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des relations avec l'étranger, le chômage forcé enfin de l'industrie nationale, dont les ateliers avaient été dépeuplés par la guerre (i). L'ébranlement du crédit avait tout naturellement engendré le développement de l'usure, qui s'étalait au grand jour (2), et qui, même sous le régime consulaire, bénéficiait en haut lieu de peu explicables tolérances (3). Par un jeu de réactions un peu complexe, mais au fond très normal, le taux usuraire de l'intércH avait à son tour pour conséquence d'altérer la probité professionnelle et d'émousser les scrupules des commerçants emprunteurs : « Tel qui se voyait forcé de payer 18 pour 100 pour un prêt de six mois ne croyait pas sa délicatesse compromise par son inexactitude à s'acquitter au jour de l'échéance; le prêteur alors s'en prévalait en qualifiant cette usure de prime d'assurance pour les risques d'immoralité, ajoutés à ceux d'insolvabilité du débiteur (4). »
Ce fléchissement de la probité commerciale aboutissait encore à multiplier le nombre des faillites scandaleuses et frauduleuses. Non seulement ce n'était plus un déshonneur de « manquer », selon la concise formule encore employée, mais grâce à l'abus des séparations
(1) Mémoire confidentiel de Frochot au conseiller d'Etat Lacuéc, an IX : AF, IV. 1012.
(2) Ibidem.
(3) Le Journal du Commerce du 2 flort^al an XI (22 avril 1803) rapportait que le grand-jugo Régnier, ofliciousement consulti', avait déclaré que la pratique de l'usure ne constituait plus un délit, et ne pouvait donner lieu qu'à une action civile en restitution d(î l'excédent d'intérêt au delà de 5 ou 6 pour 100. La chambre de commerce de l'aris s'émut de cette publication, et obtint que le Moniteur insrriU un démenti (Choouet, la Chambre de commerce «//• Par in, p. 17-18).
(4) Rapport (imprimé) présenté à l'assomblée générale de la RanquR de Franco, le 17 octobre 1806, au nom dos censeurs, parle Hénatuur Journii-Aubor (ancien banquier bordelais et futur comte de Tuvtal).