francs
Dubois.
(Arch. nat., F" 3833.}
JOLRXAUX.
Gazelle de France dn 29 brumaire : « Paria, 28 brumaire. ...La parade d'hier avait attiré un concours prodigieux. L'empressement à jouir de ce beau coup d'œil a été tel qu'un grand nombre de fenêtres donnant sur le Carrousel étaient retenues ou louées d'avance à haut prix. Le désir de voir et d'applaudir S. M. l'Empereur, semblait le même parmi les nationaux et les étrangers qui couvraient cette place et les environs. Tous les cœurs y paraissaient également français. L'Empereur était, suivant son usage, revêtu de l'uniforme de la garde nationale. Beaucoup de pétitions lui ont été présentées : il arrêtait son cheval [lour les recevoir; il en a lu plusieurs, et a promis avec bonté de faire droit à celles qui contenaient de justes demandes. Le cercle diplomatique qui a suivi la parade n'avait jamais été plus brillant; il s'y trouvait, outre les grands fonctionnaires de l'État, plusieurs princes déjà arrivés pour assister au couronnement. Douze pages ont |)our la première fois été remarqués aux Tuileries. Ils étaient en grand uniforme : habit vert, galonné en or sur les coutures, veste et culotte rouge. Ils ont été pris parmi les fils des généraux et des princi|)aux fonctionnaires de l'Empire. On entendait la foule des spectateurs, qui circulait autour des Tuileries, se féliciter de l'heureux mouvement qu'un luxe vraiment national et l'aftluence des habitants de diverses parties de l'Europe impriment à tous les genres d'industrie et de commerce, non seulement dans la capitale, mais, par une suite nécessaire, dans les ateliers et manufactures de tous les départements... » — « Une longue file de voitures de la maison de l'Empereur a ti'aversé hier matin la rue Notre- Dame, a tourné à gauche du Parvis, vers l'administration des hospices civils, a pénétré dans le cloître, considérablement élargi par les démolitions, puis a fait le tour de la rotonde nouvellement établie derrière Notre-Dame, et est allé se ranger, partie sur le [lont de la Cité, partie en divers endroits adjacents de l'Ile Saint-Louis. Ces voilures étaient au nombre d'environ quarante, attelées de six chevaux. Deux voitures représentaient celles de TEmpercur et
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dcriinpôralricc; runc élail traînée par six chevaux, couleur Isabelle de la plus grande beauté; l'autre par huit superbes chevaux gris-pommelés Le carrosse de rt^mpereur, après avoir fait le tour de la rotonde, est entré dans la cour de l'archevêché. Cette marche était une espèce de répétition, que les cochers et autres conducteurs du cortège ont jugé à propos de faire pour connaître l'espace (luolTre l'enceinte agrandie du Parvis et du Cloître, s'assurer des moyens de circulation et mesurer les lieux afin de pouvoir se placer sans trouble et sans confusion le jour du couronnement... » — Courrier français du 29 brumaire : « Paris, 2S brumaire... Les lettres de convocation adressées aux fonctionnaires appelés à assister à la cérémonie du sacre et du couronnement de S. M. l'Empereur sont de la teneur suivante : « La divine « Providence et la Constitution de l'Empire ayant placé la dignité impériale »( héréditaire dans notre famille, nous avons désigné le ll« jour du mois fritt maire prochain pour la cérémonie de notre sacre et notre couronnement. « Nous aurions voulu pouvoir, dans cette auguste circonstance, rassembler « sur un seul point l'universalité des citoyens qui composent la nation « française. Toutefois, et dans l'impossibilité de réaliser une chose qui aurait « eu tant de prix pour notre cœur, désirant que ces solennités reçoivent leur « principal éclat de la réunion des citoyens les plus distingués, et devant « prêter en leur présence serment au peuple français, conformément à << l'article 52 de l'acte des constitutions, en date du 28 tloréal an XII, nous vous « faisons celte lettre pour que vous ayez à vous trouver à Paris avant le 7 du « mois de frimaire prochain, et à faire connaître votre arrivée à notre grand « maître de cérémonies. Sur ce, nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte « garde. Écrit à Saint-Cloud, le 4 brumaire an XIII. Signé : Napoléo.n ».,
CLXXXIII 28 BRUM.\IRE .\N XllI (1!) NOVEMBRE 1804).
RaI'I'OKT de la PRÉIMiCTUHh: DK POLlGt: DU 2'J BUUMAIRE.
Réunions. — On rapporte que M. de Liiccliesini V(»il quelquefois M""» d'Antraigiies, logée chez une dame de Saint-Hilaire, rue du B.ic; sa dernière visite a duré plus d'une heure. On répand dans le public que l'ambassadeur ottoman recevra ordre de quitter Taris, et que la rupture avec la Porte est décidée, si le général Laurislon, que Ton prétend parti pruir Cunstanlinople, n'obtient point une réponse catéf^orique du principal ministre de Su Hautesse.
