PAROISSE SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS
Note i , Page 9.
Cesi la parroisse Saint-Germain-l Aucerrais. La première quesle dehors
les murs.
L'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, ainsi nommée parce qu'elle est depuis long-temps sous l'invocation de saint Germain, évéque d'Auxerre, est peut-être la plus ancienne et sans contredit la plus considérable de toutes les églises paroissiales de Paris. On ne peut douter, cependant, qu'au temps où Paris étoit encore presque entièrement renfermé dans l'étroite enceinte de la Cité, la cathédrale, dont la première construction remonte à la fin du ive siècle , n'ait été une paroisse , et même , dans le principe , l'unique paroisse de la ville. Mais lorsque les églises se furent multipliées autour de la métropole, lorsque Paris se fut considérablement accru des deux côtés sur les rives de la Seine, l'église de Notre-Dame cessa d'être une paroisse. Elle conserva la suprématie sur toutes les autres églises de la capitale, et devint pour ainsi dire la grande paroisse de la ville. C'est d'elle que renvoient toutes les autres, et lorsqu'on parloit de Y Eglise de Paris, c'est à la cathédrale qu'on faisoit allusion. Mais Notre-Dame, devenue le centre où venoient se rattacher, comme autant de rayons , toutes les autres paroisses de Paris, ne conserva pas de circonscription particulière; du moins, ni notre manuscrit ni le rôle de i3i3 ne mentionnent la paroisse Notre-Dame. Dès lors le premier rang appartenoit sans contredit à l'église de Saint-Germainl'Auxerrois, tant par l'ancienneté de son origine que par l'importance et l'étendue de sa circonscription paroissiale. On n'est pas d'accord sur l'époque précise de sa fondation, mais il ne paroit pas qu'on puisse la fixer raisonnablement à une date postérieure ou vi* siècle Ça).
(a) Lebeuf , Histoire du Diocèse de Paris, édition de 1754» tome I, page 37 et luiv.
— Jaillot , Recherches sur Paris , lome I , quartier du Louvre , papes »4 el «»v-
i82 NOTES.
Note a , Page 9.
A coumencier dehors la Porte Saint-Honoré.
La porte Saint-Honoré étoit dans la rue de ce nom, entre l'extrémité septentrionale de la rue du Coq et le temple protestant qui se trouve au coin de la rue de l'Oratoire. La rue de Grenelle-Saint-Honoré étoit hors des murailles.
La rubrique qui, dans le rôle de 1 5 1 5 , correspond à celle-ci, est ainsi conçue : Si commance de la porte Saint-Honoré, dehors les murs,jusques aus Avugles (a). Cette première rubrique contient donc les contribuables qui habitoient dans la rue Saint-Honoré, depuis l'endroit où étoit la porte de ce nom jusques au coin de la rue de Rohan, où se trouvoit l'hôpital des Aveugles.
Note 3, Page 9.
La rue Saint-Thoumas.
On dit aujourd'hui rue Saint-Thomas-du-Louvre.
Note 4, Page 9.
La rue de Froit-Mantel.
On écrit aujourd'hui, et l'on prononce en un seul mot : rue Froidmanteau.
Note 5, Pagb 10.
La rue Jehan de Saint-Denys.
Cette rue, qui va de la rue Saint-Honoré à la place du Muséum, portoit encore en 1792 le nom de rue Jean-de-Saint-Denys (b). C'est aujourd'hui la rue Pierre-Lescot.
. Note 6, Page 10.
La rue au Chantre.
Cette rue a conservé le même nom avec un léger changemenUlans l'article qui le précède. On dit aujourd'hui rue du Chantre; on trouvera sans doute
(a) Livre de la TailU de Paris en tan 1 3i 3, p. 1 . (4) Pl«n de 1 79a.
NOTES. ,83 que cette altération étoit trop peu importante pour mériter d'être signalée; aussi en ai-je parlé uniquement pour avoir l'occasion de prévenir mes lecteurs que plusieurs des anciens noms des rues de Paris n'ont pas subi d'autre altération que celle dont on vient de voir un exemple. Cet avis une ibis donné,' je m'abstiendrai , à l'avenir, de semblables remarques.
Note 7, Page 10.
La rue de Champ- Flouri.
Cette rue a conservé le même nom jusqu'à la fin du siècle dernier (a); aujourd'hui on la nomme rue de la Bibliothèque.
Note 8, Page 10.
La rue de Biau-Vèoir.
Dans le plan de 179a , on trouve encore cette rue, sous le nom de rue de Beauvais, qui est évidemment une corruption du nom primitif. Elle étoit derrière les rues Pierre-Lescot , du Chantre et de la Bibliothèque. Depuis elle a disparu sous les nouvelles constructions du Louvre.
Note 9, Page 10.
La rue de Riche-Bourc.
Sauvai Çb) assure que la rue du Coq-Saint-Honoré s'est appelée primitivement rue de Richebowg , du nom d'un bourgeois dont la famille existoit encore de son temps. En effet, la rue de Richebourg se trouvant, d'après l'ordre qu'on a suivi dans la circonscription de cette quête, la première hois de la porte Saint-Honoré, cet ancien nom ne peut convenir qu'à la rue du Coq.
Note 10, Page i t .
En la rue de Hosteriche.
Bien que la situation de cette rue ne puisse donner lieu à aucune difficulté, puisqu'elle est portée dans les anciens plans , je ne puis laisser passer, sans la relever, une erreur dans laquelle l'abbé Lebeuf est tombé à son sujet dans
(a) Plan de 1792. ainsi Jaillot , tome I, quartier du Louvre.
(b) Sauvai, livre I, page iî6. — Voyez page 19.
ses notes sur le Poème de Guillot de Paris. « Sautai assure , dit-il en parer lant de la rue d'Osteriche, que c'est la rue du Louvre : apparemment « celle de Saint-Thomas ou quelquautre rue remplie par les nouveaux :t bâtimens du Louvre (a). » On peut d'abord s'étonner que l'abbé Lebeuf ait cru retrouver la rue d'Osteriche, mentionnée par Guillot de Paris, dans une rue située hors des murs, tandis que le Dit des Rues, et l'abbé I^cbeuf lui-même en prévient ses lecteurs (b), nomme seulement celles qui étoient renfermées dans l'enceinte de Philippe-Auguste. En second lieu , il est singulier qu'il n'ait pas reconnu dans la rue du Louvre dont parle Sauvai, la rue de l'Oratoire, qui portoit encore le nom de rue du Louvre au milieu du xvne siècle. La rue de Hosteriche est donc, comme on peut s'en convaincre en jetant les jeux sur le vieux plan de la tapisserie et sur celui de François Quesnel, celle qu'on appeloit au temps de Sauvai rue du Louvre et qui se nomme actuellement rue de l'Oratoire. Du reste l'orthographe de l'ancien nom a singulièrement varié. Le rôle de i3i3 écrit rue d'Otheriche; Guillot de Paris, Osteriche; une liste des rues, du xv* siècle, donnée par l'abbé Lebeuf h la fin de son premier volume, rue cC Aultraiche\ enfin le plan de la tapisserie rue de l'Otruche (c).
Note ii , Page 12.
Ce est le renc de çà la porte du Louvre jusques à VEscole Saint-Germain.
