‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 6 sur 221 · I. \ oir |ilu> lifiul. |i. t · texte numérisé non relu

I. \ oir |ilu> lifiul. |i. t

PARIS SOUS L'EMPIRE [22 mai 1804]

Journaux.

Moniteur du 3 prairial : « Pkéfectl'RE de police. Ordonnance. Paris, le y^i" prairial an XII. Le conseiller d'Etat, préfet de police, vu le décret impérial portant règlement sur le mode de présentation à l'acceptation du peuple, de la proposition énoncée article 142 du sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII, ordonne ce qui suit : Art. l^'' : Demain 2 prairial, il sera ouvert, au secrétariat général de la préfecture de police, un registre pour recevoir le vœu des Français sur la proposition suivante : « Le peuple veut l'héré- « dite de la dignité impériale dans la descendance directe, naturelle, légitime « et adoptive de Napoléon Bonaparte, et dans la descendance directe, natu- « relie et légitime de Joseph Bonaparte et de Louis Bonaparte, ainsi qu'il est « réglé par le sénatus-consulte organique du 28 tloréal an XII. — 2° Le 3 prairial, semblables registres seront ouverts aux bureaux de tous les commissaires de police de Paris. — 3° Ces registres resteront ouverts jusqu'au 17 prairial inclusivement, tous les jours, sans exception, depuisneuf heures du matin jusqu'à dix heures du soir. — 4" Les votes seront constatés par la signature du votant, et, s'il ne sait pas signer ou ne peut pas signer, par la signature du dépositaire du registre — 5° Dans les deux jours qui suivront l'expiration du temps donné pour voter, chaque commissaire de police arrêtera le registre, portera au bas le relevé des votes, certifiera le tout et l'adressera au préfet de police. — &° La présente ordonnance sera imprimée et affichée. Il en sera adressé un exemplaire aux commissaires de police chargés de concourir à son exécution. Le conseiller d'État, signé : Dubois. Par le conseiller d'État, préfet, le secrétaire général, signé : Pus. »

Rapport de la préfecture de police du 3 prairial.

L'ex-dépulé Briot, arrivé à Paris il y a deux ans, prétend qu'il a été appelé ici pour donner des renseignements ; mais qu'on ne l'a point écouté. Il se plaint très amèrement de différents membres des premières autorités et se plaît à répéter qu'un républicain comme lui n'est pas fait pour faire antichambre nulle part. Briot s'est toujours fait remarquer par une excessive exagération. Lorsqu'il fut rappelé de l'île d'Elbe, où il exerçait les lonctions de commissaire des relations commerciales, il vint à Paris, où, pendant quatre mois il n'a cessé de réunir tout ce qu'il y avait de plus exagéré dans la démagogie. Aujourd'hui, il est encore le même, et il fait hautement la censure ainère de tous les actes du gouvernement. On ne le perd pas de vue.

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lii'unions. — Le procès desconspiraleiirs recommencià faite robjel «l.'s l'onversalion'^. Les défenseurs officieux préparent déjà leurs mov«*ns, t'I ils disent qu'ils feront rappeler à l'audience divers fonctionn.iir.'s puhlics qu'ils |trélendent avoir reçu Pichegru chez eux ; ils font Ions leurs eiïorts pour faire croire à l'innocence de Moreau, auquel, disent-ils, on ne peut faire aucun reproche fondé, — Avant-hier, on a fermé le jardin dos Tuileries avant neuf heures, ce qui a excité (juelipies murmures de la part du public, qui regrettait d'être privé de sitAl de cette promenade.

Commerce. — Le bruit circule dans le commerce que le gouvernement a besoin de 40 millions; que cette somme sera remboursée sur les nouveaux emplois de la cour et qui seront mis en charge. . .

