‹ Paris sous Philippe-le-BelChapitre 76 sur 147 · LA PAROISSE SAINT-BENOIT · texte numérisé non relu

LA PAROISSE SAINT-BENOIT

L'église paroissiale de Saint-Benoit étoit située presque à l'angle méridional formé par la rue Saint-Jacques et par la rue du cloître Saint-Benoît. Le passage Saint-Benoît en bordoitïes murailles au nord. Aujourd'hui le théâtre du Panthéon occupe l'emplacement de l'ancienne église.

Le surnom de Bestoumé, qui signifie mal tourné > mis à Venvers, venoit de ce qu'originairement, le chevet de l'église de Saînt-Benoît regardoit l'occident, contre l'usage universellement suivi, perdant le moyen âge, de placer à l'ouest l'entrée principale des églises, et le chœur vers l'orient.

Note a , Page 160.

En la Grant-rue.

J'ai déjà dit que la rue Saint-Jacques s'appeloit anciennement la Grant-rue. D'après Sauvai (d), elle n'a pris le nom de rue Saint-Jacques que vers l'i 1 3^3 ; mais ce nom se trouve déjà dans le rôle de 1 292 , parmi les r fermées dans la paroisse de Sainte-Geneviève-du-Mont (c).

Note 3, Page 161.

En la rue au s P orées.

Cette rue donne par un bout dans la rue SaintJacques, et par l'autre bout, en équerre, dans la rue des Gordiers. Cette dernière partie se nomme aujour-

(a) Ibid., p. 90, 92. (d) Lirre II, page 1 4 3 .

(b) Ibid., page 92. (f) Page 168 , col. 1.

(c) Jaillot , ibid., p. 95.

5a8 NOTES.

d'hui rue des Poirées. La partie qui donne dans la rue Saint-Jacques s'appelle rue Neuve des Poirées. Autrefois la rue des Poirées se prolongeoit en ligne droite à l'ouest et servoitau midi de limite aux bâtimens de la Sorbonne. Ce fut dans la première moitié du xvn' siècle, que le cardinal de Richelieu fit couper la rue des Poirées , et lui fit donner la direction que nous lui voyons aujourd'hui. Les agrandissemens qu'il fit exécuter au collège de la Sorbonne rendirent cette mesure nécessaire.

Du palais de Termes, tout contreval, jusques à la Grant-Rue.

Si l'on suppose que le point de départ de cette rubrique soit l'entrée du palais des Thermes qui s'ouvroit dans la rue de la Harpe, on ne pourra expliquer les mots tout contreval jusques à la Grant-Rue, car, en descendant tout contreval h rue de la Harpe, on n'arrivera pas à la rue Saint-Jacques qui loi est parallèle. Il falloit donc que le palais des Thermes eût une entrée dans la rue des Mathurins; alors on explique naturellement notre rubrique, en l'appliquant à la partie de cette rue comprise entre l'entrée du palais des Thermes à l'occident, et la rue Saint-Jacques à l'orient.

Note 5, Page 161.

En Venclpistre Saint-Benoiet d'une part et d'autre. C'est aujourd'hui la rue du cloître Saint-Benoit.

Note 6, Page 161.

Du quoing de la rue Saint- Cosme , tout contreval, jusques à la méson

a us Moinnes blans.

J'ai déjà dit que la rue de la Harpe, depuis la place Saint-Michel jusqu'à la rue des Mathurins , portoit anciennement le nom de rue Saint-Côme.

Le nom de Moinnes blans désigne ici les religieux de l'ordre de Prémontré qui s'établirent, en ia55, à l'angle occidental de la rue Hautefeuille et de la rue de l'École de Médecine, où leur maison a subsisté jusqu'à la fin du siècle dernier.

Ainsi notre rubrique s'applique au côté septentrional de la rue de l'École de Médecine, depuis son entrée par la rue de la Harpe, jusqu'à la rue Hautefeuille.

Note 7 , Page 161.

Du coing de la rue Pierre-Sarrazin, tout contremont, dune part et

d'autre.

La rue Pierre-Sarrazin donne, d'un côté, dans la rue de la Harpe, de l'autre , dans la rue Hautefeuille. Mais comme le recensement de la rue de la Harpe, au-dessus et au-dessous de la rue Pierre-Sarrazin , se trouve compris dans la rubrique suivante, il est évident que le titre, qui fait le sujet de cette note, s'applique à la partie de la rue Hautefeuille, comprise entre la rue Pierre-Sarrazin et la rue de l'École de Médecine.