L'École Saint-Germain a laissé son nom au quai qui fait suite à celui du Louvre, et à la place sur laquelle aboutit l'extrémité méridionale de la rue de l'Arbre-Sec.
La porte du Louvre étoit la première porte de l'enceinte de Philippe- Auguste. Elle étoit placée sur le quai, a peu près à l'endroit où débouche le pont des Arts, mais plus près du Louvre que de la téte du pont (d).
Notre rubrique s'applique donc à la partie du quai comprise entre la place de l'École et l'entrée du Louvre en face du pont des Arts.
(a) Tome I , page 581.
(*) Tome I, page 563. (c) Corrozct donne encore à notre rue le nom de rue de l'Autrucbe. Voyez Antiquités,
Histoire et Singularités de Paris. Un vol. in-8°, Paris , i55o, fol. 196, verso.
(«0 On lit dans Saaval , tome I , page 3 1 , que cette porte ne fut abattue qu'en i53i, par ordre de François I».
Note 12, Page 12.
te coing de l'abevrouer jusques au coing de la rue des Poulies.
L'abreuvoir dont il est ici question , comme tous ceux que nous trouverons indiqués dans la suite, devoit être situé sur le bord de la rivière; et puisque, de cet abreuvoir, on alloit directement à la rue des Poulies, il devoit se trouver à l'angle formé par la place du Louvre et le quai de l'École, en sorte que notre rubrique renferme toute la place du Louvre, depuis la rivière jusqu'au coin de la rue des Poulies. Sauvai (à) parle, à la vérité, de cet abreuvoir, qu'il nomme du Petit-Bourbon, de manière à faire entendre qu'il et oit , de son temps, au bout occidental de la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette position paroît trop étrange , si l'on considère la place des autres abreuvoirs qui seront mentionnés dans notre manuscrit , pour qu'on puisse admettre sans examen l'indication donnée par Sauvai; mais encore, en la supposant exacte, l'espace qu'embrasse notre rubrique seroit simplement resserré dans des bornes plus étroites, sa direction restant toujours la même.
C'est dans cette limite que se trouvoit l'hôtel du Petit-Bourbon, dont le nom est resté long-temps appliqué à une partie de la place du Louvre actuelle. Jaillot (£), qui fixe la date de sa construction, la place quelque temps après l'agrandissement du Louvre par Philippe-Auguste. Trompé par les deux lettres C. V. qui étoient sculptées sur une fenêtre au-dessus du portail de la chapelle, Sauvai (c) attribue la fondation du palais du PetitrBourbon au roi Charles V. Mais, comme le remarque Jaillot, il s'est réfuté lui-même en disant (d) que les ducs de Bourgogne avoient commencé à y loger sous Philippe-le-Bel. Du reste on ne connoit pas d'une manière certaine l'époque précise à laquelle cet hôtel auroit été bâti. Il est constant qu'il existoit en 1348; Jaillot (e) a vu un acte de vente, remontant à cette époque, d'une maison au Fossé-Saint-Germain , tenant au duc de Bourbon et à madame d'Alençon. Cependant le plan de la tapisserie dont on fixe la date à l'an i54o, indique seulement l'hôtel d'Alençon en avant du Louvre , et ne contient aucune trace de l'hôtel du Petit-Bourbon. On sait néanmoins que le Petit- Bourbon existoit encore à l'époque où ce plan a été fait, puisqu'il n'a été
(a) Livre IV, page 3o6. (et) Livre VII , pages 5i et 1 14.
(6) Tome I, quartier du Louvre, p. 12. Ibid. (r) Livre VII, page 20g.
entièrement détruit que sous Louis XIV; quant à la date de sa construction , je crois devoir me ranger a l'avis de Jaillot. Les deux lettres que Sauvai a vues sur le portail de la chapelle, s'expliquent naturellement par des agrandissemens et des améliorations faites à l'hôtel du Petit-Bourbon, sous le règne de Charles V.
Note i3, Page ia.
La rue Jehan-Evrout.
Je n'ai trouvé cette rue ni dans le poëme de Guillot de Paris , ni dans le rôle de i3i5, ni dans les anciens plans. Comme elle est nommée, dans notre manuscrit, immédiatement après l'abreuvoir du Petit-Bourbon et avant la rue des Poulies , et que toutes les rues qui se trouvent sur ce point , à l'orient de la rue des Poulies, vont être mentionnées dans la suite du recensement de notre paroisse, il faut évidemment chercher la rue Jehan-Evrout du côté opposé, c'est-à-dire vers le palais du Louvre. Ce palais, situé hors de l'enceinte des murailles , devoit certainement communiquer avec l'intérieur de la ville, et cette communication n'étoit possible que d'un seul côté, celui où les murs du Louvre faisoient face à Saint-Germain-l'Auxerrois et à la rue des Poulies. En avant du Louvre étoient bâtis l'hôtel d'Àlençon , celui du Petit-Bourbon et un nombre considérable de maisons particulières, rangées des deux côtés de la rue d1 1 Hosteriche (aujourd'hui rue du Coq), qui se prolongeoit alors jusqu'à la rivière. D'après ces données, il est aisé de se figurer la ligne que suivoit la rue Jehan-Evrout. Destinée sans doute à établir entre le Louvre et l'intérieur de Paris une communication indispensable , elle devoit commencer à la porte ouverte dans les murs du palais en face de Saint-Germain-l'Auxerrois, se dirigera l'est, couper à angles droits la rue d'Hosteriche et se terminer à la rue des Poulies.
Note i4, Page iS.
Ce est le renc de la rue des Poulies devers la Croiz.
Il existoit une croix sur la place Saint-Germain-l'AuxeiTois, devant l'église (a). Dans la rue Saint-Honoré, au bout de la rue de l' Arbre-Sec, il y avoit une autre croix bien plus connue dont il sera bientôt fait mention. 11 est impossible de déterminer quelle est celle des deux dont il est ici question; mais ces croix étant toutes deux à l'orient de la rue des Poulies,
(a) Sauvai, livre VIII, p. 35 1.
notre rubrique ne peut, dans tous les cas, s'appliquer qu'au rang oriental de cette rue.
Note i5, Page i3.
Jusques au bout de la rue Jehan-Tyson.
Cette rue porte encore le même nom. Elle est nommée dans le plan de la tapisserie rue Jean-Tilonf ce qui me fait croire que la rue Gentil-IIom du rôle de i3i5 (à) est la même que la rue Jehan-Tyson de notre manuscrit.
Note 16, Page i3.
Cest la rue d'Jveron, etc.
La rue d'Averon est aujourd'hui la rue Bailleul (b).
Note 17, Page i3.
Du coing de la rue Jehan-Tyson , par devers le fossé Saint-Germain , à aler vers la méson au conte de Pontyf u renc devers la Croiz.
Dans la quête suivante, une rue située à l'occident de la rue de V Arbre- Sec aboutit aussi à la maison du comte de Ponthieu. Puisque cette maison est le point de jonction des rues situées à droite et à gauche de la rue de l'Arbre- Sec, il faut que la partie de la rue des Fossés-Sain t-Germain-l'Auxerrois dont il est ici question , soit la partie orientale de cette rue comprise entre b rue Jean-Tison et celle de l'Arbre-Sec. Je ferai remarquer dê plus que notre rubrique désigne seulement la rangée de maisons située à gauche en suivant cette direction ; nous trouverons la rangée de droite sous un autre titre.
