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lettre de membre de la Légion d'honneur; l'Empereur s'en assure : il accorde cependant la distinction de la gloire au brave qui avait si bien jugé les sentiments de Sa Majesté. Le mélange des citoyens les plus distingués de toutes les classes et de tous les âges oiïrait un spectacle noble, doux et attendrissant. Le soldat, le général, le pontife, le magistrat, l'adminislraleur, l'homme de lettres, l'artiste célèbre, recevant chacun la récompense de leurs talents et de leurs travaux, ne semblaient composer qu'une seule famille, qui se pressait autour du trône d'un héros pour le décorer et l'affermir. Une vive et profonde émotion était peinte sur tous les visages, et cette cérémonie fra|)pait les esprits d'un respect à la fois religieux et guerrier. Leurs Majestés ont, dans tous les lieux de leur passage, entendu retentir les acclamations unanimes d'une foule immense qui se pressait autour d'elles. Une circonstance inattendue à ajouter à l'intéressarit de cette fête. L'Empereur allait sortir des Invalides, un jeune homme de dix-sept ans se jeta aux pieds du trône, en criant: Grâce, grâce! L'Empereur l'interroge; il peut à peine prononcer : Grâce, <j race pour mon père! son père est Destrem. L'innocence, l'émotion, le respect filial de ce fds touchent Sa Majesté Impériale; elle lui accorde la grâce de son père'. »
Ministère de la police gi'înékale. — Bulletin du 30 messidor.
. . .Un agent rapporte que M. Soulès, homme de lettres, traducteur de plusieurs ouvrages anglais, qui fut électeur en 1789, se plaint de ce que tant lui que ses collègues, surtout ceux qui ont servi dans les nuits (les 12 et \3 juillet, n'ont pas été nommés membres de la Légion d'honneur. Depuis deux ans, M. Soulès est noté à la police générale. II a été signalé, à cette époque, comme ayant servi une police secrète de lord Whitworth. Suivant le même rapport, les vainqueurs de la Bastille, du faubourg Saint-Antoine, projettent de se réunir dimanche, pour rédiger une adresse à Sa Majesté Impériale, tendant également à leur admission dans la Légion. Les mesures sont prises pour surveiller
FoucflÉ.
(Arch. nat., Al<' iv, 1490.)
Raitoht de la préfecture de police du même jour.
lieunlons. — Un M. Dcchatillon, employé à la Trésorerie, et demeurant avec M™* de Marsenay, rue Honoré-Chevalier, laquelle est fort