Note 8, Page 162.

La grant rue Saint-Benoiet, ou renc par devers Saint- Flaire.

Il s'agit ici de la partie supérieure de la rue Saint-Jacques. Le nom de grandrue Saint-Benoit, pour désigner la portion de la rue Saint-Jacques voisine de l'église de Saint-Benoit, a été en usage, au témoignage de Sauvai (a), jusqu'en 1416.

Note 9, Page 162.

Dehors la Porte Saint- Jaque.

La Porte Saint Jacques s'ouvroit dans la rue de ce nom, à peu près au coin de la rue Saint-Hyacinthe. Le nom de Fossés Saint- Jacques, par lequel on désigne encore la rue qui vient immédiatement, au sud, après la rue Soufflot, atteste que les anciens murs de Paris passoient entre ces deux rues.

Note 10, Page 162.

La rue du Puis.

Cette rue, au temps de Sauvai, se nommoit rue du Puits-Certain (b). Elle avoil, dit cet auteur, un bout au coin de la rue des Carmes, et l'autre au coin de la rue Saint-Jean-de-Beauvais. C'est aujourd'hui la rue Saint- Hilaire. L'ancien nom de cette rue venoit d'un puits qui avoit été construit, à son extrémité occidentale, par les soins et aux frais de Robert Certain, curé de Saint-Hilaire. Jaillot se trompe lorsqu'il dit que cette rue a été soufa) Livre H, page i43. (6) Livre II, page 160.

vent désignée sous le nom de Clos-Bruneau. Nous verrons bientôt que cette désignation a été donnée , non pas à la rue Saint-Hilaire , mais à une rue du voisinage.

Note i i , Page 162.

La rue Saint-Estienne-des-Grès .

Je n'aurois point parlé de la rue Saint-Étienne-des-Grès , dont l'ancien nom s'est perpétué jusqu'à nos jours, si l'abbé Lebeuf n'étoit tombé, au sujet de cette rue, dans une contradiction qu'il ne sera pas inutile de relever. Dans ses notes sur Guillot de Paris (a), le savant abbé prétend que le poète ne distingue pas notre rue par le surnom des Grès, parce que Saint-Étiennedu-Mont n'existoit pas encore. Si le surnom des Grès n'a élé appliqué à l'église et à la rue de Saint-Étienne-des-Grès, que pour empêcher qu'on ne confondit ce nom avec celui de Saint-Étienne-du-Mont, l'existence du surnom des Grès dans notre manuscrit m'autoriseroit à soutenir que l'église de Saint-Étienne-du-Mont existoit déjà à la fin du xm* siècle. En effet, l'abbé Lebeuf dit lui-même formellement , dans le premier volume de son histoire (A), que l'église consacrée sous l'invocation de saint Étienne, et qui remplaça, comme paroisse, la chapelle de Sainte-Geneviève, nommée Saint- Jean-du Mont, fut construite à côté de l'abbaye Sainte-Geneviève , del'an 1 220 à l'an I2a5. Je dois, au reste, ajouter que ni notre manuscrit, ni le rôle de i3i3 ne mentionnent la paroisse Saint-Étienne-du-Mont, ce qui semblerait prouver que l'église de ce nom ne fut érigée en paroisse que longtemps après sa construction; mais j'expliquerai ailleurs cette espèce d'anomalie.

Note 12, Page i63.

La rue de Froit-Maniel.

On écrit aujourd'hui, en un seul mot, rue Fromentel.

Note i3, Page «63.

La rue de Clos-Burnel.

La rue Saint-Jean-de-Beauvais se nommoit autrefois rue de Clos-Burnel ou du ClosBruneau, du nom d'un clos voisin qui appartenoit, dit Sauvai (c),

(a) Tome I , page 569. (c) Livre VIÎI , page 36o.

