‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 80 sur 221 · Voir plus liant, p. :{U · texte numérisé non relu

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:\2l) PAlilS SOUS LEMPIRE [17 octobre 1804!

la nuit du 10 au 11, il a entendu dire par les individus réunis dans le bois que, si on ne pouvait porter le grand coup, on tenterait d'assassiner quelques ministres plénipotentiaires pour exciter toutes les puissances étrangères à déclarer la guerre à la France ; il a dit encore qu'il avait trouvé dans ce même bois une paire de pistolets ^ .

Réunions. — Un sieur Delorière, ancien mousquetaire, émigré amnistié, connu par son attachement poui- les Bourbons, annonce que les Anglais ne tarderont pas à se présenter de nouveau devant Houlogne pour incendier la flotte. Il a ajouté qu'il meurt autant de soldats sur les côtes que si on livrait bataille chaque jour, et que le découragement est à son C(jmble dans l'armée. — M. de Vétimont, ci-devant chevalier de Malte, et paraissant dans de bons principes, dit qu'il voit avec peine que ses anciens camarades sont incorrigibles ; que plusieurs d'entre eux désirent que la guerre se rallume vivement, et qu'ils sont disposés à se joindre à l'ennemi ; que les émigrés qui sont à Paris correspondent d'une manière suivie avec ceux des départements; qu'il y en a de très dangereux, retirés dans les environs de Beauvais. — On vient de publier, dans ce moment, et sans nom d'imprimeur, une nouvelle édition de Rienzi, tragédie jouée en 1790, et qui paraissait depuis longtemps oubliée. Nulle pièce, même à la lecture, ne peut fournir à la malveillance plus d'allusions, plus d'applications méchantes et dangereuses. Cet ouvrage est de l'ex-conventioiinel Laignelot. Le conseiller d'État, préfet de police, lui a fait saisir de suite tous les exemplaires que l'on a pu trouver; l'on l'eclierche l'imprimeur.

Journaux. — Deux seuls articles de politique ont paru mériter une attention particulière. L'un fait partie des nouvelles de Londres publiées par la Gazctle de France, et est ainsi conçu : « Le bruit court, dans les cercles politiques qu'il vient d'être fuit à notre gouvernement, de la part du cabinet de Vienne, des ouvertures qui auraient pour objet de faire reconnaître par l'Angleterre le nouveau titre d'empereur héréditaire d'Auliiche, pris par l'empereur d'Allemagne. Notre cour a dû répondre qu'elle suivrait sur cet objet l'exemple de son allié, l'empereur de Bussie. On sait d'un autre côté qu'une ouverture semblable ayant été faite à Pétersbourg, la réponse de cette dernière cour n'a pas été satisfaisante. On ajoute qu'en conséquence de la conduite tenue par l'Angleterre cl la Bussie dans celle circonstance, les ambassadeurs autrichiens vont être rappelés de Londres et de Pétersbourg, et remplacés par des agents diplomatiques revêtus

1. Le jii'DCi.'s-vorlinl de l'ollc déclfirntioii romplémont.-urc est joint .^ ce rnpiiort.

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simplement du litre de chargés d'affaires. » L'autre est extrait des nouvelles allemandes publiées par le Journal des Débats. Il est ainsi (•(incii : « Les lettres de Pétersbourp: annoncent, comme celles d'Italie, (|ue, d'après un arrangement fait entre les cours de Russie et d'Angleterre, l'île de Malte sera occupée à l'avenir conjointement par les Russes et les Anglais. Un corps de troupes russes de cinq mille hommes doit en conséquence se rendre de Corfou à Malte. » Plusieurs feuilles s'accordent à dire que S. M. l'Empereur se trouvera à Fontainebleau le jour où Sa Sainteté doit y passer.

Evénement. — Antonelle, renvoyé de Paris par arrêté du gouvernement (lu 17 nivôse an IX, est arrivé aujourd'hui avec un passeport du commissaire général de police île Turin et visé par celui de Lyon.

