LA PAROISSE SAÏNT-SÉVERIN
Note 1 , Page 149.
La première quête de la paroisse Saint-Séverin renferme l'espace triangulaire borné par les rues de laBucherie, du Petit-Pont, Saint>Jacques , des Noyers et la place Maubert. Elle a un écart assez éloigné, au midi de Paris, du côté du Panthéon.
Autrefois la rue Saint-Jacques se nommoit simplement la Grand-Rue.
(a) Page i58.
(i) Tome f , page 574.
I, quartier de la Cité,
3io NOTES.
Note a, Page i5o.
La rue des Plastriers.
C'est aujourd'hui la rue du Plâtre. Elle donne par un bout dans la rue Saint-Jacques , et par l'autre dans la rue des Anglais.
Note 3, Page i5o.
En la rue de Guellande.
On dit actuellement rue Galande. .
Note 4» Page i5i.
Et du bout du quarrefourc Saint-Sevrin revenez en Guerlande, là ou la
parroisse Saint-Sevrin faut.
Le carrefour Saint-Séverin est formé par les rues du Petit-Pont, Saint- Séverin, Saint-Julien et Galande. Ces mots là où la parroisse Saint-Sevrin faut (a) indiquent que la paroisse n'avoit pas en entier le côté de la rue Galande dont il est ici question. En effet , nous apprenons par l'abbé Lebeuf (b) que le côté droit de la rue Galande appartenoit tout entier à la paroisse Sain t-Séver in jusqu'à la rue des Anglais, mais que du côté opposé, la même paroisse ne comprenoit que les onze premières maisons de la rue.
Note 5, Page i5a.
Et puis revenez à Lourcinnes, au chief de la ville, par de là les Rendues.
Lorsque l'imagination se reporte à la position de la rue qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de I'Oursine, on ne peut se persuader que la paroisse de Saint-Séverin se soit jamais étendue jusqu'à celte rue. Mais il faut savoir qu'autrefois cette paroisse existoit presque seule dans la partie méridionale de Paris, appelée l'Université (c). Les paroisses de Saint-André, de Saint- Cosme , de Saint-Etienne-du-Mont , de Saint-Sulpice et de Saint-Jacques, sont d'une création moins ancienne, et quoique la plupart de ces dernières existassent déjà en 1 292, elles n'avoient cependant pas restreint considérablement la circonscription de la paroisse Saint-Séverin , puisque dans le
(a) Fini». (c) Lebeuf, tome I , p. i5g.
(*) Tome I , page 1-8.
NOTES. 3u
xvn' siècle, au témoignage de l'abbé Lebeuf et de Jaillot (a), celle-ci s'étcndoit encore dans la rue d'Enfer, jusqu'au couvent des Chartreux , qui étoit situé derrière le Luxembourg, sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'allée de l'Observatoire. Or, l'extrémité méridionale de cette allée est presque aussi reculée au midi que le bout oriental de la rue de l'Oursine. Rien nYmpécheroit donc de croire qu'au xm' siècle, c'est-à-dire près de 5oo ans auparavant, la paroisse de Saint-Séverin rcnfermoit cette rue dans sa circonscription.
Cependant l'on peut encore, en restreignant de beaucoup l'étendue de la paroisse Saint-Séverin, expliquer la rubrique qui fait l'objet de cette note, si l'on fait attention que cette rubrique ne nomme pas la rue de Lourcinnes, mais simplement Lourcinnes. Or Lourcinnes étoil anciennement un bourg situé hors de Paris, sur lequel le chapitre de Saint-Séverin possédoit certains droits, et l'on disoit la ville de Lourcinnes, comme on disoit la ville de Saint-Laurent, la ville de Saint-Marcel, la ville de Saint-Germain-des-Prés. Mais le territoire de Lourcinnes s'étendoit bien plus au nord que la rue qui porte aujourd'hui ce nom.
