‹ Paris sous Louis XIVChapitre 43 sur 88 · TOMBEAU DE COLBERT · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE COLBERT

pour la France, et accomplit son œuvre austère avec une inflexibilité que n'aiment pas les peuples. Il mourut donc peu connu de la nation pour laquelle il avait tant fait ; une sorte de haine qu'il n'avait pas méritée fut la récompense de ses services, et, quittant la vie, il n'eut rien à regretter, étant de ceux qui peuvent en appeler à la postérité.

Le plan du tombeau qui l'attendait fut dessiné par Lebrun; Antoine Coysevox et Baptiste Tuby ont sculpté les figures et les ornements. Colbert est représenté en marbre

blanc, agenouillé sur un sarcophage de marbre noir, lisant une prière dans un livre que lui présente un ange prosterné. L'Ange est de Tuby; le Cotbert, de Coysevox : exécution magistrale de ces deux grands artistes. A droite et à gauche du soubassement, deux Vertus, (igures assises, grandes comme nature, représentent la Religion et l'Abondance, celle-ci par Coysevox, la Religion par Tuby; et les inscriptions caractérisent heureusement l'idée et la pratique de l'existence entière du défunt. C'est, pour l'Abondance : Quœ sunt Cesaris Cesari, et pour la Religion : Quœ sunt Dei Deo.

Ce monument magnifique eiit sans doute péri pendant la révolution, comme tout ce qui glorifiait la royauté ; on eut l'idée heureuse de le transporter au musée civique de» Petits-Augustins, d'où, plus tard, il revint à Saint-Eustache prendre sa place dans la chapelle de la Vierge.

Le marquis de Seignelay, fils aîné de Colbert, avait été, en 1690, déposé dans la sépulture paternelle.

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