LA PAROISSE SAINT-GERMAIN-LE- VIEUX
Note i , Page i3g.
L'église de Saint-Germain-le-Vieux étoit la moins ancienne des trois églises qui portoient autrefois le nom de Saint-Germain. Aussi l'abbé Lebeuf (e) veut-il qu'on écrive, non pas Saint-Germain-le-Vieux, Sanctus Germanus Vêtus, mais Saint-Germain -l'Evicux , Sanctus Germanus Aquosus, parce que cette église étoit située sur le bord de la rivière, dans un lieu marécageux qu'on nommoitMarché-Palu. Jaillot (/) combat cette opinion : la première raison qu'il en donne et qui me semble décisive, c'est qu'anciennement on ne disoit pas Saint-Germain-le-Z^/eM^r, mais Saint-Germain-lc-,^ iel ou le Vieil, mot qu'on ne peut certainement regarder comme une altération du mot Êvieux , qui du reste ne paroit pas avoir jamais été en usage.
Sur l'emplacement de l'ancienne église de Saint-Germain-le-Vieux existe un passage qui porte le même nom et aboutit, d'un côté, au Marché-Neuf, de
(a) Page i54-
(6) Livre II, p. t$5.
(c) Lebeuf. tome I , page 5^6.
(d) Ibid.
(e) Tome I, page 4^9*
(/") Tome I , quartier de la Ciu- , p. 8a.
ug8 NOTES.
l'autre dans la rue de la Calandre, en face de la rue aux Fèves. On voit encore quelques ruines de l'ancienne église à droite et à gauche du passage.
Notes a et 3, Page 140.
Le porche Pierre-la-Pie.
La ruèle Porte-Buche.
La circonscription de la paroisse de Saint-Germain-le-Vieox, telle qne la donne l'abbé Lebeuf , n'avoit qne quatre ou cinq maisons dans le côté occidental de la rue de la Juiverie près de l'église. Ainsi, quoique la mention de la rue de la Juiverie précède immédiatement les deux rubriques qui font l'objet de cette note, ce n'est pas de ce côté qu'il faut chercher la ruelle PorterBuche et le porche Pierre-la-Pie. Mais notre paroisse comprenoit, à l'ouest , tout le pâté de maisons borné au nord par la rue de la Calandre, et au midi par la rue du Marché-Neuf. Or, dans ce massif d'édifices se trouve une rue, perpendiculaire à la Seine, qu'on appeloit, au xvn* siècle, rue d'Escaraussons et qu'on nomme aujourd'hui rue des Cargaisons. Elle donne sur le Marché-Neuf entre les n8* 24 a6, et perçoit autrefois dans la rue de la Calandre, un peu à l'ouest de la rue Saint-Éloy. L'entrée de la rue des Cargaisons, vers le Marché-Neuf existe encore, mais elle est condamnée. Le bout septentrional, qui devrait aboutir dans la rue de la Calandre, est entièrement masqué par les maisons.
A peu près au milieu de la rue des Cargaisons , à l'est, est un cul-de-sac assez étendu, aboutissant dans cette rue, et parallèle à la rue de la Calandre et au Marché-Neuf. Voilà, je crois, les deux localités qui sont désignées dans uos deux rubriques. La rue des Cargaisons étoit autrefois le porche Pierre-la-Pie, et le cul-de-sac aboutissant , la ruelle Porte-Buche. Je ne prétends au reste présenter mon opinion que comme une simple conjecture, à laquelle chacun donnera la valeur qu'il jugera convenable. J'ajouterai cependant que les deux rues étoient assez importantes , surtout eu égard au peu d'étendue de la paroisse, pour mériter une mention, et que toutes les autres rues du voisinage étant connues , on ne risque guère de s'écarter de la vérité en appliquant à la rue des Cargaisons et à son cul-de-sac, les deux seules désignations incertaines que renferme le recensement de cette paroisse.
L'Orberie.
D'après Sauvai et l'abbé Lebeuf (a) , la rue de la Calandre ne portoit anciennement ce nom que depuis la rue de la Barillerie jusques à la rue Saint-Éloy, et l'extrémité orientale de la même rue, du côté de Sainb-Germainle-Vieux, s'appeloit YOrberie ou la Grant-Orberie. Jaillot combat cette opinion. Suivant cet auteur (£), le nom de YOrberie désignoit anciennement la rue ou la place que nous appelons actuellement le Marché-Neuf. Les anciens titres qu'il cite à l'appui de son assertion ne me semblent pas, à la vérité, aussi concluans qu'il paroit le croire. Us prouvent cependant que YOrberie étoit bien près de la Seine, qu'une même ruelle conduisoit à la rue de l'Orbcrie et à la rivière, enfin que cette rue de l'Orberie étoit bouchée du côté de Notre-Dame. Mais une preuve péremptoire est celle que tire Jaillot d'un passage de Dubreul , qui appelle notre rue YHerberie. Cet ancien auteur, contemporain des faits qu'il rapporte , dit qu'en i55y, on ouvrit le passage de la rue de YHerberie, maintenant dite le Marché -Neuf. On trouve en effet, dans les registres de la chambre des comptes, l'indication de quelques maisons qui furent abattues à cette occasion, et des indemnités que recurent leurs propriétaires.