Journau.v. — On trouve dans les nouvelle? étrangères quelques articles dont TefTet pourrait être de faire hausser de prix certains objets de consommation. L'article suivant est surtout remarquable ; il est daté d'Amsterdam, le 24 brumaire, et se trouve dans \e Journal du Commerce : « On mande de Londres, est-il dit, que la nouvelle de l'ouragan qui a dévasté l'Amérique y a fait hausser le café et le
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sucre de 10 0 0 et le co'uti de 20 0/0. Le colon a manqué dans l'Amérique, etc. » Suivant le même article, le roi de Kand\' a fait passer au fil de l'épée la plupart des garnisons anglaises de l'île de Ce3'lan, et la défaite des troupes britanniques doit avoir été totale. Plusieurs feuilles publient un article de Francfort, annonçant d'une part que les Arabes se sont rendus maîtres du Caire, et s'en vont partager le gouvernement avec les mameluks, et d'autre part qu'il va se rassembler en Hongrie un corps considérable de troupes autrichiennes, prêtes à agir dans le cas où le grand-seigneur, dont la santé est très chancelante, venant à mourir, une puissance voisine chercherait à réaliser le projet, formé depuis si longtemps, d'expulser les Turcs de l'Europe. Des nouvelles de la Guadeloupe, données par la Gazelle de France, confirment ce que les journaux ont dit précédemment sur la situation satisfaisante de cette colonie. Suivant le Cowmer Français, une flotte marchanrle anglaise de 300 voiles, et revenant des Indes, a essuyé une tempête des plus terribles ; beaucoup de bâtiments ont péri, et la perte est évaluée à plus de 20 millions. Toutes les feuilles donnent plus ou moins de ilétails, mais tous également intéressants, de la dernière parade. Elles publient également la teneur des lettres de convocation adressées par Sa Majesté aux fonctionnaires publics, qui doivent assister à la cérémonie du sacre et du couronnement. On lit dans le Journal du Commerce que la ci-devant comtesse d'Artois est morte le 15 octobre à Klagenfurt. On lit ailleurs, dans la même gazette, que la ville de Bordeaux se propose d'ériger à S. M. l'Empereur un arc de triomphe destiné à consacrer l'époque de son couronnement.
Cour de justice criminelle et spéciale. — La cour de justice criminelle et spéciale du département de la Seine a condamné aujourd'hui à huit ans de fer, à l'exposition et à la marque, le nommé Julien Josset, frère du général Saint-Ange, pour émission de faux billets de la Banque de France. La dame Saint-Ange a été précédemment condamnée pour le même délit...
Bourse. — Les affaires ont été plus animées qu'elles ne le sont ordinairement à la fin du mois ; celle activité n'a évidemment d'autre cause que la multiplicité des marchés à termes. Le cours des actions de la Banque s'est un |)eu amélioré ; celui des renies a paru seulement un peu plus ferme qu'hier, et tout annonce que ce ne sera qu'au moment de la liquidation qu'il éprouvera un mouvement quelconque. — 5 0/0, jouissance de vendémaire, an XIII, o8 fr. 90. Actions de la Banque de France, 1.140 francs, 1.142 fr, 50, 1.145 francs.
Dubois.
(Arch. nat., F», 3833.)
29 BRUMA.UK AN Xlll (20 NOVEMBRE 1804).
MlMSïÈHE DE LA POLICE GÉNÉRALE. — Bl'LLETIN UU 30 lînUMAIHE.
Paris. Maison des princes. — Deux émigrés, MM. de Mariltac el de Liven, annoncent l'espoir d'être admis dans la maison de S. A. I. le prince Louis. Voici les notes qui existent à la police générale sur des individus des mômes noms. Il y avait à Grenoble deux Marillac, dnns les années IV, V el VI ; l'nu avait servi dans la Vendée et avait marqué par des excès et un caractère féroce ; l'autre, garde-magasin des liquides à Grenoble, fut accusé d'infidélités graves. On saisit notamment, à la sortie de son magasin, des voitures d'eau-de-vie qu'il envoyait à Genève pour son propre compte. Poursuivi, il s'évada, et parvint ensuite, par intrigue, à se faire acquitter. Un troisième, qui avait servi dans les Chouans, a également demeuré quelque temps h Grenoble et a été peu remarqué. Deux frères de Liven, dans les environs de Saintes; l'un, chevalier de Malte, émigré ; l'autre a été chargé par le Directoire, en l'an VII, des remontes de la cavalerie à Saint-Jean-d'Angély. A la même époque, la société des royalistes de Bordeaux, dite Institut, lui destinait le commandement de sa cavalerie
HaPPOUT de LA PRÉFECTURE DE POLICE DU MÊME JOUR.
Exclusifs. — Le nommé Chavecey, traiteur, rue de Miromesnil, ancien membre du Comité révolutionnaire du Luxeinl)ourg, très connu dans le parti des exclusifs, et qui, en 1793, portail toujours une petite guillotine dans sa poche, dit que jusqu'à présent il n'y a encore rien à gagner pour le peuple ; que, quoique le régime actuel ail beaucouf) d'ennemis, il faut encore du temps pour voir arriver les événements ; que, pour remuer et échauffer les esprits, il faudrait une augmentation d'impôts, la suppression du Corps législatif et du Tribunal.
