fr. 30; 1.133 francs
Journaux.
Gazelle de Fiance du 26 brumaire: « Paris, 2o brumaire. ...Dans iiii ouvrage inliUilé rilinéraire parisien, pui)lié réccmmenl par M. Allelz, commissaire de police, on trouve le relevé suivant des places, rues, fontaines, elc. (le celle grande ville, savoir : mille quatre-vingt-quinze rues, quinze ruelles, <|ualre-vingt sept passages, cent vingt et un cul-de-sacs, quarante et une cours, soixante-dix-sept places, trente et un quais, huit promenades publiques, dixhuit ponts, trente-six barrières, treize enclos, quarante-cinq iialles et marchés, treize ports, douze paroisses, vinj(l-sept succursales, vingt-sept hôpitaux ei hospices, vingt neuf théâtres ou spectacles, cinquante-six fontaines publiques, deux châteaux d'eau, deux pompes à vapeur et se|)t fontaines qui en dépendent, quatre pompes particulières, quarante et un postes de pomi)iers, douze prisons, dix-sept sociétés savantes ou athénées pour les sciences et arts. » — Courrier français du 2& brumaire : » Paris, 25 brumaire. ...On vient de répandre sous enveloppes, dans Paris, .le prospectus d'un journal nouveau
387 PARIS SOUS L'EMPIRE [17 novembre 1804]
qui paraîtra à Hambourg sous ce litre : le Pour et le Contre. Le rédacteur sera M. le comte de Chagny, personnage aussi célèbre dans l'histoire que dans les lettres. Le but de cet ouvrage est « d'éclairer la marche des gouvernements, de relever leurs erreurs, de démontrer les vices de leurs opérations, la fausseté de leurs vues, l'inconséquence de leurs mesures, etc. ». Le domicile qu'a choisi M. le comte de Chagny pour la rédaction de son journal, ne serait pas facile à deviner. C'est bien de Hambourg que son journal partira pour répandre la lumière en Europe; mais l'auteur, jaloux d'assurer l'indépendance de sa plume, et voulant se soustraii-e à tous les genres de séduction auxquels on est exposé dans Hambourg , a choisi une habitation qui n'est ni à la ville, ni à la campagne, ni en France,'ni en Allemagne. Il se retire « dans un vaisseau qu'il a frété, dit- il, tout exprès pour y rédiger librement son journal ». « Beaucoup de navigateurs, ajoute M. de Chagny, ont fait le tour du « monde physique pour y trouver des passages, y découvrir des habitations ; M moi, je ferai le tour du monde moral et politique, pour trouver un chemin cpii « conduise prompiemenl les gouvernements au palais de la Concorde, et les
« peuples à celui de la Félicité Mais, cet établissement exigeant des frais
a considérables, en raison surtout de mon habitation en mer, il me serait « impossible de l'entreprendre sans être assuré d'un certain nombre d'abonnés « avant de commencer. En conséquence les personnes qui désirent s'abonner « sont priées de le faire le plus tôt possible, afin que leurs demandes parviennent 0 à Hambourg avant le 20 décembre. Prix : 48 francs.» La perfection aurait été de s'établir en l'air, d'autant que l'autour est bien sûr de ne pas tomber »
GLXXXI
26 BRUMAIRE AN Xlil (17 NOVEMBRE 1804).
Rapport de la phéfecture de police du 27 brumaire.
Journaux. — Les articles du nord de l'Europe, rapportés par les feuilles de ce jour, n'ont aucun caractère évident de nouveautés : tout gît en conjectures sur des blocus, sur des échanges entre plusieurs souverains d'Allemagne, sur des règlements d'indemnités et sur des voyages de différents personnages importants de tel ou tel État. La seule nouvelle qui présente un intérêt plus particulier est celle que tous les journaux donnent à l'article Hambourg ; elle donne à croire que « les différends qui existent entre la France et la Russie intéressent vivement la cour de Berlin, qu'elle cherche en conséquence à les terminer, et qu'elle s'occupe de nouveaux plans rapportés à cet effet par M. Laforêt d'après son séjour à Mayence, lorsque S. M. l'Empereur se trouvait dans celte dernière ville ». — Des nouvelles de New-York, publiées par la Gazette de France, prouveraient que les navires américains ont beaucoup à souffrir de la station des vai>st,'Hiix
[17 NovEMunE 1804] IWUIS SOLS L'EMPllŒ 388
anglais devant les porls des Élals-Uiiis, el tnêine en éprouvcnl des agressions sanglantes. Les nouvelles de Londres, qui se lisent dans la même (euille, sont vagues et ne donnent rien de positif sur la situalion de l'Angleterre, relativement à l'Espagne. Un article de variétés, dans celte gazette, contient quelques mois contre la philosophie (suivant le sens qu'elle applique à ce mot), mais faibles, sans aucim sel et presque insignifiants. — Le Journal de Paris publie une lettre signée H., adressée aux rédacteurs et contenant le détail d'un trait de bienfaisance et de bonté de Sa Majesté l'Empereur envers la nommée Marie Mardelel, qui sollicita el obtint de Sa Majesté la grâce de son mari, condamné à quatorze années de fers. Sa Majesté la lui accorda en faveur du jour qui se trouvait être l'anniversaire de la bataille d'Arcole, et dit à celle occasion : Une exception accordée en ini'inoire d'un grand événement sera sans danger ; un tel concours de circonstances ne se représentera plus, /{elevez-oous, madame, votre mari vous sera rendu, je lui ferai grâce. L'auteur de cette lettre se donne pour témoin oculaire de ce fait.
