IV
dinal s'abstint constamment de prendre le titre d'archevêque titulaire. Aux cérémonies solennelles de Notre- Dame, il siégeait dans la < chaire » ou stalle d'honneur située du côté de rÉvangile, laissant vacante la chaire archiépiscopale (1). En tète de ses mandements^ la pompeuse énumération de ses qualités soulignait le caractère anormal et provisoire de son magistère : « Jean-Siffrein Maury, par la grâce de Dieu et du Saint- Siège Apostolique, cardinal-prêtre de la Sainte Église Romaine, du titre de la Très-Sainte Trinité au Mont- Pincius, archevèque-évéque de Montefiascone et de Gorneto, nommé archevêque de Paris, administrateur capitulaire de cette métropole pendant la vacance du siège, grand-croix de l'ordre impérial de la Réunion, comte de l'Empire, etc. (sic)... » Mais si Maury se résignait à cet aveu, il lui déplaisait fort que d'autres le soulignfi^ssent. Un aumônier de la Salpêtrière en sut quelque chose : comme il avait eu la malice ou la gaucherie de commenter en chaire cet exorde d'un mandement, le cardinal, usant spontanément du droit de correction disciplinaire que le Premier Consul avait attribué d'office à Belloy lors de l'affaire Chameroy, l'envoya garder les arrêts au séminaire (2j.
(1) Ce détail est nettement spécifié dans le compte rendu officiel de la cérémonie dul" décembre 1811 (Documents inédits).
^2) «... Il nous est venu, pour la première fois depuis que je suis à Paris, un prêtre envoyé au séminaire par le supérieur ecclésiastique : c'est un abbé de Seillan, Provençal, chanoine honoraire de Paris, chef de l'administration spirituelle à la Salpêtrière. Son crime, c'est, en lisant le mandement de M, le cardinal, d'avoir fait remarquer le titre que prenait le cardinal et qui montrait qu'il exerçait les pouvoirs du chapitre. Ledit abbé prétend qu'il n'a fait cette remarque que pour plusieurs personnes de son auditoire qui prétendaient et publiaient que le cardinal était schismatique. Le préfet de police l'avait mandé : il a, dit-il, été fort bien traité du préfet, et fort mal par le cardinal. Je