AD. VIII
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aide au Théâtre-Français. Il s'occupa tout d'abord de liquider les dettes de l'ancienne Comédie-Française, dont certains créanciers, plus ou moins fondés en droit, prétendaient obtenir une condamnation solidaire contre les sociétaires actuels, au risque de provoquer ainsi une nouvelle et définitive dispersion (1). D'autres créanciers, moins prodigues de menaces, mais non moins à plaindre, étaient les artistes retraités, dont les pensions demeuraient en souffrance depuis six ans : ces vétérans étaient au nombre de onze, dont trois actrices qui avaient marqué au premier rang, Mlles Clairon, Dumesnil et Sainval aînée (2), Bonaparte, qui avait témoigné son désir de voir promptement régler l'arriéré (3), signa sans objection l'arrêté qui mettait pour cela 300000 francs à la disposition du ministre de l'intérieur (4). Il était stipulé qu'à partir du début de Tannée courante les pensions des anciens artistes, montant alors au modeste total de 14 850 francs, seraient imputées sur la recette du Théâtre-Français (5).
Sans se contenter d'assurer la liquidation du passé, l'autorité facilitait le fonctionnement présent du théâtre par des subventions et allocations. Après avoir réclamé le compte exact de ces libéralités (6), le Premier Consul songea en quelque sorte à les consolider, comme on dit en langue financière. L^arrêté du 13 messidor an X transférait à la caisse d'amortissement une inscription
(4) Rapport de Ghaptal, 6 messidor an X (25 juin 1802) : AF. IV, plaq. 371.
(2) État joint au rapport précité : Ibidem.
(3) Maret à Gaudin, 29 pluviôse an IX (18 février 1801) : AF. IV*,
(4) 6 messidor an X : AF. IV, plaq. 371.
(5) Cette disposition parait avoir été modifiée une semaine plus tard par l'arrêté du 13 messidor, dont il va être. question.
(6) Maret à Chaptal, 16 brumaire an X (7 novembre 1801) : AF. IV* 195.