AVANT-PROPOS
Les Rapports des Policiers ne sont pas à Fabri de la critique, néanmoins nous les croyons aussi intéressants que la plupart des Mémoires, et, dans tous les cas, plus près de la vérité. Il ne faut pas, à notre avis, s'attacher aux noms des femmes de théâtre dont ils racontent Fhistoire ; l'important est la série des noms des hommes. Ce sont eux qui jouent ici le principal rôle. En effet, nous relevons parmi eux la plupart des grands seigneurs du xvme siècle qui n'y paraissent pas toujours à leur avantage, mais qui se conduisent comme leur permettent alors soit les droits de leur naissance, soit les droits de leur fortune. Rien qu'au point de vue des privilèges, cette étude est instructive, et nous comprenons comment on pouvait alors soustraire une jeune personne à Fautorité paternelle en la faisant admettre à FOpéra, lieu d'asile aussi sacré que les temples dans Fantiquité.
Nous saisissons, en outre, la durée des amours éternelles et généralement, nous devons l'avouer, ce sont les hommes qui abandonnent le plus facilement l'objet qui a cessé de plaire. Il suffît, dans la plupart des cas, de quelques mois, quelquefois, mais rarement, de quelques années, pour amener la séparation.
Quand il y a des enfants, les pères leur font l'honneur de les reconnaître et de les élever, et encore, le plus souvent, ils se contentent de verser une certaine somme d'argent à la mère et c'est tout. Mais les d'Alembert sont plutôt rares :
Ce sont des enfants de l'Amour :
Us ressemblent beaucoup à leur père...
Nous rétablissons encore des actes de létat civil certainement oubliés dans la fameuse reconstitution des documents brûlés par la Commune. Ces extraits de baptême ne renferment que des noms inconnus : c'est vrai ; mais en quoi donc dif " fèrent-ils des autres ?
Si nous comptons par centaines les noms de courtisanes, nous avons, en échange, près de 500 noms de l'aristocratie pendant une dizaine d'années, de 1748 à 1760.
Nous ajouterons, pour les érudits, que si le re-