LÀ PAROISSE SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS
Note i , Page 62.
C'est la parroisse Saint-Nicolas-des-Chans, dehors les murs.
L'église de Saint-Nicolas-des-Champs existe encore rue Saint-Martin , n» 202. Cette église est aussi ancienne que celle de Saint-Martin-des-Champs, dont elle étoit primitivement une dépendance. Or, la fondation de l'église de Saint-Martin-des-Champs remonte au règne de Henri Ier (a).
Sous cette première rubrique sont enregistrés un assez grand nombre de contribuables, sans indication particulière de la rue qu'ils habitoient. Mais je remarque que la deuxième rubrique contient le recensement de la rue Guérin-Boisseau, et que sous la troisième est comprise la rue Saint-Martin il partir de la rue Guérin-Boisseau, jusqu'à la rue Grenier Saint-Lazare. Gomme on a suivi absolument le même Ordre dans le rôle de 1 5 1 3 , je pense que les contribuables dénommés sous notre première rubrique sont ceux qui habitoient la grant-rue Saint-Denys , mentionnée au rôle de i3i5 dans la première rubrique de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs outre le Poncel en venant à la rue Guêrin-Boucel (b).
Note 2, Page 63.
La rue Guernier de Saint-Ladre d'une part et a" autre.
C'est aujourd'hui la rue Grenier Saint-Lazare; mais le nom moderne est une mauvaise leçon de l'ancien nom. Il réveille l'idée d'un greuier, ou de tout autre édifice destiné à recevoir et à conserver des grains , tandis que le nom de cette rue vient d'un bourgeois de Paris, nommé Guernier de Saint Ladre, qui vivoit dans le xui* siècle, et qui demeuroit probablement dans cette rue.
(a) JaiUot , tome II, quartier Saint-Martin , (i) Page Ô4. page 69.
Notb 5, Page 63.
La poterne Huideron.
Cette poterne, nommée aussi fausse poterne Nicolas Huidelon , nommée immédiatement après la rue Grenier Saint-Lazare et avant la rue Michel-le-Comte , se trouvoit entre ces deux rues, vers l'extrémité septentrionale de la rue Beaubourg. Dulaure avance, sans aucune espèce de fondement, qu'elle étoit placée à l'angle méridional formé par les rues Saint-Marti n et Grenier Saint-Lazare (a). Il a confondu la poterne Huideron avec la porte Saint-Martin, l'une des portes principales de Paris. Il faut du reste que la poterne Huideron ne se trouvât pas tout-à-fait à l'extrémité de la rue Beaubourg , car Sauvai assure que le bout de cette rue, compris entre la poterne et la rue Transnonain, s'appeloit rue Nicolas Huideron, la Poterne Huyderon ou simplement la Poterne (b). C'est en effet sous ces deux derniers titres que sont enregistrés dans notre manuscrit et dans le rôle de 1 3i3 douze contribuables, qui ne pouvoient avoir leurs habitations que dans l'extrémité supérieure de la rue Beaubourg.
Note 4, Page 64.
La rue du Temple.
Cette rue se prolongeoit anciennement jusques à la rue de la Verrerie. La partie méridionale ne portoit pas encore , à la fin du xni* siècle , le nom de sainte Avoie, quoiqu'il existât déjà un oratoire dans la même rue sous l'invocation de cette sainte (c).
Note 5, Page 66.
La rue de Trace-Putain.
An xv* siècle cette rue étoit nommée rue Trace- Nonain, Trasse-Nbnain et Trousse-Nonain, d'où l'on a fait le nom de Transnonain, qui n'a plus aucun sens.
Note 6, Page 66.
Rue du Cjmetire.
C'est aujourd'hui la rue du Cimetiere-Saint-Nicolas.
(a) Histoire de Paris, tome II , p. 81 . (c) Lebeuf , tome I , page 17 1 .
(*) Livre II, page 1 i/J.
Note 7, Page 6G.
La rue Symon-Franque.
On dit aujourd'hui, et Ton disoit aussi déjà au xin* siècle, comme la suite le prouvera, rue Simou-le-Franc. Mais il s'agit ici seulement de la rue Maubué, considérée sans doute alors comme formant une seule et même rue avec la rue Simon-le-Franc, qui lui fait suite à l'orient. Ce qui le prouve, c'est que la circonscription de notre quête renferme seulement les rues situées à l'ouest de la rue Beaubourg, avec le côté occidental de cette même rue, tandis que le côté oriental, la rue GeofTroi-1' Angevin , à l'est de la rue Beaubourg, et la rue Simon-le-Franc elle-même, vont se trouver renfermées dans la paroisse Saint-Merry. Si cette preuve ne paroissoit pas suffisante, je la confirmerois encore par une rubrique du rôle de 1 5 1 3 ainsi conçue : Si commence de la porte Saint-Martin jusques à la rue Symon-Franque (a). Il est clair par cette rubrique qu'on alloit directement de la porte Saint-Martin au coin de la rue Simon-le-Franc , ce qu'on n'auroit pu faire si cette dernière rue ne se fût prolongée jusqu'à la rue Saint-Martin (b).
La rue de la P las trière.
C'est probablement cette rue qui est désignée sous le nom de Lingaricre dans ce passage de Guillot de Paris (c) :
De la rue Gieffroi-l'Angevin
En la rue des Estuves vin ,
Et en la rue Lingarière
Là où Ten a mainte plcutrière
D'arckal (d) mire en autre pour voir.