Sauvai (b) rapporte en son entier une charte de l'an 1 260 , contenant une transaction passée entre le prieur des Chartreux et le curé de Saint- Séverin, relative à des contestations qui s'étoient élevées entre eux sur les droits paroissiaux de l'église de Saint-Séverin. 11 y est dit que l'archiprètre curé de cette église donne, à titre de cens annuel et de ferme perpétuelle, au couvent des Chartreux, toutes les dîmes en blé et en vin qu'il avoit ou pouvoit avoir sur le territoire de Vauvert et sur les terres et vignes adjacentes situées dans les terrages et vignobles de Lourcinnes, et aux environs (c). Ce document va nous servir à fixer les limites du territoire de Lourcinnes, qui étoit, comme on le voit , adjacent à celui de Vauvert.
Vauvert étoit le nom d'un ancien château construit vers l'endroit où commence aujourd'hui, du côté du Luxembourg, l'allée de l'Observatoire,
(a) Jaillot dit dans sa préface, tome I , p. xxiv : « La paroisse de Saint-Séverin sem- « bloit naturellement renfermée dans la ville « par l'enceinte de Philippe-Auguste ; elle a « franchi ses bornes , et en traverse trois ou ■ quatre autres , pour aller exercer ses droits « curiaux sur le monastère des Chartreux et « sur les environs, a
(b) Livre IV, page 422.
(e) Dédit intuper et concessit idem archipresbyter dictis priori et fratribus, ad i cnsutn annnum , si\>c Jirmam perpetuam , décimas omnes et singulas bladi et vint qttas habel du tus archipresbyter vel habere débet in territorio de Valle-Firidi, et in terris et vineis adjocenlibus, in terris et vinei* Bpud Lorcinnos et circo.
5, a NOTES.
et que Saint-Louis donna aux Chartreux en i a5g, pour y établir leur couvent. Les dépendances de ce couvent , bornées d'abord à huit arpens et demi,
furent agrandies par diverses acquisitions que tirent les religieux dans les clos qui les avoisinoient. Elles commençaient au chemin d'issy, un peu à l'ouest de la rue d'Enfer actuelle, et comprenoient une partie du jardin du Luxembourg. C'est de l'autre côté, c'est-à-dire à l'est du chemin d'issy, que commençoit le territoire de Lourcinnes. Ce territoire, que la charte de 1260 désigne par ces mots apud Lorcinnos } est nommé 'ferra de Loco cinerum dans un autre acte de 1245, par lequel l'archiprètre de Saint- Si \eriu se reconnoit redevable de douze deniers par an envers l'abbaye de Sainte-Geneviève , pour cette terre de Lourcinnes. L'abbé Lebeuf (a) pense que cette dénomination est fondée sur ce que, dans ce quartier-là , on avoit découvert ou transporté des terres sablonneuses propres à faire de la poterie, et que de là est venu le nom de Poterie Saint-Séverin 3 par lequel on désiguoit encore , en 1792 , le bout septentrional de la rue d'Ulm, qui donne dans la rue des Fossés-Saint- Jacques , à peu de distance de la rue d'Enfer {b).
Maintenant, je ne prétends pas fixer d'une manière précise la localité que désigne notre rubrique sous le nom de Lourcinnes. Mais comme cette désignation est très vague, et que le territoire de Lourcinnes s'étendoit au nord, comme notre discussion l'a prouvé, presque sous les murs de Paris, on peut, sans difficulté, appliquer celte dénomination de Lourcinnes à une localité dépendante de l'église Sainl-Sévei in , bien plus rapprochée de cette église que De l'est la rue de l'Oursine actuelle.
Je ferai observer en passant que si l'on veut s'en rapporter, pour l élymologie du nom, à l'acte de 1245 cité par l'abbé Lebeuf, il faudrait écrire, non pas l'Oursine, mais Lorcines, avec un c, sans apostrophe, et mieux encore Jjoccines.
{a) Tome I , p. i5g et suiv..
