‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 44 sur 221 · Voir plus haut, p. 125 et · texte numérisé non relu

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161 PARIS SOUS L'EMPIRE [4 août 1804]

réunis chez M. Grenelle, marchand de vin, grande-rue du Faubourg- Saint-Antoine, et leurs propos ont été assez vifs. Parmi ces individus, on distingue un nommé Mercier, lieutenant des vétérans; Bachelet, appartenant autrefois au même corps; Vacquier, ancien guichetier de la Force, et quelques autres connus comme partisans de l'anarchie. Ce Vacquier est un des plus acharnés. Quelques-uns d'entre eux, notamment les nommés Borie et Dombreville ont dit que, s'ils ne pouvaient obtenir d'être admis dans la Légion d'honneur, ils agiraient autrement que par pétition et qu'ils s'embarrassaient peu de mourir. On suit avec soin cette affaire.

Théâtres. — On a donné hier à la Porte-Saint-Martin la première représentation de Tippoo-Saib, espèce de mélodrame en trois actes '. Quelques tirades dirigées contre les Anglais ont été fort applaudies.

Cette pièce n'a point eu de succès.

Dubois.

(Arch. nat, F', 3832.)

Journaux.

Moniteur du 17 thermidor : « Préfecture de police. Paris, le 16 thermidor an XIL Le conseiller d'État, préfet de police, chargé du quatrième arrondissement de la police générale de l'Empire, tiendra désormais ses audiences tous les lundis, depuis midi jusqu'à deux heures, à la préfecture de police. Les personnes qui s'y présenteront sont invitées à mettre par écrit l'objet de leur demande. — Beaux-.\rts. On vient de nettoyer, par les ordres du préfet du département de la Seine, les belles sculptures de la fontaine de Grenelle. MM. Quatremère de Quincy, Molinos et Legrand, chargés de cette opération, y ont employé le procédé décrit par Vitruve et par Pline pour passer les sculptures antiques à l'encaustique. Ce moyen qui consiste à boucher tous les pores de marbre par une mixtion d'huile d'œillet et de cire vierge, appliqué à chaud sur le marbre échauffé lui-même, le préserve dans la suite de ces taches noires que l'humidité y produit, et qui ne sont autre chose qu'une végétation de lichen ou espèce de mousse très fine dont les racines s'implantent dans les pores du marbre, les écartent à la longue et en corrodent la surface. Le succès de cette première expérience sur des figures d'une grande proportion, a parfaitement répondu à l'attente du préfet. Les figures n'ont éprouvé aucune altération par le chauflage du marbre au moyen des réchauds à main faits exprès et commodes pour communiquer la chaleur à toutes les parties d'une figure ou d un groupe avant de l'induire de la mixtion d'hude et de cire, pour répéter ensuite ce chauffage et faire fondre la couche de cire qui reste figée sur le marbre lorsqu'il est refroidi. Une telle opération faite avec soin et précaution, remplit parfaitement les pores du marbre et les bouche à une certaine profondeur. On cire ensuite à froid la superficie et on la

1. « Les auteurs sont M. Dubois pour les paroles, et M. Aumer pour les ballets. ■• {Çqun-ier des Spectacles du 18 thermidor an XII.) .

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froUe avec un linge fin, ce (|ui achève de former une espèce de vernis sur lequel l'eau glisse sans s'arrêter, et ne permet plus au lichen de placer ses racines. Il n'y a point de doute que les figures antiques les plus précieusement exécutées, telles que V.\)iiinuûs, l Apollon et d'autres, n'aient été ainsi polies à la cire, et l'on doit savoir gré au magistrat éclairé au savant antiquaire et aux artistes zélés qui ont concouru, par cette utile expérience, à faire parmi nous l'application d'un procédé inusité jusqu'alors, et auquel on devra, s'il est généralement adopté, la conservation de nos |)lus belles sculptures. »

MlNlSTÈHE DE LA POLICb) GÉNÉRALE. — BULLKTIN DU 18 THERMIDOR.