Sauvai a confondu cette rue avec la rue du Plâtre qui donne par un bout dans la rue Sainte-Avoie, par l'autre, dans la rue de l'Homme- Armé (e). Du reste , la place qu'elle occupe dans les deux rôles et dans Guillot de Paris ne peut laisser aucun doute sur sa position. Notre manuscrit, dans lequel le recensement procède du midi au nord, indique la rue de la Plastrière entre la rue Symon Franque (rue Maubué) et la rue des Estuves (rue des Vieilles-Étuves).
(a) Page 71. (4) Tamis en fil d'arc ha ] pour passer le
■ (A) Voye* d'ailleurs Sauvai, 1. II , p. i5o. plâtre, (f) Lebeuf, tome I , p. 58g et suiv. (e) Livre I , p. 1 58.
NOTES. u37 Dan» le rôle de i3i3, on nomme successivement, du nord au midi , la rue des Ménétriers , la rue des Vieilles-Étuves , ensuite la rue de la Plastrière, le renc devers la rue des Estuves, et Vautre renc de la rue de Ut Plastrière (a). II est impossible de ne pas reconuoitre dans cette désignation si précise la rue de la Courroirie, située entre la rue Maubué et celle des Vieilles-Étuves , parallèlement à ces deux rues.
Sauvai parle des plâtrières établies dans la rue de la Courroirie et dans quelques autres rues du voisinage {b) , mais il n'en fait pas remonter la création au-delà du xive siècle sous le règne de Charles V. On ne peut conclure de là que la rue de la Courroirie n'ait pu s'appeler rue de la Plastrière avant le xiv" siècle. Bien au contraire , l'établissement des plâtrières dont parle Sauvai dans cette rue et aux environs, prouve qu'on regardoit ce lieu comme propice à la vente ou à la préparation du plâtre, et c'est, selon moi, une nouvelle raison de penser qu'il y existoit anciennement des magasins ou des fourneaux à plâtre, qui ont fait donner le nom de la Plastrière à une des rues du voisinage.
Notr 9, Page 68.
La rue de Cub-de-Sac.
Cette rue est nommée, dans le manuscrit publié par M. Buchon, la rue du cul-de-sac le Grant (c). Les recherches que j'ai dû faire pour trouver la rue qui la représente aujourd'hui m'ont mis à même de relever une erreur assez grave dans laquelle est tombé Sauvai au sujet de la rue Beaubourg.
J'ai déjà dit que , selon Sauvai , la partie de la rue Beaubourg comprise entre la poterne Huideron et la rue Transnonain s 'c toit autrefois nommée la rue Nicolas Huidron , la Poterne Huydron ou simplement la Poterne. Jusque-là son opinion est d'accord avec les énonciations de notre manuscrit et du rôle de i5i3. Mais il n'en est plus de même pour la partie méridionale de la rue Beaubourg , comprise entre la poterne et la rue Simon-le- Franc. Cette partie , selon Sauvai (d) , se seroit appelée anciennement la rue de Cul-de-Sac-le-Grani, et de Cul-de-Sac-le-Petit, et n'auroit pris le nom de rue Beaubourg qu'en i386 ou environ. Ici notre manuscrit et le rôle de i3i3 donnent à Sauvai un démenti formel, puisque tous les deux mentionnent à la fois la rue Beaubourg et la rue de Cul-de-Sac. Il est donc
(a) Page 73. (c) Page 72.
(b) Livre I , p. 78. (</) Saura) , livre II , p. i i4-
constant que la rue Beaubourg portoit le nom qu'elle conserve encore aujourd'hui , à peu près un siècle avant l'époque où , d'après Sauvai , ce nom auroit pris naissance.
Je n'aurois du reste aucun motif pour rejeter son opinion sur l'étymologie du nom de cette rue, s'il prouvoit que le personnage dont il le fait venir, Jean Beaubourg , natif de Beaubourg , village de Brie , près l'abbaye de Chelles, a existé dans le xm* siècle. Mais il ne dit rien à ce sujet, et je crains bien qu'il ne se soit trompé sur l'étymologie du nom, comme il s'est trompé sur sa date. 11 seroit, en effet , bien singulier que la rue Beaubourg , tenant son nom d'un ancien bourgeois de Paris , fût la seule désignée par un simple nom de famille, tandis que toutes les rues dont les dénominations ont une semblable origine , ont gardé jusqu'à nos jours le prénom du personnage qui leur a laissé son nom, joint au nom patronymique, à un sobriquet, à des noms de pays ou de profession. Telles sont les rues Simon-le-Franc , Jean-Robert, Michel -le-Comte , Geoffroi-l'Angevin , Geoffroi-l'Asnier, etc., etc.
Quant à la rue de Cul-de-Sac ou cul-de-sac le Grant, il semble résulter des énonciations portées au rôle de 1 3 1 3, que cette dénomination s'applique au cul-de-sac Berthaud , aboutissant dans la rue Beaubourg à droite , entre les rues GeofFroy-l'Angevin et Michel-le-Gomte. Mais je n'ai pas besoin pour le prouver de rapporter textuellement les rubriques de ce manuscrit. Dans le plan de Paris de l'an 1609 le cul-dc-sac Berthaud est encore nommé rue de Cul-de-Sac {a).
Du reste, la paroisse Saint -Nicolas -des-Champs ne renferme que le côté septentrional de ce cul-de-sac , nous trouverons le recensement du côté opposé dans la paroisse Saint-Merry.
Note 10, Page 69.
La porte du Temple.
Cette porte étoit située , dit Sauvai (6) , près de l'hôpital Sainte-Avoie 1 c'est-à-dire entre la rue Geoffroi-l' Angevin et la rue de Braque, mais plus près de cette dernière.
(a) Voyex aussi Jaillot , tome II , quartier (A) Livre II, p. i63. Saint-Martin , p. ai.