L'ÉGLISE DES PERES DE LA MERCI
Cet ordre religieux fondé par un charitable Français, gentilhomme du Languedoc, du nom de Pierre Nolasque, date de l'an 1225. Il avait pour but le rachat et le soulagement des chrétiens captifs des Barbares et des Turcs. Il différait en ceci de l'ordre des Malhurins ouTrinitaires, que ces derniers se consacrent seulement au rachat des esclaves chrétiens', tandis que les religieux de la Merci font un vœu de plus; non contents d'aller racheter les captifs dans les Etats barbaresques, ils s'imposent de demeurer en otages à la place des malheureux rachetés.
La reine régente, Marie de Médicis, s'intéressant vivement à ces religieux, voulut leur procurer, à Paris, un établissement, et fit demander à F'rançois de Bracque l'abandon d'un hôpital et d'une chapelle fondés, rue du Chaume, par son ancêtre Arnould Bracque, en 1348. François de Bracque y consentit, et céda son droit de patronage à la reine qui mit en possession les religieux de la Merci, en 1613. Ceux-ci firent bâtir, par l'architecte Cottard, une église et un couvent tout neuf sur l'emplacement de l'ancienne chapelle. C'était un bâtiment sans prétention, décent et modeste comme l'idée qui avait inspiré leur fondateur. Il renfermait les statues de ce fondateur Pierre Nolasque, béatifié à juste titre, et de saint Raymond, ouvrages de Michel Anguier, habile statuaire du xvii* siècle.
On voyait, dans cette église, les tombeaux de la famille de Bracque, et une inscription rappelant que les cœurs de Charles et de Pons-Charles de Thémines, fils et petit-fils du
maréchal de Thémines, tous deux tués au service de ia France, y avaient été déposés par Anne de Montmor, veuve de Tun et mère de l'autre.
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Cette petite église et le couvent étaient situés rue du Chaume, vis-à-vis de l'hôtel de Guise, dont le portail à deux tourelles regardait le profil du couvent.
Ce quartier de Saint- Avoye renfermait :
i carrefour, où aboutissaient les rues : de Saint-Avoye, Barre-du-Bec, Neuve-Sainl- Merry, Sainle-Croix-de-la-Bretonnerie; i cimetière: de la paroisse Saint-Jean-en-Grève, appelé le cimetière vert, situé rue de la Verrerie, entre les rues de Moussy et Bourgtibourg; 4 couvents : des Bénédictins dits Blancs-Manteaux, rue des Blancs-Manteaux, avec une sortie sur la rue de Paradis ; des Carmes dits des Billettes, des Chanoines réguliers de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, rue de ce nom, ayant une entrée aussi par la rue des Billettes ; de la Merci, rue du Chaume vis-à-vis de l'hôtel de Soubise ; 1 couvent de filles:
celui des Ursulines dites de Saint-Avoye, rue Saint-Avoye au coin de la rue Langevin ; 4 fontaines publiques, savoir : une rue Barre-du-Bec qui est tarie; une vis-à-vis les Ursulines de Saint-Avoye; une rue du Chaume au coin de l'hôtel de Soubise et de la rue de Paradis ; une rue des Blancs-3Ianteaux ; 4 hôtels considérables : de Caumartin, rue Saint- Avoye, deBeauvilliers, id. ; de Mesme, anciennement deMontmorency, id. ; de Soubiseet de Strasbourg, ci-devant de Guise, rue du Chaume ; 447 maisons ; 18 rues et culs-de-sac ; 173 lanternes; 1 voirie: hors la porte Saint-Antoine.
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