Spectacles. — On a donné hier au Théâtre Favart, sous le litre du Chevalier d^Jndustrie, un opéra nouveau en un acte, que le public a jugé médiocre sous tous les rapports. Un personnage de joueur, d'assez mauvais ton et qui fait tous les détails des chances du trente et un, a généralement déplu. L'auleur na pas même été demandé. La pièce a néanmoins été terminée sans obstacle a|)parenl. Le calme a duré pendant tout le spectacle.
(Arch. nat., F', 3833.) AUTHfc; RAI'l'OKT DE LA l'RÉFliCTURt; DE POLICE DU MÊME JOUR.
Héunions. — M. Kervélégan, membre du Corps législatif, qui doit Sortir l'année prochaine, dit à ses amis qu'il n'acceptera alors aucune place du gouvernement, que tous les membres du Corps législatif vont recevoir la décoration de la Légion d'honneur, mais que, pour lui, il ne la portera que quand il y sera obligé, 11 ajoute que la rupture avec les États-Unis d'Amérique est certaine, que l'état actuel de nos (inances ne peut manquer d'amener lie prochains changements, qu'il sait bien rpie lui, Kervélégan, n'est point aimé du gouvernement, mais (pi'il a pris sou [)aiti, el (pi'il tâchera seiileiuenl de se comprouiellre le moins possible, elenlln que toute ladépulalion du Finistère partage ses o|)inions el ses seulinionls. Toujours la même tran(pulli(é parmi les ouvriers, et la plus grande activité dans les travaux.
389 PAFIIS SOUS L'EMPIRE ^18 novembre 1804]
Revue. — La revue a, comme de coutume, attiré un grand concours de monde. Les groupes ont paru animés du meilleur esprit.
Dubois.
(Arch. nat., F', 38330
Journaux.
Journal des Débats dn 27 brumaire : « Paris, 26 brumaire. .. Le mnnunumcnt d'ordre (lori([ae qui, vient d'être érige sur la place des Invalides, acte evéouté selon le plan et sous la direction de M. Trepsat, architecte des Invalides. Sa hauteur est de 39 pieds et sa largeur de 30. Les quatre faces forment un carré parfait; celle qui regarde la Seine offre l'inscription suivante : Napoléon Bonaparte, empereur des Français, a ordonné que ce monument fût placé sous les yeux des guerriers dont il atteste les exploits, l'an p' entier de son règne, 1804; ministre de V intérieur, A. Chaptal. Du milieu d'un bassin circulaire de 10 pieds de hauteur et de 50 de diamètre s'élève un socle haut de 14 pieds, qui supporte un piédestal dont l'entahlement a 8 pieds de hauteur; sur la corniche on voit, en amortissement, un socle de 9 pieds d'élévation, supportant un lion ailé qui s'élevait autrefois au faite de l'obélisque de la place Saint-Marc de Venise. La figure de ce lion est de l>ronze. Elle était mutilée : les ailes, les quatre pieds et la queue manipiaient, ainsi que le livre sur lequel le [)ied droit extérieur est appuyé; ils ont été restaurés par M. Maître. La fontaine est d'une architecture simple et sévère...» — Gazette de France du 27 brumaire : « Paris, 26 brumaire. ...Des personnes qui ont vu chez M. Foncier, joaillier de l'impératrice, la ceinture que Sa Majesté portera le jour de son couronnement, en parlent comme d'un objet du plus grand prix et de la plus grande magnificence. Elle est entièrement formée de diamants en rose, montés sur un tissu d'or. Le diadème de S. M. l'Impératrice ne sera pas moins magnifique. On y travaille également, chez M. Foncier, mais il n'est pas aussi avancé que la ceinture ».
