‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 29 sur 221 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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3. Nous n'avons pas reproduit cette partie du Itulleliu du 14 messidor, qui n'avait rien de parisien.

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de la gendarmerie de Vanne?, ayant reçu ce paquelduprofesseui" à qui il a été adressé, l'a transmis au maréchal Moncey, qui a envoyé une copie au minisire. On ignore si l'original est de la même main que les deux anonymes analysées dans le Bulletin des 24 prairial et 14 messidor. Les recherches contre l'auteur se continuent. Cette intrigue parait coïncider avec la protestation publiée par Louis XVIIL (Arch. nat., A F iv, lifld.)

JOIHNAUX.

Journal des Débats du 27 messidor : « Paris, 26 messidor. . . .Ce malin à six heures, la fête du 14 juillet a été annoncée par une salve do Ironie coups de canon. A dix heures les troupes onl défdé sur le Carrousel et bordé la haie jusqu'aux Invalides. L'Impératrice est partie avant midi du palais des Tuileries. Quatre voitures de Sa Majesté, dont une à huit 'chevaux et trois à six chevaux, ont traversé le jardin et passé le pont Tournant au milieu de la haie formée par la troupe. Le premier chambellan était dans une des voilures, et le premier écuyer était à cheval. Le gouverneur des Invalides a reçu Sa Majesté au portail et l'a conduite à sa tribune. A midi, l'Empereur est parti des Tuileries, escorté ainsi que nous l'avons dit dans le numéro d'hier. Le cardinal légat a été conduit aux Invalides dans une voiture impériale. Ce soir grandes illuminations, concert aux Tuileries et feu d'artifice sur le Pont-Neuf. . . » — Journal des Débats du 28 messidor : « Paris, 27 messidor. Voici quelques détails sur la cérémonie d'hier. S. M. l'Impératrice et les princesses de la famille impériale sortaient à midi moins le quart du palais des Tuileries pour se rendre aux Invalides. M. le maréchal Murât et plusieurs officiers généraux étaient à cheval en tête du cortège. Dans la première voiture, attelée de six chevaux, était le grand-chamboUan et M. de Ségur, grand-maître des cérémonies. Venait ensuite la voiture de l'Impératrice, attelée de huit chevaux gris de la plus grande beauté, et suivie de celle des princesses. La dame d'honneur et trois dames du palais de l'Impératrice l'accompagnaient dans sa voilure. Les princesses étaient coiffées avec de riches diadèmes; celui de l'impéralrice était entièrement couvert de diamants. Sa Majesté fut reçue au portail par le gouverneur des Invalides, et conduite à la tribune qui lui avait été préparée en face du trône : elle y prit place avec les princesses et les dames qui l'accompagnaient. L'Empereur était sorti des Tuileries peu de temps après l'Impératrice. Il était à cheval et velu en simple uniforme de sa garde. Leurs Majestés furent partout accueillies sur leur passage par les acclamations des spectateurs. S. E. le cardinal archevêque de Paris, avec le chapitre de Notre- Dame, alla recevoir l'Empereur à la porte principale de l'Église, et Sa Majesté Impériale fut conduite sous un dais jusqu'à son trône, au milieu des cris répétés : Vive l'Empereur'. Les princes, les dignitaires, les grands-officiers de l'Empire se rangèrent autour du trône impérial. Toutes les tribunes et la nei élaienl remplies de différents ordres de l'Etat, des membres de la Légion d'honneur et de spectateurs choisis. Les invalides élaienl placés sur un vaste am|)hilhéàtre, construit sous la voûte qui sépare le dôme de l'Eglise. L'église était décori'e de drapeaux pris sur l'ennemi ; deux j)rincii)aux trophées

