LA PAROISSE SAINT-MERRY
Note i , Page 7 1 .
La parroisse Saint-Merri , du coing de la rue de Mibrai, elc.
Cette rubrique me servira à fixer la position tle deux rues qui ont changé de nom avec le temps : ce sont la rue Saint-Merri et la rue aus Coumanderresses.
Il ne peut y avoir de doute sur le carrefour par lequel on va directement, d'un côté, à la rue Planche-Mibray, et de l'autre, au coin de la rue de la Poterie. Deux lignes droites qu'on dirigeroit, la première vers le nord, en partant de la rue Planehe-Mibray, la seconde vers l'occident en partant du bout septentrional de la rue de la Poterie , se couperoient au carrefour formé par les rues des Arsis, de la Verrerie, des Lombards et Saint-Martin. Or, puisqu'on alloit de ce carrefour, par la rue Sainl-Merry, jusques a la Poterie, il faut qu'on appelât, anciennement, rue Saint-Merri le bout occidental de la rue de la Verrerie compris entre la rue des Arsis et celle de la Poterie (a).
Je vois de plus, par notre rubrique, qu'après avoir longé la rue de la Poterie, on revenoit directement au point de départ qui est le bout septentrional de la rue Planche-Mibrai, en suivant la rue aus Coumanderresses . Une seule rue peut conduire directement de la rue de la Poterie à la rue Planche-Mibrai , c'est celle de la Coutellerie. Cest donc à cette dernière rue que s'applique le nom de rue aux Coumanderresses (b).
Ainsi la circonscription de ce premier arrondissement de la paroisse Saint-Merry renferme un triangle dont la base est formée par le bout occidental de la rue de la Verrerie, et le sommet par la jonction de la rue des Arsis et de la rue de la Coutellerie à l'extrémité méridionale de la rue Planche-Mibray.
Note 2, Pagb 71.
Du coing de Mibray jusques au coing Saint-Merri tout du hnc. Cette rubrique et la suivante s'appliquent à la rue des Arsis.
(a) Voyez JaiUot , tome II , quartier Saint- (*) Voyez Sauvai , 1. II , p. 1 09 ; et Jaillot , Martin , p. 4o. tome III , quartier de la Grève , p. i4-
Note 3, Page 72.
En la ruèle de lez le mareschal.
Je crois qu'il est ici question du cul-de-sac appelé, dans le rôle de i3i5, d'abord , la ruelle sanz chiefy et un peu plus bas, la ruelle Jehan-aus- Enfans (a). Celle-ci , dans le manuscrit publié par M.] Buclion , est nommée immédiatement après le carrefour de Mibrav et avant la rue de la Tacherie. Dans notre manuscrit, la ruèle de lez le mareschal est placée entre la Tacherie et le carrefour de Mibray. Cette conformité dans les deux manuscrits me porte à croire qu'ils ont désigné la même rue sous deux noms difTérens, et que cette rue devoit donner dans la rue des Arsis ou dans la rue de la Tacherie. Elle est probablement représentée aujourd'hui par le cul-de-sac Saint-Benoit.
Je n'ai pas cru devoir consacrer une note particulière à la rue de la Tacherie, dont l'ancien nom existe encore aujourd'hui. Je ferai remarquer seulement que dans notre manuscrit j'ai lu, non pas la Tacherie, mais ÎA tacherie. Partout où se trouve le nom de cette rue, l'initiale / est séparée du reste du nom , mais VA qui vient ensuite est constamment lié avec le / qu'il précède, comme ce t est lié lui-même avec les lettres qui le suivent. De plus, si nous cherchons un sens au nom de cette rue, nous n'en trouverons pas en suivant l'orthographe actuelle, tandis que le nom de V A tachent, vient évidemment des Atachiers ou faiseurs d'agrafes qui habitoient anciennement cette rue.
Note 4» Page 75.
Le derrenier fermant au quarrefour de Mïbray et des Arsis; le commencement de la Jujrerie.
Il ne peut être ici question de la rue de la Juiverie qui étoit dans la Cité , faisant suite par un bout, à la rue de la Lanterne, par l'autre, à la rue de Marché-Palu. On peut voir dans le chapitre particulier consacré aux juifs, à la fin de notre rôle, qu'ils habitoient dans la rue du Renard, et dans la rue de Moussi (b) -, mais ni l'une ni l'autre de ces deux rues ne sont comprises dans la circonscription de cette quête. Sauvai nous apprend que les juifs occupoient encore la rue Saint- Bon, la rue de la Tixeranderie , la rue
(a) Page* 78 , 79. mée la Court Robert de Paris; la seconde, U
{b) La première de ces deux rues est nom- Franc-Motirier.
