BOURDALOUE', CORA , ROSINE , TROUPEAU, ALBERT
TROUPEAU, apportant un plat. Voilà le veau !
CORA, étonnée. Du veau !
BOURDALOUE, passant d droite, près de Troupeau. Dieu! {Aux autres.) Qu'est-ce qu'il a dit?
CORA. Il a dit : du veau.
TROUPEAU. J'ai dit : voici le v...
BOURDALOUE, bas, en repoussant Trou- ^eoM. Veux-tu taire toa veau... malheureux**!
Le Garçon a apporté la limonade, il débouche la bouteille et verse pendant que Cora et Rosine s'asseyent à la table à gauche, puis le Garçon sort.
TROUPEAU, bas. Bon! bon!... je comprends... ces messieurs sont en société...
BOURDALOUE, ^èremenî. Voyons, pour qui cet affreux veau?. .. pour qui cet aliment de cordonnier... en chambre?
TROUPEAU, à part. Un autre profiterait de la circonstance.. . moi, je vais en abuser. .. [Haut.) Pardon, pardon, messieurs, c'est une erreur... {0 tant son bonnet.) Si j'avais su qu'il s'agissait de ces messieurs... de deux de mes pratiques les plus distinguées...
ALBERT, à part. Que dit il donc?
BOURDALOUE. A la bonne hei|re,mon cher, à la bonne heure... plus de- res^t-j| et moins de veau.
TROUPEAU, passant au mjiiîéu. Qes messieurs .veulent-ils me permettre de leur faire un petit dîner, comme ift ont l'habitude d'en prendre ***?
ALRERT. Eh ! sans doute.
TROUPEAU. Je vous offrirai d'îîKord d'excellent Bordeaux-Laffitte.
BOURDALOUE, inquiet. Du Bordeaj#L-Laffitte?... ^
TROUPEAU. Comme ces messieurs ont l'habitude d'en prendre.
* Bourdaloue, Corà, Rosine, Albert.
" Cora, Rosine, Albert, Bourdaloue, Troupeau.
'" Cora, Rosine, Troupeau, Bourdaloue, Albert.
l'abord
BOURDALOUE. Allons...va pour le Laffitte. (Bas.) J'aime assez le drôle, avec son habitude d'en prendre.
TROUPEAU. Ensuite , quatre Ostende , un perdreau truffé , ])rimeur , petits pois et asperges... comme ces messieurs ont l'habitude d'en prendre.
BOURDALOUE, à part. Bigre!.,, comme il va !... comme il va !...
CORA, Comment ! des petits pois, déjà?... au mois de mai?
TROUPEAU. Je n'en offre pas à tout le monde ; mais pour ces messieurs. . .
BOURDALOUE, à part. .Mais pour qui nous prend -il, Seigneur , pour qui nous prend-il?
ALBERT. Allons, ce sera très-bien ainsi.
TROUPEAU. Non . non , je vois que monsieur n'est pas complètement satisfait... c'est ma faute, j'oubliais... nous disons donc . pour en Cnir : homard, fromage de Vh-y et Champagne frappé.
BOURDALOUE. Mais, ..
TROUPEAU. Toujours comme ces messieurs ont l'habitude d'en prendre,
BOURDALOUE, à part. Ah! je prendrais volontiers l'habitude de te rosser!
TROUPEAU. Maintenant, ne vous impatientez-pas... dans un instant , vous serez servis, et ces dames m'en diront des nouvelles.
Il sort à droite.
ROSINE. Hein ! que dit-il ?
CORA , bas. Écoute donc, Rosine , il serait peut-être désobligeant pour ces messieurs... les égards, le homard, les petits pois et le Champagne...
ROSINE. Reste, si cela te convient... (Se levant.) Quant à moi... {Saluant.) Messieurs. . .
ALBERT. Ah ! vous ne partirez pas ainsi * !
ROSINE. Que penseriez-vousde moi, monsieur , si je restais davantage?... (.1 Cora.) Allons, dépêche-toi...
CORA, §tprès avoir bu. Ah! j'aimerais mieux les petits pois !
ROSINE, 0luant. Adieu, messieurs.
. Elle remonte.
ALBERT }ia suivant. Oh ! nous nous reverroiB , mademoiselle !
BOURDALOUE. Oui , oli ! oui , nous nous reverroBs !... ( S' approchant de Cora **. ) iMaddînoiselle , je vous adore... et vous ?
CORA, riant. Moi?... ha ! ha! ha!
Elle rejoint Rosine"".
BOURDALOUE. Elle rit !... je triompherai !
Air de valse.