vient de ])ratiquer, dans l'encoignure du pavillon gauche de l'édifice des Quatrc-Nations, un guichet qui donne au Pont-des-Arts, plus fréquenté que jamais, une communication directe avec les rues Mazarine et de Seine et le quai des Théatins. 11 parait que ce qu'on avait dit du projet d'abattre le dôme des Quatre-Nations, pour dégager les approches du Pont-des-Arts, était une assertion hasardée; il semble au contraire que les mêmes motifs qui ont fait conserver le dôme de l'Assomption feront conserver celui de l'église Mazarine, comme monument et ornement de cette belle partie des quais »
15 MESSIDOR AN XII (i JUILLET 1804).
MlNlSTÈKE liK LA JUSTICE. — TaBLKAU Dli LA SllUATldN Ui: PaHIS DU U) iMliSSIUOU.
.. .Théâtre- français . — L'imprudence ou l'excè-; de zèle d'un officier de paix a été hier le sujet d'une vive rumeur à la représen-
r4 JLiLLKT 1804] l'AItlS SOLS L'LMPIIU-: 84
lation d'Jp/iigénie. Les rapports des observateurs paraissent d'accord sur les circonstances de cet événement. A la représentation précédcnlf, on avait su|>primé, dans le quatrième acte, quatre vers de la (piatrir-rnc scène. Ils ont été rétablis à celle-ci. Jusqu'à ce passage, le plus grand calme avait régné. Aucun signe de malveillance, aucune allusion répréhensible. Les deux principales actrices étaient applaudies à Tenvi parleurs partis qui étaient à peu près d'égale force. On s'occupait plus de leur Jeu que de politique. Au commencement du second acte, un coup de sifflet, isolé, avait interrompu un instant M"« Bourgoin, qui en était le sujet. Mais un cri général d'indignation avait fait disparaître à l'instant l'auteur de ce trouble. Les quatre vers ont été entendus dans le plus grand silence. Le premier hémistiche du suivant : Est-ce donc êlre un père? a été le signal de l'explosion. De tous les points de la salle, les applaudissements ont retenti'. Les observateurs rapportent unanimement que le jeu de l'actrice a seul déterminé cette espèce d'acclamation. L'officier de paix l'a probablement jugé différemment. Il s'est avancé sur le bord de sa loge, aux premières, et a dit à haute voix : « Il faut être brigand pour applaudir des choses pareilles. » Le parterre a porté ses regards vers cette loge. La même voix a répété imprudemment : « Oui, vous êtes des brigands. >> Les plaintes et les cris ont alors éclaté de toutes parts : A bas... A la porte... A Bicêtre, etc., etc. Les jeunes gens s'animaient par l'obstination de l'oflicier de paix : ils montaient sur les bancs, le menaçaient. Il était immobile et semblait les provoquer tous. La police est intervenue à l'instant. L'inspecteur général Pâques et ses agents ont arrêté les plus mutins. Cette exécution, faite avec promptitude et fermeté, a rétabli l'ordre. La pièce a été continuée et achevée avec tranquillité.
(Arch. nat., AF iv, 1490.1 REAL.
U.UM'OUT DE LA PltÉFliCTURb: Dii POLICE DU MÊME JOUR.
liéuitioiis. — M. Jouan, demeurant à Paris, rue Balave, et ayant campagne près (jrosbois, dit que, dans tout ce canton, on, est très
1. " Je suis convaincu que c'est moins rachice que les vers précédant immédiatement riiémisliclie qui ont été applaudis Mais il ne fallait pas s'en apercevoir, puisqu'il était possible de ne pas le voir, puisque les quatre vers ont été récités pour appeler les allusions. Ce iiétait point un inspecteur ou un orficier de paix qui devait avoir l'œil sur le théâtre, il fallait un honinie en état de bien juger de l'impression (jui avait été failL'. 11 ne fallait point d'uniforme pour cet emploi, surtout il ne fallait pas parler de brigands. Mais il fallait, puisque la faute avait été commise, que force demeurât à la police, et quelques perturbateurs arrêtés ont sufd pour rétablir l'ordre. » [Sole de l'oriijinal.)
