CONCLUSION
On ne peut s'empêcher de partager les sentiments de profond regret exprimés par un lionime aussi éminent cjue M. Georges Picot, lorsqu'il constate la décadence de ces vieilles institutions municipales qui, pendant des siècles, avaient eu leurs moments de gloire et de grandeur, en assurant avec un zèle et une régularité si dignes d'admiration, les services si complexes d'une ville aussi importante que celle de Fans.
Mais, si l'on considère, d'autre part, que ces institutions n'étaient, elles-mêmes, que la résultante et la conséquence du vieil accord conclu entre l'ancienne monarchie et la bourgeoisie encore naissante, accord auquel les deux contractants étaient toujours restés tïdèles, on sera peut-être moins surpris de voir l'émiettement de ces institutions se produire au moment où la monarchie, parvenue à sa plus haute expression sous Louis XIV, va succomber, elle-même, sous le poids de ses propres fautes. '
Les esprits clairvoj'ants voient, en effet, la Révolution arriver à grands pas. Et, sous l'influence des idées nouvelles, la Nation va reprendre possession d'elle-même, après avoir jeté bas la Monarchie et toutes ses institutions.
La vieille monarchie française est décidément morte et bien morte, et c'est vainement que, dans le siècle suivant, des efforts se produiront pour tenter d'en ranimer cjuclques flammèches incertaines et imparfaitement éteintes.
Quant à l'antique nef parisienne, en dépit des vents et des tempêtes qui l'ont maintes fois assaillie au cours de son histoire si longue et si agitée, elle continue à flotter noble et fière, et elle est toujours de plus en plus digne de servir de glorieuse pièce d'armes au blason de la capitale incontestée du monde civilisé.