LA PAROISSE SAÏNT-ANDRÉ-DES-ARTS
Note i , Page i .^7.
L'église paroissiale de Saint-André-des-Arts étoit située sur l'emplacement où se trouve aujourd'hui la place du même nom. J'ai suivi dans mes notes l'orthographe actuelle, sans rechercher si c'est la plus conforme à l'étymologie du nom de la paroisse ; mais je dirai quelques mots sur les trois différentes manières d'écrire ce nom, et les raisons qu'on allègue pour justifier chacune d'elles. Ceux qui écrivent, comme le rôle de i3i3, Saint- André- des- A rs, donnent à cette dénomination la même origine qu'à celle des rues des Arsis et de Saint-Pierre des Arsis, c'est-à-dire l'invasion et l'incendie de Paris par les Normands. Mais il faut avouer ou que cette opinion est sans fondement, ou qu'on s'est avisé bien tard de perpétuer, dans le surnom de l'église et du quartier Saint-André, le souvenir des désastres de la capitale. L'abbé Lcbeuf (a), qui adopte celte étyinologie, est forcé de convenir qu'avant le xiv' siècle on ne trouve aucun acte qui puisse la justifier. Le plus souvent même, l'église de Saint-André est désignée sans surnom, comme dans notre manuscrit et dans le Dit des Moustiers de Paris, publié par M. M éon, dans sa nouvelle édition des Fabliaux et Contes de Barbazan (b).
Sauvai (c) voudroit qn'on écrivit Saint-André-de-Laas, parce qu'on appeloit autrefois Laos un vignoble qui s'étendoit sur la rive gauche de la Seine, et sur lequel auroit été bâtie l'église de Saint-André. Quant à l'orthographe actuelle, Saint- A ndrè-des- Arts , il la fait dériver de ce que l'église de Saint-André et la rue du même nom étoient situées à l'entrée de l'Université, où l'on enseignoit les arts et les sciences. Il vauclroit mieux, je crois, rejeter entièrement l'orthographe actuelle que de l'admettre d'après une explication aussi peu naturelle.
D'autres enfin, comme Saint-Foix (d), écrivent Saint-André des Arcs, parce que, d'après eux, on fabriquoit et on vendoit des arcs et des flèches dans la rue Saint-André. Ce qui pourrait peut-être donner quelque probabilité à cette étymologie, c'est le voisinage de la rue de la Bouderie, qui , selon Ducange, auroit pris son nom des boucliers, bucculœ, qu'on y fabriquoit (e).
(</) Tome I , page 455. (d) Essais historiques sur Paris, t. II, p. 4*-
(A) Tome II, page 288. (e) Glossaire, aux mots Buccula et So-
ie) Livre II, page 108. clearia.
5ao NOTES.
Sous notre rubrique, sans aucune indication de rue, se trouvent enregistrés cinquante-quatre contribuables. Ce sont ceux qui habitoient la rue Saint-André-des-Arts, désignée d'une manière non équivoque dans la rubrique correspondante du rôle de i3i3, qui est ainsi conçue (a) : Commence à Vabouvroier Maçon à désire, et à senestre jusques à la porte Saint- Germain-des-Prez. La porte Saint-Germain-des-Prés étoit celle qui s'ou- \ i oit ù l'extrémité occidentale de la rue Saint-André-des-Arts. Elle devoit se trouver à l'endroit où débouche la rue Contrescarpe , car l'emplacement de cette dernière rue étoit occupé par les murs de l'enceinte de Philippe- Auguste. La rue Saint-André-des-Arts portoit elle-même le nom de Grand- Rue Saint-Germain.
Le quai Saint-Michel est d une construction toute récente. C'est a l'extrémité occidentale de ce quai que se trouvoit l'abreuvoir Mâcon.
Note 2 , Page i58.
La rue VAbbé de Saint-Denis.
\jc trésorier de la manse abbatiale de Saint-Denys demeuroit encore, au commencement du xvinc siècle, dans un hôtel de la rue des Grands-Augustins, sur la porte duquel on lisoit l'inscription suivante : L'Hôtel des charilez de Saint-Denis en France (b). Sauvai (c) assure que cet hôtel avoit été long-temps la demeure des abbés du couvent de Saint-Denys, ce qui avoit fait donner le nom de rue l'Abbé de Saint-Denys à la rue qui prit plus tard celui de rue des Grands-Augustins , lorsque les religieux de ce nom vinrent s'y établir. Notre rue est ainsi désignée dans un censier de Saint-Germain-des-Prés qui est de l'an i485 : La rue aux Escoliers (d) de Saint-Denys, nommée la rue de la Barre. L'abbé et les religieux de Saint- Denys sont portés sur le censier dont je viens de parler, pour les droits qu'ils dévoient à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ces droits étoient perçus sur deux maisons situées des deux côtés de la rue des Grands-Augustins, ayant chacune des cours et des jardins. On communiquoit d'une maison à l'autre par une galerie qui formoit comme une espèce de pont au-dessus de la rue. C'est cette communication aérienne qui avoit fait donner à la rue le nom de rue de la Barre.