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fâché du départ du général Moreau, mais que l'on n'ose manifester aucune opinion en sa faveur, parce que l'on est persuadé que le gouvernement a des agents dans tous les environs. On y débile encore que la terre de Grosbois va être vendue pour subvenir aux frais de la procédure. On continue de répandre le bruit, dans le public, que Moreau a été attaqué en route et assassiné par des brigands. On rapporte que l'épouse de M. Henry, officier de gendarmerie, chargé de conduire Moreau, a dit que son mari n'avait des ordres que pour la première ville, et que là il devait en recevoir d'autres. On dit chez le général Lasalle, colonel du 4^ régiment de vétérans, que S. M. l'Empereur doit partir incessamment pour Boidogne; que ce voyage a pour motif de rétablir la discipline militaire, que l'esprit de parti a affaibli dans les camps, et pour rendre par sa présence aux soldats la confiance et la tranquillité.
Militaires. — On rapporte qu'il existe dans ce moment, entre les soldats du 18° régiment de ligne et le l"" régiment de la garde de Paris, beaucoup de mésintelligence; que cette désunion a pour cause une rixe entre un soldat de chaque corps; que le militaire du 18* régiment prétend que plusieurs soldats du l®"" régiment de Paris se sont réunis contre lui seul et l'ont blessé ; les premiers veulent en tirer vengeance. — Un M. Lagniel, demeurant rue Bourg-l'Abbé, s'est présenté dans un bureau de placement de domestiques, rue Neuvedes-Pelits-Ch.imps, et a demandé douze domestiques pour entrer au service de S. M. l'Empereur. Il a spécifié l'âge, la tournure, la taille, etc. On lui a trouvé les hommes qu'il demandait, mais il a exigé de chacun d'eux 300 francs d'avance, en disant que l'intendant qui l'avait chargé de cette demande voulait avoir cette somme pour pot-de-vin. Ce M. Lagniel a dit encore qu'il était en train de faire obtenir à quelqu'un une place de commissaire général de police et qu'il y avait à cet effet 10,000 francs de déposés...
Bowse. — Il ne s'est pas fait autant d'affaires que les jours précédents, et le résultat des variations peu nombreuses du cours des o 0/0 a été entièrement insignifiant. Cette espèce de stagnation qui existe depuis plusieurs jours, malgré les efforts que l'on a faits pour obtenir la baisse, fait croire que la hausse reprendra très incessamment. — o 0/0, jouissance de germinal, 58 fr. 35, 40, 50, 45,50; actions de la Banque de France, 1.100 francs. (Arch. nat., V, 3832.)
\r, jiiLLET 1804] PARIS SOLS L'EMPIRE 86
Journaux.
Gazelle de France du 16 messidor : a Paris, 13 messidor. ...On a plusieurs fois répandu, sans aucun fondement, le bruit de l'arrestation de M. Rrunet, acteur du théâtre Monlansier. Dans une lettre qu'il nous adresse à ce sujet, il prétond que les auteurs de cette ridicule nouvelle ne la répandent que pour faire plus facik>ment passer de mauvais calembours de leur façon, qu'ils lui attribuent. Il croit devoir prévenir le public contre cette manœuvre, dont, à la fin, dit- il on pourrait le rendre la victime »
Ministère de la justice. — Tablkau de la situation de Paris du 17 micssidûr.
. . . Théâtre-Français. — L'esprit de malveillance s'est manifesté, hier, aux deux pièces données au Théâtre-Français. Plusieurs spectateurs ayant applaudi le vers du Tartuffe :
Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude.
Un murmure s'est élevé ; une partie du parterre a crié : « Paix, là! Silence! Continuez... » A la nouvelle pièce, intitulée : Molière avec ses amis, un passage où Boileau parle d'un entretien qu'il a eu avec Louis XIV, on lui demande ce qu'il a pu lui dire : La vérité, dit Boileau... On lui répond : Métier fort dangereux. On a couvert celte réponse d'applaudissements, avec une espèce de fureur, à quatre reprises différentes, et avec des bravos affectés^..
