‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 62 sur 221 · GUI · texte numérisé non relu

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Ministère de la police générale. — Bulletin du 14 fructidor.

Paris. Etrangers. — Il est notoire qu'en Russie, tout Français, qui se propose de quitter le territoire, doit l'annoncer à l'avance et en faire insérer lavis dans les journaux, afin que tous ses créanciers soient satisfaits avec exactitude avant son départ. Sans assujettir à la même formalité les Russes qui se trouvent à Paris, le ministre a invité le préfet de police [Bulletin du 30 thermidor) à veiller à ce qu'ils se libérassent, avant de sortir de la capitale. Le prince de Galitzin faisait depuis plusieurs jours les préparatifs de son départ. Bartly, tenant l'hôtel de Toscane, rue de la Loi, en ayant été instruit, lui a de mandé 2.400 francs qu'il lui devait pour louage de chevaux et voitures. Le prince s'est borné à arrêter son compte à 2.400 francs jusqu'au 10 vendémiaire prochain, et a signé cet arrêté le 12 fructidor. Son projet n'était cependant pas de demeurer à Paris et de se servir de cette voiture jusqu'au 10 vendémiaire : son départ était fixé au 13 ou 14 de ce mois. Bartly a recouru aux voies judiciaires, a fait une sommation au prince et une opposition entre les mains du concierge à la sortie <ie toute voiture de la maison qu'il occupait à Chaillol. Le prince a traité et payé 1.860 francs. La princesse vient d'écrire au ministre qu'elle part pour les eaux, qu'elle reviendra dans un mois, mais qu'elle lui demande vengeance de l'injure grave que Bartly a osé faire à sa maison.

(Arch. nat., AF iv, .1490.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Le chargé tl'affaires de Russie est parti hier soir ; on a dit dans sun hôtel qu'il avait ordre de se rendre à xMayence, et que c'est là qu'on devait lui adresser ce qu'on aurait à lui faire parvenir. On ajoute qu'il doit attendre dans cette ville l'ultimatum de sa cour. Les malveillants profitent de ce départ puur assurer plus affirmativement que jamais que la guerre avec la Russie est certaine. On répandait hier le bruit qu'il s'était fait un grand mouvement parmi les troupes campées à Boulogne et dans les environs, qu'on les avait lait

porter sur Oslonile qui était lortemi'nt menacée par le? ennemis. Les exclu-^if^ contiiiuenl de prôner les tliennidoi-iens, ils disent qu'ils s'attendent à quelque secousse qui leur sera favorable. Plusieurs hommes de ce parti s'expliquaient hier dans ce sens au café Chrétien, près le théâtre Favart.

Les royalistes débitent que le comte de Lille a quitté Grodno et s'est rendu à Stralheim avec sa suite ; qu'il y a été engagé par le roi de Suède, qui doit l'y aller joindre.

On fait courir le bruit que les habitants de Paris vont monter la garde au l^"" vendémiaire prochain, parce que la garde municipale doit partir pour l'armée.

Commerce. — Les sieurs Cabanis et Canouge, entreposeurs de vins et autres boissons à la Râpée, viennent de faire une faillite de 600.000 francs ; elle excite d'autant plus de mécontentement dans le commerce des vins que ces deux particuliers n'étaient que des dépositaires des marchandises qu'ils avaient chez eux. De pareils entrepôts, situés à Bercy, à la Villetle, à la Briche et [à Charenton, n'offrent aucune garantie aux commerçants qui approvisionnent Paris, et on espère les vnir disparaître. Le conseiller d'Etal, préfet de police, a présenté, le 18 messidor dernier, un travail à cet égard au minisire de l'intérieur.

Journaux. — Sous le point de vue politique, le Journal des Débats paraît annoncer depuis quelque temps un sens beaucoup plus droit. Ses extraits sur les gazettes anglaises sont en général mieux choisis, et l'on remarque en dernier lieu d'excellentes réQexions traduites du journal anglais leCourrier deCarlisle*.Ce^ réflexions tendent à prouver que, par leur seule position lopograpliique, la Russie et la Suède ne pourraient jamais nuire à la France, dans le cas oîi elles manifesteraient à son égard des dispositions hostiles. Il ne paraît pas qu'en philosophie (de cette philosophie qui a une influence réelle sur la politique), le Journal des Débats soit dans un aussi bon esprit. Aujourd'hui, à l'occasion de l'annonce du petit catéchisme de Fleury, le rédacteur met en opposition ouverte la religion avec la philosophie parce que, dans ses idées, philosophie et athéisme présentent le même sens. D'un autre côté, une critique suivie et souvent amère de l'ouvrage intitulé : De r Influence de la >r formation sur tes /e^/;'es -, ouvrage qui a remporté le prix de l'Institut national, a proiivé que le protestantisme déplaisait aux rédacteurs, non pas comme une religion, mais comme ayant contribué à amener la Révolution, et, à cet égard,

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