NOTES. 341 de la Tacherie, et qu'ils avoient même une synagogue dans cette dernière rue. Jaillot (a) s'autorise de cette circonstance pour assurer que jusqu'à l'an i3oo, la rue de la Tacherie s'étoit nommée la Juiverie ou la Vieille- Juiverie. Mais les rues de ï A tacherie > de la Tixeranderic , de Saint- Bon, sont désignées dans le recensement de la paroisse Saint-Merry par le nom qu'elles portent encore aujourd'hui. Le nom de la Juiverie ne peut donc convenir à aucune d'elles. Cependant puisque les juifs étoient si fort répandus dans tout ce quartier, est-il improbable qu'ils aient aussi occupé la rue de la Vannerie, et qu'une partie de cette rue se soit appelée autrefois la Juiverie du nom de ses habitans? Quoi qu'il en soit, je ne vois que le bout occidental de la rue de la Vannerie auquel puisse convenir la désignation contenue dans notre rubrique, et j'aurai occasion de donner plus bas quelques preuves à l'appui de mon opinion.
Note 5, Pa6e 73.
Le quarrefour Guiliorilîe.
Il se nomme aujourd'hui le carrefour Guilleri. Raoul dePresles dit dans l'ouvrage que j'ai déjà cité : Au carrefour Guillori estoit le pilori où l'en coupoit les oreilles y et pour ce, à proprement parler, il est appelle le quarrefour Guignoreille (A). Cette étvmologie , quelque singulière qu'elle paraisse, n'est cependant pas dénuée de fondement. 11 est certain que ce carrefour s'est au moins appelé le carrefour de la Vieille-Oreille. Dans un car tu la ire de Saint-Maur, écrit en 1284, on lit au folio a5 la mention suivante (c) : » Le dit cens est assis sur les maisons qui sont dans la rue qu'on appelle la « Poterie, et au carrefour de la Vieille-Oreille , et à la Grève, et sur une « grande maison située à l'opposite, en montant, dans la vieille Juiverie (<£).» Et plus loin : « Guillaume de Villaribelle , écu ver, et Eustachîe sa femme
(a) Tome III , quartier de la Grève, p. 4®-
(A) Mémoires de V Académie des Inscriptions, tome XX , p. 48 1 .
(r) Sauvai , Preuves, p. 221, 223.
((/) Dictus crus us situs supra domos in vico qui dicitur Poteria , et in quadrivio Veteris Àui is, et in Gravia, et in magna domo sita ad oppositam partent , ascendendo in V eteri Judearia.
Voila encore cette rue de la Juiverie , dont
il a été parlé plus haut, qui est désignée comme aboutissant sur la place de Grève. Cette circonstance me confirme de plus en plus dans l'opinion que j'ai émise au sujet de cette ancienne rue. Il paroîtroit néanmoins qu'antérieurement à 1 292 , non seulement le bout occidental de la rue de la Vannerie, mais encore la rue tout entière se seroit appelée la Juiverie ou la VieiUe-Juiverit.
a4a NOTES.
« ont reconnu devant nous qu'il* avoient et percevoient chaque année « franchement et librement, des biens de ladite Eustachie, à Paris, au carreu four de la VieMe~Oreille, les cens capitaux qui suivent , mou va n s du fief n du monastère des Fossés, etc. (a). »
Il faut convenir que l'ancien nom de ce carrefour a bien changé en arrivant jusqu'à nous. Du reste, on voit que ce nom étoitdéjà altéré en 1292 et plus encore en i3i3 , car, dans le rôle de cette année, le carrefour dont il est question est déjà nommé carrefour GuiUori.
11 en est de même de la rue Jean-Pain-Molet, qui a repris aujourd'hui sa dénomination primitive, mais qui, dans le rôle de i5i3, est désignée sous le nom de Pain-Moulet et rue Pain-Aîolet (b). Cette rue, qui ne se trouve pas expressément compr ise dans notre manuscrit, avoit reçu son nom d'un bourgeois, nommé Jean Pain-Molet, dont la femme vivoit encore ou étoit morte depuis fort peu de temps en 1 293 , puisque dans le cartulaire de Saint^-Maur que je viens de citer on trouve, parmi les revenus censuels que percevoit l'écuyer Guillaume de Villaribelle dans les environs du carrefour de Vieille- Oreille, 4 sols et 7 deniers parisis sur une maison jadis appartenant à feu Jean Pain-Molet , et alors occupée par sa femme.