Tribunal spécial. — Faux congés. — Le 16 de ce mois, Vavasseur, employé au secrétariat «lu général Junot, a été condamné par le tribimal spécial à deux ans de fers, pour faux congés vendus à des

conscrits

(\rch. nat., AFiv, 1490.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Les réunions ont été hier très nombreuses dans les promenades de l'intérieur, dans celles des environs de Paris, dans les guinguettes et autres lieux destinés au plaisirs. La plus parfaite tranquillité a régné partout, et les observations les plus exactes ne présentent à cet égard rien de remarquable.

Le bruit circule depuis deux jours qu'il existe de la fermentation et du mécontement dans les départements méridionaux; que les Anglais ont des forces considérables dans les îles d'Hyères, d'oij ils se disposent à tenter un coup sur la Provence, où l'on ajoute qu'ils ont des intelligences bien établies.

On dit dans le commerce qu'il est question fortement de l'établissement d'un papier-monnaie, et que le Ministère du Trésor public doit traiter cet objet à Boulogne avec S. M. l'Empereur.

Culte. — La bénédiction des clocbes de la paroisse de Romainville a attiré liier dans ce village im grand concours de monde. M. l'évéque de Cambrai a fait la cérémonie h laquelle a assisté M""* de Montesson. Les autorités constituées ont été recevoir cette dame à son

163 PARIS SOUS L'EMPIRE [6 août 18041

arrivée à l'église. Il y a eu des présents considérables en ornements et en argenterie.

Pont du Jardin des Fiantes. — La nouvelle crue de la rivière retarde encore les travaux de ce pont, et l'on n'ose plus espérer d'élever les piles cette campagne. . .

Bourse. — Les négociations de rentes ont été si peu nombreuses que l'on n'a publié qu'un seul cours, qui parait annoncer une stagnation ; cependant on a remarqué qu'il y avait eu plus de demandes que d'offres. On a annoncé en Bourse qu'une lettre du préfet de la Koër, adressée à M. Rigal, membre du Corps législatif, porte que « le courrier qui devait arriver le 14 de ce mois au chef-lieu de ce déparlement était tombé dans la Meuse, et qu'il était important de donner beaucoup de publicité à cette nouvelle, pour qu'on pût réexpédier les lettres qui se trouveraient perdues ». — 5 0/0, jouissance (le germinal, 57 francs. Actions de la Banque de France, l.iJS flancs.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3832.)

Journaux.

Journal des Débats du 18 thermidor : « Paris, il thermidor. On s'occupe sans relâche des préparatifs du couronnement. On célébrera par les fêtes les plus brillantes cette époque mémorable. On assure que le Sénat donnera une grande fête dans le Palais du Luxembourg et la ville de Paris à l'Hôtel de Ville. Les manufactures sont occupées de toutes parts aux commandes considérables qui leur sont faites, tant de France que de l'étranger »

Ministère de la police générale. — Bulletin du 19 thkrmidor.

Espions de V Angleterre. — Il paraît que le cabinet de Saint-James emploie particulièrement pour espions en France, des Russes, des Suédois et des Espagnols. On provoque en conséquence l'attention du préfet de police sur plusieurs officiers russes qui viennent d'arriver à Paris.

Bertrand. — Signalé comme ayant, lors de la découverte de la conspiration, quitté brusquement son domicile. Avant cette époque, un grand nombre de personnes -venaient chez lui mystérieuse-

nient. Il rect-vail nnc foule de lellres de Londres. Après Taneslalion tie Georges, il montra beaucoup d'inquiétude. On ajoute qu'il a un de ses fils en Angleterre et un autre emplnyé dans les bureaux de l'Empereur. On indique sa demeure actuelle au préfet de police, qui est invité en même temps à vérifier les faits.

L,ebrun. — Désigné comme un ardent ennemi de TEuipereur et lin gouverneuient actuel, et comme pouvant être très dangereux, à raison de sa fortune et du nombre de ses connaissances. Avis au préfet de police.