Bourse. — Des négociations de rentes assez nombreuses ont eu un réstdtat tout opposé à celui auquel on s'attendait ; le cours a éprouvé une amélioration très sensible, et, avant l'ouverture du parquet, l'opinion était généralement à la baisse, sans autre motif que le retard du couronnement, dont le Moniteur a parlé. On attribue ce changement favorable à des achats considérables faits par M. Ledhuy, agent. Les actions de la Banque ont éprouvé une baisse aussi forte, à laquelle on ne donne d'autre cause que celle dont on a rendu compte hier. M. Delamarre, ex-agent, est rentré aujourd'hui au parquet, après avoir justifié à la compagnie des agents du versement de son cautionnement et de sa commission, qui lui a été rendue par le ministre de l'intérieur, — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 57 fr. 20,

(Arch. nat., F^ 3833.)

Journaux.

Gazette de France du 26 vendémiaire : « Paris, 25 vendémiaire. ...M. de la Turbie, ancien ambassadeur de Sardaigne en Russie, de Saluée et Caron, tous les trois Piémontais, sont nommés chambellans de S. M. l'Empereur. » « M. Rémusat, rliambellan de Sa Majesté, et M. Rureaux-Pusy, préfet du Rhône, viennent d'être nommés, par le collège électoral de ce département, candidats au Sénat conservateur. » o Les modes qui, depuis plusieurs années, avaient l'inconvénient de se croiser sans cesse, d'être aussitôt remplacées que connues, ot souvent de rester imparfaites, vont très probablement prendre une marche régulière et redevenir belles et majestueuses Déjà il est prescrit aux dames qm se rendent à la cour de n'être vêtues que d'étoffes françaises. Les velours et les satins paraissent être également généralement adoptés ; on en fait principalement des queues de cours. Ces queues sont des espèces de manteaux traînants qui s'adaptent à la robe ; tout autour règne ordinairement une élégante broderie. Cette broderie ne doit pas dépasser quatre pouces ;

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les princesses seules peuvent la faire faire à leur gré. Quant aux couleurs, elles sont à volonté, mais celles qui paraissent plus généralement adoptées sont le rose, le blanc, le vert, le ponceau et le bleu-cassis. l,e costume des hommes est aussi fixé, et il leur a été assigné des couleurs et des broderies d'après des dessins d'Isabey. » — Publiciste du 26 vendémiaire : « Paris, 2.0 vendémiaire. ...Une ordonnance de M. le conseiller d'État, préfet de police, en date du 22 courant, porte qu'à compter de ce jour, toutes les décharges publiques et particulières qui existent dans Paris seront fermées, et qu'en conséquence, les voituriers chargeant des terres, gravois ou décombres, seront tenus de diriger leurs voitures au quai Desaix pour les y décharger... » « M. Achille Le Bègue est mort, le 16 de ce mois, dans la quatre-vingt-quatorzième année de son âge. Il exerçait depuis 1731 les fonctions d'avocat au parlement de Paris. Il fut membre honoraire de la Société académique des sciences. Le 26 du mois dernier, il avait présidé la séance publique consacrée à la distribution des prix aux élèves de M. Courtois, à Chàtillonsur-Seine »

Ministère de la police cénérale. — Bulletin du 27 vendémiaire.

Paris. Journaux. — La direction donnée aux journaux a produit, sur la plupart d'entre eux, un effet très avantageux aux vues de Sa Majesté et au bien de son gouvernement. Il n'en reste que trois qui conservent encore les couleurs de parti : le Citoyen français, le Jowmai des Débats, et le Mercure. Le premier est sans esprit et presque sans abonnés ; on vient de lui faire changer son titre * et supprimer son article de chronologie^. Le Mercure contient quelquefois des articles où l'on remarque du talent, mais ils sont généralement dictés par la passion et dans un sens contraire aux intentions du gouvernement. Le Journal des Débats, toujours fidèle à son plan, prêche avec une persévérance audacieuse l'intolérance et la proscription de tous les hommes de la Révolution. Les bons articles qu'on y Ut depuis quelque temps y ont été insérés par ordre. Il faut observer que ce journal n'est pas l'ouivre d'un individu, mais de plusieurs écrivains, animés du même esprit et dirigés par les mêmes principes. Le Citoyen français voudrait exciter le fanatisme de la philosophie ; les deux autres voudraient réveiller le fanatisme de la religion. Le

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