C'est probablement le fils de ce défunt Jean Pain-Molet que nous trouvons avec le même nom parmi les contribuables qui sont enregistrés sous la rubrique du carrefour Guillorille. Si l'on suppose, ce qui est très probable, qu'il demeuroitdans la maison de son pere , nous serons conduits a conclure que le recensement de la rue Jean Pain-Molet, dans notre manuscrit, est compris sous la rubrique du carrefour Guillorille.
Note 6, Page 74.
La ruèle Saint-Bon.
Guillot de Paris place dans son poème deux rues Saint-Bon. On ne peut douter qu'il n'ait voulu parler d'abord de la rue qui porte encore aujourd'hui ce nom, et en second lieu de celle que notre manuscrit désigne ici par ces mots, la ruèle Saint-fion, et que le rôle de i3i3 appelle la ruelle en-
(a) Guillelmus de Fillaribella, armiger, et Eustachiœ, Parisiù, in quadrivio de Vieille-
Eiutachia ejus uxor recognovtrunt corum Oreille , cens m capitales moventes de feodo mo-
nobis quod ipsi kabebant et percipiebant anms nasterii Fostatensis qui sequuntur, etc . singulù, quitte et libère, de hereditate dicta (b) Pages 78 et 79.
NOTES. a43 contre Saint-Bon (a). Or, comme Guillot lui-même a soin de nous prévenir, ainsi que je l'ai déjà dit plusieurs fois, qu'il a exclu les culs-de-sac de son poème, il est évident que Sauvai a eu tort de prétendre qu'autrefois on appcloit exclusivement ruelle ce que nous nommons actuellement impasse ou cul-de-sac. Les culs-de-sac portoient le nom de ruelles , rues ou ruelles sans chiej j mais la simple dénomination de ruelle ne s'appliquoit pas plus spécialement à un cul-de-sac qu'à une rue percée , mais courte , étroite et malpropre. Au reste cet auteur s'accorde avec Lebeuf et Jaillot (b) pour reconnoitre dans la ruelle Saint-Bon la rue actuelle de la Lanterne-des- Arsis, qui s'ouvre en effet vis-à-vis de l'endroit où existoit anciennement la chapelle de Saint-Bon.
Note 7, Page 74.
La parroisse Saint-Merri, du cimetière Saint-Merri, parmi la rue Saint- Merri, etc.
Cette rubrique nous fournit quelques renseignemens qui ne sont pas sans importance. Nous savons déjà que la rue Sainte-Avoie ne portoit pas encore ce nom à la fin du xin* siècle, et que la rue du Temple se prolongeoit au midi jusqu'à la rue Bar-du-Bec. Le titre qui fait le sujet de cette uote nous apprend encore qu'en 1 293, la rue Bar-du-Bec elle-même n'avoit pas encore son nom moderne, et que la rue du Temple débouchoit dans la rue de la Verrerie. En outre, il précise l'endroit où la rue Saint-Merry finissoitet où commençoit la rue de la Verrerie. Nous avons déjà vu, dans la première rubrique de la première quête, que la rue Saint-Merry alloit de la rue Saint-Martin jusques au coin de la rue de la Poterie. Puisque le prolongement de cette rue prenoit le nom de la Verrerie avant d'arriver à la rue du Temple (aujourd'hui rue Bar-du-Bec) , il est évident que la rue de la Verrerie commençoit au coin de la Poterie opposé à celui qui servoit de limite à la rue Saint-Merry.
C'est à l'endroit où débouche dans la rue Saint-Martin la rue Neuve-Saint- Merry que se trouvoit une porte de la première enceinte de Paris qu'on nommoit l'Archet Saint-Merry. Raoul de Presles dit que de son temps il existoit encore un des côtés de cette porte (c).
(a) Page 78.
(*) Sauvai , tome II , p. i45. — Lebeuf, Notes sur Guillot de Paris, tome I , page 5ga. — Jaillot, tome III , quartier de la Grève, p. 39.
(c) Mémoires de t Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, toAe XX , p. 482.
Note 8, Page 74.
Tout contreval la rue Saint-Merri.
C'est le côté septentrional de la rue de la Verrerie compris entre la rue Saint-Martin et la rue du Renard. Le recensement du côté opposé se trouve dans la première quête.
Note g, Page 74.
En la rue du Temple.