Fortia. — E.K-marquis, ennemi dangereux du gouvernement, recevant souvent des lettres de Londres, où est, dit-on, sa femme, laquelle y fréquente beaucoup les évêques d'Arras, de Montpellier et autres. On recommande cet individu à la vigilance du préfet de

police

(Arch. nat., AF iv, 1490.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — La guerre est toujours l'objet des conversations; on prétend, malgré le silence du gouvernement, que l'ultimatum de la Russie est arrivé, et que l'on est embarrassé d'y répondre. On dit qu'il est impossible que l'Allemagne et la Prusse ne prennent point part, et enfin que l'Europe entière va s'embraser de nouveau. On publie dans les cercles que l'Autriche a remonté l'esprit de ses armées en abolissant la vénalité des grades militaires pour ne les conférer qu'au mérite. Le tribun Carnot s'expliquait hier dans ce sens; il ajoutait que, sans croire totalement à ce qui s'était débité relativement au Havre et à Boulogne, il y avait quelque chose de vrai; que les Anglais seraient d'autant plus difficiles à vaincre que partout ils présentaient des forces considérables, et qu'une partie de lÉtat-Major de l'armée française était d'une opinion diamétralement opposée au gouvernement. On dit encore que nos troupes en Italie sont plus mal vues que jamais et qu'elles seraient massacrées par les Italiens, s'il arrivait le moindre événement dans ces contrées, que M. le maréchal Lannes a eu beaucoup de désagréments à Lisbonne, et que cette puissance est sur le point de s'unir avec l'Angleterre plus étroitement qu'elle ne l'a jamais été.

Pont (lu Jardin des Plantes. — Les travaux du pont du Jardin des Plantes sont toujours dans le même état. La hauteur de la rivière empêche qu'ils ne reprennent de l'aclivité. . . , .

i65 PARIS SOUS L'EMPIRE [7 août 1804]

Bourse. — Les négociations de rentes au comptant et celles dites marchés fermes, à terme, n'ont pas été beaucoup plus nombreuses qu'hier, mais les demandes à primes pour la fin du mois présent et du prochain ont été très multipliées; le cours a été constamment beaucoup plus ferme que les jours précédents, et s'est fermé en hausse. L'on assure, et il paraît évident, (\\\q les dispositions plus favorables de la place ont pour motif le bruit qui se répand généralement que l'Empereur fait, dans ce moment-ci, toutes les dispositions nécessaires pour la descente; on a remarqué que la majorité des habitués de la Bourse désire en avoir la confirmatinn. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. 57, 10; 57 fr. ; 57; 0.05; idem., jouissance de vendémiaire an XIII, 54 fr. 50. Ordonnances pour rescriptions de domaines, 91 francs. Actions de la Banque de France, 1.H5 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F', 3832.)

Journaux.

Moniteur du 20 lliermidor : « Paris, le 19 thermidor. La section du conseil général du déparleraent de la Seine, faisant les fonctions du conseil municipal, a été ouverte le 18 de ce mois. M. Petit a été nommé président et M. Quatremère secrétaire. )) — Moniteur du 19 thermidor : « Ministère dk la POLICE GÉNÉRALE DE l'empire. Les audicuces que MM. les conseillers d'Etat, attachés au ministère de la police générale, doivent donner en exécution du décret impérial, en date du 21 messidor dernier ', sont fixées ainsi qu'il suit, par son Excellence le sénateur, ministre : M Pelet (de la Lozère) tiendra audience le mardi de chaque semaine; M. Miot, le jeudi ; M. Real, le samedi. Ces audiences auront lieu depuis dix heures jusqu'à midi, dans une des salles du ministère de la police générale, quai Voltaire, à dater du ler fructidor prochain. M. le conseiller d'État, préfet de police, chargé du 4« arrondissement, donnera la sienne à l'hôtel de la préfecture, le lundi, depuis midi jusqu'à deux heures Paris, le 18 thermidor an XII. Le sénateur, ministre d''. la police générale : Fouché. Le secrétaire général du ministère : Saulnier. »

Rapport de la préfecture de pouce du 20 thermidor.

Étrangers. — Ou rapporte que les Russes qui sont à Paris nnt reçu de leur Légation l'ordre de |)arlir relie semaine. .M.DemidolV dit

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