(b) Jaillot , qui trouve cette opinion singulière , la réfute par une conjecture , à mon avis , bien plus bizarre : « Dans tous les titres « de Sainte-Geneviève, dit-il, l'endroit où « cette rue est située , est nommé le clos des « Poteries, le clos des Métairies : il étoit « planté en vignes , qui avoient été baillées à .< la charge de payer le tiers pot en vendange w de redevance seigneuriale. >• Voilà donc , s'écrie Jaillot , la véritable origine du nom de
clos des Poterie». Je laisse à mes lecteurs à décider entre les deux étymologics. J'ajoute qu'il y a , sinon un peu de mauvaise foi , du inoins une grande inadvertance de la part de Jaillot , à soutenir que la rue solitaire dont parle Lebeuf n'a jamais porté le nom de Saint-Séverin, puisque dans un plan de 1792 je la trouve encore désignée de cette manière: Pot. Saint-Séverin ( Voyez Jaillot , tome IV, quartier Saint-Benoit, p. 198, 199}.
NOTES. 3i3
Note 6, Page i5a.
La seconde queste Saint-Sévrin, etc.
Cette deuxième division de la paroisse Saint-Séverin commence au Petit- Pont inclusivement. Elle suit la rue du Petit-Pont jusqu'à la rue Saint- Séverin, comprend le côté septentrional de la rue Saint-Séverin jusqu'à la rue de la Hârpe; puis cette dernière rue, en remontant jusqu'à la rue Serpente; et, en redescendant jusqu'à la Seine, toutes les rues qui donnent dans le côté occidental de la rue de la Harpe. Un coup d'oeil suffit pour se convaincre combien, dans notre manuscrit, l'étendue de cette quête est imparfaitement décrite. Il ne renferme ni la rue de la Huchette, ni les rues Percée, Poupée et de la Vieille-Bouclerie. En revanche, cent trois contribuables sont enregistrés sous cette rubrique : Le commencement de la rue de la Serpent, tandis que le rôle de i3i3 (a) ne mentionne cette dernière rue que comme limite dans la paroisse Saint-Séverin. Aussi je ne doute pas que la rubrique générale placée en téte de la quête, de même que la rubrique du commencement de la rue de la Serpent, ne comprennent le recensement de plusieurs rues qu'on aura négligé d'indiquer chacune par un titre particulier.
La rue de la Huchette, la rue Poupée et la rue Percée sont désignées, dans le rôle de i3i3 (b), par les noms qu'elles portent encore aujourd'hui. Ce rôle contient en outre la Grande et la Petite Bouderie (c). Nous avons déjà trouvé dans la ville une troisième rue de la Bouderie, qui est aujourd'hui représentée par la rue du Poirier. Sauvai {d) ne compte, cependant, que deux rues de ce nom dans Paris, celle de la Ville , et une seconde dans l'Université, qui portoit de son temps, comme de nos jours, le nom de la Bouderie, mais que plus anciennement on appeloit, dit-il , tantôt la rue de la Grande-Bouclerie, tantôt la rue de la Fieille-Bouqueterie, et tantôt, surtout en 1272, X Abreuvoir de Mascon. Cette opinion est réfutée par les indications que nous fournit le rôle de i3i3, dans lequel nous trouvons deux rues de la Bouderie sur la rive gauche de la Seine. Jaillot Çe) pense que la Petite-Bouclerie est la rue de la Bouderie actuelle; que la Grande-Bouclerie est la rue Mâcon ; enfin que c'est la Petite-Bouclerie qu'on a quelquefois nommée rue de l'Abreuvoir-Mâcou, parce qu'elle conduisoit en ligne directe
(a) Page 167. (d) Livre II , p. 118.
(b) Pages 169 et 171. (c) Tome V, quartier Saint-André-des-
(c) Pages 170 et 171. Arcs, p. 44
3i4 NOTES.