Je viens d'établir qu'en 129a la rue Bar-du-Bec s'appeloit rue du Temple de même que la rue Saiute-Avoie. Mais le rôle de 1 3i 3 mentionne déjà la Barre-du-Bec(à). Sauvai donne plusieurs étymologies de ce nom; la véritable est celle qu'il tire du nom d'une abbaye de Normandie appelée Notre- Dame du Bec-Hellouin. La rue Bar-du-Bec est désignée en effet dans le poème de Guillot de Paris sous le nom de rue de Vabhaye du Bec-Hellouin (b). L'abbé de N.-D. du Bec-Hellouin avoit probablement là un hôtel qui aura donné son nom à la rue, comme l'hôtel des moines de Joyenval a fait donner pendant long-temps à la rue des Orfèvres le nom de rue aus moines de Jenvau.
Note 10, Page 75.
La rue Anès-la-Bouchière.
Sauvai parle de cette rue comme d'une rue qui existoit encore de son temps (c). Elle se trouve plusieurs fois mentionnée dans les Comptes de la Prévôté de Paris } publiés par Sauvai à la En de son troisième volume , mais sans aucune indication des rues dans lesquelles elle aboutissoit. On y lit seulement qu'elle étoit située près le carrefour du Temple. J'en ai vainement cherché quelque mention dans Gorrozet. Jaillot pense que c'est au commencement de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, à partir du coiu de la rue Bar-du-Bec, que s'appliquoit autrefois la désignation de rue Dame- Anès-la- Bouchière (d) ; mais je ne puis adopter cette opinion. Le titre géuéral qui est en tète de la deuxième quête de la paroisse Saint-Merry, circonscrit cette
(a) Page 80. (c) Livre II , page 107.
(*) Lebeuf, tome I , f. 5tf. «I JaiHot.t. III,quartier Sainte-Avoie,p.3!.
NOTES. 3^5 quête, dont la rue Anès-la-Bouchièrc fait partie, au carré compris entre la rue Saint-Martin, la rue Neuve-Saint-Merry , la rue Bar-du-Bec et la rue de la Verrerie. Cette délimitation n'est peutrêtre pas très rigoureuse , et on peut supposer, sans invraisemblance, que la deuxième quête de la paroisse Saint-Merry s'étendoit un peu hors de ce carré. Mais si l'on suppose que la rue Anès-la-Bouchière est la même chose que le bout occidental de la rue Sainte-Croix de la Brctonnerie, on est forcé d'admettre que l'écart de notre deuxième quête, hors du carré tracé par la rubrique générale, est presque aussi considérable que l'espace renfermé dans le carré lui-même. En effet, immédiatement après la rue Anès-la-Bouchière se trouve dans la même quête la rue de la Bretonnerie. La première de ces deux désignations s'appliquant à la partie occidentale de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, désigner* m 1 la portion comprise entre la rue Bar-du-Bec et la rue de l'Homme- Armé, qui est le premier aboutissant de la rue Sainte-Croix, et ce n'est qu'à l'est de la rue de l'Homme-Armé que commenceroit la Bretonnerie, qui est aussi comprise dans la deuxième quête de la paroisse Saint-Merry. Cette supposition est inadmissible ; car, non seulement la deuxième quête de la paroisse Saint-Merry, mais la paroisse elle-même ne s'étendoit pas au-delà de la rue de l'Homme-Armé, comme on peut s'en convaincra en parcourant les rubriques de notre manuscrit. Ainsi c'est le bout occidental de la rue Sainte- Croix de la Bretonnerie qui est désigné dans la deuxième quête de la paroisse Saint-Merry sous le nom de la Bretonnerie et le nom d' Anès-la-Bouchière n'a plus aujourd'hui d'application. C'étoit probablement une petite ruelle latérale , donnant d'un côté dans la rue Bar-du-Bec et de l'autre dans la rue des Billettcs : je reviendrai ailleurs sur ce sujet.
Note i i , Page 75.
Rue de la Bretonnerie.
On dit aujourd'hui rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Note 12, Page -6.
En Vencloistre Saint-Merri.
L'ancien cloître Saint-Merry est représenté aujourd'hui par la rue à laquelle il a laissé son nom , et qui environne l'église au nord et à l'orient.
a46 NOTES.
Note i3 , Page 77.
En la rue de Baille-Hoê.
C'est aujourd'hui la rue Brisemiche. (a)
Jaillot U>) prétend que la rue Brisemiche n'a été ouverte qu'au commencement du xv« siècle, et qu'auparavant il n'y avoit en cet endroit que la rue Taille-Pain, aboutissant par un bout dans le cloître Saint-Merry et par l'autre en décrivant une courbe, dans la rue Neuve Saint-Merry. Cette assertion auroit besoin d'être prouvée : mais, en la supposant vraie, il est hors de doute qu'au xni* siècle il existait au moins la partie supérieure de la rue Brisemiche, qui conduit de la rue Neuve Saintr-Merry dans la rue Taille-Pain , et qui devoit avoir un nom différent de celui de cette dernière rue puisqu'elle a une direction toute différente. Ce seroit donc l'extrémité septentrionale de la rue Brisemiche qui aurait porté au xiu* siècle le nom de Baille-Hoë. C'est ce qui explique pourquoi Corrozet fait entrer à la fois dans sa liste des rues de Paris les rues Taillepain, Brisemiche et Baille-Hou.