Événements. — ...La nuit dernière, deux individus, prévenus d'atla(iue. à dessein de voler, ont été arrêtés et déposés momentanément au violon du corps de garde de la division de Montreuil, d'où ils sont parvenus à s'échapper. La garile courut sur-le-champ après eux, et l'un d'eux fut tué sur la place d'un coup de baïonnette que lui porta un des militaires, parce qu'il refusait de s'arrêter

Bourse. — Les 5 0/0 ont été constamment offerts, et leur cours a éprouvé une baisse très sensible, que Ton ne peut attribuer qu'au.x bruits inquiétants qui se sont propagés dans la matinée. Apiês avoir répété tout ce qui s'est dit depuis peu relativement à la Russie, à la Prusse, et au départ de l'envoyé de cette dernière puissance, quelques personnes ont ajnuté que la guerre paraissait inévitable, que l'Empereur partirait incessamment, et qu'un fort détachement de sa garde était déjà parti. — o 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. 50 , 50 c. ; 57 fr. 30, 35 c.

(Arch. nat., F', :{832.)

Journaux.

Mtniitfur du 3 prairial : « Paris, le 2 prairial, l/archicliancclier de rKm|tire a présciilé aujourd'hui les membres du Conseil d'État au serment qu'ils onlprcHé entre les mains de l'Empereur. » — i< Le nombre des adresses «pii de loulcs les parties de la France ont apporté le vœu que la diguité impériale fût héréditaire dans la famille de Napoléon Bonaparte est tellement ronsidérable, et s'accroît lelleinent chaque jour, que nous nous voyons dans riiupuissanee de faire ronuailrc les expressions diverses qui ont pu être employées pour manifester ee vœu unanime. Nous nous bornerons donc, à regret, à publier successivement une simple nomenclature des corps constitués, des corps niililaires, des fonctionnaires ou des citoyens qui ont appelé par leurs vœu.x le grand acte qui vient d'être proclamé »

13 PAHIS SOUS L'EMPIRE [23 mai 1804]

Rapport de la préfecture de police du 4 prairial.

Réunions. — On répand le bruit que Boulogne est bombardé dans ce moment, qu'une partie de la flottille placée clans la rade est brûlée; que douze mille Anglais sont débarqués sur un point des côtes de la Normandie, et que c'est là le motif du départ d'une portion des troupes de la garde de Sa Majesté Impériale. On dit encore qu'une lettre d'un maréchal des logis des guides interprètes de l'Empereur, datée de Calais, du l*"" de ce mois, annonce qu'on avait reçu l'ordre le même jour de se tenir prêt pour l'embarquement, et que la descente ne tardera point à avoir lieu. On rapporte que quelques membres de l'Institut se rassemblent tous les soirs chez M. Domergue, l'un d'eux, rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, hôtel de Lisieux; que là — il n'est sorte de propos, de sarcasmes, de jeux de mots, qu'ils ne lancent contre les premiers dignitaires de l'Empire.

Étrangers. — Il n'y a rien de nouveau chez le chargé d'affaires de Russie. Il a dépêché un courrier à sa cour et il attend la réponse. Les autres ambassadeurs attendent avec une égale impatience les ordres de leurs gouvernements sur les événements actuels.

Ouvriers. — Les ouvriers s'occupent beaucoup du droit qu'ils ont de voter pour l'hérédité de la famille impériale. lisse réunissent t-n bandes pour venir signer à la préfecture de police et chez les commissaires qui délivrent les livrets. Ils parlent avec enthousiasme de l'Empereur.

Culte. — Dimanche dernier, M. Gruot, marchand, demeurant rue Saint-Germain-lAuxerrois, s'est présenté avec ses deux enfants habillés en mameluks dans le chœur de Saint-Eustache pour y entendre la grand'messe. Vers l'Evangile, un bedeau vint lui intimer l'ordre de M. Bossut, curé, de sortir sur-le-champ de l'église, attendu qu'il ne voulait y souffrir ni religionnaires, ni protestants, ni maliométans. C'est en vain que M. Gruot représenta qu'il était, ainsi que ses enfants, catholique romain, qu'il venait tous les dimanches à la messe dans la même église avec ses enfants dans le même costume : il fallut céder à l'ordre, et il fut chassé ignominieusement pendant l'office, au grand scandale des assistants.

Pont du Jardin des Plantes. — Les travaux de ce pont commencent

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