Ce rapport manque dans AF iv
159 PARIS SOUS L'EMPIRE [3 août 1804]
revient incessamment de Vienne. On répand sourdement qu'il existe une division très prononcée dans le Sénat, qu'une partie de ce corps est attachée au parti d'Orléans et disposée à le servir, si l'occasion s'en présentait.
Subsistances. — Les farines tendent à la baisse, les fariniers de la Beauce n'ont pu trouver à vendre ces jours derniers, parce que les boulangers ne veulent faire aucune offre. On croit que la réicolte sera meilleure qu'on ne l'avait espéré. La grande Beauce et le pays chartrain n'ont pas éprouvé de temps trop contraires, et la moisson y est bonne en qualité et en quantité.
Journaux. — Les feuilles de ce jour n'ont offert aucun article qui méritât un intérêt particulier, à l'exception de ce qu'on lit dans la Gazelle de France, relativement à l'amélioration de la partie de police qui concerne le marché de la volaille. On leniarque cependant encore le premier article du Journal du Commerce., contenant quelques détails sur les affaires que les fabricants et commerçants français font en ce moment en Allemagne; on y voit que les soieries de Lyon, ainsi que les dentelles de Bruxelles, d'Anvers, de Lille, d'Alençon et d'Argentan, y sont recherchées de préférence aux autres objets de manufactures étrangères. On y parle aussi du débouché assez considérable qu'obtiennent, dans les pays du Nord, les pendules, les bijouteries et les porcelaines de Sèvres. Ces détails sont contenus dans une lettre écrite de Francfort, le 28 juillet. . .
Bourse. — Les négociations de rentes ont paru infiniment moins
animées que les jours précédents, et le cours, qui avait eu d'abord
un peu de propension à la hausse, a fléchi vers la fin de la Bourse.
Plusieurs agents ont assuré que cette défaveur ne pouvait avoir d'aulie
cause- que les ventes multipliées de M. Coindre, leur collègue. Les
courtiers paraissent moins mécontents de la situation du commerce ;
il s'est fait passablement d'affaires dans le cours de cette semaine; les
cafés sont très demandés et ont éprouvé un peu d'augmentation ; les
sucres au contraire sont offerts parce que l'Espagne en a fourni une
assez grande quantité. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57fr. 15, 20,
25 c; idon, jouissance de vendémiaire an XIII, 34 rr.75 ; bons an XIII,
50 fr. Actions de la Banque de France, 1.112 fr. 30.
Dubois,
(Arch. nat., F', 3832.)
Journaux.
Journal de Paris du 16 thermidor : « Modes. Les modes ont l'air de changer et ne font que varier : ce sont toujours les mûmes qui se succèdent cl ne
meurent que pour renaître. Par exemple, ayez une paire de boucles d'oreilles de madame voire grand'mère, dont la date ait à peu près soixante ans, et vous vous trouverez exactement, pour cet article, à la mode du jour. Les gilets de piqué blanc et ceux de perkale brodée sont les gilets par excellence ; mais le matin en négligé un gilet rouge n'est pas mal, et c'est le comble du bon genre d'avoir un gilet hortensia. Le jaune n'a encore qu'un demi succès. On a quitté le lilas. La couleur aurore ne prend pas. On est revenu au rose qui s'emploie avec profusion. On ])Orto aussi beaucoup de blanc. Les capotes de bazin, qui n'avaient paru que comme échantillons, sont aujourd'hui assez communes ; elles n'ont pas du tout de garniture, et le bazin est fortement tendu sur une carcasse. Les robes rondes, plus communes dans ce moment que les robes à queue, ont, au bas, une dentelle blanche pour garniture, et une comète blanche au-dessus de la dentelle. Tout autour des corsages, on met aussi une dentelle qui se rabat; celle-ci est ordinairement très large. La mode des bordures de couleur sur des tuniques à la mameluck se soutient. Outre les mousselines de rouge turc, on en emploie fond jaune, à très petits bouquets, pour les robes du matin. »
Rapport de la préfecture de police du 17 thermidor.
Réunions. — On parle toujours dans les sociétés particulières des événements du Havre et de Boulogne. Les malveillants espéraient qu'ils amèneraient du mécontentement parmi les troupes et les décourageraient. On dit dans les salons que le départ précipité du roi de Suède des Etats de Bade a eu le même motif que le départ de Rome du roi de Sardaigne, et qu'il craignait d'être enlevé comme otage. M. Saussaye, demeurant barrière de Clichy, a dit hier qu'il venait de recevoir à l'instant des nouvelles de Rouen, portant qu'au départ du courrier on venait de recevoir que les Anglais bombardaient une petite ville dont on n'a pas su le nom, mais dans les environs de Dieppe, et que le préfet de la Seine-Inférieure était parti de suite pour s'y rendre, que les Anglais s'étaient tellement approchés de la ville, qu'une quantité de bombes et de boulets avait passé par-dessus.
Vainqueurs de la Bastille. — Les vainqueurs de la Bastille continuent leurs réunions et leurs clabaudages *. Ils disent que, si leur demande est mal accueillie de M. de Lacépède, ils s'adresseront à S. M. l'Empereur, aussitôt son retour. Ces jours derniers, ils se sont