‹ Paris sous Philippe-le-BelChapitre 96 sur 147 · SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS · texte numérisé non relu

SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS

J'ai parlé, à l'article de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherte, d'une bulle du pape Callixte H , de l'an 1119, dans laquelle se trouvoit la première mention de cette paroisse. La même bulle est aussi le premier acte authentique qui nous révèle l'existence de Saint-Nicolas-des-Champs; cette église y est désignée comme une simple chapelle. En effet, ce ne fut dans le principe qu'une chapelle bâtie près du monastère de Saint-Martin-des-Champs dont je vais parler tout à l'heure, pour les domestiques de ce couvent, et pour les personnes qui vinrent s'établir sur son territoire. On ignore la date précise de l'érection de cette église en paroisse. Ce titre lui est donné pour la première

fois dans des lettres de Guillaume de Seignelay, évêque de Paris, du mois

de mars 1220, par lesquelles ce prélat accorda au curé de Saint-Nicolas la permission de faire un cimetière pour sa paroisse, ailleurs que dans la cour du monastère de Saint-Martin qui, jusque-là, avoit servi de lieu de sépulture. La teneur de ces lettres prouve que Saint-Nicolas-dcs-Champs étoit une église paroissiale antérieurement à l'an 1220. Jaillot (à) assure qu elle avoit ce titre dès l'année 1 184 , mais il ne cite pas son autorité.

La majeure partie de l'édifice, tel que nous le voyons aujourd'hui, remonte aux dernières années du xvie siècle. Le cimetière de cette église a existé jusque vers la fin du siècle dernier, dans la rue à laquelle il a laissé son nom et qui en longeoit les murailles du côté du nord.

Les bornes de la circonscription paroissiale de Saint-Nicolas-dcs-Champs étoient, au nord, la rue des Fontaines et le prieuré Saint-Martin dont je vais parler dans l'article suivant; au midi, la rue Maubué ; à l'est, la rue Saint-Martin; à l'ouest, la rue Beaubourg et la rue du Temple; elle faisoit, en outre, un écart dans les nies aux Ours, Quincampoix et Guérin- Boisseau.

Saint-Màrtin-des-Champs. — Les auteurs qui ont écrit sur l'Histoire de Paris s'accordent à dire que, dès le vi6 ou le vne siècle, cette ville possédoit une église sous l'invocation de saint Martin de Tour». Mais on n'a pu jusqu'ici prouver d'une manière certaine que cette église ait été une abbaye, ni déterminer même approximativement l'emplacement qu'elle occupoit; elle fut détruite par les Normands. Henri Ier la remplaça par l'abbaye de Saint- Martin-des-Champs ; mais tout en «'accordant sur le fait de la fondation de l'abbaye par ce monarque, les auteurs diffèrent entre eux sur la date précise de cette fondation. Philippe Ier enrichit encore le monastère que son père avoit fondé, et substitua des religieux de Cluny aux chanoines réguliers qui desservoient d'abord l'église de Saint-Martin. Cette église devint alors un prieuré dépendant de l'abbaye de Cluny ; elle a subsisté en cet état jusqu'à l'année 1790 (b). Mais le marché qui se tient encore aujourd'hui sur une partie de l'emplacement de l'ancien prieuré est de beaucoup antérieur à cette date ; il remonte à l'an 1 765. Actuellement les bàtimens du monastère sont occupés par la mairie du VIe arrondissement, et par le Conservatoire des Arts et Métiers.

(a) Tome II, quartier Saint-Martin, p. 54- {b) Dulaure , tome II, p. 17.

39o RÉSUMÉ HISTORIQUE

Le Temple. — On ne sait rien de certain sur l'époque réelle de l'établissement des Templiers en France. 11 est néanmoins hors de doute que cet établissement remonte aux premières années du xu* siècle. En 1147, les

Templiers tinrent a Paris , le 27 avril, un chapitre où ils éloient au nombre de cent treute. Leur maison occupoit tout le vaste espace borné par les rues du Temple, de Vendôme, Chariot et de la Corderie. Saint- Louis , Philippele-IIardi , et Philippe-le-Del y avoient place le dépôt de leurs trésors et de leurs chartes. Ce dernier monarque, qui dcvoit plus tard concourir si puissamment à l'extinction de cet ordre célèbre, lui avoit confirmé en 1292, Tannée même où notre manuscrit a été composé , tous les privilèges qu'il tenoit de Philippe- Auguste et de Louis-le-Jeune. Il logea dans leur maison en i3oi et en i3o6, et cinquante ans auparavant, lorsque Heuri III, roi d'Angleterre, étoit venu à Paris en 1 25/f , il avoit préféré, pour son logement, la maison du Temple au palais de la Cité, que lui otlroit Saint-Louis (a). La tour du Temple, où fut enfermé Louis XVI, avoit été bâtie ennn, par frère Hubert , trésorier du Temple. Elle a servi de prison d'état jusqu'en 181 1 , époque où elle a été démolie (b). Sur l'emplacement de la maison du Temple on a établi , de nos jours, un vaste marché pour le vieux linge.

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