Note 18, Page 14.
Du coing du fossé Saint-Germain jusques à la forge, devant la Croiz.
La première rubrique du deuxième arrondissement de la paroisse Saint- Germain-l'Auxerrois, dans le rôle de i3i3 (c), nous apprend qu'il y avoit un maréchal devant la Croix-du-Tiroir. C'est donc cette croix , située à
(a) Page 8. — (h) Sauvai, livre II , page 11 a. — Jaillot, tome I , quartier du Louvre, p. 10. — (c) Page 8.
l'endroit où la rue de l' Arbre-Sec débouche dans la rue Saint-Honoré , que désigne ici le manuscrit. Ainsi notre rubrique contient la partie supérieure de la rue de l' Arbre-Sec , comprise entre la rue des Fossés-Saint- Germain-l'Auxerrois et la rue Saint:Honoré, mais seulement le côté gauche en suivant, du midi au nord, la direction de la rue. Nous trouverons le côté opposé dans le recensement de la troisième quête.
Notbs 19 a 11 y Pages 14 bt i5<
De la méson Symon Evrost jusques au Tro-Bernart, le renc devers Saint- Germain.
Le Tro-Bernart.
Du bout de Tro -Bernart , par devers le fossé Saint Germain, à aler au
quar rejour.
Du coing du quarrefour, jusques au coing de l'encloistt e, devers la place aus
Marcheanz.
Je place sous une même note ces quatre rubriques qui doivent s'expliquer l'une par l'autre, et je commence par fixer les points de départ et d'aboutissement des rues qu'elles contiennent , afin de déterminer ensuite plus facilement ces rues elles-mêmes.
Sauvai (a) dit qu'il existait à Paris deux places portant le nom de place aux Marchands, l'une dans la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, l'autre « dite « Y École Saint-Germain , qui étoit en 1489 le long de la rivière sur le quai « de l'École. » L'abbé Lebeuf (b) ne parle que d'une seule place aux Marchands, qu'il dit avoir été située dans la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, non loin du pont Marchand. Ce pont avoit succédé au pont aux Meuniers et se trou voit un peu à l'occident du pont au Change.
Pour moi, je suis convaincu aussi qu'il n'existoit qu'une seule place aux Marchands; mais elle ne se trouvoit, je crois, ni dans le voisinage du pont Marchand , ni sur le quai de l'École , car aucune de ces deux positions ne s'accorde avec les indications fournies par notre manuscrit et par hc rôle de i3i5. La place aux Marchands devoit être à l'endroit même où est aujourd'hui la place de l'École. C'est l'opinion de Jaillol (c) ,
(a) Livre VI , page 6*3. (c) Tome I , quartier du Louvre , p. 6.
(*) Tome I , page 58.
NOTES. 18g et tout concourt à la justifier. En effet , dans l'arrondissement suivant de la paroisse Saint - Germai u - lAuxerrois , on lit une rubrique ainsi conçue : La rue de la Croiz -du- Tiroer, de la place aus Marchéanz, jusques à la croiz, par devers le renc à la Cabote; et la rubrique correspondante à celle-ci dans le rôle de i5i3 porte : de la place aus Marchons jusques à la Croix-du-7yrouer(à). Ainsi la Ci*oix-du-Tiroir et la place aux Marchands étoient deux points opposés , situés chacun à l'un des bouts de la rue de la Croix-du -Tiroir, qui est aujourd'hui la rue de l'Arbre-Sec. La position de la Croix -du -Tiroir est connue; elle se trouvoit dans la rue Saint-Honoré, au bout septentrional de la rue de l'Arbre-Sec. La place aux Marchands devoit donc être à l'extrémité méridionale de cette dernière rue. C'est justement la position de la place de l'École actuelle. Ce qui a pu induire l'abbé Lcheuf en erreur, et faire croire à Sauvai qu'il existoit une autre place du même nom dans la rue Saint-Germain-l'Auxerrois , c'est qu'anciennement la rue des Prêtres se terminoit à la place de l'École , et que la partie de cette rue qui se prolonge de nos jours, à l'est de la place, jusqu'à la rue de la Monuoie, 1 1 oit le commencement de la rue Saint-Germain-l'Auxerrois (bi). Comme cette dernière rue aboutissoit ainsi sur la place de l'École , autrefois nommée la place aux Marchands, il est possible que quelques anciens titres indiquent la place aux Marchands comme étant située dans la rue Saint-Gerroain-l'Auxerrois.
Le cloître Saint-Germain-l'Auxerrois, sui vaut l'ancien usage, environnoit l'église; il renfermoit l'espace actuellement occupé par la place Saint-Geimain-rAuxerrois, la rue Chilpéric et la rue des Prêtres. Cette dernière rue a pris son nom des ecclésiastiques qui hahitoient dans le cloître , au lieu où elle est située. Sauvai nous apprend qu'on arrivoit au cloître par quatre rues, et qu'on y entroit par quatre portes (c). Il est d'accord en cela avec les plans de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois que possède la Bibliothèque du Roi, au cabinet des estampes. Deux de ces portes étoient à l'occident et deux à l'orient ; l'une de ces dernières se trouvoit dans la rue de l'Arbre-Sec à la hauteur de la rue Chilpéric. Une entrée étoit indispensable dans cet endroit où le cloître , comme nous l'apprend le même auteur, s'étendoit jusqu'à la rue de Sourdù, aujoui tl'hui le cul- d< -sac de la Cour-Bâton.
(a) Page 1 1 . (c ) Livre I V, pages 3oa et 3o6.
(h) Voyez les Plans jusqu'en 179a inclus.
I9o , NOTES.
Le carrefoui- d'où l'on arrivoit directement au coin du cloître, devers la place aus Marcïieanz, ne pou y oit se trouver que dans la rue de l' Arbre- Sec. C'est bien certainement celui qui est formé par l'intersection de cette rue et de la rue des Fossës-Saint-Germain-rAuxerrois.
Sauvai . assure qu'en i5o6, on donnoit encore le nom de Trou-Bernard à une ruelle située contre le cloître Sa i n t-G erma in-1' Auxerrois (a). Je pense avec l'abbé Lebeuf et Jaillot (b) que cette ruelle est la rue du Demi-Saint. Cette rue très étroite, perdue entre les murs latéraux de deux maisons fort élevées, est fermée par les deux bouts avec des grilles de fer. Bile aboutit dans la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, et sur la place du même nom , un peu à l'est de l'endroit où devoît se trouver jadis une des portes occidentales du cloître.
Enfin , le Fossé Saint-Germain est le nom que l'on donnoit autrefois à la rue actuelle des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, et même à une partie de la place du Louvre. Ce nom venoit des fossés que les Normands creusèrent autour de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois lorsqu'ils y établirent leur camp en 886 (c). J'aurai occasion d'établir ailleurs que la rue des Fossés- Saint-Germain ne s'étendoit pas, dans le xm* siècle, au-delà de la rue de l'Arbre-Sec.
D'après tout ce que je viens de dire, la maison de Simon Evrost ne pouvoit être qu'à l'angle méridional formé par la rue des Fossés-Saint-Germainl'Auxerrois et la place du Louvre.