(a) Page 175. (d) Elle est nommée rue des Ercoliers dan*
(b) Lebeuf, tome I , page 464 le rôle de 1 3 1 3 , p. 1 76. (r ) Livre II , page 1 1 1 .
NOTES. 3ai
Note 3, Page i58.
La rue de Gaugai partout.
Le nom qui , dans le poème de Guillot de Paris, ressemble le plus à celui de notre rue , est le nom de la rue Cauvain , dont l'abbé Lebeuf (a) me paroi i ayoir retrouvé la position d'une manière certaine, dans la rue de l'Éperon.
J'observe, en outre, que notre rue de Gaugai est nommée immédiatement après la rue V Abbè-de-Saint-Denys (aujourd'hui rue des Grands- A ugustins), et avant la rue de la Serpent, d'où je conclus qu'elle devait conduire de l'une à l'autre. Or le chemin le plus court et le plus direct pour aller de la rue des Grands-Augustins à la rue Serpente, est la rue de l'Éperon. J'hésite d'autant moins à appliquer à cette dernière l'ancien nom de rue de Gaugai, qu'autrefois la rue Serpente, ainsi que je vais le prouver tout à l'heure, au lieu de se terminer, comme de nos jours, à la rue Hautefeuille, se prolongeoit à l'ouest jusque dans la rue de l'Éperon, presqu'en face de la cour de Rouen.
Ma conjecture se trouve confirmée par une citation des archives de l'abbaye de Saint-Germain, que me fournit Jaillot (6), où la rue de l'Éperon est nommée viens Galgani , à la date de 1269.
Un vieux censicr deSaint-Germain-des-Prés, que j'ai consulté aux Archives du Royaume, m'a fourni plusieurs indications qui ne laissent aucun doute sur la synonymie de cette ancienne rue. On sait que l'hôtel des archevêques de Rouen étoit situé à l'endroit où débouche aujourd'hui, dans la rue de l'Éperon, une cour ou passage public, nommée vulgairement cour de Rohan, mais dont le nom véritable est la cour de Rouen. Or, dans le censier de Saint-Germain dont je viens de parler, je trouve, à la date de i485, Monseigneur le duc d'Orléans porté pour six sous quatre deniers oboles, pour son hostel court et jardins, appelé Vhostel du Séjour, faisant le coin de la rue Saint-André-des-Arts et de la rue Gaugain, tenant par derrière à Monseigneur l'arcevesque de Rouen.
Cet hôtel, en 129a, appartenoit aux rois de Navarre ; le concierge est au nombre des contribuables désignés sous la première rubrique de la paroisse Saint-André-des-Arts. .
(a) Tome I , page 565.
(A) Jaillot , tome V, quartier Saint-Andrc-des-Arcs , p. 63,
Note 4, Page i5fc.
En la rue de la Serpent, du coing de la méson à Varcevesque de Rouen, jusques au coing de la rue qui va droit à Saint-Andri, et jusques au coing de la méson à l'abbé de Fesquant.
Le nom de cour de Rouen qui est resté jusqu'à nos jours à un passage donnant par un bout dans la rue de FÉperon, et par Fautre dans le passage du Commerce, suffit pour indiquer la position qu'occupoit autrefois la méson à Varcevesque de Rouen. Cette maison existoit encore au xvu* siècle. « Les archevêques de Rouen , dit Sauvai (c), ont leur hôtel au bout de la te rue de l'Éperon, à la cour de Rouen. » Or, puisque la rue Serpente alloit jusqu'au coin de la maison à l'archevêque de Rouen , il semblerait que la rue du Jardinet actuelle , qui se trouve précisément en face de la cour de Rouen , devoit faire partie anciennement de la rue Serpente. Mais renonciation de notre manuscrit n'est pas parfaitement exacte, car la rue Serpente n'a jamais abouti précisément en face de la cour de Rouen.
Il est au moins indubitable qu'anciennement la rue Serpente se prolongeoit à l'ouest de la rue Hautefeuille. En effet, cette dernière rue est clairement désignée dans notre rubrique par ces mots : la rue qui va droit à Saint-Andri; il est impossible de s'y méprendre (b). On peut donc facilement suivre l'ancienne direction de la rue Serpente. D'un côté elle alloit à l'ouest depuis la rue Hautefeuille jusqu'à la cour de Rouen ; de l'autre (nous le savons par le recensement de la paroisse Saint^Séverin), elle se dirigeoit à l'est depuis la rue Hautefeuille jusqu'à la rue de la Harpe. Cette dernière partie existe encore aujourd'hui avec la dénomination ancienne, quoiqu'un peu altérée.
Quant à la partie occidentale de la rue Serpente, elle est représentée par la rue du Battoir. L'abbé Lebeuf et Jaillot assurent, il est vrai, que la rue du Battoir est aujourd'hui celle que Guillot de Paris appelle la Platrière. Mais la rue du Battoir, Jaillot lui-même en convient, est marquée dans le plan de Saint-Vrctor sous le nom de la Serpente , et Dubreul (c), en parlant du collège Mignon, qui étoit situé dans la rue à laquelle il a laissé
(a) Livre VII, p. a63. — Voyez aussi le Guillolde Paris la désigne sous le nom de nie
plan de Sainl-Victor. de Hautefutillt , Lebeuf, t. I, p. 566.
