‹ Paris sous Napoleon (volume 3)Chapitre 21 sur 23 · VIII · texte numérisé non relu

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plus de badauds que de vrais amateurs : « En général elle est jugée inférieure par le mérite des ouvrages à celle de 1810 et à plusieurs autres des précédentes. Les tableaux qu'on y remarque le plus sont des ouvrages de jeunes gens débutant dans cette carrière (1;. » Au nombre de ces débutants étaient Géricault, Ary Scheffer et un paysagiste qui devait succomber avant d'avoir donné la pleine mesure de son talent, Achille Michallon(2). Parmi les vétérans, Gros exposait Charles- Quint et François I" à Saint- Denis, Prudhon Vénus et Adonis. On perpétua un vieil abus pour admettre après l'ouverture un envoi de Gérard : il est vrai qu'il s'agissait des portraits de Marie-Louise et du roi de Rome.

La relative déception du public fut avivée par les campagnes de dénigrement mutuel qui commençaient dès lors à s'engager entre les diH'érents maîtres en vue, entre leurs ateliers tout au moins. Nous avons sur ce point le témoignage d'un critique d'art : « Quatre ou cinq peintres dont se compose le premier rang, s'ils savaient se rendre les uns aux autres noblement justice, parviendraient peut-être à éclairer le goût du public ; rien ne serait plus utile à leur gloire et à leur repos. Au lieu de cela, ils passent leur vie à se décrier mutuellement : pour peu qu'on ait de confiance en leurs lumières, il faut choisir du bien que chacun dit de luimême, ou du mal ({ue tous disent de chacun (3). >

Dcnon n'en sollicita pas moins des décorations, pour se conformer à ce qui devenait une tradition. Il présentait pour l'étoile de la Légion Lethière, alors directeur

(1) ChampnRny à Napoléon, 10 déccmbro \Mi : Oâ, 845. (t) L'n oiitru (li'liulaul, lu Hculptuur David d'Aiigoi'H, avuit roiiiportA li> prix do Homo en 1811, (3) Journal «<« ilCmpirt, l" jaavicr 1813 (feuilloloa aigiiù M. 1).

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de l'École de Rome, qui avait envoyé une réplique de son Brnlus, et Mejmier, déjà proposé antérieurement sans succès; celui-ci avait au Salon de 1812 deux tableaux « officiels », représentant l'un l'empereur à l'île de Lobau et l'autre la dédicace de l'église de Saint- Denis par Napoléon. En outre, le directeur des musées demandait que l'ordre de la Réunion, déjà décerné au célèbre graveur étranger Morghen, fût attribué à un autre graveur, Auguste Desnoyers (1). Il ne semble point avoir été donné de suite à ces propositions, formulées au début de 1813, alors que des soucis plus pressants assiégeaient le souverain.

(1) Denon à Champagny, 16 janvier 1813 : Arcli. des mus. nat.

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