Maintenant, si nous substituons aux noms anciens et inconnus des noms modernes et qui nous soient familiers, nous aurons, en suivant l'ordre du manuscrit , pour les quatre rubriques que j'ai comprises dans cette note :
19. Du coin de la rue des Fossés-Saint-Germain-l * Auxerrois sur la place du Louvre, jusques à la rue du Demi-Saint, le coté vers l'église, ou le côté méridional.
ao. La ruelle du Demi- Saint.
ai. 1m. suite de la rue des Fossés-Saint-Germain-TAuxerrois, depuis la ruelle du Demi-Saint, jusques au carrefour, dans la rue de l'Arbre-Sec.
22. La rue de l Arbre-Sec, à droite, en descendant vers la place de l'École, jusqu'à la rue Chilpéric.
(a) Livre II , page 174. — (b) Notes sur Guillot de Paris, t. I , p. 583. — Jaillot , quartier du Louvre , t. ï , p. 19. — (c) Abbon , livre I , vers 1 74 et *uiv.
Note 25, Page i5.
La rue CoUde-Bacon.
Col de bacon signifie, en vieux langage , cou de porc (a). Au xv* siècle, ce nom avoit été corrompu et changé en celui de Coup-de-Baston (b). Du temps de Sauvai cette rue portoit les noms de Cour-Boston et de rue de Sourdis (c). C'est une petite cour étroite, fermée d'une grille, située dans la rue de l'Arbre-Sec entre les n°* a3 et a5 , et qui n'est plus même assez profonde pour mériter le nom de cuLde-sac. On voit encore au mur de gauche une pierre sur laquelle est gravée le nom de Cour-Bdion.
Note 24, ?age «5.
L'encloistre Saint-Germain,
J'ai fixé plu» haut la place et l'étendue du cloître Saint-Germainl'Auxerrois (d).
Note a5, Page i5.
La tierce queste, en la parroisse Saint-Germain, du coing de la Croiz-du-
Tiroer, etc.
Cette troisième division de la paroisse Saint-Germain -l'Auxerrois forme un carré long, dont les deux grands côtés sont la rue de l'Arbre-Sec et la rue des Bourdon no is , prolongées jusqu'à la rivière.
Note 26, Page i5.
De la rue de la Croiz-du-Tiroer, en descendant du coing de la Croiz jus que s à la méson Jehan de Senliz.
La suite de ce travail prouvera que cette rubrique s'applique à la partie de la rue Saint-Honoré comprise entre la rue de l'Arbre-Sec et la rue des Bourdonnois.
(a) Le mot de bacon s'est conservé en an- (b) Lebeuf , tome I , page 6o4-
glais avec la signification de cochon. Le fa- (c) Sauvai , livre II , page 129.
m eux chancelier Bacon avoit deux sangliers (d) Vovez ci-dessus , note 22. pour support de ses armes.
La rue Renier- Bourdon, fendant jusques à Sainne.
La rue Renier-Bourdon étoit déjà, en i5i3, la rue aus Bourdonnois. Je trouve dans cette rue , au nombre des contribuables, Guérin le clerc feu Adam Bourdon, ce qui sembleroit indiquer qu'Adam Bourdon y a demeuré. La rue des Bourdonnois auroit donc pu porter à une certaine époque le nom d'Adam Bourdon , comme l'assure Sauvai , daus son Traité sur les rues de Paris (a). Mais cet auteur se trompe, en appliquant à la rue des Bourdonnois le nom de rue Sire Guillaume Bourdon; je démontrerai plus bas que c'était le nom de la rue de Bétizy.
Bien que notre rubrique soit ainsi conçue : La rue Renier-Bourdon, fendant jusques à Sainne, il ne faut pas croire qu'au xm" siècle la rue des Bourdonnois se prolongeât jusqu'à la rivière. Notre titre est une espèce de subdivision dans la division principale, et s'applique à la fois à la rue contenue sous cette rubrique et à celle que renferme la rubrique suivante; nous trouverons d'autres exemples de cette singularité.
Le rôle de i3i 3 contient sous un même titre le recensement de la rue des Bourdonnois, et celui du cul-de-sac du même nom.
Note 28, Page 17.
La rue Tybaul-aus-Dez, fendant jusques a l'jaue.
Le nom de la rue n'a pas changé, mais on l'écrit en un seul mot, Thibautodé. Quoiqu'on puisse alléguer de vieux titres pour justifier l'orthographe actuelle, elle n'est cependant pas conforme à la véritable étymologie. Les actes les plus anciens désignent notre rue par les noms de rue Tibault-aus- Dez, vicus Theobaldi-ad-Dados , vicus Theobaldi-Aleatoris. Cette rue sélendoit primitivement jusqu'à la rivière, c'est-à-dire que la rue de l'Arche -Marion , qui lui fait suite au midi, portoit aussi le nom de rue Tybaut-aus-Dez. Du moins je n'ai trouvé aucune ancienne rue qui pût être aujourd'hui représentée parcelle de l'Arche-Marion.
[a) Litre II , page i 19.
La nie Çuillaume- Bourdon (Tune part et d'autre, jusques à la méson au
conte de Pontif.
Je ne crois pas que personne ait encore donné la véritable synonymie de cette ancienne rue. Sauvai l'a prise pour la rue des Bourdonnois, et Jaillot a partagé cette erreur (a) , que le rôle de 1 292 me met à même de rectifier. Nous avons déjà vu que la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois aboutissoit aussi à la maison du comte de Ponthieu. La rue Guillaume Bourdon, qui, venant d'un côté diamétralement opposé à la rue des Fossés-Saint- Germain- l'Auxerr ois, aboutit cependant au même point, ne peut être que la rue de Bétizy. Cette rue est nommée, dans le rôle de i3i3, la rue au Conte de Pontif (b). Mais le poème de Guillot de Paris mentionne à la fois et la rue aus Quains de Pontis et la rue de Béthizi (c). Pour expliquer cette espèce de double emploi , je dois dire qu'anciennement la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois se terminoit à la rue de l'Arbre-Sec , et que la rue de Bétizy se prolongeoit à l'occident jusqu'à cette même rue de l'Arbre-Sec, au lieu de s'arrêter comme aujourd'hui à la rue du Roule (d). Ainsi la partie orientale de la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, comprise entre la rue de l'Arbre-Sec et la rue de la Monnoie, se nommoit, au xive siècle, rue au Conte de Pontif. Le nom de rue de Béthisi s'appliquoit comme aujourd'hui à la rue qui conduit de la rue du Roule à celle des Bourdonnois. A une époque antérieure , la rue au Conte de Pontif et la rue de Béthisi n'en formoient qu'une seule, ayant à son extrémité occidentale l'hôtel des comtes de Ponthieu , et à son bout oriental, la maison de sire Guillaume Bourdon , qui avoit donné son nom à toute la rue.
Note 5o, Page 20.
Gloriète.
Les anciens pians de Paris ne marquent aucune rue de ce nom dans la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. Sauvai dit que la rue Baillet se nom-
(a) Sauvai , livre II , page 119. — Jaillot , (c) Lebeuf, tome I , page 58a.
tome I, quartier Sainte-Opportune, page 14. (d) Voyez les Plans de Bercy et de Bullet.