Jaillot me semble avoir du reste fixé d'une manière plausible l'étymologie de ces petites rues. Suivant lui , les noms de Brise-Pain, Tranche-Pain, Taille-Pain et Brisemiche rappellent évidemment les distributions des pains du chapitre qui se faisoient, suivant l'usage, aux chanoines de la collégiale de Saint-Merry. Peut-être le nom de Baille-Hoë ou baiUe-oê doit-il aussi son origine à quelques distributions du même genre, mais un peu moins frugales.
Note 14, Page 77.
En la Court Bobert de Paris.
C'est maintenant la rue du Renard Saint-Merry (c).
Note i5, Pagb 77.
La petite Bouderie encoste par devers la rue du Temple, tout fendant en ce costé jusques à la poterne Nicholas Huidelon.
La position de la poterne Ni colas -Huidelon est maintenant connue ; elle étoit à l'extrémité septentrionale de la rue Beaubourg. La Petite- Bouderie,
(a) Sauvai , livre II , page 121 . (c) Jaillot, tome II , quartier Saint-Martin,
(*) Tome II , quartier Saint-Martiu , p. 7. page 87.
d by Oooglc
NOTES. 247 qui conduirait tout fendant jusques à la poterne, doit donc être la rue du Poirier, qui fait suite, au midi, à la rue Beaubourg. Sauvai cite un accord fait entre le Roi et l'église de Sainl-Merry , en 1 273, où la rue du Poirier est nommée Parva-Boucheria (a). Mais comme Guillot de Paris, le rôle de i3i5 et notre manuscrit s'accordent à lui donner le nom de Bouderie, je crois que dans l'acte que cite Sauvai le nom de la rue aura été altéré par le copiste. Cette conjecture est d'autant plus fondée qu'entre Boucheria et Boucleria il n'y a de différence que pour une seule lettre. Ce qui est certain , c'est que Sauvai se trompe lorsqu'il assure au même endroit que la rue du Poirier s'est aussi appelée rue Espaulart (b). Le rôle de i3i3, contenant à la fois et la Petite- Bouderie et la rue Espaulart , toutes deux dans la paroisse Saint-Merry , mais dans deux arrondissemens différens , prouve suffisamment que les noms à" Espaulart et de Petite Bouderie ne pouvoient s'appliquer à la même rue.
Que sera donc cette rue Espaulart dont je ne trouve pas de mention dans notre manuscrit? Le rôle de 1 3i3 (c) la place dans la quatrième quête de la paroisse Saint-Merry, immédiatement après une rue qu'il nomme rue de Buef et oëy et qui, ainsi que la rue Espaulart, doit aboutir dans la rue Neuve Saint-Merry. Or, cette dernière rue a des aboutissans des deux côtés. Au nord, nous n'en connoissons aujourd'hui que trois : la rue du Poirier, la rue Pierre-au-Lard et le cul-de-sac du Bœuf. Au sud, la rue Neuve Saint-Merry a pour aboutissans la rue du Renaid et la rue Brisemiche. La rue Brisemiche est mentionnée au rôle de i3i3, comme dans notre manuscrit, sous le nom de Baille-Houe (d). La rue du Renard y est désignée sous le nom de la court Robert-de-Paris ; la rue du Poirier sous celui de la Petite-Bouderie, et la rue Pierre-au-Lard sous le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Il ne reste donc plus que l'impasse du Bœuf, mais on ne peut se refuser à la reconnoitre, malgré une légère altération de l'ancien nom, dans le cul-de-sac de Buef et Oë. Il faudroît donc , pour restituer avec certitude l'ancienne rue Espaulart, trouver un des aboutissans de la rue Neuve Saint-Merry que je viens de désigner , auquel deux noms pussent convenir à la fois. Jaillot (e) nous apprend qu'anciennement la rue Pierre-au-Lard, qui a deux parties bien distinctes, avoit aussi deux désignations différentes. I*
(a) Livre II , page i58. (c) Page 86.
