LA PORTE SAINT-MARTIN
ji OMME la Porle Saint-Denis il loules les autres portes de Paris, la Porte Saint-Martin changea plusieurs fois de place, selon que les agrandissements de la ville reculaient l'enceinte dont toutes ces portes fortifiées défendaient l'accès. Après avoir occupé, sous les rois de la première race, l'endroit qu'on nommait l'Arche Sainl-Merry, près la rue Neuve-Saint-Merry, elle fut, sous Philippe-Auguste, placée à l'angle méridional formé par la rue Saint-Martin et la rue Grenier-Saint-Lazare. Cette dernière rue se trouvait ainsi en dehors de l'enceinte. La Porle Saint-Martin, qui s'appelait aussi Porle Saint- Merry, fut ensuite, sous Charles V et Charles VI, reculée jusqu'à la rue Neuve-Sainl- Denis. Celait une véritable forteresse, un donjon flanqué de plusieurs tours ; on n'y arrivait que par un pont en pierres de trois arches, sans compter le pont-levis; et en6n, sous Louis Xlll, elle fut placée à l'endroit même où s'élève l'arc de triomphe consacré, en 1674, à la gloire de Louis XIV, et que les Parisiens d'aujourd'hui continuent à nommer la Porte Saint-Martin.
Louis XIV venait de conquérir la Franche-Comté; l'année 1674 avait vu, malgré la défection successive de tous les alliés de la France, nos victoires se multiplier, sans aucune interruption. Turenne, partout triomphant, avait encore six mois à vivre et à vaincre. La ville de Paris éleva un nouveau monument de son admiration et de sa reconnaissance pour le souverain dont le règne jetait sur la nation un si glorieux éclat.
L'arc de la Porte Saint-Martin est trop connu pour que nous soyons obligé de le décrire. Il est percé de trois baies dont la médiane est de beaucoup la plus haute. Deux
grands bas-reliefs à la face représentent, l'un, le roi sur son trône, recevant l'hommage d'une nation agenouillée, la Franche-Comté ; l'autre, le roi, en Hercule, couronné par une victoire ailée. — A la face, du côté du faubourg, deux bas-reliefs représentent la prise de Limbourg et la défaite des Allemands. Le dessin et le plan de l'arc sont de