(b) Page 12. — Vovez aussi Sauvai , livre VU , p. a4 « -
ig4 NOTES.
moit, en 1297, la rue Dame Gloriette, et depuis, la rue Gloriette (a). La place que cette rue occupe, dans le recensement de la paroisse Saint- Germain-l' Auxerrois , convient en effet parfaitement à la position de la rue Baillet. Mais, comme on voit, Sauvai s'est trompé en disant qu'on n'avoit simplifié le premier nom de cette rue que postérieurement à 1297.
Note 3i , Page 20.
La rue au Cerf, d'une part et d'autre.
C'est aujourd'hui la rue de la Monnoie (b). Le nom actuel lui vient de l'hôtel des Monnoies qui a long-temps existé dans cette rue presqu'en face de la rue Baillet. Au côté gauche de cet hôtel étoit un cul-de-sac que Sauvai et Jaillot (c) appellent, je ne sais pourquoi, rue Alexandre l'Anglois, et que les anciens plans , notamment celui de 1676, nomment rue Guy dAuxerre. C'est très probablement ce cul-de-sac , représenté aujourd'hui par la rue Boucher, que le rôle de i3i3 appelle rue Guî-le-Hirolier (d) , et qu'il place immédiatement après la rue au Cerf et la rue au Conte de Pontif. Du reste Sauvai mentionne aussi la rue Guy d'Auxerre, mais c'est pour dire qu'il ignore où elle étoit située (e).
On trouve encore dans le Ms. publié par M. Buchon , la rue au Foein, qui n'a été connue ni de Sauvai , ni de Jaillot, et la rue Raoul de-Charronne (J). Sauvai a vu , dans un acte de i435, une rue nommée rue A rnoul-le- Charron ou des Chartiers, qu'il suppose être un cul-de-sac existant encore de son temps entre la rue Baillet et la place des Trois-Maries , et que Gomboust, dit-il, appelle rue d Anjou (g). L'orthographe des noms propres varie tellement dans les anciens manuscrits, et les deux noms Arnoul-le-Charront Raoulde-Charronne ont une ressemblance si frappante , qu'on ne doit les regarder que comme deux leçons différentes d'un seul et même nom. Quant au culde-sac $ Anjou, qui représenteroit l'ancienne rue Arnoul-le-Charron, ou Raoul-de-Charronne, le plan de Gomboust ne le place pas dans la rue de la Monnoie , comme on pourroit le croire d'après l'indication inexacte de
(a) Livre II , page 1 13.
(i) Sauvai , II , page 1 5 1 .
(c) Sauvai , ibid. — Jaillot , tome I , quartier du Louvre , p. 5o.
(d) Page ta. M. Buchon n'a pas bien lu le
nom de cette rue : le manuscrit du rôle de 1 3 1 3 porte Guy le Breolicr.
(e) Livre II , page 170.
(/)Pagc 11.
{g) Livre II , page 172.
NOTES. ig5 Sauvai, mais dans la rue de V Arbre-Sec, entre la rue Baillet et la place de l'École. C'est aujourd'hui le cul-de-sac des Provençaux.
\j& place qu'occupe la rue au Foein, dans le rôle de i5i3, parmi les rues qui composent la troisième quête de Saint-Germain -l'Auxerrois, prouve qu'elle donnoit sur la rivière, à l'orient de la place des Trois-Maries. De plus, la liste des rues de Paris, au xv* siècle, la nomme entre la rue Popin , aujourd'hui rue de l'Arche- Pépin , et la rue aux Portes, aujourd'hui rue des Orfèvres (a). De là je conclus qu'il faut reconnoître la rue au Foein dans la ruelle des Fuseaux , ou dans celle des Quenouilles , dont on vient de faire une seule rue, large et bien aérée, en démolissant les maisons qui les séparoient.
C'est entre la rue des Fuseaux et la rue de l'Arche-Marion qu'étoit situé le For-l'Évéque ou Four-l'Évéque. C'étoit primitivement le siège de la juridiction épiscopale , forum episcopi. Plus tard ce palais devint une prison d'État.
Note 3a, Page ai.
La rue de la Croiz-du-Tiroer, etc.
Cette rubrique s'applique au côté oriental de la rue de l' Arbre-Sec.
Note 33, Page ai.
La quarte queste Saint-Germain-l Aucerrais, etc.
Cette circonscription renferme l'espace compris entre deux lignes droites qu'on tircroit à partir des rues Saint-Honoré et de la Ferronnerie jusques à la Seine, en suivant la direction de la rue des Bourdonnois et de la rue des Lavandières.
Note 54, Page ai.
La Ferronnerie tout entour.
Cette rue a conserve son nom primitif. Au xme siècle, elle s'étendoit jusqu'à la rue des Bourdonnois; mais le bout oriental de la rue, vers la rue Saint-Denis, portoit le nom de la Charonerie.
(a) Lebeuf, tome I, page 6o4
On lit dans G u Mot de Paris (a).
Par la rue Sainte-Opportune Alai en la Charonnerie, Et puis en la Féronnerie.
Plus tard, notre rue prit le nom de la Ferronnerie jusqu'à la rue Saint-Denis, mais le perdit du côté opposé. Ainsi, dans le plan de 1792, l'espace compris entre la rue Tirechape et la rue des Déchargeurs s'appelle la Chausseterie; c'est aujourd'hui l'extrémité méridionale de la rue Saint-Honoré.
Note 35, Page 22.
En la viez place aus Pourciaus , tout entour.
Raoul de Presles dit, dans ses Commentaires sur la Cité de Dieu, liv. v, chapitre 25, en parlant des antiquités de la ville de Paris : « Le marchié des « bestes estoit par deçà la rue aux Bourdonnois, ou lieu que l'en dit le siège <( aux Deschargeurs. Et encore rappelle-l'en la vieille place aux Pour- « ceaux (b). » Si Guillot de Paris ne confond pas ces deux places en une seule, du moins il les nomme de manière à prouver qu'elles étoient attenantes. Voici comme il s'exprime à ce sujet : (c)
Par la rue Raoul-l'Avetiicr Alai au siège à Dcscarchéeurs ; D'ilucc m'en alai tantost ciex Un tavernier, en la viez place A Pourciaus.
Dans sa note sur ce passage de Guillot , l'abbé Lebeuf dit que la place aux Pourceaux dev int ensuite la place aux Chats. Je trouve en effet dans tous les anciens plans une place aux Chats, située dans la rue de la Ferronnerie, au bout de la rue des Déchargeurs. De plus Sauvai (d) nous apprend que la rue de la Limace, qui donne d'un bout dans la rue des Bourdonnois, de l'autre dans la rue des Déchargeurs, s'est appelée long-temps la rue aux Chats, la rue de la Place aux Chats, la rue de la Place aux Pourceaux et la rue des Deschargeurs. Cette assertion est confirmée par Jaillot (e), sauf ce qui
(a) Lebeuf, tome I , page 58o. (c) Lebeuf, tome I, page 58i . — Voyez aussi
(A) Mémoires de l'Académie des Inscrip- Jaillot, 1. 1, quartier Sainte-Opportune, p. 29.
lions et Belles-Lettres, édit. in- 12, tome XX, {d) Livre II, p. 146.
page 481. (c) L. c.