à cet abreuvoir. Que la rue actuelle de la Vieille-Bouderie ait porté anciennement le nom de rue de V Abreuvoir-Mâcon, c'est ce qu'on ne peut révoquer
en doute , quoiqu'on puisse se convaincre, par l'inspection des anciens plans, qu'à côté de la rue de la Vieille-Bouclerie, il existait une autre petite rue conduisant directement à l'abreuvoir des comtes de Maçon, et qui en portoit aussi le nom. La paroisse Saint-André-des-Arts étoit limitée à l'orient par la rue de la Vieille-Bouderie. Or la première rubrique de cette paroisse est ainsi conçue dans le rôle de i3i3 (a) : Commence à Vabouvroier de Maçon à destre, et à senestre jusques à la porte Saint-Germain. Ces mots i ' aboiu'roier de Maçon peuvent être regardés sans difficulté comme le nom de la rue de la Vieille-Bouclerie, qui alors auroit porté en 1 5 1 3 deux noms différent. Mais notre manuscrit nous fournit une indication qui ne laisse plus aucun doute sur l'ancien nom de cette rue. La rue de l'Hirondelle aboutissoit autrefois, à l'est, dans la rue de la Vieille-Bouclerie, qui se prolongeoit jusqu'à la rivière, à travers l'emplacement occupé aujourd'hui par la place du pont Saint-Michel. Voici maintenant comment le rôle de 1292 désigne la rue de l'Hirondelle : Cest fa rue de Hyrondale du coing de l'abevrouer ai conte de Maçons jusques au bout d'une part et d'autre. L'abreuvoir des comtes de Maçons étoit situé sur la rivière, un peu à l'est du pont Saint- Michel, et assez loin de la rue de l'Hirondelle. Ce n'est donc pas de l'abreuvoir lui-même qu'il est question dans la rubrique que je viens de citer, mais bien d'une rue portant le nom de Y Abevrouer au Conte de Maçons, et dans laquelle débouchoit la rue de l'Hirondelle. Cette rue ne peut être que la rue de la Vieille-Bouclerie, et c'est la même, à mon avis, que le rôle de i3i3 dési ene sous le nom de Grande-Bouclerie.
Il nous reste à retrouver la rue de la Petite-Bouclerie ; cette rue devoit être voisine de la Grande-Bouclerie et comprise dans la circonscription de la deuxième quête Saint - Scverin. Or, toutes les rues que renferme cette deuxième quête ont été ou vont être nommées. Celles qui ne portoient pas anciennement le même nom que de uos jours peuvent être facilement rétablies. Une seule me seroit donc omise dans notre manuscrit, dans Guillot de Paris, et dans le rôle de i3i3. C'est la rue Mâcon qui, à raison de son importance, mériloit cependant une mention spéciale. Elle est située dans les limites de la deuxième quête de la paroisse Saint-Séverin, et donne par un bout dans la rue delà Vieille-Bouclerie. C'est, sans aucun doute, à cette rue que s'appliquoit anciennement le nom de Petite-Bouclerie.
(«) Page 175.
NOTES. 5i5 On voit que je m'écarte ici de l'opinion de Jaillot qui , pour attribuer à la marche deGuillot de Paris une régularité à laquelle ce poète n'étoit pas tenu de s'astreindre, donne à la rue de la Vieil le-Bouclerie actuelle le nom de Petite-Bouderie , et désigne par le nom de Grande-Bouclerie la rue Mâcou. Il me paroit bien plus simple de m'en tenir au sens naturel des mots, et de voir la Grande-Bouclerie dans la plus large et la plus longue de ces deux nies , et la Petite-Bouclcrie dans celle qui le cède à l'autre pour son importance et son étendue.
Note 7, Page i53.
Cest la rue de Sac-à-Lie .
On reconnoît encore cet ancien nom , quoique singulièrement altéré, dans celui de rue Zacharie.
Note 8, Page i54- Cest la ruèle Hebert-aus-B roches.
Deux motifs me portent à croire que la rue Hebert-aux-Broches donnoit dans la rue de la Huchette. Le premier, c'est que le nom dHebert-aus- Broches désignoit très probablement quelque célèbre rôtisseur, et qu'anciennement les rôtisseries de l'Université étoient dans la rue de la Huchette, comme celles de la Ville dans la me aux Ours. Le deuxième, c'est que le rôle de i3i3 (a) place immédiatement après le recensement de la rue de la Huchette, et avant celui de la rue Zacharie, le recensement de la rue fierté et de la rue Hebert-aus-Broclies , qui est nommée par corruption llèbert-aus-Porches . Or, nous ne connoissons que trois aboutissans à la rue de la Huchette : la vue Zacharie que nous avons déjà trouvée, la rue des T rois- Chandeliers et la rue du Chat qui Pèche. Ces deux dernières rues doivent représenter la rue Berte et la rue Hebert-aux-Broches.