Hkal.
(Arch. nat., AF iv, 149U.)
Rapi'okt dk la préfecture de police du même jour.
Réunions. — On l'ail circuler le hruil qu'une Hotte anglaise s'est emparée de la Martinique, que le butin a été considérable, et que les troupes françaises et les vaisseaux servant au commerce de l'île sont tombés au pouvoir des Anglais.
Une circulaire imprimée, et signée Croizard, chef de bataillon,
\. Voir, sur le même incident, le rapport suivant.
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attaché au dépôt de la guerre, a été adressée à plusieurs électeurs de 89; on les invite à se réunir, le 14 juillet prochain, place Vendôme, n° 1, pour y faire un banquet fraternel.
Les habitués du Jardin des Tuileries ont paru satisfaits, hier, de ce qu'on s'occupait des préparatifs pour l'illumination du 14 Juillet. On disait en même temps que S. M. l'Empereur ne se trouverait point ici à cette époque, parce que le voyage de Boulogne et d'Anvers allait avoir lieu incessamment.
On dit dans le public qu'il doit arriver à Paris et dans les environs trente mille hommes, pour le couronnement de S. M. l'Empereur.
On désigne toujours, dans le public, le sénateur Fouché comme devant être nommé premier ministre.
Le général Hédouville est arrivé hier à Paris.
Spectacles. — On a remarqué hier au Théâtre-Français, à la représentation du Tartuffe, l'incident suivant. Dans la dernière scène, après ces vers prononcés par l'exempt :
Remettez-vous, Monsieur, d'une alarme si chaude : Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs. Et que ne peut tromper tout l'art des imposteurs ;
deux ou trois personnes EtppUudissaiept, lorsque, tout d'un coup, et comme par explosion, un assez grand nombre de spectateurs, au parterre (à peu près le tiers), s'est écrié fortement : Paix! silence! paix donc! paix ! Et, en effet, un silence aussi subit que profond a permis à l'acteur de continuer son rôle. On a donné ensuite, et avec succès, une nouvelle comédie de M. Andrieux, intitulée : Molière avec ses amis. Boileau, l'un des personnages, raconte ce qu'il a dit à Louis XIV en faveur de Corneille, dont on avait supprimé la pension. Boileau reçoit des éloges sur son courage; il répond qu'il a dit la vérité. Chapelle réplique à ce sujet : Métier bien dangereux, et ce passage a été applaudi à deux reprises, d'une manière très affectée. On a cru remarquer que ces deux incidents, surtout le premier, ont produit une sensation très défavorable à l'opinion publique. . .
Bourse. — La Bourse est à peu près nulle ; il ne s'est fait que très peu d'affaires, et le cours des rentes n'a éprouvé aucune variation sensible. Les réflexions relatives à cet état de choses sont toujours les mêmes, et l'opinion se prononce pour la hausse. Le commerce est dans une stagnation complète; tous les articles sont offerts. — 5 0/0, jouissance de germinal, 58 fr. 40,50,45; actions de la Banque de France, 1.102 fr. 50.
(Arch. nat., F'' 3832.)
l'r. JtiixF.T ISOi^ F'AHIS sors I.LMIMIŒ 88
Journaux.