NOTES. i97 regarde le nom de rue aux Déchargeurs, qui , selon lui , n'aurait jamais été appliqué à la rue de la Limace. Cependant dans un compte de la Prévôté de Paris, daté de l'an i36o (a) , on trouve une rue des Deschargeurs faisant le coin de la vieille place aux Pourceaux. Cette rue ne me semble pas pouvoir être autre chose que la rue de la Limace , puisque la rue qui porte aujourd'hui le nom des Déchargeurs n'existoit pas encore à cette époque, du moins à l'état de rue. C'étoit une place qui portoit le nom de siège aux Descharchéeurs, et sa position est suffisamment indiquée par celle de la rue actuelle des Déchargeurs, qui l'a remplacée.
Je conclus de tout ce qui précède, i°. que la place aux Pourceaux et le siège aux Déchargeurs n'étoient qu'une seule et même place dont la partie méridionale a long-temps été une espèce de station pour les déchargeurs ou portefaix , et dont la partie septentrionale , primitivement destinée au marché aux pourceaux, a pris plus tard le nom de place aux Chats, lorsque ce marché est devenu un dépôt d'ordures et d'immondices; 3°. que la rue de la Limace étoit la limite de ces deux places, ou, pour parler plus exactement , de ces deux parties de la place, et qu'on la désignoit sous différons noms, suivant qu'on la considéroit comme aboutissant dans l'une ou dans l'autre de ces deux parties.
Je ne puis finir cette note sans dire quelques mots sur une rubrique du rôle de i3i3, qui pourrai t faire croire, ou bien que la place aux Pourceaux étoit le carrefour formé par les rues Thibautodé, Boucher, de Bétizy et des Deux-Boules, ou bien que la rue Thibautodé s'étendoit, en traversant la rue des Mauvaises Paroles jusqu'à la rue de la Ferronnerie , à l'endroit où j'ai fixé l'emplacement de la vieille place aux Pourceaux. Cette rubrique est la dixième de la quatrième quête Saint-Germain-rAuxerrois; elle est ainsi conçue : La rue Thiébaut-aus-Dez jusques à la viez place aus Porciaus (b). Ce titre doit certainement s'entendre, non seulement de la rue Thibautodé, mais encore de la rue des Bourdonnois qui lui fait suite, et dont ) 'ex tir mi té septentrionale aboutit en effet dans la rue Saint-Honoré, presqu'en face de Tendrait où se trouvoit autrefois la vieille place aux Pourceaux. Nous avons déjà vu, dans notre manuscrit, la rue Thibautodé et la rue des Bourdonnois comprises sous une seule et même rubrique (c). La même particularité se fait encore remarquer dans le rôle de 1 3i 3 , à la troisième quête de Saint-Germainl'Auxerrois, dont la deuxième rubrique est ainsi conçue : La rue aus Bour-
(a) Saavd, Comptes de la Prévôté de Paris, (b) Page 18. page 264. (c) Vojez plus haut , note 27.
donnais et cul-de-sac, et la rue Thibaut- aus-Dez à destre jusques à S a urne (a). De même que sous ce dernier titre on a réuni le côté occidental de la rue des Bourdonnois et le côté occidental de la rue Thibautodé, de même , sous cette rubrique : La rue Tkiébaut-aus-Dez jusques à la viez place ans Porciaus , on a renfermé le côté oriental de la rue Thibautodé et le côté oriental de la rue des Bourdonnois.
Note 36, Page a3.
C'est le renc de la méson Jeu Jehan du Change , etc.
Ce titre doit s'appliquer aux maisons qui étoient situées sur la place dite autrefois le siège aux Déchargeurs , aujourd'hui rue des Déchargeurs.
Note 5y , Page 23.
La rue Rolant-V Avenier .
Le rôle de i3i5 (b) et le poème de Guillot de Paris (c) nomment cette rue RaouUVAvenier. Sauvai (d) l'appelle tantôt rue Rouland-V Avenier, tantôt rue Raoul Lanternier, mais il ne fixe pas sa situation. La place qu'elle occupe dans le recensement de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois conviendroit parfaitement à la rue actuelle du Plat-d'Étain. Cependant Sauvai et l'abbé Lebeuf (e) disent avoir vu des titres du commencement du xive siècle, dans lesquels cette dernière rue étoit nommée rue Baudoin-Prendgage ou Rollin-Prens-gages, nom qui est resté à un cul-de-sac parallèle à la rue du Plat-d'Étain. Mais le cul-de-sac et la rue sont si voisins, que ces deux auteurs ont pu facilement se méprendre. Il me semble que rien n'autorise à admettre la transposition de noms dont parlent Sauvai et l'abbé Lebeuf. Je trouve bien plus simple de voir avec Jaillot (f) dans la rue Rolant-l'Avenier, la rue actuelle du Plat-d'Étain , et de laisser au cul-desac qui l'avoisinc le nom qu'il porte encore aujourd'hui , et que probablement il a toujours porté.
Le cul-de-sac n'est ni nommé ni indiqué dans notre manuscrit , mais il est
(a) Page 9.
(b) Page ,8.
(c) Lebeaf, tome I , p. 58 1.
(f/) Livre II , p. 170 et suiv.
(e) Livre II, p. i58; Lebeuf, 1. c.
(/) Jaillot, tome I, quartier Sainte-Opportune, pages 49 et suiv.
NOTES. 199 mentionné dans le poème de Guillot de Paris et dans le rôle de i3i5. Dans le premier, il est appelé rue Baudouin Prengaje ; le second le nomme rue Baudoi n-Pren t-gage .
Notes 38 et 3g, Page 24.
C'est le renc de la méson Jaques Boucel, devait et derrières.
C'est la rue Guillaume-Porée, devers la partie Jaques Boucel.
La maison de Jacques Boucel faisait le coin de deux rues, l'une appelée rue Guillaume Porée , l'autre qui n'est pas nommée, mais seulement désignée dans ce titre : C est le renc de la méson Jaques Boucel, devant et derrières. La rue Guillaume Porée, d'après Jaillot (a), est celle que nous appelons aujourd'hui rue des Deux-Boules. L'autre rue ne peut être que la rue des Mauvaises-Paroles, appelée rue de Male-Parole dans le rôle de i3i3. (b)
Note 40, Pages 24 ET a5.
Cest le bout de la rue Berlin- Porée, par derrière la méson Raoul de Pacy-, tout entour, jusque s à la méson Jehan Fourre.
La rue Bertin-Porée, du costé devers la méson Savari le queu, etc.
