Voir plus haut, p
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qiio beaucoup d'entre eux avaient iléjà remis des pétitions individuelles pour cet olîjet. Ils s'ap|Hiienlsur le décret «le TAssemidée constituante du 11) juin 4790, où Ir ilévouement qu'ils ont montré le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille, est considéré cotnrno un service important qui iloitleur naranlir toute la reconnaissance nationale. Un nommé Perrier, ci-devanl instituteur des sourds et raiiets sous l'abbé Sicaid, doit rédiger une ailresse collective, qui sera présentée par une «léputation de douze d'entre eux. L'agent qui donne ces renseignements a la conliance des habitants du faubourg. Cette adresse doit même lui être communiquée pour y faire les changements qui seront jugés convenables. 11 a remarcpié un excellent esprit parmi ceux des vainqueurs de la Bastille qui lui ont fourni ces détails, et l'intention où ils sont de s'isoler de ceux qui, [Mécédemment admis dans leur bataillon, se
sont fait remarquer par leur agitation turbulente ou criminelle
(Arch. nat., AF iv. 14D0.)
KaPPORT de la PHÉFECTURt; DE POLICE UU MÊME JOUH.
Commerce. — Les espérances du commerce se raniment. On attend avec impatience le mois de brum.iire, époque fixée pour le sacre de S. M. l'Empereur; on s'atteml que les étrangers afflueront alors à Paris, indépendamment des nombreuses députations «pii doivent s'y rendre. Beaucoup de particuliers, par s[)éculation, font garnir leurs appartements pour les louer; cette prévoyance procure déjà d'heureux effets chez les marchands de meubles. Les bijoutiers et les joailliers sont dans une grande activité; le prix des diamants de belle qualité est très augmenté. En général, il y a beaucoup d'activité dans les fabriques et dans les ateliers.
Réunions. — Les réunions ont été hier aussi noinl>reuses (pie tranquilles. Les guinguettes et les cabarets des faubourgs ont été remplis jusqu'à onze heures du soir; l'ordre a été maintenu partout.
Il est arrivé hier un courrier extraordinaire chez l'ambassadeur d'Allemagne ; on le croit chargé de dépêches importantes.
Spectacles. — On a donné hier Tancrède au Théâtre-Français; il n'y a presque point eu d'applications, et l'on n'a a|q)laudi que les vers qui l'ont été de tout temps.
Éoéneutent. — Samedi soir, un militaire, monté à poil sur un cheval et courant à toute bride, rue Saint-Honoré, renversa une vieille femme qui portait de l'eau et la blessa giiévement ; le cavalier redoubla de vitesse et ne put être arrêté. Cette scène excita un nombreux rassemblement ; on manifesta beaucoup d'indignation, surtout
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lorsque les deux filles de cette femme arrivèrent, et que l'une d'elles tomba sans connaissance, voyant sa mère baignée dans son sang...
Bourse. — Le cours des o 0/0 avait été très faible à l'ouverture de la Bourse, et, d'après les remarques générales, les ventes et les offres multipliées de iM. Coindre, agent, y avaient beaucoup contribué ; mais M. Martinet a pris au comptant, et le cours s'est rétabli promptement ; il s'est fermé en hausse. Les actions des Ponts ont été demandées et otfertes à différents prix, au-dessous de 1.^00 francs, mais il ne s'en est point fait, ^ On a publié que la Bourse allait être transportée au Théâtre Feydeau ; ce bruit parait n'être qu'une conjecture faite à cause de la translation de ce spectacle à l'ancienne salle des Italiens. — 5 0/0 consolidé, jouissance de vendémiaire an XIII, 56 fr. 70; actions de la Banque de France, l.llo francs; actions des Ponts, \ .200 francs.
Journaux.
Moniteur du 3 Ihermidor : « Avis. Les grandes eaux du parc de Versailles joueront aujourd'hui dimanche 3 thermidor, à cinq heures précises. » — Journal de Paris, du 4 thermidor : « Nouvelles de Paris... L'Opéra-Gomique a joué hier pour la première fois dans son ancienne salle, place des Italiens. Ce local, où il parait invariablement fixé, est celui qui convient mieux à son genre. La musique surtout y gagne infiniment, et les amateurs ont remarqué hier que la salle est plus avantageuse pour la voix, et la disposition de l'orchestre plus favorable aux effets. La voix brillante et sonore de M"* Saint- Aubin a produit un véritable enthousiasme, et tout ce que cette voix à d'enchanteur, a été mieux apprécié encore »
.MiNISTÈKli DE LA POLICE GÉNKll.VLE. — BULLETIN DU .') TIIEUMIDOH.
Paris. Esprit public. — Un agent secret rapporte que ce matin, à neuf heures, un grenadier delà garde impériale, passant sur le P(Mit- Neuf, à côté d'un jeune homme qui avait à sa boutonnière im leillet ponceau en forme de croix, le lui a enlevé, en lui disant (iu<',s'il n'était pas content, il lui donnerait son adresse. Le grenadier a été applaudi par les spectateurs.
Ordres du minisire. — Jacques Verdet, Jean-Baptiste Denan et sa femme, Pierre-Jean-Baplisle Dubiiisson et sa femme sont mis en liberté, et envoyés à 40 lieues de Paris et des côtes.