Moniteur du 17 messidor : « Paris, le 16 messidor. La fôte du 14 juillet, dont l'époque arrive le samedi 25 du présent mois de messidor, est remise au lendemain '26... » — Gazette de France du 17 messidor : « Paris, 16 inessidor. ...On peut remarquer que, depuis dix ou douze jours, les effets publics se sont constamment maintenus à un taux assez élevé. On regarde assez généralement cet oracle comme plus sûr que celui de Calchas, c'està-dire comme plus sur que toutes les nouvelles que l'Angleterre cherche à répandre sur le continent, . . » — Journal de Paris du 17 messidor : « Nouvelles DE Paris... La dernière représentation d'fphigénie en Aulide, slu Théàtre-Fran(;ais, a été troublée par les diverses cabales vigoureusement montées pour et contre M"' Georges, pour et contre M"î Duchesnois. Les interprétationsjustes ou fausses, soit des murmures, soitdes applaudissements, ont achevé d'envenimer les choses, et l'on en est venu dans le parterre à des brutalités dignes du bon temps de 93. Heureusement la police est intervenue à temps dans cette affaire, et la scène s'est terminée sans effusion de sang, grâce à la sagesse des fonctionnaires publics... » — Mémorial anti-britannique du 17 messidor : « Paris. ...Le théâtre de la Porte-Saint-Martin continue de fixer l'attention du public. M"'« Quériou, la célèbre mime, y attire toujours la foule. La Fille mal gardée, Annette, dans le ballet d'Annetle et Lubin, suffisaient peut-être à sa réputation ; Louise dans le Déserteur, ballet, la met infiniment au-dessus. Elle y est d'une effrayante vérité. Avant-hier, dans l'enthousiasme universel du public, elle a été couronnée au bruit des applaudissements de nombreux spectateurs »
Ministère de la justice. — Tableau de la situation de Paris DU 18 messidor.
Strangulation, — Le H floréal, une jeune fille de onze ans s'est étranglée à Paris, de la même manière que Pichegru, avec le cordon de ses ciseaux, et un bois carré en forme de demi-aune {Bulletin du 15 floréal). Dans le Bulletin du 5 du même mois, on avait rappelé le suicide, à Melun, en vendémiaire an XI, d'un prisonnier condamné à mort, qui s'était étranglé de même, en employant pour corde trois brins d'osier nattés, et, pour tourniquet, un morceau de cerceau, tiré, comme l'osier, de son baquet. Un nouvel exemple de ce genre de suicide a eu lieu le 12 de ce mois, à Aix-la-Chapelle. L'économe de l'hôpital militaire, nommé Rondeau, sujet à l'ivresse, ayant été forcé à donner sa démission, a été trouvé mort dans sa
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chambre. On a reconnu qu'il s'était étranglé, comme Pichegru, avec sa cravate et un morceau de bois. Un procès-verbal régulier constate cet événement.
Real.
(Arch. nat., AF iv, 1490.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Réunions. — On annonce partout que la guerre avec la Russie est certaine, que M. le maréchal, gouverneur de Paris', doit se rendre incessamment en Italie pour se concerter avec le général Jourdan sur les mouvements de larmée.
Les militaires nageurs se sont exercés hier depuis midi jusqu'à trois heures vis-à-vis les Invalides. Ce spectacle a attiré sur les deux rives un grand nombre de curieux, qui ont admiré la facilité de leurs évolutions.
On a entendu dans les groupes beaucoup de vœux pour la prompte descente en Angleterre.
Hier, plusieurs voitures, attelées de huit chevaux, venant de Saint- Cloud, sont entrées à Paris ; le peuple a couru en foule sur le passage, espérant voir S. M. l'Empereur.
Francs-Maçons. — Une nouvelle loge de francs-maçons vient de s'établir, rue de Paradis, n" 7, M. Pinon, ancien président au Parlement, en est le vénérable. Contre toutes les règles de la maçonnerie, on n'y admet point de frère visiteur, à moins qu'il ne soit présenté par un membre de la loge, qui réponde de lui. On a introduit quelqu'un dans cette loge.
Le nommé Lagniel, signalé, au rapport de ce mois *, comme ayant demandé à plusieurs individus trois cents francs de pot-de-vin pour les faire entrer en qualité de domestiques dans la maison de S. M. l'Empereur, vient d'être arrêté. On s'occupe de son interrogatoire et de l'examen de ses papiers. Ce Lagniel voit souvent le tribun Carnol; il disait hier que celui-ci, en parlant ces jours derniers du procès de Georges, s'était écrié : « Je suis satisfait, je puis me vanter d'avoir sauvé Moreau, et je ne puisque m'applaudir de cet événement ; je sais qu'une fois sorti du Tribunat, je ne puis prétendre à aucune place, mais j'aurai toujours la gloire de m'étre opposé à la Constitution impériale, et mon discours passera à la postérité. »
Spectacles. — On a donné hier, au Théâtre-Français, une représen-