(£) Ailleurs (livre II , p. 170) Sauvai place (dj Page 8a.
la rue Guillaume-Espaulart au nombre de (e) Tome II, quartier Saint-Martin, p. 85. celles dont il ne sauroit indiquer la position.
partie de cette rue qui aboutit dans la rue du Poirier s'appeloit rue Pierreau-Lart, nom que conserve encore aujourd'hui toute la rue ; et la partie qui débouche dans la rue Neuve Saint-Merry se nommoit rue Guillaume Espaulart ou simplement rue Espaulart.
Notes 16, Page 78.
Biau-Bourc.
On dit aujourd'hui rue Beaubourg.
La rue Giefroi-V Angevin.
On écrit actuellement rue Geoflroi-1' Angevin.
Note 18, Page 80.
Rue Neuve»
C'est la rue Neuve Saintr-Merry.
Note 19, Page 80.
La rue Pierre-au-Lari.
Cette rue a conservé jusqu'à nos jours son ancienne dénomination. Elle est actuellement fermée de grilles ainsi que l'impasse du Bœuf. Dans ses notes sur Guillot de Paris, l'abbé Lebcuf voudrait qu'on écrivît en deux mots Pierre Aulard (a). Il suppose que notre rue a pris son nom des ancêtres d'un Pierre Aulard qui, en i4»9, légua, par testament, au Saint- Esprit en Grève, quatre livres de rentes sur une maison sise rue des Prêcheurs. Mais, outre qu'il n'est pas prouvé que la famille Aulard existât au Ml* siècle, je ferai observer que notre manuscrit écrit bien distinctement le nom de cette rue en trois mois : rue Pierre-au-LaH , que Guillot de Paris écrit rue Pierre o Lart et le rôle de 1 3i 3 {b) rue Pierre Alart, ce qu'il faudrait peut-être lire aussi en trois mots Pierre à Lart. Enfin, ni dans notre manuscrit, ni dans le rôle de i3i3, ni dans aucun des actes que Sauvai a cités, on ne trouve le nom de cette rue écrit Pierre Aulard , en un seul mot,
(a) Tome I , page 593. {6) Page 87.
NOTES. a49
ni même Pierre A ulart, comme le porte la liste des rues de Paris au XVe siècle. 11 faut donc, je crois, s'en tenir à la plus ancienne orthographe, quelque bizarre qu'elle paroisse, et ne pas chercher à expliquer, par des conjectures sans fondement, un nom qui n'est pas plus extraordinaire que celui de la Pierre-au-Lel ou la Pierre-au-Lait que nous verrons plus bas , et dont ni Sauvai ni Lebeuf n'ont essayé de donner l'étymologie.
Note 20, Page 81.
La rue Anfroi-des-Grès.
Cette rue ne se trouve ni dans le poème de Guillot de Paris, ni dans le rôle de 1 3 1 3. Sauvai dit avoir vu un accord fait en 1273 entre Philippe-le- Hardi et le chapitre de Saint- Merry, dans lequel notre rue, désignée par ces mots : Viens Auffredi de Gressibus, est indiquée comme aboutissant dans la rue Neuve Sainl-Merry; mais il ne sauroit, dit^il, la rétablir (a). Jaillot (b) assure que c'est l'ancien nom de la partie de la rue Pierre-au-Lart qui aboutit dans la rue Neuve Saint-Merry. Ce nom, selon lui, auroitété en usage pendant le xm" siècle, et, au xiV, aurait été remplacé par celui de Espaulart.
Je remarque en effet que cette rue est nommée immédiatement après la rue Pierre-au-Lard et avant la rue du Temple, circonstance qui rcstrciut singulièrement les bornes de l'espace dans lequel il faut la chercher. Or, dans ces limites, je trouve encore aujourd'hui le cul-de-sac du Bœuf, qui est désigné par le rôle de i3i3 sous le nom de Buef et Oë, mais dont notre ma-nuscrit ne fait aucune mention sous ce nom ni sous tout autre nom semblable. C'est peut-être à ce cul-de-sac que l'on donuoit primitivement le nom de rue Anfroi~des-Grés ; car Jaillot, qui affirme que ce noms'appliquoit anciennement à la partie méridionale de la rue Pierre-au-Lard, ne prouve pas son assertion.
Quoi qu'il en soit, c'est, je crois, dans le cul-dc-sac du Bœuf que demeurait Raoul de Presles, dont j'ai quelquefois invoqué l'autorité. En effet, on trouve dans l'Histoire de la ville et du diocèse de Paris (c) que cet auteur habitoit la rue Neuve Saint-Merry près du coin de la rue Sainte-Avoie. Lebeuf ajoute : « J'ai lu dans un mémorial delà chambra des comptes que le Roi lui avoitac- « cordé (à Raoul de Presles) la permission de faire une saillie pour aller d'uni;
(a) Tome I , page '169. (<•) Tome I, p. 264.