109 PARIS SOL'S L'EMPIRE [13 juillef 1804]

étaient placés, l'un à côté du trône de l'Empereur, l'autre a côté de la tribune de l'Impératrice ; le premier portait pour inscription : Marengo, et l'autre : Egypte. La messe fut célébrée par le cardinal légat. Après l'Évangile, M. de Lacépède, grand-chancelier de la Légion d'honneur, après avoir pris les ordres de Sa Majesté Impériale, prononça, des marches du trône, un discours sur l'institution de cette légion. Ayant pris de nouveau les ordres de l'Empereur, le grand-chancelier fit l'appel des grands-officiers et commandants de la Légion d'honneur, qui, debout sur les marches du trône, prêtèrent individuellement le serment entre les mains de Sa Majesté. Après la messe il a été procédé à la distribution de la décoration. L'Empereur a reçu la sienne des mains du connétable et a donné lui-même à tous les légionnaires celle qui leur était assignée. Il serait difficile de se figurer un spectacle plus imposant que celui qu'a offert cette cérémonie. Un incident inattendu y a ajouté uu autre genre d'intérêt. L'Empereur était prêt à sortir, lorsqu'un jeune homme de dix-sept à dix-huit ans est venu se jeter à genoux aux pieds du trône en criant : Grâce, grâce ! L'Empereur Ta interrogé ; à peine a-t-il pu s'expliquer et dire qu'il demandait la grâce de son père, dont le nom est assez connu dans la Révolution. Ce nom est Destrem. L'air de candeur de ce jeune homme et l'extrême émotion dont-il paraissait pénétré, ont touché Sa Majesté Impériale, qui lui a accordé la grâce qu'il demandait'. » — Journal des Débats du 29 messidor : « Paris, 28 messidor. , . .11 est impossible de penser à la fête du 14 juillet sans jeter un regard en arrière et sans remercier la Providence de nous avoir ramené au but où nous voulions parvenir en 1789, et que la force des circonstances et le concours d'événements extraordinaires nous obligèrent à dépasser. Nous cherchions, à cette époque, une forme de gouvernement sous lequel tous les citoyens fussent égaux en droit, et qui offrît une garantie à la liberté publique ; nous voulions faire disparaître du sol français les vestiges déshonorants d'un système de féodalité enté par l'ambition et le despotisme sur l'ignorance et la faiblesse des peuples ; nous réclamions hautement la liberté de conscience, sans laquelle il n'est point de patrie. Tout ce que nous désirions alors, nous en jouissons aujourd'hui. L'intolérance politique et religieuse a été bannie pour jamais du territoire français ; et tout citoyen, quelles que soient sa fortune et sa condition, peut au moyen de ses talents parvenir aux places les plus éminentes. Dans la cérémonie de dimanche, l'invalide mutilé et le maréchal de l'Empire recevaient à la fois et de la même main la marque de distinction qu'ils avaient méritée ; et cette scène touchante, qui intéressait les cœurs les plus froids, est une nouvelle preuve que nous sommes revenus aux vrais principes de 1789. L'honneur chez une nation sensible est peut-être le plus puissant de tous les mobiles, et c'est pour les Français un besoin de première nécessité. L'honneur est un feu sacré qu'il ne faut jamais laisser éteindre ; et en offrant aux talents et aux vertus la perspective d'une distinction méritée, le peuple français conservera parmi les nations de l'Europe la considération qu'il doit à ses victoires. Mais nous n'avons pas seulement obtenu ce que nous voulions en 1789 : la France, considérée comme corps politique, a acquis en outre des avantages réels. Les brillantes victoires dont le souvenir fera un jour tressaillir de joie et d'en-

l. Même article dans le Journal de l'arix du 2.^ messidor an XII. Sur toute cette all'aire de la grâce de Destrem, voir Jean Destrem, Le dossier d'un déporté de ISO'i. Paris. 1904. in-lN, \>. 1"! et suiv. —Voir plus loin. p. 116.

(16 JUILLET 1804] PAIUS SOUS L'EMIMUE HO

thousiasme notre licuieuse postérité nous ont élevé au rang que nous devions tenir parmi les nations : c'est la nature elle-même qui a posé les barrières qui nous séparent de nos voisins ; la France ne peut désormais penser à s'agrandir: elle n'a besoin que de gloire et de bonheur, et elle aura l'un et l'autre sous l'empire du héros qui a tant contribué à ses triomphes et à l'abaissement de ses ennemis, . . » — Gazette de France du 27 messidor :

a Paris, 26 nicssidor Un concours assez considérable s'est porté, hier,

aux Invalides pour voir les préparatifs qui se faisaient dans l'Église pour la cérémonie d'aujourd'hui. La plupart des curieux sont revenus sans avoir été satisfaits sur ce point, parce qu'on n'entrait qu'avec des billets. Mais ils ont été dédommagés par la vue de la nouvelle fontaine, élevée dans la première cour, que l'on achève de ce moment, et qui est surmontée du lion de bronze apporté de Venise avec les quatre chevaux de Gorinthe. On lit sur l'une des faces l'inscription suivante : Napidron Bonaparte, empereur des Finançais, a ordonné que ce monument fût placé sous les yeux des guerriers dont il atteste Les exploits, l'an /•"" de son règne. »

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