‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 59 sur 221 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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rien qui provoque parlieulièremenl ratlention. On remarque seulement que les Anglais, d'après les nouvelles de Londres rapportées par \e Journal du Commerce, imaginent que leur gouvernement veut l'aire cesser une guerre défensive, qui leur est si désavantageuse, en hasardant des opérations offensives ; le journaliste anglais parle d'une quadruple expédition qui aurait lieu à l'Elbe et au Weser contre la Hollande ou la Flandre, contre la llotlille de Boulogne et du Havre, contre les côtes et notamment de Noirmoutier et de Belle-Isle. — Suivant la Gazette de France, une feuille d'Allemagne annonce que le ci-devant prince de Condé et son fils ont quitté l'Angleterre pour se rendre en Russie. Le reste est de moindre intérêt.

Bourse. — Les négociations de rente ont paru moins nombreuses qu'liier, et l'on n'a pas remarqué la même inquiétude, ni le même empressement à vendre. Le cours s'est maintenu assez ferme pour faire regarder la baisse comme arrêtée et donner l'espérance d'une amélioration prochaine. — 5 0/0, jouissance de germinal 56 fr. 40, 50, 40, 50, 60; idem, jouissance de vendémiaire an XUI, 54 francs. Actions

de la Banque de France, 1 .130 francs.

Dubois.

(Arch. liât., F', 3832.)

GII

Ministère dk la polick générale. — Bulletin nu 13 kructidor.

Paris. — Il est très positif que M. d'Oubril ', chargé d'affaires de Russie, dispose son départ pour demain samedi. Il a ordre, ou du moins son intention est de s'arrêter à Francfort, jusqu'à ce qu'il apprenne que le chargé d'affaires de France a quitté Pétersbourg. M. 'd'Oubril laissti percer quelques regrets de l'abandon où l'a laissé le gouvernement français, qui ne lui a fait aucune communication depuis le départ de M. de Markow.II pense que ces communications auraient (h*i produire quelque résultat pacifique entre les deux cours de Saint-Cloud et de Pétersbourg. On sait aussi, avec certitude, que trois Russes qui avaient loué une maison de campagne à Fassy ont déclaré hier qu'ils partiraient dans trois jours, et qu'ils en avaient reçu l'ordre de M. d'Oubril.

1. En marge, de la main de Fouché : « M. d'Oubril est parti, il s'arrêtera à Mayence. Tous les Russes ont ordre de quitter la France. »

:i25 ■ PARIS SOUS L'EMPIRE [30 août 1804]

S. E le Ministre de la police est instruit que le sieur Nnrmanil, aide (le camp du général Moreau, est à Paris caché, et qu'il n'a point obéi aux ordres qu'il avait reçus de s'éloigner de cette ville ^ En général, le ministre recommande à M. le conseiller d'État, préfet de police, d'exécuter sévèiement les ordres qui lui sont donnés pour Téloignement des individus qui tiennent aux partis, quels qu'ils soient. Ce n'est pas qu'on attache de l'importance à tel ou tel individu, et que leur présence à Paris soit regardée comme redoutable. Mais, en bonne administration de police, tout ordre donné doit être suivi de son exécution, et on ne doit pas tolérer dans Paris un nombre d'hommes de parti qui, dans une circonstance donnée, peuvent exciter la fermentation et se mêler activement dans les troubles '

- (Arch. nat.. AF iv, 1490.1

Rapport de la PRiiFEcruRt; de police du même jour.

Réunions. — Le bruit d'une paix prochaine et générale s'accrédite partout. Les malveillants répandent au contraire que les puissances étrangères se mettent en mesure de faire la guerre, qu'elles arment à force, et que le rapprochement de la cour de Vienne ne sera point de longue durée. Le chargé d'affaires de Russie est prêt à partir; ses

1. Ici Fouché a ajouté ces mots, de sa main : « Le préfet de police a ordre de le faire arrêter. »

2. En marge, de la main de Fouché : « M. Gourlay, qui avait été éloigné de Paris pendant le procès de Moreau, est revenu à Paris avec un passeport du préfet de Loire-Inférieure, pour terminer des affaires lie famille d'où dépendent sa fortune et celle de ses enfants. La })ermission que je lui ai donnée va expirer. 11 a ordre de retourner à Nantes et, en attendant, de se retirer chez son frère, à Gonesse. » Par cette note, Fouché répond à la lettre de Napoléon du 13 fructidor, au sujet de son Bullelin du 9 (voir plus haut, p. 212, note 1), où il lui disait : « Que faites-vous d'hommes comme Gourlet (sic) à Paris ? Beaucoup de gens de cette trempe y sont, et je commence à être convaincu que ce grand tapage de bruits vient un peu du parti terroriste. » Dans la même lettre on lit : « On dit qu'un certain nombre de terroristes vivent à Paris, y font du mal et sont pour beaucoup dans les bavardages insignifiants de la capitale. Renvoyezles chez eux. Le détestable journal le Ciloi/en français parait ne vouloir se vautrer que dans le sang. Voilà huit jours de suite qu'il ne nous entretient que de la Saint-Burthéleiuy. Quel est donc le rédacteur de ce journal? Avec quelle jouissance ce misérable savoure les crimes et les malheurs de nos pères ! Mon intention est (pion y mette un terme. Faites changer le directeur de ce journal, ou supprimez-le, et, sous quelque prétexte que ce soit, défendez quon emploie ce style dégoûtant et bas des temps de la Terreur, qui avait au moins un but, celui de déprécier les institutions existantes. Que, sous aucun prétexte, il ne se mêle plus de religion et ne fasse plus d'article Chronologie. >• Le Ciloyen français dut changer de titre : à partir du 26 vendémiaire an Xlll. il devint le Courrier français. Voir plus loin, à cette date.

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