11 devient très difficile , pour ne pas dire impossible, de suivre la direction de cette quête. Les rues sont connues à la vérité , mais elles sont divisées en plusieurs parties dont on ne peut déterminer les limites, parce que ces limites ne sont pas d'autres rues aboutissantes , mais des maisons , désignées par le nom de leurs propriétaires , et dont il n'y a pas toujours moyen de fixer la position. La seule maison dont je puisse indiquer l'emplacement est celle de Jehan Augier. En examinant la circonscription de la quatrième et de la cinquième quête de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, on se convaincra que l'une renferme le côté occidental , l'autre le côté oriental de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune. Le côté occidental est indiqué par ces mots dans le titre général qui est en tête de la quatrième quête : La rue aus Lavendières, encontre la méson Jehan Augier. Cette maison se trouve
{a) Tome I, quartier Sainte-Opportune, {b) Page 19. page i3. — Voyet Sauvai, livre II, p. 1 18.
aoo NOTES.
donc du côté opposé, c'est-à-dire du côté oriental. De plus, lorsqu'on arrive au recensement de ce dernier côté , compris sous la troisième rubrique de la cinquième quête, on longe la rue des Lavandières du midi au nord, et le premier contribuable nommé est Jehan Augier. Donc, sa maison étoit à l'angle oriental formé par la rue des Lavandières et la rue Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette position une fois connue, on peut conjecturer que les deux rubriques qui font l'objet de cette note renferment le recensement de la rue Bertin-Poirée, de la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, depuis la rue Bertin- Poirée jusqu'au coin de la rue des Lavandières opposé à la maison de Jehan Augier, enfin du côté occidental de la rue de I Ai -che-Pepin , nommée autrefois rue de l'Abreuvoir-Jehan-Popin.
Notes 4» et 4a> Pages a5 et 26.
C est la rue aus ij Portes delez la rue Saint-Germain. Le renc de la méson feu Ysembart le queu.
Il s'agit dans ces deux rubriques des deux côtés de la rue des Orfèvres. Cette rue est nommée rue d'Entre deus Portes dans le Ms. publié par M. Buchon (a). Plus tard, un hôtel que possédoient dans cette rue les abbés de Joyenval, couvent de l'ordre de Prémontré, dans le diocèse de Chartres, lui fit donner le nom de rue aux moines de Jenvau. Mais Gui Ilot de Paris, qui la désigne sous cette dénomination, fait néanmoins mention des porles qui se trouvoient à ses deux extrémités : (b)
La rue à mo ignés de Jenvau Porte a a mont et porte à vau.
Note 43, Page 26.
La rue Tjrbaut-aus-Dez jusques au coing de la méson feu Jehan-le-jcelier.
Le recensement du côté occidental de la rue Thibautodé se trouvoit déjà compris sous le titre qui fait le sujet de la note 28. Le recensement du côté oriental restoit encore à faire. Il est compris sous notre rubrique et sous celle que je me contenterai d'indiquer plus bas à la note 45.
(«) Page 20. (*) Lebeuf , tome I , p. 579.
Note 44, Page 26.
La ruèle feu Jehan-le-jœlier, qui tonte en la rue Bertin-Porée.
On voit encore dans le plan de 1792, un peu au midi de la rue des Deux- Boules, une petite rue parallèle à cette dernière, donnant par un bout dans la rue Thibautodé et, par l'autre, dans la rue Bertin-Poirée. C'est évidemment de cette rue, aujourd'hui détruite, qu'il est question dans notre rubrique. Elle s'appeloit la rue des Trois- Visages et étoit déjà condamnée à l'époque où l'abbé Lebeuf écrivoit son histoire de Paris.
Je ne sais pourquoi Sauvai, qui, à la page 166 de son deuxième livre, rcconnoit qu'en i4$4 k Tue des Trois- Visages se nommoit rue Jeande-Goulieu, a placé, page 170, la rue Jean-le-Goulier, qu'il sait être de la paroisse SainuGermain-l'Auxerrois, parmi les rues dont la position est inconnue. 11 étoit, ce me semble , bien facile de s'apercevoir que ces deux dénominations presque identiques dévoient s'appliquer à la même localité. Le nom de Jean-le-Goulier se rapproche même plus que celui de Jean-de- Goulieu du titre donné par notre Ms., titre qu'on peut considérer à bon droit comme la dénomination originale, puisque l'individu qui avoit donné son nom à la rue existoit encore peu de temps avant l'époque où ce Ms. a été composé.
La rue Jehan-l 'Aguillier, dans le rôle de 1 5 1 3 (a), et la rue Jehan-V Eveiller, dans le Dit des rues de Guillot de Paris (b), ne sont autre chose que notre rue Jean le joelier. Ces trois noms, ou plutôt ces trois formes différentes du même nom, désignent l'ancienne rue des Trois-Visages.
Note 45, Page 26.
Cest la moitié de la rue Tybaut-aus-Dez, etc. Voyez plus haut, note 43.
Note 46, Page 27.
En venant à Vabevroer Jehan-Popin, jusques à Vabevroer de la rue Tjrbaut-
aus-Dez, devant et devers Vyaue.
L'abreuvoir Jehan-Popin a laissé son nom à une ruelle donnant dans la rue Saint-Germain-l'Auxerrois presqu'en face de la rue des Lavandières. Mais le
(a) Page ai.
(b) Lebeuf, tome I, page 579.
nom s'est corrompu peu à peu , et on la nomme aujourd'hui rue de l'Arche- Pepin. Il y avoit anciennement deux abreuvoirs sur l'emplacement du quai de la Mégisserie , l'un situé à l'endroit où débouche la rue de l'Arclie-Pep'm , l'autre au bout de la rue de l'Arche-Marion qui fait le prolongement de la rue Thibautodé. L'espace compris entre ces deux abreuvoirs est renfermé sous la rubrique qui fait l'objet de cette note.
J'ai dit qu'en 1292 la rue de l'Arche-Marion faisoit partie de la rue Thibautodé et portoit conséquemment le même nom. Cette rue, en i5oo, étoit appelée rue de l'abreuvoir Thibaut-aux-dcs. On lui donna dans la suite plusieurs autres noms, entre autres celui de Ruelle des Êtuves, à cause d'un établissement de bains pour femmes qui s'y étoit formé. La dénomination d' Arche-Marion lui est venue d'une femme qui tenoit cet établissement. On l'a aussi appelée rue de Y Abreuvoir-Marion, et a ce sujet je ferai observer, comme un fait singulier et digne de remarque, la substitution du mot arche à celui d'abreuvoir dans deux rues voisines l'une de l'autre, celle de l'Abreuvoir Jehan-Popin et celle de l'Abreuvoir Marion.
Note 47, Page 28.
La quinte queste de la parroisse Saint-Geimain , du coing de la nié son
Lambert Bouche, etc.
Il faudroit, pour tracer bien exactement les limites de cette circonscription , savoir où étoit située la maison de Lambert Bouche ; mais ce point n'est pas facile à déterminer. Cependant , en m'aidant des renseignemens donnés par Ixîbeuf sur l'étendue de la paroisse Saint^Germain-l'Auxerrois et de celle de Sainte-Opportune qui l'avoisine, je crois pouvoir placer avec assez d'exactitude la maison de Lambert Bouche à l'angle formé par la rue des Lavandières et la rue de la Tableterie. C'est là que se trouvoit au nord la limite des deux paroisses. Notre circonscription seroit donc limitée, au nord, par la rue de la Tableterie; à l'est, par la rue Saint-Denys; au midi , par la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, et à l'ouest, par la rue des Lavandières. Tous les contribuables nommés après la grande rubrique, sans aucune désignation particulière de la rue qu'ils habitoient , sont probablement ceux qui demeuroient dans la rue de la Tableterie et dans la rue Saint-Denys, depuis le coing de la meson Lambert Bouche jusques au coing de la Hiaumerie , et tout contremont la Grant-Rue jusques au quarrefour de la Porte.
