‹ Paris sous Philippe-le-BelChapitre 93 sur 147 · SAINT-LAURENT · texte numérisé non relu

SAINT-LAURENT

Je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit ailleurs de Ja position de cette église paroissiale en 1292 (£). C'étoit dans le principe une église de moines. Elle fut érigée en paroisse, au plus tard, sous le règne de Philippe-Auguste. Sa circonscription étoit une des plus étendues. Outre la partie du faubourg qui environnoit l'église, et qu'on appeloit la vile Saint- Lorenz, cette paraisse comprenoit encore la Villette, Belleville, et, dans Paris, elle comptoit des paroissiens parmi les habita ns des rues Saint-Martin , Saint-Denys , des Fontaines, Guérin-Boisseau , Grenetatet du Grand-Hurleur.

Lbs Filles-Dieu. — La maison des Filles-Dieu fut d'abord établie, comme je l'ai dit, hors de la ville, près de Saint-Lazare. Un cul-de-sac voisin de la porte Saint-Denys, et qui n'est bouché que depuis fort peu de temps, a voit cotiser vé jusqu'à nos jours le nom de cet ancien couvent qui devoit en être tout proche.

L'opinion la plus commune est celle qui attribue à Guillaume d'Auvergne, devenu par la suite évéque de Paris, la fondation du couvent des Filles-Dieu, composé, dans le principe, de femmes de mauvaise vie, que l'onction de ses

(a) Dulaurc, tome H, p. 5o4- (à) Voyez p. 228 et suiv.

ET STATISTIQUE. 383 sermons avoient engagées à changer de conduite. C'est l'opinion qu'adopte l'abbé Lebeuf. Lorsque le fondateur de cette maison religieuse fut monté sur le siège épiscopal de Paris, il intéressa la piété de Louis IX à la prospérité de ce nouvel établissement, et ce sont sans doute les bienfaits de ce monarque qui l'ont faitregarder, par quelques historiens, comme le fondateur du couTent.

D'après le plan de la nouvelle enceinte que le roi Jean fit construire autour de Paris, le» arrière-fossés dont on avoit projeté d'environner les murailles, dévoient traverser le jardin et l'enclos des Filles-Dieu. Les religieuses se retirèrent alors dans la ville. En 1 56o , Jean de Meulant , évêque de Paris, les établit dans un hôpital qui avoit été fondé en i3i6 par un certain Imbert de Lyon, à l'endroit où s'ouvrent aujourd'hui la rue et le passage du Caire (a).

Saint-Lazare. — Il est certain que déjà , sous le règne de Louis-le-Gros, il existoit sur l'emplacement où avoit été autrefois le monastère de Saint- Laurent , une léproserie qu'on appeloit ladrerie ou maladrerie , espèce d'hôpital de lépreux, sous l'invocation de Saint-Lazare, ou de saint Ladre, comme on disoit anciennement. 11 n'est pas moins certain qu'avec le temps, cet établissement sanitaire fut remplacé par une communauté de chanoines réguliers, sous l'autorité d'un prieur. Mais on n'a pas encore bien constaté l'époque où eut lieu ce changement de destination. Tout ce qu'on peut conclure avec certitude des discussions de l'abbé Lebeuf et de Jaillot sur ce sujet (b), c'est qu'au temps où remonte notre manuscrit, c'étoit encore une léproserie. Vers le commencement du xvne siècle, la maison de Saint- Lazare fut concédée à une communauté des prêtres de la Mission , institués par saint Vincent de Paul. Cette communauté a subsisté jusqu'à la fin du siècle dernier. Aujourd'hui l'on a fait de l'établissement qu'ils occupoient une maison de correction , et l'enclos, qui étoit un des plus vastes de Paris, a été converti en rues et couvert de maisons.

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