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LA PORTE SAINT-DENIS

Ce qu'on nommait la Porte Sainl-Denis, c'est-à-dire une des entrées de Paris qui portait ce nom, avait reculé successivement vers le nord, à mesure que s'élargissait le territoire parisien. Par là, aux jours solennels, à leur avènement, au retour d'une campagne glorieuse, les rois de France entraient dans leur capitale. On y recevait les nouvelles reines, pour les conduire en grande pompe, soit à Notre-Dame, soit à leur palais. — Marie de Médicis dut faire, par la Porte Saint-Denis, une splendide entrée après son couronnement. — Par là, aussi, sortaient les rois morts qu^n portait à l'abbaye de Saint-Denis, leur dernière demeure. Cette porte fut d'abord construite rue de la

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FeiTonneric; Philippe-Auj^usle la transporta jusqu'à la ruo Maucongeil. La nouvelle délimitation de Charles V la plaça au coin de la rue des Deux-Portes. C'était une sorte de forteresse, bien située, bien armée. Henri IV s'y trouvait, le jour du départ de» Espagnols commandés par le duc de Féria, et il avait voulu se donner le plaisir de voir déûler, devant lui, ces hôles funestes, ces alliés rongeurs des ligueurs parisiens.

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Il se plaça donc à une fenêtre de la Porte Sainl-Denis, ses soldais à lui formant la haie, et tout un peuple dévorant des yeux ce curieux spectacle. La garnison espagnole silencieuse et peu rassurée passa, la tête basse, sous celte fenêtre ; et, quand le duc de Féria, défilant à son tour, salua profondément le roi vainqueur : « Messieurs, dit Henri, avec son fin sourire et son accent gascon qui domina tous les bruits, .Messieurs, mes baise-mains à voire maiire; — allez. — mais n'y revenez plus! » El Dieu sait si les Parisiens se prirent à rire.

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C'est dans le voisinage de celte ancienne porte que fut élevée la nouvelle, en 1674. C'est à vrai dire un arc de triomphe plutôt qu'une porte de ville, et les inscriptions qui la décorent ne dissimulent ni le sens ni la destination du monument. C'est le monument du triomphe de Louis XIV dans les guerres de Hollande. Elle a été dessinée par Blondel. Sa hauteur est de 72 pieds, sa façade d'autant. La baie, de 24 pieds, s'ouvre entre deux pyramides chargées de trophées. A leur base deux figures : la Hollande consternée sur

KONTAINE DE I. A l'OUTI

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son lion expirant; le Rhin humilié. Lebrun donna le dessin de ces deux figures exécutées magistralement, comme tout le reste de la sculpture, par Michel et François Anguier. Au-dessus de la porte, un bas-relief sur table renfoncée représente Louis XIV à cheval, en habit de guerre, donnant des ordres aux cavaliers qui l'entourent. Sur la frise, cette dédicace : Ludovico Magno.

Ce quartier, dont le territoire est immense, puisqu'il s'étendait des Halles à

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Saint-Lazare inclusivement, mais en grande partie sur des terrain» de culture, renfermait :

i chapelle de Sainte-Anne (nouvelle France), aide de la paroisse Saint-Laurent ; 3 paroisses : Saint-Sauveur, rue Saint-Denis, Notre-Uame de Bonne-Nouvelle à la Ville- Neuve, et Sainte-Anne, ci-dessus indiquée; 1 Chapitre: de Saint-Jacques de l'hôpital;

1 cloître ayant 4 entrées : 2 rue Mauconseil, i rue Mondétour, i en l'église rue Saint- Denis ; 1 Communauté de religieux de Saint-Lazare; 2 Communautés de sœurs Grises, Filles de la Charité, servantes aux pauvres malades, aux prisonniers, et pour l'instruction des jeunes filles : celles du faubourg Saint-Lazare, au coin de la rue Neuve-Sainl- Laurent, d'où l'on tire toutes les sœurs pour les envoyer dans les paroisses et hôpitaux de Paris et de France. Il y a, en cette maison, une chapelle et une infirmerie où l'une des sœurs a le soin de panser et saigner les pauvres malades. Celles de la paroisse Bonne-Nouvelle, avec école, rue de la Lune. Celles de la paroisse Saint-Sauveur, où il y a école rue des Deux-Portes ; 1 couvent de Filles : les Filles-Dieu, rue et près la porte Saint-Denis; 5 corps de garde : gardes françaises, composés de i sergent et 10 soldats; dont un au bout du faubourg, vers le village de la Villette, i caporal et 5 soldats;

2 égouls; 1 foire franche : de Saint-Laurent, dont l'ouverture est faite tous les ans par M. le lieutenant de police, assisté des officiers du Châtelet ; 4 fontaines : Saint-Lazare, Saint-Denis, du Ponceau, de la Reine, au coin de la rue Greneta; 2 hôpitaux : de la Trinité, privilégié pour toute sorte d'artisans qui y gagnent le droit de maîtrise après y avoir appris leur métier aux enfants de cet hôpital et de Saint-Jacques l'hôpital ; 2 hôtels : de Bourgogne, ci-devant théâtre pour jouer la comédie, et de Chaumont; la Nouvelle France, habitation de quantité de maragers (maraîchers) et jardiniers qui sont de la paroisse Saint-Laurent; 2 places : la Ville-Neuve, la petite place des Filles-Dieu; 2 ponts sur le grand égoul; 2 réservoirs des eaux \enant du Pré-Saint-Gervais; 48 rues et culs-de-sac; 1619 maisons; 304 lanternes.

dit Quartier

^ avec j-eJ- Jiués et J'CJ' LtnxiUx

PLAN DU \' OUARTIER

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