Maintenant, je lis dans Sauvai (b) qu'anciennement la rue des Trois- Chandeliers s'est appelée , d'abord la rue Sac-à-Lie pour être vis-à-vis de la rue Zacharie, qu'on nommoit aussi alors Sac-à-Lie, et, plus tard, rue Thibaut-aux-Broches. On ne peut se refuser à voir dans ce dernier nom une altération de notre désignation de Heberl-aus-B roches qui , dès lors , s'appliqueroit à la rue des Trois-Chandelicrs. Du reste, il est constant que cette rne a porté simultanément les deux noms de rue Hebert-aux-Broches et de rue Sac-à-Lie, car le rôle de 1 3 1 3, après le recensement de la rue Hébert- — — — •
(a) Page 1 70. (*) Lirre II , page ia3.
3i6 NOTES.
aus-Porches , passant immédiatement à celui de la rue Zacharie, appelle cette dernière l'autre rue de Sac-a-Lib.
la rue Hebert-aux-Broches étant actuellement représentée par la rue des Trois-Chandeliers, nous devons nécessairement reconnoître la rue Berte, du rôle de i3i3, dans notre rue du Chat qui Féche. Jaillot (a) est d'un avis contraire : suivant lui ce seroit la rue des Trois-Chandeliers qui représente— roit aujourd'hui la rue Berte ; on l'auroit d'abord appelée Sac-à-Lie parce qu'elle est presque vis-à-vis de la rue Zacharie , et plus tard elle au roit pris le nom de rue Thibaut-aux-Broches. Mais il me semble évident qu'on devoit regarder autrefois comme une seule et même rue, les deux rues qui portoient simultanément le nom de Sac-à-Lie. Or, il est plus naturel d'attribuer cet ancien nom à la rue des Trois-Chandeliers, qui forme une continuation exacte et régulière de la rue Zacharie, qu'à la rue du Chat qui Pèche, qui en est éloignée de plus de dix toises. Maintenant, puisqu'on ne nie pas que ce soit la même rue qui ait porté successivement les noms de rue Sac-à-Lie et de rue Thibaut aux-Broches , l'on doit convenir que ce dernier nom , et celui d'Hebert-aux-Broches qui n'est qu'une variante de la même dénomination, s'appliquent à la rue des Trois-Chandeliers.
De la porte Gibert jusques à la Pane-Vère.
La troisième quête de la paroisse Saint-Séverin est limitée au nord par le côté méridional de la rue Saint-Séverin ; à l'ouest , par la rue de la Harpe dont elle embrasse tout le côté oriental jusqu'à la place Saint-Michel ; et à l'est , par le côté occidental de la rue Saint-Jacques jusqu'à la rue des Mathurins.
On a appelé porte Gibert, Jubert ou Gibard , porte d 'Enfer (b) et porte Saint-Michel , la porte de la Ville qui étoit bâtie à l'extrémité méridionale de la rue de la Harpe, au coin de la place Saint-Michel. Depuis cette porte jusqu'à la rue des Mathurins, la rue de la Harpe se nommoit anciennement rue Saint-Cosme; ce n'étoit que la partie inférieure de la rue qui prenoit le nom de rue de la Harpe.