27 BUrMAli!!': AN XIII (18 NOVEMBRE 1804).
.MlMSri^:RK DK LA POUCK U KNI';R.\UK. — IlULLRTIN DU 28 BliUMAUd':.
Exécution. Travail de M. le Conseiller préfet de police. Pitard de la lirisollière. — Emigré, a servi dans l'armée des princes, arrêté en pluviôse dernier sur les soupçons auxipiels il avait donné lieu en |trenaut à Sévr-es des informations sur la coristitiilion de la garde consulaire et sur l'escorte qui accompagnait le premier c(U)sid lorsqu'il allait k Saint-rdoud. Prévenu d'avoir annoncé le rélahlissernent d'un roi et l'arrivée de cent mille Russes [tour reiïectuer.
[18 NOVEMBRE 1804] PARIS sous L'EMPIRE 390
Signalé par son propre frère comme un très mauvais sujet. Reconnu
pour ne s'être pas conformé au sénatus-consulle, relatif aux émigrés.
Transféré en messidor dernier à Chareiilou, coiiiiiie atteint de folie.
Paraît avoir recouvré sa raison. Déposé de nouveau ù la Force.
L'y garder jusqu'à ce qu'il puisse être déporté hors du territoire
européen. . .
Bazin. — Perruquier, signalé précédemment par le ministre
comme tenant beaucoup de propos contre le gouvernement. Avoue
qu'il s'est plaint de ce que Sa Majesté ne porte ni queue ni poudre, parce que, s'il en était autrement, chacun adopterait cette mode, à laquelle les perruquiers gagneraient beaucoup. A figuré autrefois dans le parti des exagérés et a déclaré, à l'instant même de son arrestation, qu'il n'était point un conspirateur, mais qu'il avait ses opinions et qu'elles étaient bien à lui. Le déposer à la Force jusqu'après le couronnement. . .
Surveillance de la librairie. — ' On autorise la publication de deux ouvrages intitulés, l'un : Détails sur quelques événements qui ont eu lieu en Amérique dans les années XI et XII ; l'autre : Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, lesquels paraissent écrits dans un bon esprit et contenir des vues louables. Défense de mettre en vente une autre brochure intitulée : Le Trente et quarante., dit le Trente-un., comme contraire à la morale et préjudiciable au bon ordre. . .
(Arch. nat., AF iv, 1491.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
M. de Sabran, maréchal-de-camp au service d'Espagne, a dit, cet après-midi, que la nouvelle s'était répandue ce malin, parmi les Espagnols qui sont à Paris, qu'un grand mouvement insurrectionnel avait éclaté en Espagne, que le roi avait abdiqué, et que le prince de la Paix était maire du palais.
Réunions. — On s'est beaucoup occupé de la revue, hier soir, dans la plupart des réunions publicjues. On parlait avec enthousiasme de la manière dont S. M. l'Empeicur avait accueilli les pétitionnaires et de l'attention (|u'il a bien voulu leur donner. M. Faujas, professeur au iMusée d'histoire naturelle, dit que le discours du pape aux cardinaux avant son départ, doit être considéré par les gens instruits comme une protestation contre son voyage, et que cette pièce mérite d'être réiléchie. H ajoute que beaucoup de députés pour le sacre s'ennuient dans les environs de Paris, qu'ils s'en plaignent beaucoup,
391 PARIS SOUS L'EMPIRE '18 novembre 1804]
et disent que, s'ils avaient su qu'on les reçût si froidement, ils ne se seraient point si empressés de se rendre dans la capitale.
Journaux. — Les feuilles de ce jour sont uniquement remplies de la correspondance de l'agent anglais Taylor, qui a été publiée hier officiellement dans le Moniteur. . .
Bourse. — Le cours des 5 0/0 n'a éprouvé aucune variation sensible, mais les apparences sont toujours en sa faveur; les spéculateurs paraissent attendre avec impatience l'effet que produira la liquidation de la fin de ce mois. Les actions de la Banque ont été assez constamment demandées et se sont un peu bonifiées. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 50 fr. 90 ; 59 fr., 58 fr. 90, 85, 80 ; 58 fr. 85, 80. Actions de la Banque de France, 1.137 fr. 50,