(ù) Tome II, quartier Saint-Martin, p. 85.
i5o NOTES.
« sienue maison en l'autre, en la même rue Neuve Saint-Merry, une ruelle h entre deux. » Cette ruelle ne peut être que l'impasse du Bœuf, car il n'y en a pas d'autre qui donne dans le bout oriental de la rue Neuve Saint-Merry , et, de plus, le plan de 1609 marque dans cette impasse une saillie ou communication, du genre de celle dont parle l'abbé Lebeuf.
Note ai , Page 81 .
La porte du Temple.
J'ai fixé plus haut la position de cette ancienne porte dans la rue Sainle- Avoie, un peu au midi de la rue de Braque.
Note 22, Page 85.
La rue Eudebourc-la- Tresfilière.
Sauvai n'a pu indiquer la position de cette rue ; l'abbé Lebeuf, dans ses notes sur le poème de Guillot de Paris, pense que le nom de Eudebourc-la- Tresfilière se donnoit anciennement à la rue de Venise. J'adopte pleinement son opinion. La rue de Venise est la seule à qui puisse convenir le rang qu'occupe dans notre quête la rue Eudebourc4a-Tresfdière. Le premier des trois mots qui composent le nom de cette rue est écrit de plusieurs manières différentes dans les anciens titres et dans les auteurs. Mais l'ancienne orthographe varie tellement, surtout pour les noms propres, qu'il est impossible de se faire à ce sujet une opinion arrêtée , sans s'exposer à la voir bientôt renversée par un nouveau document qu'on n'avoit pas connu d'abord.
Note 25, Page 86.
En la rue de Bière.
La rue de Bière ne se trouve pas dans le poème de Guillot de Paris. Sauvai n'en parle pas, et je l'ai vainement cherchée dans les anciens plans. Jaillot (a) pense, et avec raison je crois, que la rue de Bière n'est autre chose que le cul-de-sac de Venise.
Dans le rôle de i3 1 3 , la paroisse de Saint-Merry est divisée en sept arrondissemens ou quêtes. Ce rôle contient cependant peu de localités qui ne soient pas désignées dans notre manuscrit. Ce sont; i°. Cler-Vaus, aujourd'hui impasse Clairvaux, donnant dans la rue Saint-Martin ; 2°. la rue
{a) Tome I, quartier Saint-Jacques, p. 77.
NOTES. a5i Jean-Paulée ; 3°. le grand et le petit Cul-de-Sec ; 4°. la ruelle de Cul-de-Pet; 5°. la rue Dorée; 6°. Poitronville. J'espère les rétablir dune manière certaine. Mais, avant d'entrer en discussion, je dois dire un mot d'un changement qui s'est opéré dans les noms des culs-de-sac existent encore aujourd'hui des deux côtés de la rue Beaubourg.
Lorsque Sauvai parie du cul-de-sac Berthaud , il entend par ce mot, non pas le cul-de-sac Berthaud actuel, mais celui qui est un peu plus haut, du côté opposé, dans la rue Beaubourg, et que nous appelons aujourd'hui impasse des cinglais. Le cul-de-sac désigné à présent sous le nom d'impasse Berthaud se nomment , au temps de Sauvai, rue des Truies. Cette explication étoit nécessaire pour l'intelligence de ce qui va suivre.
J'ai déjà réfuté le passage où Sauvai prétend que la rue Beaubourg seseroit autrefois appelée rue de cul-de-sac le Grand et de cul-de-sac le Petit. Mais ces dénominations très fréquemment répétées sans doute dans les anciens titres , ont beaucoup embarrassé cet auteur, qui ne sait à quelles localités il doit les appliquer. Suivant lui, le nom de cul-de-sac le Grand désigne tantôt la rue Beaubourg, et tantôt la rue dés Truies (aujourd'hui cul-de-sac Berthaud); enfin, d'après lui, la rue Geoffroi- l'Angevin se seroit aussi nommée rue de Cul-deSac (a). Il donne même à cette dernière rue encore un autre nom, et ici il a commis la même erreur que pour la rue Beaubourg, c'est-à-dire qu'il attribue à la rue elle-même le nom d'un cul-de-sac aboutissant dans cette rue.