La rubrique générale qui est en tête de notre troisième quête , nous apprend que la rue de la Harpe aboutissoit au carrefour de la Pane-Vère,
(a) Tome V , quartier Saint-André-des- le manuscrit , où il sert à indiquer la demeure Arcs, p. 45- d'un des contribuables. Voyez page i5c>,
(6) Le nom de porte d'Enfer se trouye dans col. 2.
et que, de oe carrefour, on alloit, en passant devant l'église Saint-Séverin, jusques au travail au fèvre{a). Or, nous voyons dans la gronde rubrique, qui est en téte de la quête précédente, que le travail dont il est ici question se trouvoit au carrefour Saint-Séverin , au bout oriental de la rue du même nom. Le carrefour de la Pane-Vère étoit donc au bout occidental de la même rue. C'est le carrefour formé par la jonction des rues de la Harpe , Màcon, Saint-Séverin et de la Bouderie.
Note io, Page i55.
Item : puis la Penne jusques au Travail.
Les mots penne, pane, panne, a voient la même signification et la même origine, pannus. Penne-vère ou pane-vère signifioit un lambeau d'étoffe de diverses couleurs. C'étoit probablement une enseigne où étoit peinte une pane-vère qui avoit fait donner ce nom au carrefour où elle se trouvoit.
Notre rubrique s'applique, du reste, au côté méridional de la rue Saint- Séverin .
Note i i , Page i56.
Item : puis le Travaill jusques a Saint-Matelin.
L'église de Saint-Matelin ou Saint-Mathurin , et le couvent des religieux qu'on nommoit Mathurins, ont existé jusqu'à la lin du siècle dernier, dans la rue Saintr Jacques , entre la rue des Mathurins et la rue du Foin, dans laquelle se trouvoit la principale entrée 4u couvent et de l'église. Les ruines des anciennes constructions se voient encore dans la cour qui sépare les maisons n°* 4 et 6 de la rue des Mathurins , et deux murs de l'ancienne église sont conservés, presque en entier, dans les deux côtés de la maison qui forme le coin septentrional de la même rue vers la rue Saint-Jacques. La rubrique, qui fait le sujet de cette note, comprend la partie inférieure de la rue Saint- Jacques, depuis le coin de la rue des Mathurins jusqu'au carrefour Saint- Séverin.
Note 12, Page i56.
La rue aus Maçons.
C'est aujourd'hui la rue des Maçons- Sorbonne. La rue de Sorbonne existoit déjà en 1 281 , avec le nom qu'elle porte encore aujourd'hui (b). Entre
(a) On sait que le root travail signifie une pièce de charpente dans laquelle les maréchaux attachent les boeufs et les chevaux fougueux pour les ferrer plus facilement.
(b) Jaillot, tome V, quartier Saint- André , p. 1 3^.
5i8 NOTES.
ces deux rues, il en existait une autre qui suivoit la même direction , et qu'on nommoit rue Coupe-Gueule; enfin , on désignoit sous le nom de rue Coupe-Gorge une petite ruelle qui s'étendoit entre les murs de la Ville et le couvent des Jacobins (a).
Note i3, Page i56.
La rue au Fain.
C'est ainsi qu'on orthographioit autrefois le nom de la rue du Foin.
Note 14, Page i56.
La rue Érembourc-de-Brie.
Cet ancien nom n'est pas encore entièrement perdu; on en trouve des traces assez reconnoissables dans le nom de Boutebrie, par lequel on désigne actuellement la rue indiquée dans notre rubrique.
Note i5, Page 157.
La rue ans Escrwairu.
Le nom de la rue aus Escrivains devoit son origine à la profession qu'exerçoient la plus grande partie de ses habitons. Le nom moderne est tiré de la matière qui servoit principalement à l'exercice de cette profession. La rue désignée dans notre rubrique se nomme aujourd'hui rue de la Parcheminerie. Il y existe, en effet, plusieurs fabriques de parchemin.
JNote 16, Page 167.
La ruèle Saint-Sévrin.
La rue des Prêtres Saint-Séverin s'appeloit anciennement, d'après Sauvai, la rue de l'Arci-Prétre et la ruelle Saint-Séverin. Mais cet auteur se trompe lorsqu'il dit qu'elle ne prit ce dernier nom qu'en i386. Elle le portoit déjà, comme on le voit, près d'un siècle auparavant.
(a) Voyez Sauvai , livre II , p. 168 , 169. — Jaillot , 1. c.