Christian-Frédéric Raguet-Brancion Esprit Caire, M^» Klingin- Dessers el Jacques -Etienne Floirac, accusés de correspondances contre la sûreté de l'État, et détenus à Paris, sont mis en liberté et renvoyés en surveillance dans leurs départements. Point de preuves qu'ils aient eu part aux intrigues du général Desnoyers, dont on les
soupçonnait
Rapport dk la préfecture de police du même jour.
On rapporte que Moreau a écrit à son frère le tribun, avant le départ de celui-ci pour la Bretagne; qu'à son arrivée sur les terres d'Espagne, il a été complimenté par le général espagnol, et qu'on lui a rendu les honneurs militaires les plus distingués; qu'à Barcelone, le peuple se pressait sur son passage; qu'il a assisté au spectacle, où il a été parfaitement accueilli ; il ajoute que toute la noblesse le voit avec enthousiasme, qu'il comptait d'abord partir de suite pour les États-Unis, mais qu'il attendra l'arrivée de sa famille à Madrid ou à Cadix, et qu'il ne passera les mers qu'après l'accouchement de sa femme et son entier rétablissement. Les membres de la famille de Moreau se disposent à quitter très incessamment Paris. On assure que, dans un entretien confidentiel, l'ambassadeur des États-Unis d'Amérique a laissé percer que son gouvernement ne serait pas éloigné de confier à Moreau le commandement militaire de ses provinces. Cet ambassadeur a eu [dusieurs conférences avec le tribun Moreau. M. Livingston parle déjà avec enthousiasme de ce que pourront les armées américaines commandées par un tel chef. Le secrétaire de l'ambassadeur s'explique dans le même sens. On donne pour certain que le consul américain à Barcelone a fort bien accueilli Moreau.
Réunions. — On répandait hier le bruit qu'avant l'arrivée de Sa Majesté à Boulogne, l'on avait tenté une descente en Angleterre ; que les troupes françaises avaient été repoussées, et que nous avions perdu quinze mille hommes. On dit qu'au moment où S. M. l'Empereur est entré en rade à Boulogne, tous les bâtiments en rade l'ont salué à la fois, qu'au bruit de cette canonnade les Anglais ontexpédié tout ce qu'ils avaient de vaisseaux prêts, et que quarante-deux vaisseaux se sont présentés devant le port. On s'attend d'un moment à l'autre à recevoir la nouvelle d'une action. On publie que S. M. l'Empereur ira rejoindre
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son auguste épouse à Aix-la-Chapelle, et qu'il y restera pour diriger les armées qui vont entrer en Allemagne, attendu que la guerre est certaine, dit-on, avec les puissances de TEiirope, que cette guerre est particulièrement suscitée par le roi de Suède, qui ne néglige rien pour en venir à bout, et qui, ajoute-t-on encore, doit commander en chef l'armée des Cercles de FEmpire. On dit enfin que la guerre a pour motif, non seulement le dessein de soutenir les Anglais, mais encore l'envahissement de l'Hanovre (sic), et la violation du territoire de Bade. — Les malveillants cherchent à propager et à grossir les bruits répandus sur l'affaire du Havre. Ils disent que ce n'est point en Angleterre, mais en Irlande que la descente doit avoir lieu, que M. le maréchal Augereau était, à cet effet, embarqué avec vingt mille hommes et ils cherchent à apitoyer sur le sort de ces troupes. On a encore beaucoup parlé hier de la prochaine retraite du ministre de l'intérieur*, on ne lui donne plus pour successeur que M. Montalivet, mais M. Beugnot, préfet de la Seine-Inférieure.
Culte. — Les Juifs se sont réunis hier dans la grande synagogue de la rue Saint-Avoye, pour célébrer une fête en actions de grâces de la nomination de l'Empereur. Le président de la Cour d'appel, le colonel des cuirassiers, le commandant de la gendarmerie, le commissaire de police et autres fonctionnaires publics y ont assisté. Les trois pasteurs protestants s"y sont également rendus. Après les prières accoutumées, on a exécuté une ode dans le style oriental et dont les strophes ont été coupées par des cris répétés de Vive r E mpei^eur ! On a remarqué dans la sixième sirophe cette idée : Soudain Fristre fie Napoléon s'élève, ses ennemis sont enlevés comme la paille légère par un vent impétueux.. . Et dans la septième strophe ; Des portes de l'Orient au coucher du soleil, la gloire de Mapoléon se répand avec éclat. L'ordre a été parfaitement maintenu.
Spectacles. — L'on a donné hier, au Théâtre-Français, l'Homme à bonne fortune- : Le passage suivant, mis dans la bouche d'un valet, a été très applaudi : « Va, va, j'en vois tous les jours en carrosse, qui ont couru longtemps après, avant de l'attraper. »
Pont du Jardin des Plantes. — La crue de la rivière a entièrement désorganisé les travaux de ce pont ; on s'occupe avec la plus grande activité des moyens de conserver ce qui est fait, mais il est à craindre que cet événement ne rende impossible l'exécution de tout ce qui était projeté pour cette campagne.
1. C'était Chaptal, qui démissionna le :20 thermidor an XH, et lut remplacé par Champagny.
i. D'après le Moniteur, c'est le 27 messidor au XII que cette représentation eut Lieu.