NOTES. ao5 La Grant-Rue est la rue Saint-Denya.
La Porte dont il est ici question est celle qu'on appeloit la porte de Paris , qui traversoit le Grand-Châtelet et se trouvoit à l'endroit où la rue Saint- Denys débouche dons la place sur laquelle étoit bâti ce célèbre édifice.
Note 48, Page 29.
La rue Saint-Germain.
Nous verrons par la suite qu'il n'est ici question que du côté septentrional de la partie de la rue Saint-Germain comprise entre la place du Châtelet et la rue des Lavandières.
Note 49, Page 29.
La rue aus Lavendières.
Notre rubrique comprend seulement le côté oriental de la rue des Lavandières, depuis l'entrée de la rue, au midi , jusqu'à la rue Courtalon.
Note 5o, Page 3o.
La Harengerie.
Nous n'avons aujourd'hui qu'une seule rue de la Harengerie. Le rôle de i5i5 en mentionne deux (a). Or, je remarque que la rue de la Tableterie est bien désignée dans les deux rôles , mais que ni l'un ni l'autre 11e lui donnent un nom particulier. Je suis donc porté à croire que la deuxième Harengerie, dont l'existence nous est révélée par le rôle de i3i3, n'est autre chose que la rue de la Tableterie. En effet , quoique dans ce rôle, aussi bien que dans notre manuscrit, la première rubrique de la cinquième quête de la paroisse SainUGermain-rAuxerrois me semble clairement désigner la rue de la Tableterie , il pourroit très bien se faire que cette rubrique renfermât seulement le côté méridional de cette rue, qui appartenoit en entier à la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. Mais comme cette paroisse rcnfermoit encore , d'après l'abbé Lebeuf (b) , les cinq ou six premières maison* du côté septentrional de la rue de la Tableterie , il n'est pas invraisemblable
!a) Page 2 5. (b) Tome I , pagr 5;.
qu'après avoir pris d'abord tout le côté gauche de cette rue en commençant le recensement de la quête, on soit venu terminer ce recensement aux cinq ou six maisons de la même rue qui dévoient en faire partie. Ce qui rend ma conjecture presque certaine, c'est que la deuxième Harengerie, dans le rôle de i3i3, renferme seulement six contribuables. Jaillot assure, après Sauvai (a), que cette rue s'est anciennement appelée la Hanierie. Il ajoute même que c'est son nom primitif, ou du moins son premier nom connu, et qu'elle est ainsi nommée dans un cartulaire de Saint-Germain-l'Auxerrois à la date de iai8. Ce mot auroit fort bien pu être altéré dans la suite par les copistes et avoir été changé en celui de la Harengerie.
Note 5i , Page 3t.
En la parroisse Saint-Germain , de la méson Phelippe Paon, qui fet le
coing de l'abevrouer, etc.
La maison de Philippe Paon , où commence la circonscription de ce deuxième arrondissement, me semble devoir être placée du côté oriental de la rue de l'Arche-Pepin. Ainsi cette quête se renfenneroit dans le carré formé par la rue Saint-Germain-l'Auxerrois , le côté occidental de la place du Ghâtelet, le quai de la Mégisserie et la rue de l'Arche-Pepin. La première liste des contribuables renferme ceux qui habitoient le côté méridional de la partie de la rue Saint-Germain comprise entre la rue de l'Arche-Pepin et la place du Ghâtelet.
Note 5a, Page 3r.
La Saunerie.
La rue de la Saunerie existe encore avec le mêm e nom , mais l'orthographe en est entièrement changée; on écrit aujourd'hui rue de la Sonnerie. Du reste cette altération remonte déjà assez haut, car dans les plans de Paris du xvne siècle notre rue est déjà désignée par le nom de la Sonnerie. Je n'ai pas besoin de dire que l'orthographe de notre manuscrit est seule conforme à l'étymologie. Cette rue doit son nom à une maison du voisinage qu'on appeloit la Maison de la Marchandise du Sel (b), et les plus anciens titres la nomment Salneria.
(a) Jaillot , tome I , quartier Sainte-Oppor- (b) Ibid. , page. 5o, tune, page 5t.
Note 53 , Page Sj.
La ruèle qui va à Sainne, devant la méson Jehan Cheval.
Cette désignation ne peut convenir qu'à la rue Pierre-à- Poissons, que nous trouverons plus loin mentionnée, mais seulement comme limite.
Note 54, Page 5a.
Contreval la rivière jusques au coing de la méson Phelippe Paon, ou
Ven commença.
Ce titre désigne l'extrémité orientale du quai de la Mégisserie, à laquelle on donna un peu plus tard le nom de Vallée de Misère , et qui , du temps de Sauvai, se nommoitrue Trop-va-qui-dure , ou Qui-m'y- trouva-si-dure.
Je ferai remarquer en passant qu'à la maison de Philippe Paon aboutissoient à la fois la partie du quai de la Mégisserie dont je viens de parler et le bout oriental de la rue Saint-Germain-l'Auxerrois. De là je conclus que cette maison occupoit tout le côté méridional de la rue de l'Arche-Pepin , et qu'il falloit ou qu'elle fut fort grande, ou que la rue de l'Arche-Pepin n'eût point alors, au levant, l'étendue qu'elle a aujourd'hui.
Note 55, Page 3a.
La septiesme que s te, de la porte du Chastelet jusques à la faute de Grant-
Pont.
Cette septième et dernière division de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois renferme une partie de la place actuelle du Châtelet, et s'étend jusqu'à l'extrémité septentrionale du Pont-au-Change. Le terrain occupé de nos jours par la place du Chàtelet étoit anciennement rempli par l'édifice du Châtelet, l'église de Saint-Leufroy et quelques rues que nous trouverons mentionnées dans le recensement de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Mais il y avoit néanmoins en face du Pont-au-Change une petite place qui faisoit partie de la paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, ainsi que quelques unes des maisons qui étoient bâties sur le côté occidental du pont (a).
(a) Voyei les anciens Plans , et Lebeuf, tome I , page 5;.
2o6 NOTES.
Je terminerai ce que j'avois à dire sur la paroisse Saint-Germain l'Auxcrrois, en faisant remarquer que cette paroisse contenoit une rue assez importante dont je n'ai trouvé dans mon manuscrit aucune mention expresse , soit qu'au xiii* siècle elle ne renfermât pas d'habitans soumis à l'impôt, soit qu'elle en renfermât trop peu pour mériter un titre particulier. Je veux parler de la rue Jean-Lantier , nommée rue Jehan-Lointier dansGuiUotde Paris (a) et le rôle de 1 3 1 3 (b) , et rue Philippe Lointier dans la liste des rues de Paris au xve siècle que j'ai déjà citée. Gomme cette rue faisoit suite à la rue des Trois-Visages , nommée autrefois rue Jehan-le-Jœlier (c), le même nom servoit peut-être , en 1292, à les désigner l'une et l'autre. Peut-être encore la rue Jean-Lantier se trouve-t-elle implicitement comprise dans notre manuscrit sous un de ces titres généraux qui renferment plusieurs rues, et qui, ainsi que je l'ai déjà dit, s'appliquent à des circonscriptions trop vaguement définies pour qu'on en puisse préciser exactement les limites.