« La rue Geoffroi-l'Angevin, dit Sauvai, avoit nom en 1 273 vieus sine cau pile quivocatur Cul-de-Pet; en 1389 une ruelle sans bout nommée Cul-de- » Pet; et en i44^ la rue de Cul-de-Sac. A présent elle a uu bout dans la rue « Beaubourg et l'autre à la rue Sainte-Avoie. »
Si, en i38g, la rue Geoffroi-l'Angevin n'eût été qu'une ruelle sans bout, Gui Ilot de Paris, qui écrivoit certainement avant cette époque, ne l'auroif pas comprise dans son poème d'où les culs-de-sacs sont exclus. Ce n'est donc pas à cette rue que peut s'appliquer cette dénomination : la ruelle de Culde-Pet. Une autre preuve, non moins concluante , c'est que le rôle de i3i 3, où se trouve mentionnée la ruelle de Cul-de-Pet, renferme également la rue GeofFroy-1' Angevin, et que cette dernière rue contient vingt-sept contribuables, tandis qu'il n'y en a pas un seul dans la ruelle de Cul-de-Pet. Mais je remarque que cette ruelle devoit être voisine de la rue Geoffroi-l'Angevin, puisqu'on a pu les confondre, et qu'elle est mentionnée dans le rôle de 1 3 1 5 immédiatement après la rue Geoffroi-l'Angevin. De plus, j'apprends par Sau-
ta) Livre II, pages 114, 166, i39.
35a NOTES.
val lui-même (a), qu'il y avoit de son temps dans la rue GeofTroi-1' Angevin , au nord de cette rue, un cul-de-sac dont la direction pouvoit faire croire qu'autrefois la rue des Truies (aujourd'hui impasse Berthaud) retournoit en équerre vers ce cul-de-sac et ne faisoit avec lui qu'une seule et même rue. Il faut donc que le nom de ruelle de Cul-de-Pet désignât autrefois ce cul-desac dont il n'existe plus de traces aujourd'hui. Ce qui achève de lever toute espèce de doute à cet égard, c'est la mention qui se trouve dans une transaction faite en 1 38g, entre le Roi et le prévôt- de Paris d'une part , le doyen et le chapitre de l'église de Paris de l'autre, dune maison, rue G eoffroy'-V Angevin, à l'enseigne de la Corne, à l opposite d'une ruelle sans bout, nommée Cul de- Pet (b).
Nous savons déjà ce qu'il faut entendre par le grand Cul-de-Sac ou le cul-de-sac le Grand. Le petit Cul-de-Sac est le cul-de-sac des Anglais, situé dans la rue Beaubourg, à l'opposite du cul-desac le Grand ou cul-de-sac Berthaud (c).
La rue Jean-Paulée, nommée en téte de la sixième quête Saint-Merry , immédiatement avant la rue des Petits-Champs, doit être la rue du Maure, qu'on a aussi appelée autrefois la Cour du Maure et la Cour des Morts. Sauvai (d) assure que la court du More s'appeloit en i33o la rue Palée (e).
Jaillot (/)dit quelques mots de la rue Dorée, mais son indication est vague et obscure. Tout ce qu'on peut en conclure c'est qu'elle étoit dans la rue Saint-Martin , près de celle de la Verrerie. Je ne vois que le cul-de-sac Saint- Fiacre à qui cette ancienne désignation puisse convenir.
Enfin , quant à la localité désignée sous le nom de Poitronville , Jaillot (g), qui a connu le rôle de 1 3 1 3, n'hésite pas à reconnoitre, sous cette désignation , le village de Belleville près Paris. L'éloignement de ce lieu peut d'abord faire douter de l'exactitude de celte interprétation. Cependant nous verrons , dans le recensement de la partie méridionale de Paris , que la ville de Lourcines, quoiqu'aussi éloignée de l'église de Saint-Séverin que Belleville l'est de l'église Saint-Merry, faisoit cependant partie de la paroisse Saint-Séverin. Il est donc possible que la localité désignée dans le rôle de i3i3 sous le nom de Poitronville ne soit autre chose en elfct que le village de Bel-
(a) Livre II , p. 166. (e) Voyez aussi Jaillot, tome II, quartier
(b) Sauvai , Preuves , page 78. Saint-Martin , p. i3.
(c) Jaillot, tome II, quartier Saint-Martin, (/) Tome III, quartier Sainte- Avoie , page 6. p. 9,10.
(rf) Livre II , page 129. {g) Tome III , quartier du Temple, p. 44.
NOTES. s53 leville. Jaîllot suppose même, et ce n'est peut-être pas sans fondement, que l'ancien nom de Belleville est une corruptiou du nom de Pétri Villa qu'on avoit donné à cet endroit à cause de sa dépendance de Saint-Merry, qui étoit primitivement une chapelle sous l'invocation de saint Pierre.