IV
Restera fidèle. — Grand âge. — Deux attaques d'apoplexie (1). »
Ce dernier détail était sans doute controuvé, car la vigueur de santé du prélat nonagénaire faisait l'admiration de tous ceux qui l'approchaient : mais ses facultés morales et intellectuelles ne laissaient point que de se ressentir des atteintes de l'âge (2). Si son attitude était demeurée aussi correcte que digne son langage, sa modération naturelle devenait par moments de la débilité^ et sa prudence de la timidité. Après la suppression de son siège épiscopal, il n'avait point émigré, et s'était fixé chez une de ses nièces, dans l'Oise, entretenant avec le clergé et les fidèles de Marseille de rares et mystérieuses communications par l'intermédiaire d'un habitant de la Ciotat (3), et ne rompant officiellement le silence qu'une seule fois, sous le Directoire, pour autoriser le serment de haine à la royauté (4). Comme s'il avait eu regret de cette manifestation^ il ne se décidait points au début du Consulat, à répondre à l'abbé Émery, qui l'avait consulté au sujet de la promesse de fidélité (5); par contre, dix mois plus tard, malgré de signalés et courageux services, il révoquait le plus en vue de ses vicaires généraux, qui s'était autorisé de son nom pour combattre ladite promesse (6). Lors de la signature du Concordat, sa démission était en effet une des premières qu'eût reçues Spina :
(i) AF. IV, 1044.
(I) Rappelons que J.-B. de Belloy, né le 17 octobre 1709, avait qmttr^^ingt'douze an» et demi lors de sa nomination à Paris.
(3) M. de Ghauvigny, arrière-petit-neveu du cardinal de Belloy et possesseur de ses papiers, a bien voulu me certifier Texistence des communications en question, qu'on a parfois mises en doute.
(4) SiGARD, Ancien clergé de France, t. III, p. 457.
(5) £mery à Bausset, 9 mars 1800 : Papier» Emery.
(6) 4 novembre 1800 : De Chauviont, la Mère de Belloy et la Vititation de Rouen, p. S27*