(*) Page 395.

au chapitre de Saint-Marcel , mais qui relevoit certainement de l'évéché de Paris. Nous voyons, en effet, dans un accord fait en i aaa entre Philippe-Auguste et l'église de Paris, que l'évêque de cette capitale avoit droit de haute et basse justice dans le bourg de SainUlermain , la culture l'Évéque et le clos Bruneau , et que le Roi ne pouvoit, sans son consentement , lever des impositions dans aucune de ces trois localités, à moins que ce ne fut pour la promotion de ses fils au grade de chevalier, pour le mariage de ses filles, ou pour sa propre rançon, dans le cas où il auroit été fait prisonnier de guerre (a).

J'ai trouvé , dans un vieux terrier de Saint-Germain-des-Prés , la preuve que le clos Bruneau s'étendoit, à l'ouest, jusqu'au bourg de Saint-Germaindes-Prés. Sa vaste enceinte comprenoit, vers son extrémité orientale, l'emplacement du pâté de maisons compris entre les rues des Noyers, des Carmes, Saint-Hilaire et Saint-Jean-de-Beauvais. Dans cette circonscription se trouvoient, avant la révolution de 1 789 , le collège de Presle, le collège de Beauvais et l'école de Droit.

Note 14, Page i63.

La rue Saint-Ylaire.

Lebeuf (b) a pensé que cette ancienne rue étoit la rue Saint-Hilaire actuelle. Mais puisque la rue qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Hilaire étoit anciennement la rue du Puits et la rue du Puits-Certain (c), il faut chercher l'ancienne rue Saint-Ylaire dans quelque autre rue du voisinage. Le poème de Guillot de Paris nous fournira des élémens suflisans pour la rétablir d'une manière certaine. Voici le passage où cette rue est nommée :

La rue des Amendiers prés

Siet en une autre rue exprés Qui a non rue de Savoie.

Guillot de Paris tint sa voie Droit en la rue Saint-Vlairc, Où une dame débonnaire Maint, c'on a pèle Gietedas:

Encontre est la rue Judas.

Que le nom de rue de Savoie se soit glissé dans le poème de Guillot de Paris, par une erreur de copiste, comme Lebeuf semble le croire, ou que

(a) Sauvai, Preuves des Antiquités, p. 87 (6) Tome I , page 570. et 88. (c) Voyez ci-dessus , note 1 o.

le nom moderne de rue des Sept-Voies soit une altération de l'ancien nom, il est impossible de nier que la rue de Savoie, de Guillot de Paris, ne soit la rue des Sept-Voies actuelle, dans laquelle débouche celle des Amandiers, à quelque dislance du Panthéon. Or, la seule rue au nord de la rue des Sept-Voies, dans laquelle cette dernière puisse conduire directement, sans tourner à droite ni à gauche, en un mot en tenant sa voie droite, comme dit le poète, est la rue des Carmes. C'est aussi dans la rue des Carmes qu'aboutit la rue Judas, qui devoit se trouver dans l'ancienne rue Saint- Ylaire, d'après le passage de Guillot de Paris rapporté plus haut, et d'après . une rubrique du rôle de i5i3, ainsi conçue (a) : L'autre renc de la grant rue Saint-Hylaire devers la rue Judas. La rue des Carmes se nommoit donc, à la fin du xme siècle, rue Saint-Hilaire, et la raison de cette dénomination étoit que cette rue aboutissoit, vers le sud, au chevet de l'église de Saint-Hilaire, dont je vais tout à l'heure fixer la position.

S'il pouvoit encore rester sur ce point le plus léger doute, il seroit entièrement levé par les lettres-patentes de Philippe-le-Long (b), en vertu desquelles les religieux du Mont-Carmel abandonnèrent, en i3 1 7, le couvent qu'ils habitoientsur la rive droite de la Seine, dans la paroisse Saint-Paul , pour venir se fixer dans l'Université. Il y est dit que la maison destinée à leur nouvelle habitation est située dans la grand-rue Sainte-Geneviève (c), et qu'elle a son entrée dans cette même rue , et sa sortie par la rue Saint- Hilaire. Or, dans tous les anciens plans de Paris, jusqu'à la fin du siècle dernier, le couvent des Carmes est marqué entre la rue de la Montagne- Sainte-Geneviève et la rue des Carmes. Ainsi, en définitive, le nom que porte encore aujourd'hui cette dernière rue ne peut remonter au-delà de 1 317, époque à laquelle les Cannes s'y établirent. Avant ce temps, la rue des Carmes se nommoit la rue Saint-Hilaire.

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