M. Lebrelon, ex-merabre du Conseil des Anciens, employé maintenant chez M. de Fleurieu comme chef de bureau, dit que plusieurs mendjies du Corps législatif sont persuadés que la session qui va
39a PARIS SOEJS l/EMPIRE [20 novembre 1804]
s'ouvrir sera la dernière, que le Tribunal subira des réformes sous prétexte d'économie.
Militah^es. — Des militaires du 18^ régiment se sont portés aux plus violents excès, le 24 de ce mois, chez le sieur Perroud, marchand de vin, à Montmartre. Ils ont provoqué des ouvriers qui étaient à travailler. Le nommé Aubry, tambour de la 7^ compagnie du même régiment, a tiré son sabre et frappé à l'épaule un des maçons, et ce n'est qu'avec peine qu'on est parvenu à le désarmer. Les ouvriers effrayés, se sont renfermés dans la maison; alors les militaires ont cherché à y pénétrer ; ils ont brisé à coups de sabre trente-trois carreaux et les montants des fenêtres. La garde est enfin survenue et a arrêté trois perturbateurs, qui ont été conduits à la caserne. Hier, un militaire de service, au poste du faubourg Saint-Antoine, étant ivre, a frappé d'un coup de baïonnette l'épouse du sieur Mallet, salpêtrier, rue Sainte-Marguerite, qui voulait entrer à ce poste pour y voir une femme qui y était consignée.
Journaux. — On ne trouve rien dans les journaux de ce jour, si ce n'est dans le Publiciste, à l'article Londres, daté du 5 novembre, 15 brumaire. Cet article dit : 1° que l'amirauté a reçu la nouvelle officielle de la prise de quatre chaloupes canonnières, qui paraissaient aller vers Brest, et qu'un coup de vent avait jetées au large. Des vaisseaux de l'amiral Cornwallis s'en sont emparé, mais deux de ces chaloupes ont été coulées bas, après qu'on en a eu retiré les hommes et les canons. L'officier qui les a prises a jugé impossible de leur faire tenir la mer, à cause du mauvais temps ; elles avaient à bord soixante-quatre hommes, qui ont été amenés à Portsmouth. Le même article dit : « On amuse ici le peuple de l'idée que les quatre frégates espagnoles, prises dernièrement sur les côtes d'Espagne, ne sont que la moindre partie de la riche flotte expédiée de l'Amérique méridionale pour Cadix. On parle surtout d'un vaisseau, nommé la Silena, parti de Vera-Gruz, ayant à bord 3 millions de piastres avec des marchandises d'un grand prix ; on espère bien que ces escadres ne feront pas plus de scrupule de s'en emparer que des quatre frégates, et l'espérance d'un si riche butin contribuera à rendre populaire, comme de coutume, la guerre avec l'Espagne, si elle est inévitable. Le ministère et ses partisans affectent de répandre le bruit qu'on est très disposé à rendre les vaisseaux et les piastres, si le cabinet de Madrid veut entendre aux conditions qu'on y met ; mais ces conditions peuvent être telles qu'il jie convienne pas au gouvernent espagnol d'y souscrire. Il se peut même que ce gouverneinent exige une réparation de l'afiront et du dommage qu'il a reçus contre
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le (Iroil et les usages des nalinii?, cl (|ue celle réparalion soil lelle aussi qu'il ne convienne pas à l'orgueil hrilannique d'y consentir. » Le m«*'me article ajoute que les journaux ministériels prétendent que les détails que l'on donne sur les troubles de l'Irlande sont fort exagérées, mais les dernières lettres de Dublin annoncent qu'il y a toujours beaucoup de troubles dans plusieurs comtés et qu'on y fait chaque jfuir de nouvelles arrestations. . .
Bourse. — Le cours des 5 0 0 a éprouvé des variations extraordinairement nombreuses, et l'on a attribué l'amélioration qui en est résultée à l'assurance donnée que M. Ledhuy levait toutes les renies qu'il a achetées pour la fin de ce mois. Pour peu qu'il y ait d'embarras parmi ceux qui ont à livrer, la hausse ne peut être douteuse. Les actions de la Banque se maintiennent parfaitement. Plusieurs articles de commerce paraissent disposés à prendre incesssammenl faveur. De ce nombre sont les cafés, les sucres et les cotons, et ces apparences se fondent sur la perte de plusieurs bàliments chargés de ces marchandises ; les eaux-de-vie soutiennent bien la bonification qu'elles ont éprouvées depuis quelques jours. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 59 fr. 15, 20, 15 ; 59 fr., 59 fr. 15 ; 59 fr. 10 ; 59 fr. ; 59 fr. 20, 15, 20; 59 fr. 15 ; 59 fr. 05. Idem, jouissance de vendémiaire' an XIII, 56 fr. 60. Actions de la Banque de France,