‹ Paris sous les obus, 19 sept. 1870-3 mars 1871Chapitre 8 sur 58 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

Jamais aucun général d'armée n'a eu sous les yeux le grand spectacle que vous venez de mé.donner:. trois; cents bataillons de citoyens/organisés, armés, encadrés par la population tout entière, acclamant, dans un concert immense, la défense de Paris et de la liberté.

Que les nations étrangères qui ont douté de vous, que les ' armées qui marchent sur vous né Tont-elles entendu! Elles auraient eu le sentiment que le malheur a plus fait eh quelques semaines, pour élever Tâmé de la natiop, que de longues années de jouissances pour rabaisser. Li'esprit de dévouement et de sacrifice vous a pénétrés, et déjà vous lui devez le bienfait de l'union dès coeurs jqûi va' vous sauver.

Avec notre formidable effectif, le service journalier des gardes dans Pariis ne sera pas de moins de soixante-dix mille hommes en permanence^ Si Tennemî, par une attaque de vive force, ou par surprise, ou par brèche ouverte, perçait Tenceinte, il rencontrerait les barricades dont la construction se prépare, et ses têtes de colonne seraient renversées par l'attaque successive de dix réserves échelonnées.

Ayez donc confiance entière, et sachez que Tenceinte de i*aris, défendue par l'effort persévérant de l'esprit public o1 par trois cent mille fiisils, est inébranlable.

Gardes nationaux de la Seine et Gardes mobiles^

Au nom du gouvernement de la Défense nationale, dont je ne suis devant vous que le représentant, je vous remercie» de votre patriotique sollicitude pour les chers intérêts dont vous avez la garde.

A présent, à l'œuvre dans les neuf secteurs de la défense. De Tordre partout, du calme partout, du dévouement partout î

Général Taocnu.

Le Delilé du 1.1 seplemlirt

Depuis rheure mémorable où Mirabeau, du haut de la tribune, demandait aux législateurs de 1789 de voter rinstitutibn'de la Garde bourgeoise y bien d'autres fois déjà la milice citoyenne s'était trouvée mêlée à nos événements nationaux; jamais elle n'avait affirmé et jamais on n'avait affirmé avec un tel éclat sa volonté de participer aux destinées du pays.

Ces longs vivats n'étaient pas seulement un vœu de délivrance et un cri de guerre jeté par trois cent mille poitrines. C'était la voix même de la patrie qui criait : En avant !

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