Murât
''S PARIS sous L'EMPIRE [11 août 1804]
France, on lit que les manuscrits que Pichegru avait laissés à son ami Gouchery vont être imprimés. On lit encore qu'au dire des journaux de Londres, le projet de l'Empereur des Français est de rassembler à Brest quarante-six vaisseaux de ligne, qui protégeront la traversée des flollilles lors de la descente, et que le générai Augereau commandera les troupes de débarquement. « Il est très plaisant, dit à ce sujet la Gazelle de France, de voir les journaux de Londres dans la confidence des projets de l'Empereur. «
Dubois.
(Arch. nat., F', 3832.)
Journaux.
Journal de Paris du 24 thermidor : « Nouvelles de Paris. ...Les habitants du quartier Saint-Martin paraissent fort satisfaits des acteurs qui se sont réunis au théâtre de Molière, et ils disent que, depuis l'établissement de ce spectacle, qui date du commencement de la Révolution, ils n'y avaient pas encore vu une troupe aussi riche en talents. Parmi les sujets dont ces honnêtes citadins font le plus d'éloges, on distingue un M. Lecerf, et qui ne serait pas déplacé à l'Opéra-Comique ; M. Belmont, basse-taille, qui jouait parfaitement autrefois le rôle bouffon de Tadeo, dans le Roi Théodore, au théâtre Montansier; M»» Leblanc, qui est à la fois la Saint-Aubin et la Carline de la troupe, et enfin MM. Leblanc et Duforêt dont les noms sont justement célèbres dans
plus d'une ville de département » — Publiciste du 24 thermidor :
« Paris, 23 thermidor. On s'entretient beaucoup des fêtes qui doivent avoir lieu pour le couronnement de l'Empereur. La France, dans quelques jours, aura deux centres d'activité qui formeront un étonnant contraste, d'une part cette côte maritime rendue chaque jour plus formidable, où se construisent tant d'ouvrages imposants, où se pressent tous les bataillons, où roulent toutes espèces d'armes, où viennent se ranger des navires de toute espèce ; de l'autre, la capitale de l'Empire attendant et préparant, avec toute l'activité de ses ingénieurs et nombreux habitants le plus beau monument de splendeur, dont jamais ses murs aient été les témoins. Là, c'est la présence de l'Empereur qui anime tout, qui promet tout à l'ardeur des soldats ; ici, tout est animé par la gloire de l'Empereur absent; ici, tout parle de fêtes : le talent sera plein de vie ; l'artiste conçoit avec feu, le commerçant spécule, tous les bras vont être en mouvement. . . Ne peut-on point appliquer à ce contraste de fêtes et de préparatifs guerriers dont la France est le théâtre, ces vers du cardinal de Bernis :
Où se forge la foudre il ne tonne jamais? »
Ministère de la police générale. — Bulletln du 25 thermidor.
...L'abbé Rougier, signalé comme ayanl été l'agent principal du comité royal établi à Lyon {Bulletin du 21 ). Le mandat d'arrêt décerné contre lui en l'an IX est révoqué, d'après les déclarations qu'il a faites, et il est autorisé à résidera Paris
(Arch. nat., AFiv, 1490.;
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Réunions. — On regarde dans le public le retour de M. de Champagny comme le présage certain d'une déclaration de guerre, et Ton croit généralement qu'il ne sera point remplacé. Des personnes, qui se disent bien informées, assurent que cet ambassadeur ne pouvait plus tenir à la cour de Vienne, et que les efforts pour faire reconnaître S. M. l'Empereur ont été totalement inutiles, et qu'enfin il a été abreuvé d'amertume et de dégoût. On ajoute qu'à celte cour, on n'accueille et on ne caresse que les ennemis de la France La nouvelle de la sortie de la flotte de Brest se confirme dans toutes les réunions, et l'on va jusqu'à assurer que la descente est effectuée en Irlande. Des ouvriers, renvoyés de Boulogne, rapportent qu'avant leur départ on les a payés de tout ce qui leur était dû ; que ceux qui sont restés oiit un mois d'arriéré ; que toutes les lettres qui partent de ce port sont ouvertes, et qu'elles sont mises au rebut pour peu qu'elles contiennent de détails ; et qu'on leur a surtout recommandé en partant de ne rien dire de ce qui se passe à l'armée. Le nommé Desjardins, sergent dans un régiment cantonné à Bergues, a écrit à son père, marchand de vin, rue des Saints-Pères, que les troujics sont très fatiguées, et que, si la descente tarde encore, leur zèle se refroidira. On dit que le sénateur Garât a refusé la place de Grand- Juge, et les exclusifs approuvent hautement ce refus. Une dame Conatarelle, demeurant à Rennes, et dont le mari livra un vaisseau de guerre au.\ Anglais, au commencement de la Révolution, a écrit ces jours derniers à M. de Gheffontaines, rue des Mathurins, que si la Bretagne était tranquille, c'est qu'on y espérait de prochains
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événements et que la situation présente de la France ne pouvait manquer de changer bientôt de face; que les Anglais, loin de redouter la descente, la désirent, parce qu'ils comptent sur le découragement lies troupes françaises.
Vainqueurs de la Bastille*. — Ces individus disent qu'ils ne veulent plus faire aucune démarche ; qu'ils attendent le retour de Sa Majesté; et que, si on ne leur rend pas justice, ils feront voir qu'ils sont encore des hommes de 89.
Fabriques. — Depuis quelque temps, les fabriques de porcelaine ont singulièrement repris, et elles occupent un grand nombre d'ouvriers.
Journaux. — Le rédacteur de la Gazette de France produit quelques raisonnements sur la rareté des instituteurs qui aient le talent de circonscrire leur savoir au genre d'études qu'ils enseignent, afin d'être toujours à la portée de l'intelligence de leurs élèves ; qui sachent, en un mot, enseigner par méthode. Dans cet article, les réflexions suivantes ont paru les plus remarquables. — En parlant des bureaux de placement, établis par le conseiller d'État, préfet de police, le rédacteur ajoute : « Combien ne rendrait-on point service à l'instruction et à la morale, si l'autorité fixait un moment ses regards sur le placement des instituteurs. Plusieurs bureaux, oîi se fait la plus vile spéculation, se chargent d'envoyer
dans la province des professeurs qui n'ont aucunes connaissances
Il y a de ces bureaux tenus par des femmes. » — Dans le Journal des Débats^ M. Tardieu répond à M. Baudelocque par un exposé dos faits qui sont, en ce moment, la matière d'un procès entre MM. Baudelocque et Lacombe, tous les deux accoucheurs. — On lit dans le Journal des Défenseurs un article assez long contre l'existence des tueries, au centre de Paris, mais on n'a pas remarqué que ces déclarations ajoutassent rien à ce que les journaux ont pu dire depuis longtemps. — Dans le journal le Citoyen Français, article chronologie, à l'an 1484, on remarque une diatribe virulente contre Sixte IV, composée, à la vérité, de toutes citations historiques, mais qui, pour ne paraître faite directement que contre ce pape, ne Test pas moins indirectement contre la papauté même...
Bourse. — Pendant la vacance de la Bourse, le cours de la rente n'avait éprouvé aucune réaction ; il était resté faible, et l'on a fait encore aujourd'hui, à 56 fr. 90, pour la fin du courant; mais, au Parquet, des offres exlraordinairement nombreuses ont fait baisser