(*) Dans le rôle de 1 3 1 3, il n'existe aucune [c) Dans Jaillot, t. V, quartier S.înt-André,
indication de cette rue; mais le poème de page 107.
NOTES. 5 a5
son nom, dit qu'il aboutissoit de trois côtés aux rues de Semelle, Petits- Champs et de la Serpente.
Peut-être faut il dire de cette rue ce que Jaillot lui-même dit de la double dénomination que portoit autrefois la rue des Trois-Maures. Les noms de Haute-Rue, du Battouer, de la Plastrière étoient en usage dans le peuple, mais le vrai nom de la rue, son nom authentique, étoit celui de la Serpente.
Note 5, Page i58.
C est la rue qui va de la rue de la Serpent, du coing de la méson à Vabbé de Fesquant jusques à la méson Crespin l'Escot.
Notre manuscrit désigne ici le bout septentrional de la rue Hautefeuille à partir de la rue Serpente. L'hôtel des abbés de Fescamp étoit situé , dit Sauvai (a), dans la rue Percée. J'ajoute, d'après notre rubrique et la précédente, qu'il devoit se trouver à l'angle méridional formé par cette rue et la rue Hautefeuille, et s'étendre jusqu'au coin de la rue Serpente. La maison de Crespin l'Escot étoit, comme nous l'apprend une des rubriques suivantes, à l'angle occidental de la rue Hautefeuille et de la place Saint-André-des- Arts (*).
Note 6, Page i58.
(Test la rue Guiart~aus-Poitevins d'une part et d'autre. On dit simplement aujourd'hui rue des Poitevins.
Cest la rue derrière Saint-Andri , du coing de la méson Crespin l'Escot, jusques à la porte neuve qui va droit au cimetière.
Le cimetière indiqué dans cette rubrique étoit situé dans la rue du Cimetière-Saint- André ; il étoit borné au nord par cette rue, et au midi, par le bout occidental de la rue du Battoir. La rue qui est désignée dans notre rubrique sous le nom de rue derrière Saint-Andri, longeoit au midi l'église de Saint-André-des-Arts. H en reste encore un côté dans la rangée d'édifices qui borde, au midi , la place du même nom.
(a) Livre VII , p. 269. (*) Voyez plus bas , note 7.
Note 8, Page i5g.
C'est la rue de Hyrondale jusques au bout.
On écrit aujourd'hui rue de l' Hirondelle ; elle aboutit , comme on sait, d'un côté, sur la place du pont Saint-Michel, de l'autre, dans la rue Git-le-Coeur, mais cette dernière rue n'est pas nommée dans notre manuscrit. Je ne la trouve ni dans le rôle de i3i3, ni dans le poème de Guillot de Paris, et les titres les plus anciens qui en fassent mention ne remontent guère qu'à la fin du xiv* siècle. Cependant, en i aga, la rue de l'Hirondelle ne se terminoit pas en cul-de-sac à l'occident. Nous trouvons en effet, dans la rubrique qui fait l'objet de cette note , la rue de l'Hirondelle , depuis la place du pont Saint- Michel jusques au bout. La rubrique suivante contient le bout de Hirondale : enfin, celle qui suit immédiatement cette dernière rubrique, et qui fait l'objet de la note 9, s'applique aux maisons qui étoient sur le bord de la rivière. Il est évident que, dans le rôle de 1292, la rue de l'Hirondelle, et le bout de la rue de l'Hirondelle sont deux localités distinctes, indiquées séparément sous deux titres difiërens. Je crois pouvoir conclure de cette donnée que la partie de la rue Git le-Cœur, comprise entre l'extrémité occidentale de la rue de l'Hirondelle et le quai des Grands-Augustins, existoiten 1292, et que c'est à cette fraction de rue que s'appliquoit cette désignation : le bout de 'Hirondale.
C est sus la rivière jusques aus Saz.
Le couvent des frères aus Saz est mentionné dans le Dit des Mous tiers de Paris que j'ai déjà cité (a). Le couvent des frères aus Saz, nommés aussi Sachets ou Sachelins, fut fondé, en 1261, au lieu même où les Augustins vinrent s'établir en 1 2<p , et où ils sont demeurés jusqu'à la fin du siècle dernier. Or, le couvent des Augustins et ses dépendances comprenoient le vaste carré enfermé par le quai des Augustins, la rue Dauphine, la rue Christine et celle des Grands-Augustins. Ainsi , notre rubrique contient le recensement des contribuables qui demeuroient, le long de la Seine, sur l'emplacement où est de nos jours le quai des Augustins.
(a) Fabliaux et Contes, tome II, p. 291.
NOTES. 3a5
Note io, Page i5g.
C'est rue Pavée.
On dit aujourd'hui rue Pavée Saint-André, pour distinguer cette rue de deux autres qui portent aussi le nom de rue Pavée. Dans le plan de 1676, la rue Pavée Saint-André est appelée rue Pavée-d'Andouilles.